MEDTRONIC PARLONS DIABÈTE
Lutter contre la constipation

Des solutions pour lutter contre la constipation

05 février 2017
Que faire quand « ça coince » ? Ça dépend si le blocage est léger ou passager, si les difficultés se répètent ou si la constipation survient brutalement et se prolonge. Conseils pour tous les cas de figure.

 

 

Dans les écrits de la Haute Antiquité, on trouve déjà des allusions à la constipation. Mais assez peu car les maladies traumatiques et infectieuses épidémiques, comme la peste et le choléra, étaient autrement plus préoccupantes. Les papyrus décrivent cependant des remèdes à base de plantes, de fruits, de miel et de bière et montrent que les Égyptiens connaissaient déjà les suppositoires et les lavements. À partir de Hippocrate (Ve siècle av. J.-C.), toutes sortes de purgatifs, plus ou moins fantaisistes et costauds (hellébore noir et blanc, mercuriale, coloquinte, lait salé, raisin blanc…), sont recommandés contre les « ventres resserrés ». Et des suppositoires au miel, des lavements faits de décoctions de feuilles de chou administrés avec une corne de bœuf perforée ou une vessie de porc emmanchée d’un roseau…

 

Pas de constipés au Moyen-Âge

Chez les Romains aussi, les lavements sont conseillés pour faciliter l’expulsion des selles mais aussi, bien à tort, pour évacuer les « humeurs viciées » et traiter aussi bien les maux de tête que des troubles de la vue ! Au Moyen-Âge, les bases de la nourriture étant les bouillies de céréales, le pain (rarement blanc) et les soupes de légumes et de racines avec peu de viande, la constipation n’est pas un problème. En revanche, on redoute les diarrhées. À partir du XVIIe siècle, l’intestin « paresseux » est plus fréquent et commence à inquiéter. Mais on l’associe encore, bizarrement, à toutes sortes de maladies, de l’épilepsie aux « vapeurs » propres aux femmes.

La mode des clystères

Le siècle de Louis XIV est celui de l’apogée des clystères, c’est-à-dire des lavements injectés par le rectum. Une vraie folie ! Mais seulement à la cour et dans la population aisée dont la nourriture, plus raffinée que celle des pauvres, favorisait la constipation. La raison de cette pratique forcenée : les médecins de l’époque pensaient que la constipation entraînait des fermentations anormales, sources d’auto-intoxications graves… Au début du XXe siècle, la médecine met le holà aux pratiques aberrantes et même dangereuses. Mais la constipation devient progressivement une « maladie de civilisation ». On connaît maintenant la cause : une modification de notre mode de vie et de notre alimentation.

 À lire aussi : Constipation : prise en charge et précautions

 

Des solutions au cas par cas

Constipation en voyage, due au stress ou chronique ? La réponse thérapeutique diffère. Le pharmacien vous indiquera celle qui convient et vous conseillera pour éviter ou venir à bout de troubles chroniques.

 

Jadis, la constipation n’était pas cachée, même les rois en parlaient avec force détails. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. C’est seulement au pharmacien – à voix basse et s’il n’y a personne alentour – qu’on ose expliquer son problème. Mais c’est la bonne attitude car le pharmacien peut, en retour, poser quelques questions qui orienteront ses conseils d’hygiène de vie et de traitement. La constipation, dans la très grande majorité des cas, est sans gravité et ne nécessite pas de consultation médicale.

Les selles : pas forcément tous les jours

Vous pensez être constipé(e) ? Ce n’est pas toujours vrai. Contrairement à ce que l’on croit souvent, il n’est pas nécessaire d’aller aux toilettes tous les jours. Classiquement, on considère qu’un adulte en bonne santé est constipé s’il émet moins de 3 selles par semaine. Mais, comme l’explique Giulia Enders dans son livre à succès Le Charme discret de l’intestin (éd. Actes Sud), « la vraie question n’est pas “combien de fois tu y vas ?” mais plutôt “est-ce que tu peines quand tu y es ?” ». Il existe aussi plusieurs niveaux de constipation. La constipation en voyage, due au changement d’habitudes alimentaires, aux décalages horaires, à la malpropreté de certaines toilettes publiques qui rebute, aux effets déshydratants de la climatisation dans les avions et les hôtels, est passagère. Quand on est malade ou stressé aussi, les intestins ne fonctionnent pas bien, mais souvent de manière transitoire.

