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PHOBIES

Se débarrasser de ses phobies, c’est possible !

13 juillet 2017
On vous présente un livre futé, La petite bête va pas manger la grande, qui vous veut du bien, avant de parler des phobies en général avec le spécialiste Abdelkader Mokeddem.

 

« C’est pas la petite bête qui va manger la grosse », une phrase entendue tant et tant par un phobique, d’araignée notamment. On va le redire ici, cette phrase est assez malvenue, parce qu’inutile et agaçante. Un phobique sait que sa peur est irrationnelle et n’a pas besoin d’être confronté à cet épatant manque d’empathie qui ne fait sourire que celui qui énonce ces mots malheureux.

 

La thérapie cognitivo comportementale (TCC) au secours des phobiques

Une phrase, enfin, une variante de la dite phrase, que l’on retrouve en couverture d’un livre. La petite bête va pas manger la grande est un cahier d’activités qui tente d’aider à vaincre la peur/phobie des araignées. Ici, point de main dans un vivarium empli de mygales (STOP Fort Boyard), seulement des exercices simples et accessibles qui visent à apprendre à mieux connaître l’animal, pour sinon, les aimer (faut pas pousser), au moins être en mesure de croiser une de ces petites bêtes sans pleurs/cris/panic attack.

Côté contenu, on est dans le registre de la TCC donc, on trouve 1 / des exercices comportementaux comme colorier ou dessiner, 2 / des exercices cognitifs (mots mêlés, mots croisés) pour rationaliser sa peur et donc faire de la place au rationnel pour écarter l’émotionnel. Aussi, 3 / des exercices d’introspection (visualisations, respirations, etc.), enfin 4 / des exercices intégrant l’aromathérapie pour le contrôle des émotions.

 

Deux choses essentielles à garder à l’esprit

Deux choses essentielles à garder à l’esprit

1 / Bien souvent, on entretient nos phobies (si, si, réfléchissez bien)
2 / Les araignées ont… méchamment peur. Et ça, on est bien placé pour comprendre #MinuteCompassion.

 

La parole à un professionnel des phobies/phobiques

Pour creuser, voilà l’interview du psychologue clinicien Abdelkader Mokeddem, qui a largement participé à l’élaboration du cahier anti-phobie consacrée à l’arachnophobie (ainsi qu’aux autres titres dédiés l’un à la peur en avion, l’autre à la claustrophobie et le dernier à la phobie sociale)

1 / BIEN-ÊTRE & santé – Quelles sont les phobies les plus récurrentes ?

ABDELKADER MOKEDDEM – Les phobies les plus courantes sont d’ordre social, comme la glossophobie – la peur de parler en public – ou l’ereutophobie – la peur de rougir. Ces phobies, qui font partie des troubles anxieux, sont l’un des principaux motifs de consultation en cabinet psy.

Viennent ensuite les phobies dites simples ou spécifiques. Elles sont appelées ainsi car elles sont des phobies isolées et ne sont pas associées à un trouble anxieux. Dans cette famille on trouve par exemple la peur des araignées, l’arachnophobie, mais aussi d’autres phobies moins connues mais tout aussi répandues telles que la laxophobie, peur de déféquer, et la peur d’uriner, l’urinophobie.

2 / BIEN-ÊTRE & santé – Pourquoi la phobie des araignées est-elle si commune ? (l’araignée n’est pas plus moche qu’une mouche ou qu’un grillon !)

ABDELKADER MOKEDDEM – Plusieurs théories ont été évoquées. La plus connue est celle de l’homme préhistorique : la peur des araignées serait un vestige de nos premières peurs. Cette hypothèse est remise en question récemment au profit de celle qui prône la peur du « différent ». Autrement dit nous n’avons pas pour habitude de côtoyer, dans nos sociétés urbanisées, des êtres dotés de cette morphologie. Ce n’est donc pas une peur de l’araignée pour ce qu’elle est mais de quelque chose qui ne fait pas partie de nos représentations quotidiennes. Pour preuve, cette peur est totalement absente dans certaines régions du monde où les habitants sont habitués à côtoyer des araignées au quotidien.

