STRESS

Stress : n’en faites pas une maladie !

22 novembre 2016
Quand les situations stressantes durent et qu’on ne sait pas réagir correctement, gare au stress chronique…

 

Qui n’a jamais entendu : « c’est le stress de la vie quotidienne… » ou « mon patron est hyperstressé en ce moment » ?… On parle aujourd’hui de stress dans toutes sortes de circonstances et tout le monde se dit plus ou moins stressé. Mais qu’entend-on par là ? Ces mots sont souvent utilisés à mauvais escient.

Les symptômes du stress : une question d’adaptation

Chiffre

Chiffre

31 % des Français s’estiment stressés, plus de de la moitié du temps, la plupart du temps ou en permanence. Source : 3e Enquête européenne sur la qualité de vie : Impacts de la crise, 2012.
Pour les uns, « je suis stressé(e) » veut dire, en fait, « je suis énervé(e) » ou « speedé(e) » ; pour d’autres « je suis anxieux(se) »… Dans le premier cas, c’est une exagération et une mauvaise compréhension du phénomène, dans le deuxième cas il y a confusion (lire l’encadré À savoir). De toute façon, c’est vague. Or, on ne peut parler de stress que si l’on est confronté à un événement précis ou à une situation particulière et que l’on doit réagir.

Être stressé, c’est fournir un effort pour s’adapter à un changement important, un danger, une émotion intense. Car le stress est une réaction physiologique de l’organisme pour faire face. Les expressions « ça me stresse » ou « c’est stressant » sont un peu plus justes dans le sens où elles sous-entendent l’existence d’un facteur extérieur à la personne.

 À lire également : Comment apprivoiser le stress et son anxiété ?

 

Ni bon ni mauvais stress

Cela dit, un même facteur de stress peut être considéré, selon les individus, comme une bonne ou une mauvaise chose, stimulante et bénéfique ou, à l’inverse, paralysante et nocive. Une compétition sportive est stressante, la vie commune à ses débuts ou une promotion professionnelle aussi. Bref, si on écarte les événements très graves et exceptionnels (prise d’otages, accident…), il n’y a ni « bon stress » ni « mauvais stress », contrairement à ce que l’on entend souvent. En revanche, il y a de bonnes et de mauvaises réponses à ce qui est perçu comme stressant.

 

Le stress, une réaction de l’organisme

Le stress est vital, mais à petites doses et pas en permanence, Sinon le corps s’épuise et va mal.

 

« Le stress c’est la vie, sans stress c’est la mort ». Cette formule du « découvreur » du stress, Hans Selye, dit bien à quel point le stress est indispensable au vivant. C’est le principe fondamental de l’adaptation, donc de l’évolution des espèces, végétaux compris. En cas de sécheresse par exemple, plantes et arbres subissent un stress mais, pour résister à la déshydratation, elles modifient leur physiologie. S’il pleut, elles retrouvent leur équilibre.

Société stressante

Chez les animaux sauvages, le stress joue un rôle crucial dans un environnement hostile puisqu’il active leurs réflexes de défense et de survie. C’est aussi ce qui a permis aux premiers hominidés de survivre et de se reproduire.

Aujourd’hui, ce n’est plus une question de vie ou de mort et les causes de stress sont très différentes, mais elles ne manquent pas. Notamment dans le monde du travail où il faut aller de plus en plus vite, où compétitivité et performance sont les maîtres mots, et où la précarité gagne du terrain. D’autres sources de stress sont tout aussi fréquentes et on ne peut guère y échapper quand elles surviennent. Citons la maladie grave, et plus encore le décès, d’un enfant ou d’un proche (de loin en tête), un divorce, des problèmes de santé, d’argent, de scolarité… Mais aussi des événements a priori heureux comme un mariage ou une naissance. Dans les villes, viennent s’y ajouter des agressions répétitives : nuisances sonores, embouteillages et transports en commun surpeuplés, incivilités, vols, peur des attentats, etc.

