MA PEAU EST UNE PRISON
SOS jambes lourdes

SOS jambes lourdes

30 mai 2018
Avoir mal aux jambes est souvent le signe d’une insuffisance veineuse débutante. Se prendre en charge tôt est impératif pour en prévenir les complications.

 

Rester assis(e) au bureau longtemps ou debout à piétiner, être sédentaire, porter des talons hauts, des vêtements serrés, voyager au long cours en avion ou en voiture, avoir des grossesses multiples, la chaleur… Autant de situations qui mettent les jambes à rude épreuve. Conséquences : douleur, sensation de lourdeur, gonflements, fourmillements, parfois démangeaisons ou crampes la nuit. Ces symptômes peuvent être passagers et ne jamais se reproduire. Mais la plupart du temps, ils caractérisent l’entrée dans l’insuffisance veineuse chronique. Bien que douloureux et inconfortables, ces troubles circulatoires sont souvent pris à la légère. On tarde à consulter, ce qui les fait empirer. Sept ans se passent en moyenne entre leur apparition et un avis médical. Seuls 30% de patients sont suivis. Pourtant, appliqués dès le premier stade du mal, les traitements actuels sont efficaces pour en stopper l’évolution et préserver son capital veineux.

 

Non à la fatalité, oui à la prévention

Chiffre

Chiffre

  • 1 femme sur 2, 1 homme sur 5 souffre de troubles veineux, les premiers pouvant survenir dans la tranche 15-25 ans.
  • Si un de ses parents est atteint, il y a 24% de risques de l’être. 42% avec les deux parents.

Avoir une mauvaise circulation ne touche pas que les plus âgés. De l’adolescence jusqu’à la ménopause en passant par la grossesse, chaque modification hormonale de la femme est à risque. S’il est vrai qu’avec l’hérédité ce sont des facteurs prédisposants, les conditions de vie y sont aussi pour beaucoup. Une étude américaine a montré que lorsque les Maoris vivent selon un mode traditionnel dans le Pacifique, leur taux de varices est faible : 1% de la population. Mais ce taux grimpe à 24% quand les Maoris émigrent dans les capitales américaines ou néo-zélandaises où ils se sédentarisent, mangent de la nourriture industrielle et prennent du poids. Les facteurs environnementaux sont bien en cause dans la survenue des troubles veineux, pas la seule fatalité héréditaire. D’où le nombre croissant de personnes atteintes (18 millions en France). « En effet, tout comme le diabète de type 2, l’insuffisance veineuse est une pathologie liée à une combinaison de facteurs favorisants : un terrain prédisposant associé aux effets délétères des modes de vie modernes, explique Philippe Blanchemaison, médecin vasculaire. Si l’on sait traiter la maladie veineuse, on ne peut la guérir. Mais on peut la contrôler, voire la stabiliser, à l’instar du diabète, grâce à l’arsenal thérapeutique et en adoptant des règles hygiéno-diététiques correspondant aux besoins du corps. Comme dans toute maladie métabolique, la prévention est donc primordiale. Elle repose sur deux piliers : la gymnastique vasculaire des membres inférieurs et une alimentation riche en nutriments protecteurs. »

 

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Les bons réflexes pour conserver un capital veineux tonique

La stratégie anti-jambes lourdes commence par prendre soin de ses veines. Nos conseils pour les stimuler avant qu’elles ne se relâchent.

 

Deux sortes de vaisseaux assurent le transport sanguin. Les artères, qui distribuent le « bon » sang rouge vif, chargé en oxygène et nutriments, vers les tissus et les organes. Les veines, qui ramènent jusqu’au cœur le sang rouge foncé, chargé de déchets et de gaz carbonique rejetés par les cellules. Les groupes musculaires qu’elles irriguent, des mollets au diaphragme, sont comme des pompes remontant le sang jusqu’au muscle cardiaque. À condition que les veines soient en bon état, leurs parois toniques. Or le mécanisme de remontée du flux sanguin peut être affaibli si les muscles n’assurent plus leur rôle de pompe ou si les veines intramusculaires sont dilatées. Les toxines de l’organisme ne sont alors plus drainées, ce qui favorise l’engorgement et la stagnation du « mauvais » sang dans les tissus. D’où la sensation de lourdeur et, à terme, la formation d’œdèmes et de varices. On ne peut rien sur l’hérédité ni sur les variations hormonales ; on peut en revanche modifier son mode de vie et agir sur les autres causes à la source du mal, réversibles celles-là (sédentarité, alimentation, poids). Les moyens pour y parvenir sont simples.

