Archive de mots clés: « cancer »

Lymphomes, des cancers moins connus

La Journée mondiale du Lymphome, le 15 septembre, est l’occasion de se pencher sur un genre de cancer dont on parle peu et qui, heureusement, se soigne de mieux en mieux.

 

Lymphomes, des cancers méconnus

En France, quelque 100 000 personnes*, enfants, adultes et seniors, souffrent d’un lymphome ; 18 000 nouveaux cas** sont enregistrés chaque année. C’est beaucoup plus que les leucémies. Pourtant les Français connaissent mal les lymphomes, qu’ils soient hodgkiniens ou non hodgkiniens (lire l’encadré). Si les médecins généralistes commencent à les connaître, il y encore des progrès à faire.

Deux catégories de lymphomes

Deux catégories de lymphomes


Les lymphomes hodgkiniens, appelés « maladie de Hodgkin » (du nom du médecin qui l’a identifiée le premier), constituent la forme la plus connue de ce cancer. Pourtant, elle ne représente que 15 % des lymphomes. La maladie touche tous les âges, mais surtout les jeunes adultes (15 à 30 ans) et les plus de 60 ans. On pense que le virus d’Epstein-Barr joue un rôle dans sa genèse.

Les lymphomes non hodgkiniens sont de loin les plus fréquents (près de 12 000 cas par an) et leur nombre augmente depuis plusieurs décennies, excepté chez les enfants. Cette hausse serait liée à l’exposition professionnelle aux radiations ionisantes, aux pesticides et aux produits dérivés de l’industrie pétrochimique, comme à certains virus et bactéries, des médicaments immunosuppresseurs, voire l’obésité… On distingue une trentaine de types différents, classés selon la nature des cellules concernées en lymphomes à cellules B (85 % des cas), T ou ni B ni T.

 

Résultat : le diagnostic de la maladie prend souvent plusieurs mois. Il faut dire que les symptômes ne sont pas spécifiques : démangeaisons, fatigue, fièvre, toux, sueurs nocturnes, amaigrissement… Ils évoquent toutes sortes de maladies, de la grippe à la toxoplasmose en passant par la mononucléose. Parfois, le cancer ne se manifeste par aucun signe et évolue en silence pendant des années. Ces symptômes généraux n’empêchent pas d’accomplir ses activités quotidiennes et n’inquiètent pas beaucoup. C’est là tout le danger car une détection tardive a un gros impact sur le pronostic de la maladie.

Les lymphomes sont des cancers du système lymphatique, lequel participe aux réactions de défense immunitaire de l’organisme grâce à la production et à la circulation de certains globules blancs, les lymphocytes.

Le système lymphatique comprend un réseau de vaisseaux véhiculant un liquide, la lymphe. Dans le lymphome, des globules blancs anormaux se multiplient de manière anarchique et s’accumulent dans les organes dits lymphatiques : les ganglions surtout, mais aussi dans la muqueuse intestinale par exemple.

* d’après l’institut Paoli Calmettes
** d’après www.invs.sante.fr

Un kit d’informations sur les lymphomes pour les professionnels de santé

Un kit d’informations sur les lymphomes pour les professionnels de santé


En 2017, France Lymphome Espoir met à disposition des médecins – et des autres professionnels de santé – un kit d’information accessible sur simple demande à l’adresse suivante : infos@francelyphomeespoir.fr

Ce Kit a pour but d’accompagner notamment les généralistes qui sont à l’origine de 46,4 %* des diagnostics de lymphome. Mais selon France Lymphome Espoir toujours, seuls 60 % ont connaissance du type t du sous type de lymphome de leurs patients.

*selon une enquête menée par l’association France Lymphome Espoir

Bilan sanguin, radios et biopsie

Quel que soit le type de lymphome, la maladie est souvent révélée par un ganglion gonflé, douloureux ou non, au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine. Les ganglions peuvent apparaître dans des organes profonds inaccessibles à la vue, ou bien le cancer envahir la rate. Dans d’autres cas il n’existe qu’une fièvre, une fatigue ou des démangeaisons anormales. Quand ces petits signes persistent bizarrement, mieux vaut consulter pour en avoir le cœur net plutôt que de traîner des mois et laisser le lymphome s’aggraver. Comme tous les cancers, plus le lymphome est traité tôt, meilleures sont les chances de guérison en matière de tumeur.

Après un examen clinique en règle, le médecin prescrira au moindre doute des examens : un bilan sanguin (avec numération et formule sanguine), des radiographies, puis une biopsie du ou des ganglions suspects.

L’analyse anatomopathologique (cellules et tissu qui les entoure) du prélèvement permet d’écarter le diagnostic de lymphome ou, au contraire, de le confirmer. Dans ce cas, il permet d’en connaître le type et même le sous-type.

Un bilan d’extension indique ensuite le nombre de ganglions, les organes touchés afin d’établir le stade évolutif du lymphome. Tous ces examens sont réalisés en milieu hospitalier spécialisé.