À lire aussi : Je gère mon stress au travail

 

Les manifestations du stress : un mécanisme de défense

Qu’il s’agisse d’un entretien d’embauche, d’un match de foot décisif, d’une agression ou d’une catastrophe, l’organisme réagit très vite à l’alarme. Il active les fonctions nécessaires, selon les cas, à la fuite ou au combat – les capacités cardiaques et musculaires notamment sont renforcées – et il inhibe celles qui sont inutiles à ce moment-là comme la digestion. Après cette phase d’alerte, suit une phase de résistance. Des mécanismes physiologiques et biochimiques se mettent en jeu. Pour maintenir la vigilance : la sécrétion de différentes substances chimiques dont l’adrénaline et la noradrénaline qui permettent la transmission de l’influx nerveux. Et pour se protéger d’une « surchauffe » et restaurer l’équilibre : l’activation des glandes surrénales. Celles-ci fabriquent davantage de cortisol (l’hormone dite du stress) qui va fournir aux organes des éléments énergétiques (plus de glucose) et, au niveau du cerveau, augmenter les connexions neuronales.

Les symptômes traduisant cette mobilisation du corps pour faire face varient d’une personne à l’autre : vomissements, souffle rapide, diarrhées, bouche sèche, transpiration, maux de tête… C’est un processus normal qui permet de s’adapter plus efficacement et de trouver une solution (même si elle n’est pas toujours bonne). Les symptômes disparaissent ensuite. Mais pas toujours : le stress aigu peut causer un infarctus ou un AVC (accident vasculaire cérébral) si l’organisme déjà fragilisé ne supporte pas cet effort d’adaptation.

Combattre le stress quand il devient chronique

Si les contraintes sont intenses et durables et que la personne ne parvient pas à dénouer la situation, la phase de résistance se prolonge trop, l’organisme peine à maintenir son rythme et s’épuise. Les conséquences physiques et psychologiques de cette chronicisation du stress peuvent être graves.

  • Troubles digestifs et intestinaux : brûlures d’estomac, reflux gastro-œsophagien (RGO), colite ; même la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, qui sont des maladies auto-immunes, évoluent en fonction du stress.
  • Tensions musculaires : douleurs au dos et au cou, tendinites.
  • Maladies de peau : déclenchement ou aggravation de l’eczéma et du psoriasis (autre maladie auto-immune), mais aussi zona et poussées d’herpès, bien qu’un virus soit en cause dans ces deux maladies.
  • Troubles cardiovasculaires : poussées d’hypertension artérielle, elle-même favorisant infarctus, angor et AVC.
  • Problèmes psychologiques pouvant aller jusqu’à la dépression et, au travail, au burn-out.
 À lire aussi : Apprendre à relâcher la pression et le stress

 

Témoignage : C'est contagieux !

Témoignage : C'est contagieux !

Annelise (Lyon), 45 ans

Tout a commencé avec l’arrivée du nouveau directeur adjoint de la société où je travaille. Jeune diplômé d’une école de commerce, il a tout de suite voulu appliquer des nouvelles méthodes de gestion. En soi c’était bien mais brutal et les anciens se sont sentis dévalorisés. Les réunions ont été vite tendues. Pressions, suspicions, menaces… L’ambiance est exécrable. Et c’est contagieux. Bien que je ne sois pas en première ligne, je suis à bout. Je dors mal, j’ai mal partout et je vais au travail à reculons. Ma famille en souffre mais, dans le contexte économique actuel, je ne peux pas me permettre de partir…

 

Stress ou anxiété ?

Stress ou anxiété ?

On peut confondre : un anxieux est facilement stressé et une personne sous stress peut manifester des signes d’anxiété. Mais ce n’est pas pareil. L’anxiété pathologique regroupe des troubles caractérisés où le stress ne joue qu’un rôle minime, notamment comme facteur déclenchant mais jamais causal. Les facteurs internes, liés à la personne, sont majoritaires. Le stress est une maladie de l’adaptation où les facteurs externes dominent.