Renforcer ses muscles profonds pour une bonne circulation sanguine

Quels que soient le sexe, la profession ou l’âge, garder du tonus musculaire pour assurer un bon retour veineux est impératif, insuffisant veineux ou pas, ou à risque de le devenir. Le lien étroit entre les muscles et la circulation veineuse des membres inférieurs a été montré lors de l’étude Bed-Rest menée par le Cnes (Centre national d’études spatiales) sur des volontaires alités pendant trois mois. Au fur et à mesure que leur masse musculaire fondait, les veines à l’intérieur se distendaient. Preuve s’il en fallait que rien n’est mieux que de bouger pour faire circuler… « Parmi les groupes musculaires, les posturaux, c’est-à-dire les muscles profonds de la jambe, de la cuisse et du bassin sont les principaux moteurs du retour veineux. Les stimuler est la meilleure des compressions, parce que 80% des veines se situent à l’intérieur, 20% étant entre la peau et les muscles superficiels, explique le Dr Philippe Blanchemaison. Faire travailler les muscles posturaux du mollet lorsque l’on souffre d’insuffisance veineuse agit sur les veines profondes comme une contention naturelle. Il faut donc les renforcer tous les jours et pour cela nous recommandons 10 minutes de gymnastique spécifique quotidienne. Elle permet de maintenir le tonus vasculaire des membres inférieurs, d’améliorer le reflux sanguin, de diminuer les sensations de jambes lourdes, le gonflement des pieds et des chevilles ainsi que la rétention d’eau souvent due à une mauvaise circulation. »

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3 exercices simples de gymnastique vasculaire active

3 exercices simples de gymnastique vasculaire active

  • Debout sur un support (marche, livre, brique). Faire une série de 20 flexions-extensions sur la pointe des pieds en descendant le talon plus bas que l’avant-pied, condition nécessaire à la mise en tension du muscle profond du mollet.
  • En position debout, si besoin avec appui : lever le genou le plus haut possible. Faire 3 fois 20 séries sur chaque jambe. Si possible contre résistance avec un élastique maintenu au sol par l’autre pied.
  • En position assise, 3 séries de 20 mouvements de rapprochement des genoux en les comprimant l’un contre l’autre contre résistance (mains ou ballon).

 

Ce qui n’exclut pas de pratiquer une activité physique régulière non traumatisante pour les veines. Celles d’endurance et en résistance – non en rapidité ni à coups – sont les meilleures pour booster en douceur la circulation profonde veineuse. La marche simple, sur terre ou dans l’eau, en déroulant bien le pied est accessible partout. Chaque pas propulserait 30 cm3 de sang vers le haut des jambes. Natation, aquagym, aquabike sont très bénéfiques au retour veineux. Idem avec les étirements des chaînes postérieures de la jambe, de la cuisse et du bassin proposés dans les séances de stretching.

Nourrir ses veines

La façon de s’alimenter est à prendre en compte dans la survenue de la maladie veineuse tout comme dans sa prévention, qui plus est sur un terrain prédisposé. « Ce qui est une donnée récente, l’alimentation n’était pas mise en cause dans cette pathologie, observe le Dr Blanchemaison, or elle est à considérer sous trois angles. L’effet du poids : plus on en prend plus le risque de varices augmente. La constipation, un facteur d’aggravation (la pression intra-abdominale intervient sur le retour veineux). Enfin, la qualité de ce que l’on mange. Les parois veineuses ne sont pas que de simples tuyaux mais de véritables organes qui ont besoin de nutriments pour être performants. Les cinq indispensables sont : vitamines E et C, zinc, sélénium et silicium. Ils favorisent le renouvellement du collagène, principal structurant de la paroi des veines ; antioxydants, ils protègent des radicaux libres. » Nourrir ses veines mais aussi les muscles qui les soutiennent impose une alimentation saine, équilibrée en protéines correspondant à son poids (la norme étant 0,8 g/kilo) et concentrée en acides aminés essentiels. Pour lutter contre la constipation, opter pour des aliments riches en fibres favorisant le transit intestinal. Enfin, limiter le sel et ne pas se déshydrater en buvant au moins 1,5 litre d’eau par jour.

