CYSTALIA
hepatites

« Je suis guérie de mon hépatite C »

10 juin 2015
Après une vingtaine d’années de traitement lourd, Michelle, 66 ans, est aujourd’hui guérie. Son témoignage apporte de l’espoir aux personnes infectées par le VHC.

 

En 1993, j’ai commencé à être malade. J’avais 42 ans, je me sentais très fatiguée avec des douleurs dans les genoux, les bras… Mon médecin m’a alors prescrit des analyses biologiques. Et l’on s’est aperçu que j’avais des transaminases élevées puis, en poursuivant les recherches, on m’a découvert une hépatite C. Sur le coup, j’ai été plutôt soulagée car je pensais que j’avais quelque chose de bien plus grave… Puis j’ai été inquiète en réalisant que j’avais peut-être pu contaminer des personnes de mon entourage. Ce n’était heureusement pas le cas. Mon médecin traitant m’a alors adressée à un spécialiste. J’ai subi toute une batterie de tests. Mon hépatite est de génotype 1. À l’époque, il n’y avait pas de traitement curatif.

Dès lors, il faut faire confiance à l’équipe médicale. J’ai tout d’abord eu de l’interféron. Au fil du temps, il a fallu augmenter les injections et les doses. Ce traitement provoquant de nombreux effets secondaires dont une grande fatigue, j’ai été obligée de cesser de travailler. C’est certainement la période la plus difficile car la vie sociale est également limitée.

Puis une bithérapie a été essayée. Ensuite, une trithérapie. Enfin, en 2009, j’ai pu bénéficier d’un protocole avec une nouvelle molécule. Et en 2010, j’ai été déclarée guérie avec une charge virale indétectable.

En conclusion, il ne faut jamais baisser les bras et garder le moral.

Actuellement, le traitement permet d’obtenir la guérison dans plus de 90 % des cas, en 3 à 6 mois de traitement, même pour le génotype 1. Que de progrès en vingt ans !

Afin d’aider et d’informer les autres, je me suis impliquée, en tant que bénévole et administrateur, au sein de SOS Hépatites Fédération. Car l’hépatite C est très mal connue, et c’est l’autre message important à faire passer : il faut au moins se faire dépister une fois dans sa vie vers 40-50 ans. Il y a, en France, plus de 120 000 personnes qui ignorent leur contamination.

 À lire aussi : Hépatites : prévention et traitements

 

Réponses d'expert : Traitement antiviral : la révolution

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Pr MARC BOURLIÈREPr MARC BOURLIÈRE
Hépato-gastro-entérologue, CHU Saint-Joseph de Marseille

Les premiers traitements de l’hépatite C (interféron et ribavirine) ne guérissaient qu’environ 50 % des patients au prix d’effets secondaires importants et d’une durée de traitement longue (46 semaines). En 2011, sont arrivés les premiers antiviraux à action directe (télaprévir et bocéprévir). La trithérapie a ainsi permis d’augmenter les taux de réponse en moyenne de 30 % chez les patients porteurs du génotype 1.

Enfin, en 2014, de nouveaux antiviraux directs sont apparus : sofosbuvir, siméprévir, daclatasvir, lédipasvir, dasabuvir, ombitasvir, paritaprévir. Associées entre elles ou à la ribavirine, ces molécules permettent aujourd’hui de raccourcir le traitement à 12 semaines et d’obtenir un taux de guérison supérieur à 90 %. Et, cela quel que soit le génotype des patients (un peu moins chez les porteurs du génotype 3 cirrhotiques) et surtout avec des effets secondaires minimes. Tous les patients déjà traités, découragés par les effets secondaires, doivent revenir consulter leur hépatologue pour savoir si ces traitements sont possibles pour eux.

L’accès à ces nouvelles molécules est actuellement limité aux cas les plus graves (F4, ou cirrhose), mais cette priorisation va au fil du temps disparaître. De 10 000 à 14 000 patients y ont eu accès l’année dernière. Le coût est certes important (1 milliard d’euros) mais on va pouvoir éradiquer la maladie.

À savoir

À savoir

Pour avoir plus d’informations, consultez le site de la Fédération SOS Hépatites : www.soshepatites.org                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 

Propos recueillis par Christine Fallet

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