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Maladies cardiovasculaires : Les maladies du cœur et des vaisseaux

Maladies cardiovasculaires : Les maladies du cœur et des vaisseaux

10 mars 2016
Malgré les progrès des traitements médicamenteux et chirurgicaux, les maladies cardiovasculaires tuent encore 147 000 Français par an. Sans compter les séquelles importantes causées par infarctus et accidents vasculaires cérébraux.

Bonne nouvelle apportée par une étude récente : le nombre d’hospitalisations pour infarctus du myocarde a diminué en France de 7,4 % entre 2002 et 2008. Mais un bémol : les maladies cardiaques restent, chez les hommes, la deuxième cause de mortalité derrière les cancers du poumon, de la plèvre, de la trachée et du larynx, et la première cause chez les femmes devant le cancer du sein. Les femmes ont en effet adopté progressivement les mêmes modes de vie et comportements à risque que les hommes.

En augmentation chez les femmes jeunes

Les femmes jeunes ne suivent pas cette tendance générale à la baisse. Entre 35 à 54 ans, elles sont davantage hospitalisées pour troubles cardiaques (+ 6,7 %). Même si globalement, pendant cette période 2002-2008, la mortalité cardiovasculaire a baissé de 23 % et touche toujours deux fois plus d’hommes que de femmes, la hausse des maladies cardiovasculaires chez les femmes jeunes est préoccupante. L’explosion de trois facteurs de risque au cours de la dernière décennie est en cause, selon les spécialistes : tabagisme, obésité et diabète. Une tendance qui, hélas, se poursuit et pourrait encore modifier le rapport hommes-femmes.

 À lire aussi : L’accident vasculaire cérébral touche davantage les femmes que les hommes

 

Défaut d’information

Autre constat : si les Français ont conscience de la gravité des maladies cardiovasculaires, ils croient la plupart du temps qu’elles garantissent une belle mort, propre et nette. Or, ces pathologies sont le plus souvent gravement invalidantes. Un sondage Ifop, réalisé en septembre 2012 sur un échantillon de plus de 1 000 femmes à la demande de la Fédération française de cardiologie, montre que les Français sont effectivement mal informés : 26 % pensent ainsi que ces maladies ne font pas souffrir, 28 % que les traitements afférents ne sont pas contraignants et 31 % qu’ils ne laissent aucune séquelle !

Réponses d'expert : les maladies cardiovasculaires sont sous-estimées chez les femmes

Réponses d'expert : les maladies cardiovasculaires sont sous-estimées chez les femmes


Dr-claire-mounierPr Claire Mounier-Vehier,
CHRU de Lille, vice-présidente de la Fédération française de cardiologie.
• En quoi la femme n’est pas l’égale de l’homme face au risque cardiovasculaire ?
La fonction et l’anatomie de ses artères la rendent plus réceptive aux effets toxiques du tabac, du cholestérol, du diabète et du stress. Les trois phases hormonales (contraception, grossesse, ménopause) influencent la fonction et le vieillissement artériel, l’apparition d’un syndrome métabolique et la progression de l’athérome, plutôt sous forme de plaques vulnérables et de lésions diffuses. Depuis les années 1970, les femmes fument aussi davantage, or 3 à 4 cigarettes par jour multiplient par 3 le risque d’accident cardiovasculaire. Avant 50 ans, plus d’un infarctus sur deux chez la femme est lié au tabac et après 35 ans, l’association tabac et contraception estro-progestative majore le risque d’accident thrombotique artériel et veineux.

• Les particularités anatomiques féminines sont-elles à prendre en compte ?
Oui. Les cardiologues peuvent se montrer plus réticents avec des artères souvent tortueuses, plus frêles, plus fines qui complexifient la revascularisation coronaire par angioplastie ou par pontage. Les résultats sont moins bons sur un terrain plus fragile. Cela dit, la mortalité des femmes bénéficiant d’une revascularisation s’améliore.