Quels aliments contre la constipation

Pour remédier à ces blocages légers et passagers, quelques trucs suffisent. Du miel, des pruneaux ou, plus pratiques, des cubes de pâtes de fruits (Fruits & Fibres), des comprimés (Hygiaflore) ou des sachets, sticks et ampoules à base de plantes et de fruits riches en fibres (rhubarbe, tamarin, séné, ispaghul, mauve, psyllium, bourdaine…). Cela dit, ils ne sont efficaces que si l’on boit suffisamment d’eau.

Des cures de gélules à base de plantes et d’huiles essentielles (Colonpure) visent à nettoyer et purifier le côlon.

Les ferments lactiques donnent un coup de pouce en rééquilibrant la flore intestinale.

Enfin, il y a la méthode « de la balançoire » conseillée par Giulia Enders, dessins à l’appui : « Assis sur le trône, penchez le buste en avant jusqu’à toucher les cuisses, puis redressez-vous en position assise. Répétez le mouvement plusieurs fois. »

 À lire aussi : Les bons réflexes pour un transit qui file droit

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

La constipation est la première cause d’hémorroïdes, c’est-à-dire de varices des veines du pourtour de l’anus. Ça s’explique : les efforts répétés pour expulser les selles peuvent entraîner des dilatations. Pour mettre fin aux douleurs voire aux saignements, essayez de corriger les facteurs de risque de constipation. Mais en attendant, évitez les aliments irritants (piment, épices, café, thé, alcool…) qui font mal au passage et utilisez un savon surgras pour la toilette anale. Et prenez des médicaments pour ne plus souffrir (antalgiques) et résorber les hémorroïdes : veinotoniques oraux, pommades ou suppositoires décongestionnants avec ou sans anesthésique. Si cela ne suffit pas, une petite intervention chirurgicale, le plus souvent au cabinet du proctologue, réglera le problème.

 

Les laxatifs : à prendre avec précaution

Vos séjours au petit coin s’éternisent ? Et pourtant vous buvez beaucoup d’eau, vous évitez les aliments ralentisseurs du transit : choux, viandes en sauce ou fumées, œufs frits, fromages très fermentés ou à pâte persillée ? Et vous privilégiez les aliments « de ballast » : légumes verts, pommes, raisins, pruneaux et figues, aliments un peu gras et huile d’olive, pain complet… ? Vous faites aussi du sport mais rien n’y fait ? Alors vos intestins ont besoin d’aide. Parmi les différents types de laxatifs, le pharmacien vous indiquera les plus adaptés à votre cas.

  • Les laxatifs dits de lest (Spagulax, Transilane…) agissent en 2-3 jours et sont formulés à base de son, de gomme de guar, de graines d’ispaghul… Ni digérée ni absorbée, cette substance s’imbibe d’eau, ce qui ramollit les selles, augmente leur volume et facilite leur exonération.
  • Les osmotiques doux (Dulcosoft, Duphalac, Forlax Lib, Microlax, Transipeg…), d’action un peu plus rapide, augmentent également le volume du « contenu colique » par hydratation mais en « appelant » l’eau dans l’intestin.
  • Les lubrifiants à base de paraffine ou de vaseline (Lansoÿl, Parapsyllium…) agissent dans les 24 heures mais provoquent un suintement anal désagréable. Pas d’utilisation prolongée, qui pourrait réduire l’absorption de certaines vitamines.
  • Les stimulants, à base de molécules de synthèse ou de plantes (Dulcolax, Herbesan…), augmentent la motricité intestinale. Ils sont plus énergiques que les précédents mais potentiellement irritants et leur utilisation doit être limitée (8-10 jours) en raison d’un risque de dépendance.
  • Les suppositoires à la glycérine ou les lavements par voie rectale agissent en moins d’une heure. Ils sont contre-indiqués en cas de maladie inflammatoire du côlon. Ces solutions express sont à utiliser de façon ponctuelle sous peine de perturber le réflexe de contraction du rectum.

 

Témoignage : Se rééduquer pour soigner la constipation

Témoignage : Se rééduquer pour soigner la constipation

Ça fait des années que je suis constipée, ballonnée et j’ai souvent mal au ventre. Mais les examens n’ont rien montré d’anormal. Ma vie quotidienne est perturbée au point que je suis obligée de recourir à des traitements par voie rectale. J’ai fini par consulter un spécialiste qui m’a dit que j’avais un profil d’anxieuse et que mon travail, très stressant, était sûrement en cause. Mais aussi le manque d’activité physique. Nous avons tout mis à plat et revu mon alimentation que je croyais bien équilibrée. Je bois davantage, je fais du sport et de la relaxation. Le problème n’est pas réglé, mais je ne prends plus que des laxatifs doux. Je me rééduque petit à petit.

