Quand les articulations font mal

Quand les articulations font mal

18 février 2022
Les douleurs articulaires provoquées par l’arthrite et surtout l’arthrose, très fréquente, sont pénibles et souvent handicapantes. Mais les solutions existent et facilitent la vie quotidienne.

 

Vous souffrez de douleurs articulaires, mais est-ce de l’arthrose ou de l’arthrite ? Ne confondez pas. Les deux touchent les articulations, mais leurs mécanismes sont très différents. Elles ne se traitent donc pas de la même façon, même si aucun médicament ne peut les guérir ni arrêter leur progression. On peut cependant soulager de plus en plus efficacement les douleurs qu’elles provoquent, voire en ralentir l’évolution.

Arthrites invalidantes

Les arthrites – il en existe au total une centaine – sont des maladies articulaires inflammatoires chroniques. Elles surviennent en général plus tôt que l’arthrose, et même dans l’enfance pour l’arthrite chronique juvénile, une forme particulière, très douloureuse et invalidante. Les arthrites les plus connues sont la polyarthrite rhumatoïde, qui touche au moins 300 000 personnes en France (avec 6 000 nouveaux cas par an) et se déclare vers 40-45 ans le plus souvent, et la spondylarthrite ankylosante, souvent diagnostiquée entre 20 et 30 ans, dont sont atteints environ 200 000 individus. Plus graves que l’arthrose, elles peuvent conduire à la destruction des articulations, cause de handicap et d’invalidité – 40 % des malades en âge de travailler ne le peuvent plus en raison de leur pathologie.

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L’arthrose, moins grave

L’arthrose est beaucoup plus fréquente. Elle est d’ailleurs la maladie articulaire la plus répandue en France et l’un des principaux motifs de consultation (14 millions chaque année). Quelque 10 millions de personnes en souffrent, plus ou moins cependant car il y a des degrés. Entre visites chez le médecin, radiologie, médicaments, chirurgie et kinésithérapie, les dépenses annuelles de l’Assurance maladie liées à l’arthrose s’élèveraient à 1,5 milliard d’euros. Chaque année, 300 000 examens de radiologie sont demandés, et 140 000 prothèses totales de hanche et 90 000 prothèses de genou sont posées. Avec les arrêts de travail et la perte d’efficacité professionnelle, l’arthrose coûte au total 3,5 milliards d’euros par an à la société. Ces dépenses vont encore croître avec le vieillissement de la population française car, plus on prend de l’âge, plus on a de risques d’avoir de l’arthrose – 85 % des plus de 75 ans sont en effet arthrosiques. Jusqu’à la cinquantaine, les hommes sont souvent plus atteints. Au-delà de cet âge – qui correspond à la ménopause –, les femmes sont beaucoup plus souvent touchées. Entre 65 et 75 ans, 60 % d’entre elles ont de l’arthrose lombaire, 75 % de l’arthrose des mains, 35 % de l’arthrose des genoux et 10 % de la hanche.

Bouger… en dehors des crises

Bouger… en dehors des crises

Il est indispensable de continuer de bouger entre les poussées. La sédentarité aggrave l’arthrose. Sous réserve de choisir des activités physiques adaptées à sa localisation. En cas d’arthrose lombaire, par exemple, les sports recommandés sont les suivants : marche, nage sur le dos, plongée, tennis sur terre battue et en double, ski de fond, voile hors compétitions, gym, stretching doux.

 

L’arthrose en cause

Tous les vertébrés, animaux compris, peuvent être atteints d’arthrose ; un phénomène qui ne date pas d’hier. On a en effet retrouvé des signes de la maladie sur des squelettes de l’ère paléolithique. L’homme de Néandertal souffrait d’arthrose !

Articulations trop sollicitées

Plutôt que de « causes » directes d’arthrose, mieux vaut parler de facteurs favorisant sa survenue ou son aggravation. Certains ne sont pas évitables : le vieillissement et l’hérédité. L’arthrose des mains en particulier et, dans une moindre mesure, de la hanche, sont les deux localisations pour lesquelles la génétique semble jouer un rôle plus important. En revanche, on peut essayer d’éviter d’autres facteurs de risque. Primo, le surpoids et l’obésité en raison des contraintes exercées sur les articulations, mais aussi des substances inflammatoires produites par les cellules graisseuses qui atteignent les articulations via la circulation du sang et contribuent à la dégradation du cartilage. Secundo, les traumatismes importants ou répétés (fracture, entorse grave, ablation du ménisque…), certaines professions (avec utilisation du marteau-piqueur, par exemple) et la pratique de certains sports collectifs ou de contact, surtout de compétition, notamment avant la puberté. Comme le précise le Dr Odile Picard-Paix, « le facteur principal de dégénérescence du cartilage articulaire est l’hyperpression ». Sous l’effet d’une pression anormale, le cartilage, sain au départ, se détériore. Ou bien sa structure est anormale, ce qui le rend moins résistant à des pressions pourtant normales. D’autres facteurs semblent entrer en jeu, comme le diabète et l’athérosclérose.

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Destruction du cartilage

Quelle que soit son origine, l’arthrose est une atteinte du cartilage qui évolue et retentit sur les structures qui l’entourent, en particulier les os, la capsule articulaire et les ligaments. Ce n’est pas la conséquence d’une usure de l’articulation, comme on le croit encore souvent, mais d’une destruction du cartilage. « Sous l’effet d’une pression anormale, on observe un véritable stress cellulaire au sein du cartilage. Les chondrocytes, principales cellules qui le constituent, vont essayer de réagir en proliférant pour réparer ou limiter les dégâts, mais la destruction l’emporte sur cette tentative de réparation », écrit le Dr Picard-Paix. Au début, le cartilage s’amincit, se détériore et ne peut plus remplir son rôle d’amortisseur de l’articulation. Les deux os qui composent l’articulation se retrouvent l’un contre l’autre, comme si celle-ci manquait de lubrifiant. Ce frottement entraîne douleurs, raideurs et dégradation osseuse. S’y ajoute l’inflammation due à la réaction de la membrane synoviale, qui vient encore aggraver le phénomène de destruction.