 

Des progrès thérapeutiques majeurs

Il existe aujourd’hui 4 catégories de traitements : la chimiothérapie, la radiothérapie, l’immunothérapie, et la greffe de cellules souches hématopoïétiques ou de moelle osseuse (nouvelle méthode d’immunothérapie grâce à laquelle des anticorps plus spécifiques et mieux tolérés sont utilisés).

Le traitement du lymphome repose d’abord sur des techniques largement éprouvées – la chimiothérapie et la radiothérapie. Mais les progrès en immunothérapie sont une avancée majeure pour la prise en charge

Pour les lymphomes de Hodgkin, une rémission complète est obtenue dans 9 cas sur 10 après le traitement. Pour ce qui est des lymphomes non hodgkiniens, les anticorps monoclonaux (utilisés en immunothérapie) ont permis de gagné entre 20 % et 30 % de chances de guérison en association ces molécules à celles utilisées en chimiothérapie. C’est alors aujourd’hui 60 à 70 % de ces lymphomes non hodgkiniens qui sont guéris.

<strong>Association France Lymphome Espoir</strong>

Association France Lymphome Espoir

Une association de malades très dynamique, multiplie les actions de sensibilisation auprès du grand public et des malades.
1 av. Claude Vellefaux, 75475 Paris Cedex 10. Téléphone : 01 42 38 54 66. www.francelymphomeespoir.fr

 

Face au cancer, éviter les mots qui blessent

Comment éviter les maladresses blessantes face à un collègue ou un proche qui affronte le cancer, la chimiothérapie ou la radiothérapie ? Roche publie un livret très bien fait qui aide à trouver les mots justes dans toutes les situations.

 

Face à un proche ou un collègue malade du cancer, aux effets des traitements par chimiothérapie ou radiothérapie, les mots manquent souvent. Malgré la compassion, l’entourage ne sait pas toujours comment en parler, ce qui provoque parfois des situations blessantes pour le malade : gêne, maladresses, erreurs de jugements, banalisation… Autant de situations qui pourraient être évitées grâce à un peu d’empathie et quelques conseils avisés.

Un livret sans tabou sur le cancer

A l’occasion d’Octobre Rose, mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, le laboratoire Roche édite un livret à la fois pratique, sensible et humoristique destinés à l’entourage des patients.

« Avec tes 12 mois de vacances, tu ne vas pas te plaindre ! », «Avec un paquet de cigarettes par jour, tu l’as bien cherché », « J’ai un cancer ! – Et moi j’ai eu une sale journée ! »… Ces exemples peuvent prêter à sourire mais sont inspirés par le vécu de malades et ex-malades confrontés à l’incompréhension ou à la gêne de l’entourage face aux épreuves traversées.

L’importance de l’entourage face au cancer

 Il y a fort à parier que vous vous reconnaîtrez dans l’une des nombreuses situations à la fois amusantes et touchantes racontées par Les Mots qui blessent. Le livret balaie une grande variété de contextes : réunions familiales, réactions de collègues, discussions de couples, et même échanges avec les professionnels de santé qui assurent le traitement et l’information des patients.

L’objectif : faire prendre conscience à chacun des maladresses qu’il peut commettre, et suggérer une manière différente d’aborder la question de la maladie, moins brutale, plus empathique.

Un livret co-écrit par une ancienne patiente

 Co-écrit par Catherine Chayenko Cerisey, ancienne patiente, l’illustrateur humoristique Philippe Tastet et l’onco-psychologue Catherine Adler-Tal, le livret des Mots qui blessent surprend par sa justesse et son universalité. Il se révèle un précieux allié pour ceux qui accompagnent de près ou de loin un malade du cancer, et apporte une note d’humour bienvenue dont patients et proches ont bien besoin pour faire face.

À lire

À lire

Les mots qui blessentLe livret LES MOTS QUI BLESSENT est téléchargeable gratuitement sur le site de Roche.

Attention, chaud devant

Boire très chaud favoriserait le cancer de l’œsophage, c’est la science qui vient de le dire. BIEN-ÊTRE & santé vous fait le topo.

 

D’après une monographie publiée le 15 juin 2016 (c’est encore tout chaud) par le Centre International de recherche sur le cancer (CIRC), une agence appartenant à l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), les boissons très chaudes sont désormais classées dans les cancérigènes probables pour l’homme.

Cette classification a été établie à partir d’une analyse de la littérature scientifique, qui a permis d’évaluer que le café, le maté et les autres boissons très chaudes consommées à plus de 65°C favorisaient le risque d’apparition d’un cancer de l’œsophage. En cause, la température élevée des boissons, qui explique pour le CIRC la forte incidence de ce type de cancer en Asie, Amérique du Sud et Afrique de l’Est, régions où les boissons sont consommées très chaudes.

La bonne idée ? Souffler avant de boire !

Cancers bronchiques au féminin

Les femmes sont plus sensibles au tabac que les hommes, mais elles bénéficient davantage des thérapies ciblées et répondent mieux aux chimiothérapies.

 

Les experts réunis en janvier, au 18e congrès de pneumologie de langue française à Paris étaient unanimes : dans les 10 à 15 années à venir, le cancer bronchique deviendra aussi fréquent chez les femmes que chez les hommes, comme c’est déjà le cas aux États-Unis.