• Les signes d’alerte sont-ils différents chez la femme ?
Même si la douleur thoracique reste le symptôme d’alerte le plus fréquent, elle peut être absente ou remplacée par une sensation de malaise associée à des sueurs, des nausées ou vomissements, parfois de la tachycardie, des palpitations, des précordialgies, une sensation d’oppression, une grosse fatigue, une perte d’appétit. La douleur peut aussi être vague, moins intense et la topographie plus souvent inhabituelle (épaule, épigastrique, abdomen). La dyspnée (difficulté à respirer) peut même être l’unique symptôme. La femme elle-même minore souvent ses symptômes, car elle ne se sent pas concernée par les maladies cardiovasculaires.

 

Connaître les risques cardiovasculaires

Le vieillissement est le principal facteur de risque : comme le reste, le cœur se fatigue et les artères sont moins souples. Nous n’y pouvons rien. Cela dit, avec l’amélioration du niveau socio-économique, du dépistage, de la prévention et des traitements, l’espérance de vie s’est allongée et les maladies cardiovasculaires se décalent peu à peu vers des âges plus avancés.

Quels sont vos risques cardiovasculaires?

• Le tabagisme
Il est responsable de cancers du poumon, de la bouche, de l’œsophage et de la vessie, mais aussi, on l’oublie souvent, d’infarctus, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d’artérite des jambes, cause d’amputations. Il a plusieurs effets, dont un immédiat sur les coronaires : à chaque cigarette, les vaisseaux réduisent leur diamètre de plus de 50 % et des spasmes peuvent même obturer l’artère. À la longue, le sang devient plus visqueux et tend à coaguler, des plaques d’athérome, mélange de fibrine et de graisses, se développent et des caillots se forment. Le tabac réduit aussi l’efficacité des traitements chez les cardiaques et double ainsi le risque de récidive après un infarctus.

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• L’hypertension artérielle
La pression artérielle varie au cours de la journée selon ses activités, c’est normal, elle s’adapte aux efforts. En revanche, si elle reste anormalement élevée quel que soit le moment, à cause d’une alimentation trop salée par exemple, attention danger. On est hypertendu quand le chiffre du haut, correspondant à la pression artérielle systolique (PAS), est supérieur à 140 mmHg (14 dans le langage courant) et le chiffre du bas (pression artérielle diastolique ou PAD) supérieur à 90 mmHg (9). Chez soi, les chiffres à ne pas dépasser doivent être inférieurs : 135/85 mmHg (13,5/8,5), car la présence d’un médecin fait en général monter la tension. L’hypertension artérielle attaque le cœur par deux mécanismes : elle favorise l’athérome et oppose une résistance au travail du cœur, d’où un épaississement et une dilatation.

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• L’excès de cholestérol
Le cholestérol est indispensable à la vie, mais un taux trop élevé dans le sang contribue à la formation de plaques d’athérome qui durcissent les artères, rétrécissent leur diamètre et finalement les bouchent.

L’obésité aussi

Plus que le poids lui-même, l’obésité abdominale, c’est-à-dire la répartition anormale de la graisse en excès au niveau de l’abdomen, du foie et du muscle cardiaque, est dangereuse pour le système cardiovasculaire. D’autant qu’elle déclenche souvent un diabète de type 2, facteur de risque supplémentaire.

 

Progrès des traitements des maladies cardiovasculaires

Bien connaître les signes avant-coureurs de la crise cardiaque permet de réagir très vite et d’augmenter les chances de survie.

Angor et infarctus

Les signes d’angine de poitrine, ou angor, sont aujourd’hui mieux connus : douleur vive, en étau, derrière le sternum, qui s’étend dans une épaule ou les deux jusque dans les bras et dure quelques minutes. Parfois la douleur est plus vague, d’un seul côté, dans le dos ou vers l’estomac. Si elle est provoquée par un effort et cède avec l’arrêt de l’effort, c’est suspect. Voyez votre médecin sans tarder, il prescrira une épreuve d’effort : un électrocardiogramme (ECG) réalisé sur tapis roulant ou bicyclette ergométrique. Sans traitement adapté, l’étape suivante est l’angine de poitrine au repos ou, pire, un infarctus du myocarde. Il faut appeler le Samu.