Et la goutte ?

Et la goutte ?

Cette maladie articulaire inflammatoire est due à des dépôts de cristaux d’acide urique, provenant, entre autres, de la dégradation des aliments, surtout d’origine animale. Le gros orteil est douloureux, mais d’autres articulations peuvent être touchées. Plutôt que de traiter les crises, mieux vaut les prévenir en corrigeant son alimentation : éviter l’alcool et la bière (même sans alcool), boire beaucoup d’eau (de Vichy, notamment), limiter charcuterie, abats, viande, fruits de mer…

 

Pas de fatalisme !

Même si les poussées peuvent être très douloureuses et gêner les mouvements, l’arthrose ne rend pas invalide. À condition d’être bien prise en charge. Quand le handicap est majeur, les prothèses de hanche et de genou, aujourd’hui très au point, sont la bonne solution. Dans les autres cas, les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont très utiles et permettent de rester mobile. Les infiltrations de corticoïdes, la viscosupplémentation (injections d’acide hyaluronique) et la kinésithérapie se révèlent parfois nécessaires. La phytothérapie peut rendre des services : curcuma, boswellie, harpagophytum, reine-des-prés, vergerette… De même que le collagène marin, certains oligoéléments, acides gras essentiels, minéraux, vitamines. Exemples de produits : Flexofytol (Tilman), Osteocalm (Dielen), Cartidol et Phytocartilage (Phytoresearch), Curdilage (Codifra), Articular (New Nordic), roller Articulations (Puressentiel). Enfin, les cures thermales donnent de bons résultats : Balaruc-les-Bains, Aix-les-Bains, Dax, Vals-les-Bains, Neyrac-les-Bains, Bourbonne-les-Bains…

Réponses d'expert : L’intérêt des oligoéléments

Réponses d'expert : L’intérêt des oligoéléments

Dr Odile Picard-Paix*,
médecin généraliste à Paris

Les oligoéléments permettent de traiter l’arthrose et le terrain de chacun… Les principaux sont le cuivre (seul ou associé à l’or et à l’argent), le sélénium, le silicium, le soufre, le fluor, le complexe cobalt et manganèse, le magnésium, le phosphore et le potassium. Grâce à ses propriétés antioxydantes, le cuivre occupe une place prépondérante puisqu’il participe au métabolisme des cellules du cartilage, les chondrocytes. Il stimule également la synthèse du collagène et de l’élastine, composants des tissus osseux, des muscles, des tendons et des capsules articulaires qui constituent l’ensemble d’une articulation. Il a une action anti-inflammatoire utile en cas de poussée douloureuse et de douleurs nocturnes ; on le prescrit alors à des doses plus importantes.

*Auteure d’Arthrose, combat gagnant : oligo-éléments et autres traitements, Le Rocher Poche, 2021

 

Arthrites : des progrès thérapeutiques

Contrairement à l’arthrose, la polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune. Autrement dit, les défenses immunitaires de l’organisme chargées de combattre les intrus comme les virus se retournent (à tort) contre lui. La maladie est multifactorielle, avec une prédisposition génétique et un facteur environnemental déclenchant. L’inflammation, provoquée par les anticorps, démarre dans la membrane synoviale recouvrant les articulations : elle s’épaissit et prolifère de manière anarchique. Sans traitement, les articulations risquent de se détruire un peu plus à chaque poussée et de conduire au handicap. Les douleurs – aux doigts et aux poignets, puis à d’autres articulations – sont difficiles à supporter et les raideurs obligent à « se dérouiller » le matin. Plus grave encore, l’inflammation peut également toucher le cœur, les vaisseaux, les poumons.

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Maladies auto-immunes

La spondylarthrite ankylosante, qui touche davantage les hommes que les femmes, se caractérise par un enraidissement des articulations de la colonne vertébrale et du bassin. C’est aussi une maladie auto-immune avec une prédisposition génétique évoluant par poussées successives, mais cette évolution varie d’une personne à l’autre. Autres arthrites auto-immunes évolutives : le lupus érythémateux systémique et le rhumatisme psoriasique qui, contrairement à leurs formes plus légères, caractérisées par des signes cutanés, atteignent d’autres organes, essentiellement les articulations.

Les biothérapies

Passé le stade initial où les anti-inflammatoires suffisent à soulager, des traitements de fond comme le méthotrexate et, depuis une douzaine d’années, les biothérapies, s’imposent pour retarder les dommages. Ces médicaments ciblés, en injections – anti-TNF alpha, anti-interleukines et antilymphocytaires –, sont en effet beaucoup plus efficaces et changent la vie des arthritiques en conservant ou en restaurant leur mobilité. La recherche continue d’avancer et laisse espérer d’autres progrès…

À savoir

À savoir

Les stations de Barbotan-les-Thermes et d’Allevard-les-Bains proposent des modules spécifiques pour soulager la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante (non remboursés mais peu coûteux) en complément de la cure de rhumatologie conventionnée.

 

Info +

Info +

www.aflar.org (Association française de lutte antirhumatismale)

www.stop-arthrose.org

www.acs-france.org (Action contre les spondylarthropathies)

www.lupusfrance.com

Evelyne Gogien

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