 

Spécificités féminines du cancer poumon

Chiffre

Chiffre


11 300
Françaises ont été touchées par le cancer du poumon en 2012. Source : Institut de veille sanitaire, InVS. 
Les femmes fument de plus en plus et plus tôt, mais ce n’est pas la seule raison. À tabagisme égal, les femmes sont plus touchées que les hommes. Certains mécanismes de défense et de détoxification vis-à-vis du tabac paraissent moins en place chez les femmes jeunes et une augmentation de l’activité de certaines enzymes favorise l’effet carcinogène des produits contenus dans la cigarette. Par ailleurs, les hormones naturelles, jusqu’à la ménopause, et la consommation de produits contenant des hormones (pilule contraceptive, traitement hormonal substitutif) influencent négativement l’évolution des cancers, dont celui du poumon.

Enfin, pour des raisons encore mal connues, les femmes ont tendance à mieux répondre à la chimiothérapie. Indépendamment de l’âge, du stade, de l’histologie et des modalités thérapeutiques, la survie des femmes est supérieure à celle des hommes.

 

Traitements adaptés en matière de cancer du poumon

Les chercheurs prônent ainsi des stratégies thérapeutiques adaptées au sexe féminin, don deux axes sont particulièrement intéressants.

  • Thérapies ciblées
    Elles ciblent les anomalies moléculaires propres aux femmes.
  • Traitements antihormonaux
    Ils prennent en compte les phénomènes féminins pour augmenter l’efficacité des traitements classiques. C’est déjà le cas dans le cancer du sein, mais cette piste paraît prometteuse également dans le cancer bronchique. Les résultats d’un essai en cours dans 50 centres français sur l’intérêt de cette stratégie en termes de survie seront connus dans 2 ans.

 

Chiffres alarmants

  • Si, chez les hommes, le taux de mortalité par cancer du poumon a diminué de 6 % depuis 2009 tout en restant la principale cause de décès en Europe, la mortalité des femmes augmente régulièrement.
  • En France, on évalue à 73 000 le nombre de décès imputables au tabac (pas seulement le cancer du poumon), dont 14 000 chez les femmes contre 4 000 dix ans plus tôt.
  • Les 9 000 décès de femmes dus au cancer du poumon talonnent aujourd’hui de près les chiffres du cancer du sein (11 800).
  • Il n’est plus rare aujourd’hui de rencontrer dans les services spécialisés des patientes de moins de 50 ans, voire de moins de 40 ans, selon le Pr Julien Mazières, pneumologue et oncologue au CHU de Toulouse.

Kératose : la prudence s’impose après une exposition au soleil

Si vous ignorez à quoi correspond la kératose solaire, cet article est pour vous… Cette affection cutanée n’est pas toujours anodine.

 

Keratose pilaire : Peau granuleuse

Chiffre

Chiffre

1 %
des Français connaissent la signification exacte du mot kératose solaire
À la rentrée, on reprend ses rendez-vous de dentiste, de gynécologue, d’ophtalmo, rarement de dermatologue. Pourtant, il serait logique d’y penser car tout l’été la peau a pris le soleil et parfois de façon inconsidérée. Tout le monde sait aujourd’hui que les expositions répétées et excessives peuvent provoquer un mélanome et font vieillir la peau prématurément. Mais savez-vous ce qu’est la kératose solaire ? Ces petites taches rosées, brunes ou rouges et rugueuses au toucher sont très fréquentes, surtout après 50 ans et plus encore après 60 ans, et mieux vaudrait s’en méfier.

 

En vue… le cancer cutané

Ces taches résultent du cumul d’années d’exposition aux rayons du soleil, sont assez inesthétiques, mais surtout elles peuvent indiquer un risque de développer une forme particulière de cancer cutané : le carcinome épidermoïde. Moins grave que le mélanome, il doit cependant être excisé tôt pour avoir les meilleures chances de guérir. On estime que les kératoses solaires précèdent plus de 60 % de ces cancers. Ce sont donc des signaux d’alarme à ne pas négliger.

 

Consulter au moindre doute d’une kératose actinique

Les taches apparaissent le plus souvent sur les peaux claires, sur les zones du corps les plus exposées : sommet du crâne, visage, dos, mains, décolleté… mais elles ne sont pas forcément faciles à identifier. Faire la différence entre une banale tache de vieillesse sans danger et une kératose solaire relève du dermatologue. D’autant qu’il est impossible de prévoir quelle tache évoluera en cancer.

La seule façon de limiter les risques de kératose solaire et donc de cancer épidermoïde est de limiter les expositions dès le plus jeune âge et de bien se protéger avec des crèmes solaires d’indice élevé. Si c’est trop tard pour vous et si vous portez des taches suspectes, un peu rugueuses, prenez vite rendez-vous chez le dermato !

 

Traitements contre la kératose solaire

Plusieurs possibilités pour faire disparaître les lésions.

