La rage, une maladie toujours d’actualité

La rage, une maladie toujours d’actualité

26 avril 2021
Très présente dans certains territoires éloignés, cette maladie est aussi aux portes de la France. Vacciner chien et chat contre la rage reste donc d’une importance majeure pour protéger la santé humaine.

 

Chaque année, dans le monde, près de 60 000 personnes meurent encore de la rage, dont les morsures de chiens demeurent la principale voie de contamination. L’objectif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de réduire à zéro le nombre de décès d’ici 2030, mais le chemin est encore long. L’OMS estime qu’il faudrait vacciner 70 % de la population canine mondiale pendant 7 années consécutives pour arriver à éliminer la maladie.

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Afrique et Asie, des continents à risque

La rage demeure un enjeu de santé public majeur dans environ 150 pays, principalement sur les continents africain et asiatique. Plus d’un tiers des cas surviennent en Inde et 40 % des personnes mordues par des animaux soupçonnés d’avoir la rage sont âgés de moins de 15 ans. Les morsures de chien sont responsables de plus de 95 % de la transmission de l’animal à l’homme. Les chiens errants sont les plus susceptibles d’être porteurs du virus. Ils sont aussi de grandes victimes de cette maladie : tous les ans, des programmes d’élimination destinés à enrayer la rage conduisent à l’abattage de dizaines de millions d’individus, alors que des campagnes de vaccination bien menées permettraient d’éradiquer la maladie.

Si vous vous rendez dans l’un des pays où la rage sévit encore, prenez à garde à ne jamais caresser un chien que vous ne connaissez pas. Et si vous envisagez d’adopter un chien à l’étranger et de le ramener en France, respectez le protocole sanitaire prévu : l’animal doit d’abord être vacciné sur place, puis une prise de sang devra être faite au moins trois mois avant son arrivée sur le sol français pour vérifier qu’il est bien protégé contre la rage, grâce à un taux d’anticorps adéquat. Dans certains cas, le chien devra rester en quarantaine plusieurs semaines avant d’obtenir un certificat sanitaire attestant qu’il est indemne de rage ; ce document sera obligatoirement établi par un vétérinaire officiel du pays d’origine.

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Aussi en Europe de l’Est

La rage est encore endémique en Russie et en Roumanie notamment. Les chiens en provenance de ces deux pays présentent un risque de réintroduction de la maladie dans les pays indemnes de rage qui les accueillent. Étant donné que le trafic illégal de chiots prend souvent sa source à l’est de l’Europe, soyez très vigilant si vous achetez un chiot ailleurs que chez son éleveur. Des enquêtes menées en Finlande, officiellement libre de rage mais frontalière de la Russie, font peser de sérieux doutes sur la vaccination des chiots importés de Roumanie et de Russie. Les résultats ont en effet montré qu’un certain nombre d’entre eux, bien qu’ils aient été déclarés vaccinés, ne l’étaient en fait pas ou que leur taux d’anticorps antirabiques était insuffisant, montrant que la vaccination avait été mal réalisée. Des résultats similaires ont été obtenus en Norvège, un pays confronté à l’afflux de chiens abandonnés dans les pays de l’Est.

Le virus de la rage

Le virus de la rage

La rage est une maladie animale transmissible à l’homme, causée par un virus du genre Lyssavirus dont il existe 17 espèces reconnues. La rage « classique » des carnivores est liée au type RABV, qui est le plus fréquemment identifié dans les cas de rage humaine. Durant la période d’incubation (cinq à sept jours), le virus, fortement concentré dans la salive des animaux infectés, se transmet principalement par morsure. Le contact de la salive sur une plaie ou une muqueuse (par léchage) peut aussi provoquer une contamination. En revanche, le virus ne traverse pas une peau saine (sans plaie).

 

La France : entièrement indemne ?

La France est officiellement indemne de rage. Il n’en demeure pas moins que vacciner les chiens et les chats contre la rage est vivement conseillé : non seulement ce vaccin est obligatoire pour voyager à l’étranger avec son animal mais il protège aussi ce dernier en cas de contact avec un animal contaminé à l’étranger et importé illégalement en France. De tels cas sont régulièrement recensés. Tous les chiens et les chats qui pourraient avoir été en contact avec un animal suspect sont considérés comme potentiellement contaminés et mis sous surveillance sanitaire (voir encadré) : tout symptôme anormal doit alors être signalé au vétérinaire. Un animal non vacciné contre la rage au moment du contact sera euthanasié si le cas est confirmé. Seuls les propriétaires d’animaux identifiés et à jour de leur vaccination antirabique pourront demander une dérogation à cette euthanasie obligatoire.