 

Les bons gestes pour agir contre le stress

Premier précepte pour aider l’organisme à faire face : modifier ses habitudes de vie…

Encore une fois, nous sommes très inégaux face à une même situation « stressante ». Selon les dernières recherches, ce n’est pas tant la situation en elle-même qui est facteur de stress que son interprétation, sa représentation dans l’esprit de la personne. Ainsi, tous les étudiants soumis à un même examen ne réagissent pas de façon semblable. Les réactions dépendent de l’idée que chacun s’en fait, selon les capacités dont il croit disposer, la pression de l’entourage sur ses résultats, l’environnement social, etc.

Compte tenu de ces inégalités et puisque le stress est inévitable, comment faire pour ne pas risquer de « disjoncter » et de se rendre malade ?

 À lire aussi : Comment vaincre son stress ?

 

Un atout : une bonne hygiène de vie

Il n’y a pas de recette miracle, mais une bonne hygiène de vie aide déjà l’organisme à bien réagir.

  • Un sommeil réparateur, avec des horaires constants de coucher et surtout de lever. La nuit, le cerveau opère un tri qui permet de prendre du recul et d’être dans de bonnes dispositions pour affronter les contraintes de la journée.
  • Une activité physique régulière. Le sport détend et évacue les tensions. Même lors de la marche, le cerveau libère des endorphines, bonnes pour le moral.
  • Une alimentation équilibrée. Le stress modifie la façon de manger. Soit l’appétit est coupé parce que, pour se préparer au combat, le corps dirige le sang vers le cerveau, le cœur et les muscles au détriment du système digestif. Soit l’appétit et les grignotages augmentent, une façon de s’apaiser et puiser de l’énergie… D’où une prise de poids qui elle-même stresse à son tour, etc.
  • Gare au manque de magnésium qui rend vulnérable. En cause souvent : les régimes trop restrictifs qui suppriment des aliments qui en sont riches (légumes et fruits secs, céréales, cacao).

 

Nos choix anti-stress

Nos choix anti-stress

Phytothérapie, vitamines du groupe B, magnésium… Vous trouverez en pharmacie différents produits conçus pour mieux faire face à une situation ou un événement stressants.
  • Magnévie B6 Express
    SANOFI
    Nouveau et très pratique pendant la journée : des microgranules goût citron à verser directement sur la langue, sans eau.
    Boîte de 30 sachets.
  • Séroxyl
    ARKOPHARMA
    Une gélule le soir pendant deux semaines minimum de ce complément alimentaire à base de valériane, L-tryptophane et vitamine B6.
    Boîte de 60 gélules.
  • Magné Expert
    SANTÉ VERTE
    Essentiellement à base de magnésium (quatre formes différentes) et de rhodiola pour réduire l’impact du stress sur l’organisme.
    Boîte de 15 sticks à diluer.
  • D-Stress Booster
    SYNERGIA
    Magnésium + vitamines du groupe B. En complément de D-Stress classique en comprimés. À prendre en fond ou en situation d’urgence.
    Boîte de 20 sachets goût pêche à diluer.
  • Bion 3 Équilibre
    MERCK SANTÉ FAMILIALE
    Magnésium, vitamines, sels minéraux, fer… Un nouvel assemblage Bion 3 pour garder ou retrouver son équilibre nerveux et physique.
    Boîte de 30 comprimés.
  • Seriane 24h/24
    NATURACTIVE
    Association de deux formules complémentaires, une pour le jour (stress de la vie quotidienne) et une pour la nuit (endormissement, qualité du sommeil).
    Boîte de 30 gélules.

 

Conseils de pharmacien : l'homéopathie aussi

Conseils de pharmacien : l'homéopathie aussi

Selon le type de stress :

  • des granules à faire fondre sous la langue d’Argentum nitricum (troubles digestifs), Ignatia (boule dans la gorge), Arnica montana (choc brutal), Ambra grisea (perte de moyens), Gelsemium (trac avant un examen)…
  • ou des médicaments antistress, en comprimés à croquer ou en granules, associant plusieurs composants homéopathiques comme Magnesia bromata, Calendula, Atropa belladonna, Viburnum opulus…

 

Lutter contre le stress pour retrouver son équilibre

Différentes techniques permettent de reprendre le dessus et d’apprendre à vivre plus décontracté.