  • Cryothérapie, application d’azote liquide, ciblée sur des lésions peu nombreuses. C’est la technique la plus utilisée, à la fois simple, rapide et ne nécessitant pas d’anesthésie.
  • Photothérapie dynamique, technique basée sur les propriétés de molécules qui, appliquées localement, se modifient sous l’action d’une source lumineuse intense.
  • Traitements locaux, sur prescription, sous forme de crème ou de gel, entraînant une réaction locale et provoquant la disparition des lésions en quelques semaines ; ou en 2 ou 3 jours pour un gel qui devrait être bientôt commercialisé, déjà utilisé aux états-Unis, en Australie, en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Mélanome : à surveiller de près !

Ce cancer gravissime de la peau est principalement dû à l’exposition solaire. Deux consignes en découlent logiquement, se protéger et dépister.

 

On recense 7 000 nouveaux cas par an de mélanome malin. Il est donc rare, mais grave. La mode du bronzage en France explique qu’en 20 ans le nombre de nouveaux cas a été multiplié par trois et la mortalité par deux.

 

 

 

Facteurs de risque du cancer de la peau

À savoir

À savoir

Depuis février 2012, une fois par an, la Sécurité sociale prend en charge une consultation de dépistage directe chez un dermatologue, sans passer par la case généraliste.
Une exposition excessive au soleil et aux dispositifs de bronzage artificiel est en cause dans 70 % des cas. Il faut aussi tenir compte du nombre de grains de beauté : plus il est élevé, plus le risque augmente et plus il faut se protéger. Le type de peau est déterminant, pour les peaux claires, rousses ou blondes, le risque est beaucoup plus élevé. Enfin, il existe une prédisposition familiale, dans 5 à 10 % des cas.

 

Protection avancée contre les UV

Le vêtement protège des UV et des radiations visibles, il doit avoir un tissage serré et une couleur sombre et s’accompagner d’un chapeau à larges bords et de lunettes de soleil pour protéger visage, yeux, nuque et cou. La crème solaire n’est efficace qu’avec un indice de protection adapté et surtout si elle est régulièrement appliquée.

Il faut éviter le créneau 11 h-16 h, se couvrir, remettre de la crème solaire après chaque bain et toutes les heures, éviter produits parfumés et médicaments photosensibilisants (risque de coup de soleil géant), ne jamais exposer au soleil les nourrissons de moins d’un an, protéger enfants et adolescents (T-shirt, chapeau, lunettes), sans oublier la journée de dépistage en mai* et la consultation annuelle remboursée. Conseils simples, pourtant trop souvent négligés.

*Liste des centres disponibles chaque année sur http://www.syndicatdermatos.org/

 

Méthode ABCDE

Elle permet de surveiller soi-même ses grains de beauté.

  • A pour asymétrie, un grain de beauté qui perd sa forme ronde est suspect.
  • B pour bords, attention aux bords dentelés ou irréguliers.
  • C pour couleur, se méfier des changements de couleur ou de la coexistence de plusieurs couleurs.
  • D pour diamètre, une taille supérieure à 8 mm est à surveiller.
  • E pour évolution, un grain de beauté qui apparaît, grandit ou change doit motiver une consultation.

Toute modification de taille, de couleur, de forme, tout saignement, toute modification de sensibilité, enfin tout nouveau grain de beauté ou nouvelle tâche suspecte imposent un avis dermatologique rapide.

Améliorer la prise en charge des cancers digestifs

Avec la mise en place de consultations précoces, l’Institut Curie participe à l’amélioration du pronostic vital en matière de cancer et ulcère estomac.

D’incidences variables, les cancers digestifs progressent principalement en raison de l’augmentation des cas de cancers colorectaux.

 

Réduire la mortalité du cancer

Dans les centres de lutte contre le cancer, les patients étaient traditionnellement pris en charge après le diagnostic. Généralisé en 2009, le Programme national de dépistage du cancer colorectal n’est pas assez suivi par la population. Pourtant la mortalité de ce cancer pourrait être réduite de 15 à 20 % si la moitié de la population concernée participait au programme de dépistage organisé.

 

Soigner le cancer du côlon ou du pancréas

Pour répondre à ce besoin de prise en charge, l’Institut Curie vient d’ouvrir des consultations dédiées à la prévention et au dépistage des tumeurs digestives. Dispensées deux fois par semaine, elles intéressent différents publics avant l’apparition d’un quelconque symptôme. L’objectif étant de les détecter le plus tôt possible pour améliorer la survie et proposer aux patients une offre de soins complète. « Il importe de repérer d’éventuelles lésions précancéreuses le plus tôt possible afin de pouvoir offrir rapidement aux patients les techniques et les traitements de pointe dont nous disposons » souligne le professeur Emmanuel Mitry, spécialisé dans les pathologies digestives à l’Institut Curie.

 

Recherche, soins, et enseignement sur le cancer

L’Institut Curie, acteur de référence de la lutte contre le cancer, associe le plus grand centre de recherche français en cancérologie et un ensemble hospitalier de pointe spécialisé dans la prise en charge des cancers du sein, des tumeurs pédiatriques et de celles de l’œil.

Fondé en 1909 par Marie Curie, l’Institut Curie rassemble 3 200 chercheurs, médecins et soignants autour de ses trois missions : recherche, soins et enseignement.

