BIFIBABY
Samuel Le Bihan : «Mon engagement  contre l’autisme est de mon devoir !»

Samuel Le Bihan : «Mon engagement contre l’autisme est de mon devoir !»

15 octobre 2019

S’il a souvent joué sur grand écran le dur au cœur tendre, il a réussi à ne jamais s’enfermer dans un genre en restant toujours très populaire. C’est en tant que personnalité engagée dans le combat contre l’autisme que Samuel Le Bihan s’affiche aujourd’hui.

 

Vous avez choisi d’écrire Un bonheur que je ne souhaite à personne sous la forme d’un roman ; pourquoi ?

Samuel Le Bihan : Par pudeur. Je n’avais pas envie de parler de moi, cela me faisait très peur. J’ai préféré raconter la bataille de Laura, la narratrice, pour son fils César, âgé de 7 ans. Alors que, en réalité, j’ai moi-même mené ce combat pour ma fille Angia, du même âge quand j’ai écrit ce livre. En découvrant le « milieu » de l’autisme, j’ai vu à quel point les familles peuvent se retrouver dans des conditions extrêmement compliquées et doivent se battre. J’ai été très ému par les difficultés que rencontraient certaines femmes. De mon expérience et de ce que j’ai lu dans les journaux au sujet de l’autisme, j’ai fait naître cette femme, Laura, qui me touche beaucoup.

Aujourd’hui, vous allez plus loin en étant coprésident d’Autisme Info Service.

Dans le livre, je prends le lecteur par la main pour lui expliquer ce qu’est l’autisme au quotidien mais je souhaite aussi que l’on soit touché par cette femme, par sa quête d’amour, sa manière de trouver une place dans la société malgré toutes les questions qu’elle se pose. Je me suis donc mis dans la peau d’une femme ; c’est un peu prétentieux, voire présomptueux mais, en même temps, c’était un plaisir de travailler sur un rôle que l’on ne me donnera peut-être pas. Et, avec Florent Chapel, en créant Autisme Info Service nous avons mis en place le premier dispositif national et gratuit d’infor­mation et d’écoute permettant d’aider et d’orienter les personnes avec autisme, leur entourage mais aussi les professionnels intervenant à leurs côtés. Mon engagement contre l’autisme est de mon devoir. Ma fille Angia est touchée et j’ai bénéficié de l’action de parents concernés avant moi. Je me dois de faire avancer les choses, d’apporter ma pierre à l’édifice.

Quels messages voulez-vous surtout faire passer ?

Notre objectif est de préparer les enfants à intégrer un cursus scolaire normal. Ils n’ont pas besoin d’être soignés – l’autisme ne se soigne pas – mais d’être accompagnés pour apprendre. Apprendre à s’exprimer, à aller vers les autres, à se faire comprendre comme tout un chacun, sauf que c’est plus compliqué pour eux. Cela demande beaucoup de moyens. C’est aussi l’occasion pour beaucoup de jeunes de découvrir des professions intéressantes. Aujourd’hui, on a des AVS (auxiliaires de vie scolaire) mais beaucoup ne sont pas formés à l’autisme. Éducateur spécialisé sur l’autisme, c’est un métier formidable pour les jeunes parce qu’ils vont pouvoir permettre à des enfants de s’éveiller au monde, de sortir de leur bulle, d’aller vers les autres et, en termes de satisfaction personnelle, de quête de sens, c’est valorisant.

Au niveau de votre santé, êtes-vous quelqu’un de prévoyant ?

Je me soigne depuis toujours de façon naturelle, et je prends soin du véhicule qu’est mon corps. Je ne suis pas quelqu’un qui boit beaucoup ; j’aime bien le vin rouge, mais sans plus. Côté sport, je fais ce que je peux en fonction de l’endroit où je me trouve. Quand je suis en tournage, parfois je fais des pompes dans ma chambre d’hôtel, parfois je vais courir. Je pratique tous les sports qui sont à ma disposition du
moment que je peux faire bouger mon corps. Je faisais beaucoup de vélo dans Paris mais c’était compliqué parce que j’arrivais en sueur à mes rendez-vous professionnels ! Maintenant, je me déplace en scooter. J’adore marcher mais pas forcément à Paris.

