Stress : on se calme !

Stress : on se calme !

14 mai 2021
L’organisme n’est pas toujours capable de s’adapter aux situations ou aux événements stressants. À la longue, les conséquences peuvent être graves. Gare au stress chronique…

 

Un mot souvent mal employé. « Je suis stressé(e) » veut parfois dire « je suis énervé(e) », « speedé(e) » ou bien « je suis anxieux(se) », « j’ai le trac ». Dans le premier cas, c’est une exagération et une mauvaise compréhension du phénomène ; dans le second, il y a confusion. En fait, on ne peut parler de stress que si l’on est confronté à un événement précis ou une situation particulière et que l’on doit réagir. Être stressé, c’est fournir un effort pour s’adapter à un changement important, un danger, une émotion intense. C’est une réaction physiologique de l’organisme pour faire face.

Une réaction de l’organisme

Qu’il s’agisse d’un entretien d’embauche, d’une agression ou d’une catastrophe, le corps et le cerveau se mobilisent immédiatement. Le système nerveux dit sympathique libère de l’adrénaline pour activer les connexions neuronales et du cortisol pour fournir aux organes davantage d’énergie et ainsi pouvoir répondre vite à la menace. Après cette phase d’alerte, l’organisme s’adapte en puisant dans ses réserves d’énergie. Les symptômes traduisant cette mobilisation du corps varient d’une personne à l’autre : souffle court, transpiration, bouche sèche, appétit coupé, vomissements, diarrhées, maux de tête…, mais sont transitoires. C’est un processus normal de défense qui permet de trouver une solution. Ensuite, l’état de stress diminue, l’organisme se relâche, retrouve son fonctionnement habituel et les symptômes disparaissent. Mais pas toujours. Le stress aigu peut provoquer un infarctus du myocarde ou un AVC (accident vasculaire cérébral) si l’organisme, déjà fragilisé par une maladie ou par l’âge, ne supporte pas un tel effort d’adaptation.

 À lire aussi : L’alimentation anti stress

 

Quand le stress rend malade

Si les contraintes sont fortes, se cumulent, s’enchaînent ou durent longtemps et que l’on ne parvient pas à dénouer la situation, la phase de résistance se prolonge trop et l’organisme consomme toutes ses ressources adaptatives : c’est la phase d’épuisement. Les conséquences de cette chronicisation du stress, physiques et psychologiques, peuvent être graves. Depuis les troubles digestifs et intestinaux (brûlures d’estomac, reflux gastro-œsophagien, syndrome de l’intestin irritable) jusqu’aux palpitations et poussées d’hypertension artérielle en passant par tensions musculaires, douleurs, céphalées de tension, insomnies, vertiges, toux nerveuse, difficultés à se concentrer, irritabilité, agressivité, voire abus d’alcool, de tabac, de drogues.

 

Le « syndrome du cœur brisé »

Le « syndrome du cœur brisé »

Le tako-tsubo se manifeste après un stress physique ou émotionnel intense par des douleurs thoraciques évoquant un infarctus alors que la coronarographie est normale. Il dure en général deux semaines et récupère très souvent sans complications avec un traitement pour insuffisance cardiaque. Comme il survient surtout chez les femmes ménopausées, les hormones jouent vraisemblablement un rôle, mais la génétique et les antécédents psychiatriques ou neurologiques aussi.

 

Agir pour bien réagir

Le stress peut être positif dans le sens où il stimule, oblige à réagir vite, à se dépasser même, et permet de lutter, de maîtriser des situations perturbantes ou difficiles. Comme au cours d’une épreuve sportive ou lors d’un attentat par exemple. Il n’est donc ni bon ni mauvais en soi. Mais il y a des bonnes et des mauvaises réponses à ce qui est perçu comme stressant. Tout dépend cependant de l’événement. Difficile de s’adapter rapidement à un épisode imprévisible, grave et douloureux, tel que le décès d’un proche, une séparation ou l’annonce d’une maladie grave. Cela dit, le plus souvent ce sont les tracas et les incidents quotidiens qui stressent : difficultés familiales ou financières, pressions ou harcèlement professionnels, environnement bruyant ou agressif, transports pénibles en voiture ou en commun, etc. Dans le monde moderne, les sources de stress ne manquent pas…

Anxiété et même dépression

Mais tout dépend des personnalités, la réaction de stress étant individuelle. Ce qui stresse l’un ne stresse pas forcément l’autre et, devant une même situation stressante, un tel va faire preuve de maîtrise alors que tel autre va être paralysé ou se laisser déborder. Au point non seulement d’avoir des symptômes psychosomatiques digestifs, intestinaux, musculaires, des palpitations, des maux de tête, une baisse de la libido, mais aussi des crises de panique et de l’anxiété. Si l’état de stress se prolonge, il peut amplifier une tendance à l’anxiété et dégénérer en anxiété permanente. Ou, un cran au-dessus, provoquer une dépression et, dans un contexte de travail difficile, un burn-out (syndrome d’épuisement professionnel).

Les crises d’angoisse sont assez différentes car elles ne sont pas forcément liées à une menace réelle et précise mais plutôt à des émotions fortes, déclenchées par des pensées négatives comme la peur de la mort ou de l’avenir. Mais elles surviennent souvent sur un terrain anxieux dépressif, chez des personnes sensibles au stress. Et elles se traduisent par des symptômes également pénibles, parfois inquiétants : constriction de l’estomac, tremblements, tachycardies, sensation d’étouffement ou d’oppression dans la poitrine et douleurs thoraciques pouvant faire penser à un problème cardiaque sans qu’il y ait de rapport.