Fondation privée reconnue d’utilité publique habilitée à recevoir des dons et des legs, l’Institut Curie peut, grâce à au soutien de ses donateurs, accélérer les découvertes et ainsi améliorer les traitements et la qualité de vie des malades.

Pour en savoir plus : www.curie.fr

Dépistage et traitement du cancer du sein

Même si l’on en guérit dans la majorité des cas, on peut encore mieux faire, grâce aux progrès de la médecine et surtout à la personnalisation de la prise en charge, de la prévention aux traitements.

 

Des recours pour soigner un cancer du sein

Chiffre

Chiffre

11 000 décès sont dus chaque année au cancer du sein, 53 000 cas et plus sont attendus en 2012
On sait maintenant qu’il est possible de prévenir un cancer, du sein plus particulièrement. Et une fois le cancer déclaré, on peut empêcher que survienne une récidive. Un certain nombre de facteurs favorisant ce cancer ont en effet été formellement reconnus ces dernières années. Ils ont la particularité d’influer à des degrés divers la quantité d’estrogènes dans le corps et ainsi moduler le risque de survenue des cancers hormonodépendants essentiellement (80 % de tous les cancers du sein). On peut donc jouer sur ce registre de l’environnement, par nature modifiable, pour réduire son risque de cancer du sein ou de récidive, une fois un premier cancer traité.

En cas de surpoids par exemple (surtout de gros ventre), le tissu gras se comporte comme une glande sécrétrice d’estrogènes promoteurs de cancer, surtout après la ménopause. Le remède ? Une alimentation fondée sur la règle des 5 fruits et légumes par jour, céréales, poisson, viandes maigres et peu d’alcool (moins d’un verre par jour).

Par ailleurs, la survie globale à 10 ans des femmes qui pratiquent une activité sportive régulière est améliorée d’un tiers, ainsi que leur taux de récidive. L’activité physique réduit le risque de récidive ou de survenue d’un nouveau cancer du sein et permet de limiter un surpoids. Elle constitue aussi un excellent antidote à la fatigue liée à la maladie ou aux traitements : il n’est plus question de se reposer exclusivement, mais de commencer à doses filées, selon le degré de fatigue, puis progressivement croissantes.

 

Personnaliser c’est optimiser le traitement

Dès le dépistage, puis le diagnostic, les médecins prennent en compte non plus un cancer du sein auquel on appliquerait le même traitement, mais la singularité d’une femme et de son cancer, dont les caractéristiques justifient un traitement personnalisé. À chaque personne, son parcours de soin.

État des lieux

En fonction de l’imagerie, au tout début de la prise en charge, puis des biopsies l’équipe médicale se fait une idée de la suite des événements. Grâce à l’analyse, radiologique et biologique, de la tumeur, on peut décider d’enlever tout ou partie du sein (la première étape, indispensable, du traitement du cancer du sein) et prédire, dans une certaine mesure, quels médicaments de chimiothérapie et/ou quelles thérapies ciblées fonctionneront le mieux.

 À lire aussi : Biopsie du sein : comment ça se passe ?

 

Après l’opération

Une fois la tumeur opérée, les femmes reçoivent systématiquement une radiothérapie et éventuellement une chimiothérapie. Aujourd’hui, 80 % des patientes reçoivent effectivement une chimiothérapie, dite adjuvante, décidée sur des critères cliniques (la grosseur de la tumeur et la présence de récepteurs hormonaux notamment), alors que la plupart (9 sur 10 !) n’auraient pas rechuté… Des études sont encours pour valider des marqueurs qui pronostiquent une éventuelle rechute.

 

Radiothérapie contre rechute

Accélérée et limitée

La radiothérapie réduit de 65 à 70 % le risque de rechute locale après que l’on ait conservé le sein et ôté la tumeur, ce qui se traduit en termes de survie à long terme. On peut procéder à une radiothérapie à la fois accélérée et limitée du sein, en 3 semaines, voire en 5 jours (2 séances par jour) et sur moins du quart du volume mammaire, la technique de référence se faisant sur 5 semaines et sein entier.

 

Des thérapies finement ciblées

Agir sur les récepteurs

À côté des chimiothérapies, cytotoxiques, et parfois des traitements hormonaux, après les thérapies ciblées qui visent un récepteur particulier sur la membrane cellulaire pour bloquer la prolifération des cellules cancéreuses, on dispose aujourd’hui de thérapies encore plus ciblées visant l’environnement de ce récepteur, c’est-à-dire les déterminants de son allumage, des inhibiteurs de tyrosine kinase par exemple, compléments naturels de la première thérapie ciblée qui en optimisent le fonctionnement.

Ou couper les vivres à la tumeur

Solution alternative ou complémentaire, les médicaments antiangiogéniques s’opposent à la création du réseau vasculaire nourricier de la tumeur et la détruisent spécifiquement en l’asphyxiant.

