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Acné sévère il faut traiter !

L’acné peut être handicapante et laisser des marques cutanées indélébiles quand elle est sévère et ne reçoit pas de traitement adapté. Les récentes études montrent qu’elle ne touche plus seulement les adolescents, mais aussi les adultes et même les jeunes enfants. Quels traitements choisir ? On fait le point.

 

À la rentrée, les boutons d’acné qui s’étaient estompés sous l’effet desséchant du soleil refleurissent de plus belle et peuvent se transformer en nodules ou en pustules inesthétiques, au grand désespoir des adolescents, mais aussi des adultes… et même de certains enfants.
Cette maladie du follicule pilosébacé, causée par l’augmentation de la sécrétion de sébum associée à une inflammation, interfère dans notre rapport aux autres en modifiant notre image. Elle a un retentissement psychologique important, qui ne doit pas être minimisé ni ignoré.

L’acné, une maladie qui touche de plus en plus de monde

On la pensait réservée aux adolescents, mais non. Le nombre de personnes touchées par l’acné augmente chaque année, et s’élève à quinze millions de personnes en France selon la Société Française de dermatologie. C’est d’ailleurs le premier motif de consultation chez le dermatologue. Les premières victimes sont les adolescents, qui sont touchés à 80% par la maladie, mais aussi près de 20% des adultes, et en particulier les femmes.

 

Acnés tardives ou acné adulte

De plus en plus d’adultes en souffrent, notamment des femmes, dont une sur quatre a plus de 25 ans. Plus de 3 millions des personnes touchées ont plus de 15 ans, et les dermatologues voient parfois débarquer en consultation des femmes de 40, voire 50 ans, encore concernées par l’acné. Ces acnés tardives, qui se prolongent après l’adolescence, démarrent après 18 ans ou reviennent après avoir disparu, sont souvent plus sévères, avec atteinte du dos et du visage dans 50 % des cas. Elles nécessitent un traitement acné à part. Sans attendre, car plus l’acné dure, plus le risque de cicatrices définitives augmente.

On constate aussi l’apparition d’autres formes de la maladie chez les jeunes enfants, notamment aux Etats-Unis où des petits de 7 à 8 ans présentent des formes sévères.

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Acné sévère, une maladie sous-traitée

Pourtant, comme le montre une enquête CSA Santé1 réalisée en 2012 auprès de plus de 10 000 Français de plus de 15 ans, 38 % des acnéiques ne se traitent pas ou se traitent seuls et mal. Et, pis encore, 17 % de ceux et celles qui souffrent d’acné sévère ne sont pas suivis du tout par un professionnel de santé. Pour des raisons financières et pratiques (délais de rendez-vous chez un dermatologue), mais aussi parce que la maladie est souvent sous-estimée par les parents et l’entourage. Or, si l’acné est légère ou modérée dans la majorité des cas, son impact psychosocial n’est pas négligeable. Les ados, souvent déjà peu sûrs d’eux et mal dans leur peau, peuvent être perturbés.

De nouveaux mécanismes identifiés dans l’apparition de l’acné juvénile et adulte

Si l’on associe depuis des décennies l’acné à l’hyperséborrhée (la production excessive de sébum), de récentes études ont fait émerger la notion de dysséborrhée. L’acné reste associée à une peau trop grasse, mais serait aussi favorisée par la composition même du sébum. Lorsqu’il est de mauvaise qualité, trop épais, oxydé, il perturbe le fonctionnement cutané et provoque hypersensibilité et déshydratation. Ce qui incite les dermatologues à considérer le traitement de l’acné de manière plus globale, en rééquilibrant la quantité de sébum produit, mais aussi sa qualité.

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Les facteurs favorisants ou aggravants l’acné

Cosmétiques trop agressives, trop gras ou trop couvrants ? Alimentation ? Pollution ? Mode de vie ? Hormones ? Manque de sommeil ? Génétique ? Difficile d’isoler l’origine exacte de la maladie. Toutefois, la même étude menée par le CSA a permis d’identifier que la population qui consomme chocolat et confiserie de manière quotidienne a 2,7 fois plus de risque de développer de l’acné que ceux qui n’en consomment pas. L’étude relève aussi que les personnes soumises à un stress quotidien ont 2,5 fois plus de chance de développer de l’acné que des sujets non stressés.