Réponses d'expert : indispensable collagène pour des veines toniques

Réponses d'expert : indispensable collagène pour des veines toniques

Dr Philippe BlanchemaisonDr PHILIPPE BLANCHEMAISON
Médecin vasculaire, chargé d’enseignement faculté de médecine Paris VI

Une veine ne doit normalement pas se dilater quand elle a une paroi de bonne qualité riche en collagène de structure et en élastine. L’être humain étant fait de 60 % d’eau, sans collagène dans ses tissus il serait tel un mollusque. Ce sont les fibroblastes qui fabriquent le collagène à des taux différents selon sa localisation. Dans les parois des veines, son taux très élevé est destiné à empêcher leur distension. Il est produit sur un cycle de renouvellement-résorption d’une durée de six semaines. Avec l’âge la proportion de renouvellement des fibres de collagène par rapport au taux de résorption diminue. Lorsqu’on a des problèmes veineux, le taux de collagène passe à 95 % au bout de 10 ans, 60 % au bout de 20 ans… Autre facteur délétère : le saccharose (sucre de canne ou de betterave) et le fructose-glucose de l’alimentation industrielle qui, en excès, provoquent la glycation des protéines de collagène, dont la paroi veineuse est essentiellement faite. C’est un phénomène déterminant de dégradation des tissus. Le collagène disparaît progressivement en petites quantités (de 5 % en 5 % en moins), ce qui n’a pas tout de suite d’incidence sur la tonicité veineuse. Mais, au fil des années, à un certain seuil de carence la veine se dilate, perd son diamètre initial, irréversiblement. Revisiter son assiette avec l’aide d’un nutritionniste peut s’avérer utile pour stimuler une production de collagène défaillante.

 

Compenser et soulager

À chaque stade d’évolution de la maladie veineuse, les solutions thérapeutiques ne manquent pas pour la stabiliser et mieux vivre avec. Ce serait dommage de s’en priver et de continuer à souffrir.

 

Mieux vaut consulter dès les premiers signes. Le généraliste tout d’abord qui, en cas de jambes lourdes récidivantes, varicosités, varices supérieures à 3 mm, dirigera vers le médecin vasculaire. Après l’interrogatoire sur les antécédents familiaux, l’hygiène de vie et l’examen clinique, le diagnostic est complété par un bilan veineux réalisé à l’aide d’un écho-doppler des membres inférieurs. La cartographie du réseau veineux ainsi établie permet d’explorer la façon dont le sang circule, de détecter toute anomalie et d’instaurer la prise en charge idoine. L’arsenal thérapeutique varié répond aux plaintes les plus fréquentes.

La compression optimise le retour veineux

Un dispositif de compression élastique maintient la paroi veineuse pour éviter que le sang stagne dans les situations à risque (station debout ou assise prolongée, grossesse, varices, suite d’intervention). Ce traitement de référence de l’insuffisance veineuse a montré son efficacité et ses vertus antalgiques à tous les stades de la maladie. Chaussette, bas, collant ou bande de compression soutiennent de l’extérieur les veines en exerçant sur la jambe une pression active graduée. Le retour veineux est amélioré, la douleur apaisée, l’œdème réduit. Grâce aux progrès techniques réalisés dans l’industrie textile, les dispositifs de compression médicale sont devenus plus confortables et esthétiques. Ce qui facilite l’observance, clé de la réussite de tout traitement. Les fabricants rivalisent de technicité et d’imagination pour créer des gammes complètes si attractives que leur port n’est plus vécu comme une punition. Les marques de références : Cizeta, Gibaud, Innothéra-Varisma, Sigvaris, Thuasne-Venoflex.