À éviter

À éviter

  • Un dépistage précoce du cancer du sein, avant 50 ans (âge à partir duquel le dépistage est systématiquement proposé aux femmes), est utile quand le risque de développer un cancer est plus élevé : cancer familial (proche au premier degré, sœur ou mère, surtout si ce proche a fait tôt ce cancer) ou si les seins sont très denses.
  • En cas d’antécédent de biopsies mammaires ou de ponction à l’aiguille pour un problème bénin.
  • Des règles apparues précocement, un âge tardif au premier enfant ou pas d’enfant et les contraceptifs hormonaux sont d’autres facteurs de risque, significatifs, mais moins inquiétants que la densité des seins ou l’histoire familiale…
  • Protecteurs en revanche, l’allaitement prolongé ou un surpoids avant la ménopause, contrairement à ce qui se produit après la ménopause, où le surpoids devient un facteur de risque.
Réponses d'expert

Réponses d'expert


Dr Michel Deghaye
Radiologue et membre du groupe de travail de la Haute autorité de santé

À partir de 50 ans et jusqu’à 74 ans, mieux vaut opter pour le dépistage organisé (DO) plutôt que le dépistage individuel (DI)

Dans le dépistage individuel, chacune décide avec son médecin du moment et de l’intérêt d’un dépistage. Plusieurs raisons font préférer le DO : invitée directement par un courrier de l’Assurance maladie adressé à toutes, on n’oublie pas ce rendez-vous. Tous les bilans considérés comme négatifs par le premier lecteur sont soumis à une seconde lecture, inscrite dans le cahier des charges du DO, ce qui permet de rattraper au moins 8 à 9 % des cancers passés inaperçus à la première, parfois même 12 à 15 % dans certains départements. Elle s’avère plus efficace qu’une échographie éventuelle dans la DI. Enfin, presque tous les radiologues travaillant dans le cadre du programme national ont une obligation de formation spécifique et leurs appareils doivent réglementairement être contrôlés tous les semestres.

À lire

À lire

CANCER DU SEIN, PRÉVENTION ET ACCOMPAGNEMENT PAR LES MÉDECINES COMPLÉMENTAIRES
Dr Bérangère Arnal et Martine Laganier, éditions Eyrolles, 12,90 €.

Consultez www.rosemagazine.fr, le site de Rose Magazine, Le cancer au féminin.

 

Quoi faire pour surveiller sa prostate ?

Grosse prostate a priori sans gravité ou cancer, il s’agit de dépister à temps ce qui doit être soigné rapidement. Quand faut-il se faire dépister ? Les clés pour une décision éclairée.

 

Chiffre

Chiffre

71 200
nouveaux cas en 2011, 
8 700

décès par an, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme.
Située sous la vessie, la prostate est formée de petites glandes qui sécrètent le liquide séminal qui, avec les spermatozoïdes fabriqués par les testicules, constitue le sperme. La prostate enserre l’urètre, le conduit qui véhicule les urines vers la sortie… Petite à la naissance, elle atteint son volume de croisière à l’âge adulte, puis grossit au fil des ans à partir de 45 ans, sans qu’on sache bien pourquoi. Peut-être en raison de la testostérone ? Cette hypertrophie prostatique, ou adénome est normale avec l’âge. Elle est bénigne, sans gravité jusqu’à un certain volume, mais parfois gênante. On urine plus souvent, y compris la nuit, on perd quelques gouttes retardataires, on force pour uriner…

En cas de mictions nocturnes ou de difficultés à l’émission d’urine, mieux vaut consulter son médecin traitant ou un urologue. Il existe des médicaments qui améliorent les symptômes, voire réduisent le volume de la glande prostatique ; la chirurgie, par les voies naturelles, pour enlever la partie obstructive de la prostate, n’est indiquée qu’en cas de résultat insuffisant. C’est de plus l’occasion de dépister un éventuel cancer à son début, par une prise de sang et un toucher rectal (irremplaçable), annuellement à partir de 50 ans. Ces deux maladies, cancer (silencieux jusqu’à un point tardif de son évolution) et hypertrophie bénigne de la prostate (bruyante parce que gênante), sont suffisamment fréquentes pour que l’on puisse souffrir des deux à la fois…

 

Dépister le cancer ?

1/ Le dosage du PSA

Le dosage du PSA (antigène spécifique prostatique) est facile, les hommes s’y soumettent volontiers. Pourtant ce dépistage ne doit pas être systématique, car l’on sait encore mal ce qu’il convient de faire de certains cancers de faible risque découverts sur un dosage de PSA.

2/ Une progression lente

Ce cancer progresse en principe à petite vitesse et tous les hommes en développeront un s’ils vivent au-delà de 80 ans. Un dépistage organisé, systématique, pour tous les hommes, par un dosage du PSA (tous les un à deux ans selon le PSA initial) et le toucher rectal de 50 à 75 ans, n’est en tout cas pas à l’ordre du jour, faute d’études suffisamment robustes qui prouvent son efficacité, en termes de vies sauvées, y compris chez les hommes à risque.