Avez-vous une astuce pour chasser le stress ?

J’ai découvert le yoga. C’est quelque chose de formidable parce que, avec l’âge, on perd en souplesse et le yoga permet à la fois de se recentrer, de se calmer, de déstresser et de maintenir le corps dans une bonne condition physique. Quand je ressens le besoin de méditer, je marche. Aussitôt ma pensée est plus structurée, j’ai le sentiment d’avoir un accès direct à mes émotions. Plus le lieu est agréable, que ce soit au bord d’une plage ou à la lisière d’une forêt, plus c’est inspirant pour moi. Cela me permet d’être en contact avec quelque chose de plus grand que moi. Je recherche ces moments d’évasion, mais c’est évident qu’en ville c’est moins apaisant. Je considère la nature comme une véritable nourriture !

Théâtre, cinéma, télévision, production…, vous n’arrêtez jamais ?

En tant qu’ancien sociétaire de la Comédie-Française, évoluer de Capitaine Conan de Bertrand Tavernier à Jet Set de Fabien Onteniente en passant par le Pacte des Loups de Christophe Gans, je suis assez fier de mon parcours. Je me suis même lancé dans une nouvelle aventure artistique en créant Frelon productions car le fait de dépendre du désir des autres ne me suffit pas. J’avais envie d’être un petit peu à la source de la ­création. Cela m’a permis de rencontrer François-Xavier Demaison, de le produire et il est devenu mon ami.

Quels sont vos projets ?

Cet été, j’ai tourné dans les Hautes-Alpes la sixième saison d’Alex Hugo, une série qui marche très fort sur France 2 – à tel point qu’on nous demande toujours de nouveaux épisodes. Et je viens de terminer en Guadeloupe Ils étaient dix ; cette série réalisée par Pascal Laugier pour M6 est une adaptation des Dix Petits Nègres d’Agatha Christie avec Guillaume de Tonquédec et Romane Bohringer. Je travaille bien sûr sur d’autres projets.

Le temps qui passe vous inquiète-t-il ?

Je n’ai pas de problème avec mon âge. J’ai juste peur de perdre de la force mais cela est lié directement à ma fille Angia. Elle a besoin de protection, d’un cadre sécurisant et, aujourd’hui, je travaille énormément à veiller à ce que toutes les conditions pour son bien-être soient réunies le jour où je ne serai plus là. Prendre de l’âge a un côté positif car on apprend à mieux s’organiser, à être plus efficace, à ne plus vivre uniquement pour soi… Vieillir est une expérience très forte !

 

À lire

À lire

UN BONHEUR QUE JE NE SOUHAITE À PERSONNE

Dans cet ouvrage, Samuel Le Bihan raconte le combat d’une mère dont le fils cadet souffre d’autisme. Un problème qu’il connaît bien puisque sa fille Angia, née en 2011, est atteinte de ce trouble du développement qui touche 1 % de la population française.

Éditions Flammarion, 248 pages.

 

Consulter Autisme Info Service

Consulter Autisme Info Service

La première plateforme d’écoute sur l’autisme, dont Samuel Le Bihan est le coprésident avec Florent Chapel, qui permet d’aider et de soutenir les personnes concernées et leur entourage en les orientant vers les services les plus adaptés à leurs besoins.

www.autismeinfo­service.fr ou 0 800 71 40 40
(appel non surtaxé).

Propos recueillis par Didier Galibert

Le choix de la rédac

Une nouvelle génération de soins arrive pour réparer les cheveux abimés et cassants

Cheveux

Une nouvelle génération de soins arrive pour réparer les cheveux abimés et cassants

Une kératine végétale à partir d’extraits végétaux

Courir contre le cancer

Cancers

Courir contre le cancer

La Course des Lumières

Une eau de mer bien particulière

Compléments alimentaires

Une eau de mer bien particulière

Petit coup de fouet au système immunitaire

Le nouveau sortilège de Garancia

Visage

Le nouveau sortilège de Garancia

Peaux mixtes à grasses

ENFANTS ECOLE