 

Des traitements efficaces contre l’acné

Les dermatologues ont aujourd’hui à leur disposition un arsenal de crèmes, lotions et antibiotiques plus ou moins asséchantes. En cas d’acné sévère résistant à des cures classiques, ils peuvent prescrire un traitement à base d’isotrétinoïne, qui est interdit aux femmes enceintes ou envisageant de débuter une grossesse. L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) autorise ces différents traitements : Curacné® des laboratoires Pierre-Fabre depuis 2002, Procuta® des laboratoires Expanscience depuis 2002, Contracné® des laboratoires Bailleul-Biorga depuis 2005, et Isotrétinoïne Teva® des laboratoires Téva depuis 2008.  

L’important est de ne pas attendre afin de limiter l’impact psychologique de la maladie et le risque de développer des cicatrices indélébiles !

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1 – Source : Enquête du Conseil Scientifique de l’Acné Sévère, réalisée avec le concours de Pierre Fabre en 2012 sur un échantillon représentatif de plus de 10 000 personnes.

Faire disparaitre l’acné rapidement

Cette maladie du follicule pilosébacé toucherait 15 millions de personnes en France, 80 % des adolescents, mais aussi, et c’est moins connu, près de 25 % des adultes.

 

Si l’acné gâche la vie des adolescents, elle concerne aussi de plus en plus de femmes adultes, avec un impact réel sur leur qualité de vie. Mais il existe des moyens de traiter l’acné adulte

 

Éviter ce qui favorise l’acnée

De nombreux facteurs sont incriminés dans la survenue de l’acné. Les rôles de la prédisposition génétique et du climat hormonal ne sont plus à prouver. Le stress, souvent évoqué par les personnes concernées, a effectivement une part dans l’apparition des poussées. Les données sur l’interaction-tabac et acné semblent contradictoires ; cependant arrêter de fumer améliore à la fois l’hygiène de vie, l’état cutané et la santé en général. Le soleil est à déconseiller. Enfin, si les cosmétiques gras et occlusifs favorisent l’acné et aggravent les lésions du visage, il existe des produits de maquillage ou de camouflage spécifiques, adaptés à la peau acnéique. Parlez-en à votre dermatologue ou à votre pharmacien.

À éviter

À éviter

ATTENTION AU SOLEIL
S’il améliore parfois les lésions du dos, il induit surtout un épaississement de la couche cornée, d’où des poussées à distance, et des réactions de photosensibilisation.

 

Choisir les bons traitements pour une bonne cicatrice acné

Des soins adaptés et quotidiens sont indispensables, tout comme l’évitement de certaines erreurs. Il existe aussi des traitements médicamenteux, locaux ou par voie orale, réellement efficaces. Cependant, de nombreux effets secondaires et contre-indications expliquent qu’ils ne soient délivrés qu’après un avis spécialisé, un interrogatoire soigneux et souvent un bilan sanguin. Il s’agit d’une prescription à la carte, pour laquelle le médecin tient compte de l’âge et des antécédents du patient, de l’ancienneté de l’acné, de ses forme et sévérité, de son impact psychologique et sur la qualité de vie et des traitements déjà pris. L’acné est une maladie dont le traitement s’inscrit dans la durée, de plusieurs mois à plusieurs années. La qualité du dialogue médecin-patient et pharmacien-patient est une condition essentielle à la guérison.

Bon à savoir

Bon à savoir

La toilette doit être quotidienne ou biquotidienne avec des gels ou pains dermatologiques sans savon. Les produits alcoolisés ou antiseptiques sont déconseillés : ils sont inefficaces, irritants et/ou sensibilisants. Les manipulations des lésions sont tentantes, mais déconseillées, car susceptibles de provoquer des poussées inflammatoires. Enfin, pensez à vous protéger du soleil si vous prenez un traitement médicamenteux, antiacnéique ou autres : il peut y avoir des réactions de photosensibilisation ou une phototoxicité, ainsi qu’un risque de pigmentation des cicatrices chez les sujets à peau mate ou pigmentée.

Les différents visages de l’acné

Différentes lésions d’acné peuvent cohabiter sur un même visage adolescent, garçon ou fille, parfois même, après une courte éclaircie, de jeunes femmes. Le traitement est à la tête des boutons.

 

À savoir sur l’origine de l’acné

À la surface de la peau, du visage et du thorax surtout, s’abouchent les glandes sébacées qui produisent un sébum gras protecteur. A la puberté, sous l’effet de la testostérone (hormone sexuelle secrétée par les testicules et les ovaires), sa production est stimulée. Lorsque le canal d’écoulement naturel du sébum est obstrué par des cellules de peau mortes, il se forme un “point noir“ disgracieux.

