Du silence pour nos oreilles !

Du silence pour nos oreilles !

24 juin 2022
La pollution sonore peut être extérieure, quand les bruits sont trop intenses ou permanents ; elle est parfois intérieure, avec les acouphènes. Explications.

 

La journée, il ne se passe pas un instant sans que l’oreille ne soit sollicitée, avec des sons souvent compressés. Et ce, parfois, à un niveau de décibels que l’oreille ne peut supporter : elle le signale en faisant un black-out (en dégradant l’audition, ponctuellement ou de façon irréversible) ou à l’inverse en créant d’autres bruits, tels les acouphènes.

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Trop fort ?

Le danger lié à l’écoute (ou à la pratique) de la musique dépend de la quantité d’énergie captée par l’oreille, c’est-à-dire du niveau et de la durée d’exposition. Sachant que la vulnérabilité aux sons est impossible à prédire, variable d’un individu à l’autre, on considère que l’ambiance sonore est dangereuse à partir de 85 dB (le chant du coq ou une scie à main), la douleur étant perceptible à 120 (en France, lors d’un concert, la limite est de 102 décibels sur 15 minutes pour les fréquences médium et hautes). La durée d’exposition doit aussi être contrôlée.

On connaît bien les effets de l’excès de décibels sur l’audition : son vieillissement prématuré, la presbyacousie, mais encore une hypersensibilité au bruit et des acouphènes, éphémères dans le meilleur des cas ou permanents…

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Acouphènes parasites

Les bruits internes à l’organisme sont une source majeure de pollution sonore. Soit ce bruit existe réellement : une pulsation cardiaque, un muscle de l’oreille qui claque, la circulation sanguine. Soit, et c’est l’immense majorité des cas (90 à 95 %), l’acouphène est subjectif dans la mesure où la source sonore n’existe pas. Il s’agit là d’une création du cerveau qui s’adapte mal à une perte auditive en interprétant de façon erronée un son ou l’absence de son. Un peu comme les personnes privées d’une jambe qui continuent à la ressentir douloureusement. La perte auditive peut être liée à une exposition sonore brutale, forte et/ou durable, mais aussi au vieillissement de l’oreille, un simple bouchon d’oreille, une otite chronique, des médicaments toxiques pour l’oreille (des antibiotiques), un accident de plongée, tout ce qui abîme l’oreille en périphérie. Le cerveau qui perçoit la perte auditive induite par ces troubles s’adapte de façon anormale en percevant un nouveau bruit, l’acouphène. Ces sifflements ou bourdonnements résultent de différentes activités cérébrales que les spécialistes ont encore du mal à analyser.

Hypersensible ?

Hypersensible ?

A la suite d’un traumatisme sonore, s’installe souvent une hypersensiblité douloureuse au bruit où l’on est tenté de s’isoler pour ne pas abîmer davantage ses oreilles. Or se protéger à l’excès entretient ce dysfonctionnement. Mieux vaut se réhabituer au bruit, pas trop intense bien sûr, par expositions progressives.

 

Double peine

Quoi qu’il en soit, l’acouphène, qui peut être extrêmement gênant, ajoute un nouvel handicap au premier, la perte auditive… Celle-ci peut être évidente, comme au détour d’un concert sans protection auditive, ou plus subtile, et alors plus difficile à mettre en évidence par les tests aujourd’hui disponibles. Par ailleurs, le système auditif est fragile et une fois lésé, ne peut être restauré. On peut juste compenser par des prothèses une éventuelle perte auditive liée à l’âge, ce qui permet de réduire la gêne inhérente à l’acouphène sans toutefois le gommer.

Comprendre ce phénomène bien mystérieux qu’est l’acouphène, impossible à identifier sur un examen biologique ou d’imagerie, est déjà un traitement en soi qui rassure sur ce qu’il n’est pas (une tumeur). Quelques médicaments, non spécifiques, peuvent aider. Autre solution, la thérapie sonore quand la perte auditive est minime, où l’attention portée à l’acouphène est brouillée, dirigée vers un bruit de mer par exemple via un générateur de sons qui se porte comme une prothèse auditive. Enfin, les thérapies cognitivo-comportementales, après un débriefing « cognitif » pour prendre conscience de sa façon de réagir à la présence des acouphènes, ont pour objectif de ne pas les anticiper en les redoutant, de changer son mode de pensée vis-à-vis de cette construction cérébrale. Des techniques qui, en une dizaine de séances par des psychothérapeutes formés, permettent d’apprivoiser leur présence à long terme.

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Sons compressés

Pour entendre à la fois les sons produits par une guitare et une batterie par exemple, on les compresse lors de la prise de son : autrement dit, on les écrase, pour ensuite les amener à leur niveau le plus fort, en permanence. Aucun des sons que nous consommons (et même pas les silences, qui sont alors habités), comprimés dans divers formats (musique, télévision, téléphone, etc.), n’échappent à cette manipulation des sons, une autre source de pollution sonore, plus « sournoise ».

L’écoute de la musique compressée, pourtant à des niveaux inférieurs au seuil maximal légal, met en tension permanente de tout petits muscles de l’oreille moyenne, en arrière du tympan, des sortes de « paupières » sonores mises en action par le cerveau « auditif ». Les sons compressés, qui produisent un bruit continu, sans une milliseconde de silence et donc sans récupération possible, les fatiguent durablement et les empêchent d’exercer leur rôle protecteur. En plus de nuire à l’expression musicale, à la perte du son naturel, la compression fait perdre la capacité d’entendre à des niveaux faibles.

À savoir

À savoir

En concert ou en boîte, loin des enceintes toujours, on porte des protections en mousse de type « boule Quies » ou en silicone. Et on fait des pauses régulièrement, 30 minutes toutes les deux heures ou, idéalement, 10 minutes toutes les 45 minutes dans un endroit calme.

Branché sur un baladeur, on préfère le casque à l’oreillette pour que le son diffuse dans le pavillon et ne soit pas concentré droit sur le conduit et l’oreille interne plus loin. Précaution supplémentaire, on respecte les temps d’exposition : au plus 15 minutes par jour à plein volume (100 dB) et pas plus d’une heure par jour à volume moyen (80-85 dB). Pour que l’oreille se remette de ses émotions sonores, il lui faut une demi-heure de calme après 10 minutes à 100dB, et 36 heures après 100 minutes.

 

Dr Brigitte Blond

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