Ajoutons à cela la représentation culturelle qui varie largement d’un insecte/animal à l’autre. La sauterelle, la coccinelle, tout comme le crabe ont des connotations fortement positives dans nos sociétés : quand on pense sauterelle, on pense à Jimminy Criquet dans le dessin animé ; le crabe est associé à la plage et à quelque chose de positif ; la coccinelle est perçue avec bienveillance par les parents, instituteurs, etc. En revanche, les représentations culturelles liées à l’araignée sont tout aussi nombreuses mais négatives : films d’horreur, littérature enfantine, etc.

3 / BIEN-ÊTRE & santé – Comment (et pourquoi ?) se développe une phobie ?

ABDELKADER MOKEDDEM – Pendant une cinquantaine d’années le « dogme » incontesté était celui du traumatisme à l’origine de la formation de la phobie. Aujourd’hui encore on retrouve ce mythe psychologique dans nombre d’articles et livres. Pourtant, des travaux récents de psychologues et de neuroscientifiques ont démontré que la phobie se forme par association. Autrement dit à un moment donné de la vie du patient, dont il ne se rappelle plus a posteriori, il a associé un stimulus (l’araignée) à une réponse (le danger). Ce schéma mental est ensuite activé à chaque fois qu’il se trouve en présence du stimulus.

De nouveau, l’image joue un rôle majeur. Notre inconscient collectif occidental est pré-conditionné à cette peur ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions du monde. Du coup, nous allons avoir tendance à développer certaines associations d’idées telles que araignées = danger (mais aussi chat = domestication) alors que dans d’autres cultures on va associer l’araignée à une divinité (et le chat à un met).

4 / BIEN-ÊTRE & santé – Vous écrivez que l’on entretient souvent nos phobies (une phrase qui semble d’une fabuleuse justesse !), pouvez-vous nous en dire plus ?

ABDELKADER MOKEDDEM – Tout au long de son vécu phobique, le patient a façonné un mode de vie centré sur sa phobie. La plupart du temps, les mécanismes mis en place sont parfaitement inconscients. Mais ils visent à éviter le stimulus (l’araignée par exemple). Ainsi, l’arachnophobe va éviter certains lieux, inspecter sa literie chaque soir. Ces rituels peuvent varier d’un phobique à l’autre, même s’il y a des constantes. Ces évitements sont fondamentaux pour le phobique car ils permettent l’extinction immédiate de l’angoisse. En revanche à long terme ils vont renforcer l’angoisse car ils ne constituent qu’une solution temporaire qui, de plus, consolide le problème.

5 / BIEN-ÊTRE & santé – Quels sont les différents moyens de se débarrasser d’une phobie ? Soigner le mal par le mal est-il vraiment sensé ?

ABDELKADER MOKEDDEM – La seule méthode qui a démontré son efficacité est la thérapie comportementale et cognitive. Elle vise à désensibiliser le patient de l’objet phobogène par un protocole bien particulier.

Le psychologue va travailler sur deux axes : les pensées responsables des peurs – dites cognitions erronées – et le comportement inadapté renforçateur (évitements).

Ces thérapies s’effectuent en douceur sans jamais brusquer le patient : elles doivent se faire au rythme du patient et non au rythme du thérapeute. Il n’est aucunement question de « soigner le mal par mal » ou de provoquer une quelconque angoisse chez le patient. Cela ne ferait qu’enkyster son problème et le placer en état de détresse.

 

À lire

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http://www.hachette-pratique.com/la-petite-bete-va-pas-manger-la-grande-9782012046184LA PETITE BÊTE VA PAS MANGER LA GRANDE – 50 ACTIVITÉS POUR VAINCRE SA PEUR DES ARAIGNÉES de Anne Dufour et Abdelkader Mokeddem ; coll. « Les cahiers anti-phobie »aux éditions Hachette Bien-être ; 96 pages et 9,90€ ; paru en mars 2017.

Juliette Legros

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