Béatrice, 57 ans

 

Réponses d’expert : L’acupuncture aussi peut aider à lutter contre l’inconfort de la constipation

Réponses d’expert : L’acupuncture aussi peut aider à lutter contre l’inconfort de la constipation

Dr PHILIPPE MASLO,
Généraliste acupuncteur*

Les massages du ventre peuvent être utiles. Verser 2 gouttes d’huile essentielle de gingembre, 2 de basilic exotique et 2 de marjolaine des jardins dans 2 cuillerées à soupe d’huile végétale. Mélanger bien et utiliser cette huile pour masser le ventre chaque soir, en tournant autour du nombril dans le sens des aiguilles d’une montre (celui du transit) pendant une dizaine de minutes.

L’acupuncture est également active quand la constipation est fonctionnelle (95 % des cas) et non pas organique. Il n’y a pas de recette, c’est une médecine de rééquilibration énergétique. À l’acupuncteur de rechercher soigneusement ce que recouvre ce symptôme pour faire le diagnostic du trouble énergétique et le soigner. Mais l’acupuncteur doit être médecin, ce qui n’est pas le cas de tous en France…

* Coauteur de Bien digérer (enfin) sans médicaments, éd. Leduc.s, 2016.

 

Se méfier de la constipation aigue

Attention, si la constipation se manifeste brutalement, de manière aiguë et sans cause apparente, ne prenez rien sans l’avis de votre pharmacien ou de votre médecin.

 

Autant la constipation fonctionnelle, même chronique, sans autre symptôme que psychologique, n’est pas inquiétante en soi, autant une constipation récente ou soudaine doit faire suspecter une origine organique ou iatrogène. En clair, soit une maladie qui se cache derrière, soit la prise d’un nouveau médicament favorisant la constipation.

Diverticulites en hausse

Les pathologies en cause sont diverses. Dans la sphère digestive, une constipation peut être le signe d’un cancer gastrique ou, plus souvent, d’abcès et de fissures à l’anus. Mais, si les épisodes de constipation alternent avec des diarrhées et s’accompagnent de douleurs abdominales du côté gauche surtout, c’est peut-être une diverticulite, de plus en plus fréquente, semble-t-il. Les diverticules sont des petits replis formés dans la paroi interne de l’intestin dont les responsables sont, encore une fois, notre mode de vie sédentaire et notre alimentation trop pauvre en fibres, trop riche en graisses. Explication : le transit ne se faisant pas bien, l’intestin est obligé de réaliser des mouvements anormaux et irréguliers et des pressions pour évacuer les selles. D’où la formation de ces petits sacs. Très souvent, ceux-ci ne se manifestent pas mais des bactéries viennent parfois s’y loger et provoquer inflammation et infection. C’est ce qui donne des troubles intestinaux et des douleurs, parfois si insupportables qu’il faut aller aux urgences. Le traitement passe par la mise au repos de l’intestin (jeûne), la prise d’un désinfectant (Ercéfuryl, Panfurex) et d’antibiotiques. Quand tout revient à la normale, il faut réintroduire les fibres petit à petit et bien équilibrer son alimentation pour éviter d’autres épisodes.

 À lire aussi : Les fibres alimentaires

 

La maladie de Parkinson et la constipation organique

Les autres causes de constipation organique, plus rares, sont surtout des maladies neurologiques comme un parkinson, mais aussi le diabète et l’anorexie. Par ailleurs, des médicaments favorisent la constipation : antidouleurs dérivés de la morphine, antiacides, neuroleptiques, antiparkinsoniens, antitussifs, certains antihypertenseurs… et bien sûr l’abus de laxatifs.

 

Cocorico !

Cocorico !

Une unité Inserm de Nantes a réussi, avec une équipe américaine, à recréer, à l’aide de cellules-souches, un intestin fonctionnel qui permet d’étudier les perturbations des nerfs et des muscles intestinaux. Cet intestin, implanté chez des souris dépourvues de système immunitaire, a déjà permis d’étudier une maladie rare, la maladie d’Hirschsprung qui provoque, dès la naissance, constipation et occlusions intestinales. Perspectives de cette prouesse technologique : mettre au point une médecine régénérative personnalisée pour les différents troubles intestinaux.

 

Evelyne Gogien

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