L’accumulation du sébum dilate le canal pilo-sébacé bouché qui devient un microkyste fermé, le “point blanc“. Ce milieu clos est idéal à la multiplication des bactéries de l’acné, dont le Propionibacterium acnes, provoquant une réaction inflammatoire locale (rougeur et gonflement). L’inflammation accélère en retour la production de sébum et favorise la prolifération des kératinocytes (les cellules à l’origine des “bouchons cornés“). Le cercle de l’acné se referme.

Contrairement à l’acné adolescente (points noirs, microkystes blancs, lésions inflammatoires rouges) qui s’affiche en région haute du visage (front, nez et/ou joues), l’acnée tardive (quelques microkystes point de départ de lésions inflammatoires) occupe plus volontiers la région du menton.

Dans ce contexte, précise le Dr Martine Baspeyras, dermatologue à Bordeaux, le rôle nocif des sucres rapides et des sodas est confirmé ; ils agissent en élevant l’insuline, suivie par un pic d’hormone de croissance “acnogène“. Le tabac, lui, aurait un effet similaire à la testostérone, générateur de séborrhée.

 

Des traitements de l’acné « sur-mesure »

  • Une toilette matin et soir avec un produit spécifique réduit les lésions de 10 %. Il convient donc de laver matin et soir la peau et son film de sébum ; pas à l’eau seulement, peu efficace contre ce film gras, mais avec des gels moussants sur peau mouillée. Celle-ci ne doit pas tirer au décours. Si c’est le cas, mieux vaut utiliser par exemple une eau micellaire le matin et une lotion nettoyante le soir. Les bénéfices ? La limitation du développement bactérien, la stimulation du système d’autodéfense antibactérien et la réduction de la sécrétion de sébum.
  • Sur cette peau propre et sèche, on met un soir sur deux, pour une meilleure tolérance, une crème à base d’acide salicylique par exemple. La peau lissée respire, débarrassée de ses comédons. Les nouveaux cosmétiques qui empêchent la prolifération de P. acnes peuvent être essayés, en première intention ou en alternance.
  • Si les cosmétiques ne suffisent pas, on recourt, sur conseil médical, à la vitamine A acide ou à ses dérivés, les rétinoïdes, qui augmentent le renouvellement cellulaire et limitent la formation des kystes. Pour éviter rougeurs et desquamation, on applique le soin, puis une demi-heure plus tard une crème hydratante pour peaux à imperfections (cosmétique, type AI, anti-irritant).
  • Si l’acné est plus inflammatoire, P. acnes doit être précisément ciblé. Résistance aux antibiotiques locaux oblige, la référence est le péroxyde de benzoyle en traitement local, éventuellement associé à un rétinoïde topique (application locale) : on trouve ces deux produits associés en gel unique. Le péroxyde de benzoyle a l’inconvénient de décolorer les draps (un gel à rincer existe) et d’être photosensibilisant.
  • Un traitement par LED médicales (diodes électroluminescentes), bleus et rouges, est envisageable pour nettoyer une acné très inflammatoire, le temps de passer un cap.
  • Lorsque trois mois de soins (réguliers !) n’ont pas réglé au moins en partie le problème, le médecin peut proposer une cure d’antibiotiques: pour trois mois au plus. En cas d’acné sévère et rebelle, un traitement par la bouche assèche les glandes sébacées au prix de quelques inconvénients : une contraception est dans ce cas obligatoire pour les filles.
Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Les produits contre l’acné destinés aux adolescents sont plus irritants, parce que leur peau plus robuste et “élastique“ peut le supporter. Il est donc conseillé d’utiliser des produits adaptés à l’âge de la peau d’une part, à la nature des lésions d’autre part : rétentionnelles (comédons) et/ou inflammatoires.
  • “Martyriser“ ses boutons est une erreur, particulièrement quand il s’agit des papules et pustules des jeunes femmes. Leur peau amincie se répare moins bien, laissant davantage de cicatrices en creux et de taches pigmentées.
  • À pratiquer à l’économie (une à deux fois par semaine au plus) les masques exfoliants : s’ils enlèvent les cellules mortes, ils enclenchent le cercle vicieux de l’hyperséborrhée, par conséquent la multiplication de P. acnes.
  • Oui aux soins esthétiques hors du contexte médical, mais pour un soin hydratant uniquement. L’ouverture des comédons est réservée au médecin.
  • Se protéger du soleil est indispensable.