 

Info

Info

Une cure en station thermale spécialisée permet d’apprendre, au calme, avec l’aide d’un personnel compétent, à surmonter stress et anxiété : Allevard, Bagnères-de-Bigorre, Divonne-les-Bains, Néris-les-Bains, Saint-Honoré-les-Bains, Saujon.

 

Dormir et bouger

Quelles que soient les manifestations du stress et leur intensité, il existe des méthodes et des thérapies capables de les réduire et d’empêcher qu’elles deviennent chroniques et s’aggravent. Première mesure, revoir son hygiène de vie pour aider l’organisme à bien réagir au quotidien : sommeil réparateur, activité physique régulière et alimentation équilibrée, en privilégiant des aliments riches en magnésium car le manque de magnésium augmente la vulnérabilité au stress. Céréales semi-complètes ou complètes, légumes secs, oléagineux (noix, noisettes, amandes), fruits de mer, chocolat noir (avec modération). Et vitamines du groupe B (levure de bière par exemple).

 À lire aussi : Retrouver son énergie

 

Plantes ou granules

Les cures de compléments alimentaires ciblés, à base de magnésium, de vitamines et de sels minéraux ou de plantes constituent un « plus » appréciable quand on sent le stress monter (lire « Le conseil du pharmacien »). Passiflore, valériane, aubépine, mélisse et millepertuis visent à réguler les symptômes. La valériane est décontractante et calmante de même que l’aubépine, surtout quand le cœur s’emballe. La passiflore est conseillée en cas de serrements thoraciques et de troubles du sommeil et la mélisse quand le stress provoque des troubles gastro-intestinaux. À prendre séparément ou associées en infusions ou, plus pratiques, en gélules, extraits secs, sticks ou gouttes. Un peu à part, le millepertuis « marche » lorsque le stress devient chronique sur fond d’anxiété ou de dépression. À savoir : il ne faut pas en prendre en même temps qu’un antidépresseur ni avec d’autres médicaments, notamment indiqués dans les troubles cardiaques, et les contraceptifs par voie orale.

Les granules homéopathiques apportent des réponses au cas par cas selon le type de symptômes. Par exemple, Ignatia en cas de boule dans la gorge et Gelsemium pour prévenir le trac avant un examen. Il existe aussi des médicaments anti-stress en comprimés à croquer ou en granules, associant plusieurs composés homéopathiques comme Magnesia bromata, Calendula, Atropa belladonna, Viburnum opulus.

 À lire aussi : 5 remèdes naturels contre le stress

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Plusieurs compléments alimentaires permettent d’améliorer la résistance au stress et de réduire anxiété et fatigue. En comprimés, gélules, ampoules à boire et sachets à diluer. Certains à base de plantes comme Sedivitax (Aboca) ou de plantes et bourgeons (Naturgem Dual Force Stress bio de Vitaflor). Ou associant plantes, magnésium, vitamines du groupe B et acides aminés  (D-Stress Booster de Synergia, Magzen de Dielen). La gelée royale bio lutte contre l’état d’épuisement (Vitaflor). En homéopathie : Biomag (Lehning) et, nouveau, Nerediem.

 

Lâcher prise

Quand le stress est ponctuel, les petits trucs peuvent suffire à le faire disparaître. Par exemple, inspirer et expirer profondément devant une fenêtre ouverte pendant quelques minutes. Ou simplement marcher dans la forêt pour se vider la tête, écouter une musique apaisante pour ralentir le rythme cardiaque et faire baisser la tension. Mais quand le stress dure ou s’intensifie au risque de « craquer », place aux techniques de relaxation qui permettent d’apprendre à maîtriser le stress et de lâcher prise : sophrologie, yoga, qi gong, taï-chi, hypnose… La pratique régulière des exercices de cohérence cardiaque permet, quant à elle, de se calmer face à un événement stressant, d’apprivoiser une émotion trop violente et d’accroître ses capacités d’adaptation aux changements. En respirant à un certain rythme, on diminue sa fréquence cardiaque et on se relaxe (lire « Réponse d’expert ») ; ça s’apprend. Autre méthode prisée aujourd’hui : la méditation en pleine conscience qui vise à se centrer sur l’instant présent. À chacun de tester et de trouver la technique qui lui convient le mieux pour se protéger des effets négatifs du stress.

 

Réponses d'expert : respirer à la bonne fréquence

Réponses d'expert : respirer à la bonne fréquence

Thierry Thomas*
Ancien directeur des Thermes d’Allevard et créateur de l’appli Respirelax

Pour commencer à pratiquer la cohérence cardiaque, la méthode la plus simple, la plus accessible, est de caler sa respiration sur un rythme imposé – mais pas n’importe lequel. Asseyez-vous sur une chaise, les pieds à plat et le dos droit. Inspirez par le nez calmement, sans forcer, sur 5 secondes et expirez doucement par la bouche sur le même temps. C’est à la portée de tous mais le défaut des débutants est d’inspirer et d’expirer trop vite. Prenez votre temps ; comme toutes les pratiques, il faut un temps d’adaptation avant de passer à des exercices plus exigeants.

* Auteur de Je me sens bien avec la cohérence cardiaque, éd. Leduc.s Pratique, 2019.

 

À lire

À lire

Mon cahier anti-stress (30 exercices quotidiens), Sylvia André et Isabelle Maroger, Ed. Solar. 2019.
No stress (guide), Gina Biegel, éd. De Boeck, 2019.
Coloriages anti-stress, Lidia Kostanek, éd. Hachette pratique, 2019.

 

Evelyne Gogien

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