Les veinotoniques : les plantes amies des veines

Même déremboursés, les veinotoniques gardent une place de choix pour stimuler un système veineux défaillant. Ils ne guérissent pas mais renforcent la tonicité de la paroi veineuse, réduisent les symptômes dus à la stase veineuse, calment la douleur et régulent le flux sanguin. La plupart sont extraits de plantes aux propriétés vasorégulatrices et protectrices validées. La phytothérapie utilise celles contenant des anthocyanes de la famille des flavonoïdes, réputées améliorer la circulation sanguine outre leurs effets bénéfiques sur le stress oxydatif. On les reconnaît à leur couleur – rouge, bleu ou violet. Petits fruits (myrtille, canneberge, cassis, raisin rouge, fraise), feuilles de vigne rouge, d’hamamélis ou de reine-des-prés, écorce du marron d’Inde, rhizome du petit houx ou fragon. On peut les consommer toute l’année par cure de deux mois (en la renouvelant si besoin  après une pause d’un mois), sous forme de tisane, gélule, ampoule, stick, teinture mère. En allopathie, les flavonoïdes recommandés sont fabriqués à partir de molécules naturelles purifiées, comme la diosmine extraite d’écorces d’orangettes immatures (Daflon), d’autres sont synthétisés. Les veinotoniques, très nombreux en vente libre, ne font pas tous l’objet d’études sérieuses. Il faut demander conseil au médecin ou au pharmacien, les posologies variant selon les caractéristiques des troubles veineux.

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La sclérothérapie résorbe les varices

Un mauvais retour veineux se manifeste aussi par des varicosités et des varices. Une varice est une dilatation anormale d’une veine du réseau superficiel, visible sous la peau sauf quand elle se forme sur une saphène, plus profonde. Elle empêche le sang de remonter. La cause et l’importance du reflux, détectés par écho-doppler, déterminent le traitement, comme le fait que la varice soit isolée ou alimentée par une veine nourricière malade. La sclérothérapie est la technique la plus utilisée. Non agressive, elle consiste à injecter un produit sclérosant (liquide ou mousse stérile) dans la varice afin qu’elle se rétracte et se résorbe. Vient ensuite le laser transcutané, pour les petites varices ou le laser endoveineux, qui résorbe de l’intérieur le segment malade. Enfin la chirurgie, qui devrait être réservée à une dilatation supérieure à 8 mm avec un risque de phlébite réel. La tendance actuelle est à la conservation des veines profondes et non plus à leur extraction (stripping), qui ne fait que reporter le problème ailleurs.

Réponses d'expert : on innove aux thermes de bagnoles-de-l’orne

Réponses d'expert : on innove aux thermes de bagnoles-de-l’orne

jacques burilleJACQUES BURILLE
Directeur général de France-Thermes

Nos curistes bénéficient désormais d’un nouveau soin de compresses spécifiques, l’Aquapress. Un dispositif médical qui associe l’application de l’eau thermale de Bagnoles à la compression vasculaire. Nous avons mis au point cette exclusivité en partenariat avec le laboratoire Cizeta Medicali, expert en la matière. Le principe : un textile imbibé d’eau thermale à 24°C enveloppe la jambe. Grâce à un système breveté il se rétracte en 5 à 6 mn. Ce qui, avec l’eau fraîche, provoque une compression équivalente à la contraction musculaire. Le « stress » vasculaire ainsi créé stimule en douceur le retour veineux. À raison d’un soin par jour (18 au total), une première évaluation a montré son efficacité avec une réduction significative de l’œdème des jambes, une diminution des crampes, des douleurs ou des impatiences. Il s’ajoute, sans surcoût, à la cure conventionnée traitant les symptômes fonctionnels de l’insuffisance veineuse, l’indication historique de Bagnoles qui a fait sa réputation.

www.bo-thermes.com

Réponses d'expert : essentielles huiles en automassage

Réponses d'expert : essentielles huiles en automassage

didier pesoniDIDIER PESONI
Pharmacien-aromathérapeute, auteur de Huiles essentielles, le mag’ *

Par voie cutanée, les huiles essentielles de romarin à cinéole et de cyprès sont des toniques veineux indiqués pour les jambes lourdes. Pour cela, faire une préparation mélangeant 5 gouttes de chacune, à appliquer pure ou diluée dans 10 pressions d’huile végétale de macadamia ou dans une noix de gel bio d’aloé véra. Se masser des chevilles aux cuisses avec une pression modérée, 3 ou 4 fois par jour.

* Aux éditions Terres d’essences, vente exclusive en officine.

 

Dominique Thibaud

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