 

Toutes sortes de situations, variables là encore d’une personne à l’autre, nous stressent alors qu’elles ne le devraient pas. Par exemple si je suis coincé dans un embouteillage et qu’il m’est impossible d’agir ou si la solution du problème ne dépend pas de moi. Comparer les facteurs de stress rencontrés au quotidien, c’est très utile : les choses pour lesquelles vous stressez en valent-elles vraiment la peine ?

Lâcher prise

Autre cas de figure fréquent : s’acharner à affronter une situation stressante au risque de devenir stressé chronique. Il est parfois pertinent et sage de dire stop, de lâcher prise et d’accepter ce qui est. C’est ce qu’enseigne la méditation en pleine conscience (lire ci-contre). L’objectif : être capable de s’adapter et de bien répondre aux situations de stress de la vie quotidienne mais aussi aux gros stress (comme un deuil) qui surviennent un jour immanquablement. Après l’initiation avec le formateur, on pratique ensuite, chez soi, si possible au moins un quart d’heure par jour.

 À lire aussi : Les émotions : mode d’emploi pour faire la paix avec soi-même

 

Coloriage anti-stress ?

Mais à chacun de trouver la méthode qui lui convient pour apprendre à développer ses capacités d’adaptation aux stress. Sophrologie et techniques de relaxation ou de respiration abdominale, yoga, tai chi, hypnose… Mais aussi les thérapies cognitivo-comportementales, centrées sur la modification de pensées erronées (qui empêchent d’avoir une bonne évaluation de la réalité et rendent vulnérable) et de comportements inadaptés. Plus récent (et à la mode), le coloriage anti-stress pour adultes. Sans oublier le thermalisme, en cures longues ou courtes : Allevard, Bagnères-de-Bigorre, Divonne-les-Bains, Néris-les-Bains, Saint-Honoré-les-Bains, Saujon.

 

Réponses d'expert : chaque cas est particulier

Réponses d'expert : chaque cas est particulier

La réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR*, Mindfulness-based stress reduction) a été conçue en 1979 par un Américain, Jon Kabat-Zinn, à partir de pratiques de méditation bouddhistes, en mettant en valeur leur contenu universel. Cette méthode vise à se centrer sur l’instant présent, sur ses sensations corporelles (respiration notamment), ses émotions et ses pensées, y compris négatives. L’objectif est d’apprendre à porter un autre regard sur l’expérience du moment présent, et de se protéger ainsi du stress et du jugement immédiat qui génère des réactions néfastes. La méditation en pleine conscience s’apprend au cours de 8 séances hebdomadaires de 2 heures et demie, en groupes, sous la conduite d’un professionnel formé. Ce n’est pas une thérapie mais un apprentissage.
* www.association-mindfulness.org

 

Stress post-traumatique

Stress post-traumatique

Le mot utilisé aujourd’hui couramment recouvre en fait diverses réactions qui suivent un événement violent (agression, catastrophe, attentat…) : crises de panique ou de violence, cauchemars, douleurs tenaces, apathie, etc. Si la personne n’est pas prise en main, ces symptômes peuvent se révéler ou ressurgir bien après l’épisode stressant et s’aggraver avec le temps.

 

Infos

Infos

  • Un guide santé : DES STRESS ET MOI, coll. Démêler le vrai du faux, 2015. Édité par la Fondation April (mutuelle santé et assurance April). Disponible sur demande au 114, boulevard Marius-Vivier-Merle, 69439 Lyon Cedex 03, ou en téléchargement sur www.fondation-april.org.
  • Un livre : MÉDITER POUR NE PLUS STRESSER, Mark Williams et Danny Penman, éd. Odile Jacob, 2012, 25,90 € (avec CD d’exercices).

 

Evelyne Gogien

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