AVC , agir vite !

• Les accidents vasculaire cérébraux (AVC) sont une autre urgence, fréquente, mais dont les Français connaissent moins les symptômes. D’où la campagne d’information radiophonique lancée par le ministère de la Santé, AVC, Agir Vite C’est important, à l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC en octobre dernier, et la série de podcasts pédagogiques diffusés jusqu’en décembre 2012 sur le site www.stopavc.fr avec le soutien d’un collectif d’associations de patients et du laboratoire Boehringer Ingelheim.
• Les principaux signes d’apparition brutale qui doivent faire réagir l’entourage sont à connaître :
– faiblesse ou paralysie d’un seul côté, au bras ou à la jambe,
– déformation de la bouche,
– troubles de la parole,
– troubles visuels,
– mal de tête intense quand l’AVC est causé par une hémorragie méningée (20 % des cas).

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien


N’interrompez jamais le traitement prescrit par votre médecin sans son avis. Ne vous laissez pas influencer par les livres à sensation dénigrant de nombreux médicaments prescrits aux cardiaques.
Prenez vos médicaments chaque jour à peu près à la même heure, surveillez le nombre de comprimés restants pour éviter les ruptures et prévoyez large si vous partez en voyage, au cas où le séjour se prolongerait.
Surveillez votre tension artérielle à domicile. Préférez les autotensiomètres automatiques vendus en pharmacie, validés par l’Ansm*, donc fiables. Demandez conseil à votre pharmacien, car la taille du brassard doit être adaptée au bras et faites-vous expliquer le maniement, même s’il est simple.
* Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé

 

Désobstruer le vaisseau

Angioplastie

Angioplastie

Une artère où a été mise en place une endoprothèse métallique (appelée stent ou ressort) qui restera incrustée à l’intérieur du vaisseau pour éviter la formation d’un nouveau étrécissement.
Les traitements dépendent de la gravité de l’infarctus ou de l’AVC et de l’état du malade : fibrinolyse ou thrombolyse (injections par voie intraveineuse destinées à dissoudre le caillot), angioplastie pour déboucher une artère (avec ou sans pose de stent), pontage pour rétablir une connexion en enjambant le rétrécissement artériel. Dans tous les cas, une rééducation et un changement d’habitudes de vie (arrêt du tabac, alimentation équilibrée, exercice physique) sont indispensables, de même que des médicaments : antiagrégant, statine, antihypertenseur, etc., pour prévenir les récidives.

Prévenir, c’est mieux

• Arrêtez de fumer. Au mois de septembre dernier, aux 23es Journées européennes de la Société française de cardio­logie, les spécialistes ont insisté sur un point : c’est bénéfique même après 60 ans.
• Consommations à diminuer : sel, beurre, sauces, viandes rouges, charcuteries, fromages, laitages, huile de palme, plats industriels, gâteaux… trop riches en graisses saturées. Ainsi que l’alcool.
• Aliments à privilégier : fruits et légumes, poisson, volaille.
• Marchez tous les jours et ayez une activité physique 2 à 3 fois par semaine. Même à un certain âge et après un ennui cardiaque, se bouger est rentable : gymnastique segmentaire, Qi Gong, entraînement en résistance douce sur machine, gym aquatique.

À lire

À lire

LE CŒUR DES FEMMES
Pour mieux comprendre les maladies cardiovasculaires et mieux les combattre Danièle Hermann, éd. Robert Laffont/Versilio, 2012, 20 €. Danièle Hermann est présidente de la Fondation recherche cardiovasculaire, Institut de France.

LES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES POUR LES NULS
Pour tout savoir sur ces pathologies de manière simple et accessible. Dr Philippe Abastado, First, 2010, 22,90 €.

Evelyne Gogien

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