Dépister à bon escient un adénocarcinome prostatique

3/ Évaluer les risques

Le médecin doit donc proposer un dosage du PSA dans un objectif de dépistage en connaissance de son patient, de son âge, de son histoire familiale (un père ou un fils, des proches au 1er degré), de son origine, africaine ou antillaise et de son exposition à d’éventuels facteurs de risque environnementaux (certains pesticides). Mais il est impossible aujourd’hui de dire aujourd’hui comment ces différents facteurs interagissent, s’ils se cumulent et donc de mesurer un niveau de risque de survenue de ce cancer.

4/ Traiter ou pas avec un prostatite traitement ?

Autre interrogation qui fait parfois surseoir au traitement, le degré d’agressivité de ce cancer, établi après une biopsie de la glande et en fonction de différents tests. Le traitement de référence (enlever la prostate) peut donner des ennuis urinaires (certes rapidement réversibles dans la plupart des cas) et de grosses pannes sexuelles. Alors, opérer, au prix d’effets très indésirables, ou ne pas opérer ?

5/ En fonction de l’âge

Après 75 ans, le dépistage systématisé n’a pas d’intérêt parce que même si l’on découvre un cancer (ce qui est le cas une fois sur quatre quand le PSA est élevé), son évolution est suffisamment lente pour que l’on puisse intervenir secondairement, par une opération, voire des médicaments (hormones) qui contrôlent la maladie. On a toutes les chances alors de mourir de sa belle mort ou d’un autre problème de santé…

Réponses d'expert : dépister un cancer ne veut pas forcément dire l'opérer


Dr Xavier Rébillard
Urologue à Montpellier, secrétaire général adjoint de l’Association française d’urologie

Une fois le cancer dépisté, on n’est pas obligé d’intervenir, on peut le surveiller activement pour opérer au bon moment et attendre, avec l’accord du patient bien sûr, à qui cette démarche et les autres options de traitement sont précisément expliquées, si la lésion est manifestement localisée, de petit volume, le PSA modérément élevé, les cellules peu agressives, etc. On réévalue ces critères 6 mois après le diagnostic, sur un nouveau PSA et de nouvelles biopsies, puis tous les ans, suivant un protocole identique d’un centre à l’autre. Entre la surveillance active et la prostatectomie, où l’on enlève la prostate, la référence, ou radiothérapie, on peut proposer un traitement focal, ciblé, qui brûle les tissus tout en continuant à surveiller activement la région indemne. Un moyen terme qui rassure et permet de limiter les effets secondaires d’une intervention plus radicale.

À éviter

À éviter

Tout attribuer au cancer. Produit par la prostate uniquement, le PSA est variable d’un individu à l’autre et peut s’élever dans d’autres circonstances que le cancer : infection, hypertrophie bénigne par exemple. Il reflète bien une anomalie prostatique, mais n’est pas spécifique d’un cancer ; un résultat brut doit être interprété et pour cela associé au toucher rectal qui permet d’apprécier le volume et la consistance de la glande prostatique.

Négliger les progrès médicaux. Ce dépistage pourrait être affiné dans les années à venir par un autre marqueur, spécifiquement de cancer cette fois et non seulement d’anomalie prostatique, le PCA3. Il permettrait de mieux sélectionner les hommes à qui des biopsies seraient utiles, le diagnostic étant toujours confirmé par des biopsies. À suivre donc.

L’échographie. Elle est inutile car ne fait pas la différence entre un tissu sain et un tissu pathologique.

À lire

À lire


Touche pas à ma prostate, Ralph Blum et Dr Mark Scholz, éditions Thierry Souccar, 2012, 23,99 €. Les traitements du cancer de la prostate, un guide de référence, Cancer info, teléchargeable sur le site de l’Institut national du cancer, www.e-cancer.fr

Cancer colorectal : faites-vous dépister !

Un nouveau test plus performant et plus simple d’utilisation, proposé à 17 millions de personnes de 50 à 74 ans, va permettre de détecter davantage de cancers et de lésions précancéreuses. Plus d’excuses !

 

Après avoir augmenté jusqu’en 2000, le nombre de nouveaux cas annuels s’est stabilisé puis a un peu diminué depuis 2005, mais le cancer colorectal reste, en France, le troisième cancer le plus fréquent (4 200 cas par an), derrière ceux de la prostate et du sein. Et le deuxième cancer le plus meurtrier, après celui du poumon, avec plus de 17 500 décès en 2012. Pourtant, les facteurs de risque de cette tumeur maligne qui touche la muqueuse du côlon ou du rectum, c’est-à-dire la dernière partie du tube digestif appelée aussi gros intestin, sont connus. Les antécédents familiaux de polypes précancéreux ou de cancer colorectal, surtout avant l’âge 45 ans, augmentent la probabilité d’être atteint un jour. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) aussi. Mais à partir de 50 ans, et plus encore de 55 ans, nous sommes tous concernés. Le mode et l’hygiène de vie comptent beaucoup et expliquent très vraisemblablement l’augmentation du nombre de cancers colorectaux dans les pays occidentaux :

  • une alimentation riche en viandes rouges, en charcuteries et en graisses d’origine animale ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • le tabagisme et une consommation excessive d’alcool (comme pour de nombreux cancers).