La vaccination antirabique facilite aussi la circulation des animaux dans des zones où peuvent apparaître ponctuellement des foyers de rage, suite à une importation frauduleuse. Quand un animal suspect est signalé quelque part, une zone de restriction est établie et seuls les chiens et les chats vaccinés peuvent entrer, sortir ou être promenés sous la surveillance de leur propriétaire à l’intérieur de cette zone.

Sous surveillance

Sous surveillance

Par mesure de précaution, un chien qui a mordu un humain doit être mis sous surveillance sanitaire pour vérifier qu’il n’est pas porteur de la rage. Un animal en période d’incubation peut en effet transmettre le virus sans présenter encore de symptômes. Le protocole implique de montrer le chien trois fois à un vétérinaire (aux frais du propriétaire) : une première fois dans les 24 heures suivant la morsure, une deuxième fois au plus tard le septième jour après la morsure et la dernière visite sera réalisée le 15e jour. Si le chien se porte bien à cette date, le vétérinaire rédigera un certificat attestant que l’animal n’a pas eu de symptômes évoquant la rage.

 

Le cas des animaux sauvages

La France a toujours beaucoup chassé le renard et, au siècle dernier, l’une des raisons officielles consistait à lutter contre la rage, puisqu’il était considéré comme un réservoir sauvage « réservoirs » sauvages du virus de la rage. Cette méthode de lutte s’est révélée insuffisante pour faire régresser la rage sur le territoire et, à partir de 1986, la France a changé de stratégie et a vacciné les renards à grande échelle, en distribuant des appâts contenant des vaccins antirabiques par hélicoptère. Cette technique, qui avait été utilisée pour la première fois en Suisse, a été efficace et le dernier cas de rage vulpine en France remonte à 1998. En 2001, la France a été déclarée indemne de rage selon les critères de l’OMS.

D’autres pays européens, comme la Roumanie, tentent aussi de vacciner les renards. La rage est en régression dans ce pays depuis la mise en place de campagnes de vaccination par appâts. Il faut cependant vacciner 70 % de la population avant de considérer que l’espèce est protégée. Aux États-Unis, des avions affrétés par le gouvernement larguent chaque année dans les zones rurales des millions de petits sachets contenant des doses de vaccin contre la rage afin de réduire le risque de transmission de la rage aux personnes, aux animaux de compagnie et au bétail par les animaux sauvages.

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Faire vacciner son animal

La vaccination des chiens et des chats permet de les protéger contre la maladie et donc d’empêcher les risques de contamination humaine. Elle doit être effectuée dans le strict respect de la réglementation en vigueur. Pour qu’elle soit reconnue comme valide, aucun retard n’est toléré pour les dates de rappel. Si vous devez voyager avec votre animal dans un pays de l’Union européenne, vérifiez au moins deux mois à l’avance qu’il est en règle : il doit être identifié et détenteur d’un passeport fourni par un vétérinaire habilité, attestant de la vaccination antirabique. Si vous faites vacciner votre chien ou votre chat pour la première fois avant de partir, la vaccination doit être réalisée au moins 21 à 28 jours (suivant les vaccins) avant le départ. Un chiot ou un chaton peut être vacciné contre la rage dès l’âge de 3 mois. En France, il existe une dizaine de vaccins antirabiques pour le chien et cinq pour le chat. Suivant les cas, les rappels sont à effectuer tous les un, deux ou trois ans. Le respect des dates de rappel, au jour près, est indispensable pour que la vaccination reste valide, sinon tout le protocole vaccinal sera à reprendre depuis le début. Hors UE, les formalités peuvent être plus exigeantes : certains pays exigent en effet un titrage des anticorps et/ou une mise en quarantaine du chien… Renseignez-vous donc bien avant de partir ! Si des injections ont été retardées à cause des périodes de confinement, discutez-en avec votre vétérinaire qui vous dira comme faire le « rattrapage » vaccinal.

La rage chez les chauve-souris

La rage chez les chauve-souris

Les chauves-souris peuvent être porteuses de virus rabique qui peuvent aussi infecter l’homme. Le risque de transmission à l’homme est cependant négligeable car ces animaux sont insectivores. Rappelons qu’il s’agit d’espèces protégées, qu’il ne faut surtout pas les chasser ou les capturer. Si vous trouvez une chauve-souris blessée, ne la manipulez pas à mains nues et évitez aussi de toucher une chauve-souris morte car le virus garde sa virulence dans le cadavre pendant un certain temps.

 

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