En revanche, les légumes verts, qui apportent des fibres, et les aliments riches en vitamines, en particulier A, C, D et E, sont protecteurs.

À savoir

À savoir

INFORMEZ-VOUS SUR LE CANCER COLORECTAL !
Pour tout savoir sur le cancer colorectal (dépistage et traitements), sur vos droits et les démarches à faire, consultez le site de l’Institut national du cancer (INCa) : www.e-cancer.fr. Tél. Cancer Info : 0810 810 821 (prix d’un appel local).
Et soutiens, écoute, aides sur le site de la Ligue contre le cancer : www.ligue-cancer.net. Tél. 0810 111 101.

 

Faire un test de dépistage tous les deux ans

Depuis quelques années, grâce au développement des thérapies dites ciblées dans ce type de cancer – notamment les anticorps monoclonaux de dernière génération –, associées aux chimiothérapies, les traitements se sont affinés.

Un progrès, les thérapies ciblées

Les thérapies ciblées sont des médicaments sélectifs qui s’attaquent aux cellules cancéreuses en repérant chez elles une cible précise (récepteur, gène ou protéine) et en épargnant au maximum les cellules saines. Cette personnalisation du traitement repose sur le principe que deux personnes atteintes du même cancer ne répondent pas nécessairement de la même manière au même traitement. Il s’agit donc de rechercher, en amont, les spécificités de chaque patient pour fournir des solutions « sur mesure ». « L’objectif est d’identifier les malades qui peuvent bénéficier le plus de tel ou tel traitement, d’éviter l’administration de traitements qui se révéleraient inefficaces et même néfastes, et ainsi de donner aux patients davantage de chances de guérison », explique le Pr Michel Ducreux, chef du service de gastroentérologie, Gustave-Roussy (Villejuif).

Des traitements « sur mesure »

Concrètement, le traitement dépend de plus en plus des résultats de tests diagnostiques moléculaires, réalisés sur un morceau de tumeur enlevé par chirurgie ou prélevé par biopsie, qui permettent de connaître avec précision la « carte d’identité tumorale » de chaque malade. Les cancérologues peuvent de cette façon choisir le traitement le plus adapté, celui qui « marchera » le mieux.

Ces avancées sont particulièrement importantes pour les malades atteints d’un cancer colorectal avancé, avec des métastases dans d’autres organes. Cela dit, comme pour les autres cancers, plus le cancer colorectal est diagnostiqué tôt, mieux il se traite et plus il a de chances de guérir. D’où l’intérêt d’un dépistage régulier (tous les deux ans) après 50 ans, âge à partir duquel il est plus fréquent.

Un test de dépistage du cancer colorectal plus pratique

En France, le programme national de dépistage concerne les hommes et les femmes de 50 à 74 ans. Si vous êtes dans cette tranche d’âge, parlez-en à votre médecin traitant. Le test, à faire à domicile, consiste à déposer un peu de selles sur une plaquette prévue à cet effet, puis à l’expédier à un laboratoire d’analyse spécialisé dans une enveloppe fournie avec le test. Aujourd’hui, les Français répugnent à faire ce test, pourtant gratuit : en 2012-2013, le taux de participation à ce dépistage n’était que de 31 %. L’arrivée d’un nouveau test immunologique de détection de sang dans les selles, plus efficace et plus simple d’utilisation (un seul prélèvement de selles au lieu de trois avec le test actuel, Hémoccult), devrait l’améliorer et ainsi augmenter les chances de guérison. Il sera diffusé progressivement dans toute la France à partir de ce mois-ci. N’attendez pas pour en parler à votre médecin, c’est votre vie qui est en jeu…

 

Les signes d’alerte

Comme ils sont banals, les premiers symptômes ne font pas forcément penser à un cancer colorectal. Pourtant, qu’ils soient isolés ou associés, ils doivent inciter à consulter sans tarder :

  • traces de sang dans les selles, rouges ou très foncée ;
  • modification du transit intestinal : diarrhée qui se prolonge, constipation soudaine ou qui s’aggrave, alternance des deux ;
  • douleurs abdominales : crampes parfois violentes, avec ballonnements, gaz ou gargouillements ;
  • fausse envie d’aller à la selle, sensation de ne pas être soulagé après être allé à la selle, émission de glaires ;
  • grande fatigue et perte de poids inexpliquée.

Quand la tumeur grossit, elle peut finir par entraîner des complications :

  • occlusion intestinale : côlon bouché, matières fécales bloquées, ballonnements, douleurs et parfois vomissements ;
  • péritonite : perforation du côlon causant une inflammation du péritoine (membrane entourant les organes de l’abdomen), avec ventre dur et fièvre.

Dans ce cas, il faut voir un médecin très rapidement, voire en urgence.

Hérédité et MICI

Hérédité et MICI

Les hommes et les femmes ayant des antécédents familiaux (parents, frères ou sœurs) de cancer colorectal avant 45 ans ont davantage de risques d’être touchés à leur tour. Mais les formes familiales génétiques de cancer colorectal représentent moins de 5 % des cas.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), notamment la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, augmentent aussi le risque, surtout quand elles sont étendues à tout le côlon.