Produits de la ruche : on en fait son miel

Produits de la ruche : on en fait son miel

24 octobre 2019

On prête aux aliments issus de la ruche de multiples vertus. Pour apprécier miel, miellat, gelée royale, pollen ou propolis à leur juste valeur, on étudie leur rayon d’action.

 

 Avant l’Homme vivait l’abeille ! Le premier serait apparu sur la Terre il y a 2,8 millions d’années alors que l’abeille butinait déjà les fleurs depuis environ 20 millions d’années. Elle a donc vécu tranquillement de très nombreuses années avant que l’Homme ne s’intéresse à ce bien précieux qu’est le miel (et aux autres produits de la ruche). Pourquoi précieux ? Tout d’abord pour son goût délicieux et ensuite, pour ses vertus antiseptiques et cicatrisantes. C’est pourquoi l’Homme a très rapidement appris à repérer ces essaims sauvages puis à développer ce que l’on appelle maintenant l’apiculture, pour avoir les ruches à proximité et récolter le fruit du labeur de milliers d’abeilles.

Rien ne se perd !

 Pour savourer un bon miel, il faut comprendre d’où il vient et comment les abeilles l’ont élaboré. Dans une ruche il y a une reine ; seule femelle fertile de la ruche, elle va donner naissance à toute la colonie. Elle est entourée d’une cour de 2 000 à 4 000 mâles (appelés faux bourdons) dont seuls certains auront le privilège de la féconder. Et de 30 000 à 60 000 abeilles qui auront pour mission de sustenter et de protéger la colonie dont elles font partie. Le miel, issu du nectar des fleurs, nourrira tout ce petit monde – la gelée royale est réservée à la reine et aux premiers jours des larves d’abeilles. La propolis servira de mastic pour la ruche et pour les alvéoles dans lesquelles sont pondus les œufs qui donneront naissance aux futures abeilles. Autrement dit, dans une ruche tout est utile et rien ne se perd, au service de la communauté. Bel exemple !

 À lire aussi : RECETTE Cookies au miel et aux noisettes sans gluten

 

De jabot en jabot

Quand une butineuse récolte le nectar d’une fleur, elle l’avale et l’accumule dans son jabot, tandis que ses pattes arrière se chargent à chaque passage d’un peu du pollen de la fleur. De retour à la ruche, elle régurgite le nectar et le donne aux ouvrières qui vont se le passer entre elles. De jabot en jabot, ce nectar s’enrichit des sucs et des enzymes salivaires des abeilles pour voir sa composition en sucres évoluer et sa teneur en eau s’abaisser de 50% en moins d’une heure dans la ruche. Quand elle est devenue inférieure à 20%, le nectar est devenu un beau miel « mûr » que les abeilles placent dans les milliers d’alvéoles qu’elles obturent ensuite avec de la cire. Ainsi, la colonie dispose en réserve d’un aliment hautement énergétique, stable, de longue conservation et peu propice aux fermentations. L’apiculteur va récolter ce miel en retirant la couche de cire des alvéoles et en centrifugeant les plaques sur lesquelles celles-ci reposent. Rassurons-nous, un bon apiculteur laisse toujours suffisamment de miel aux abeilles pour la bonne santé de la colonie – il doit rester au moins 15 kilos de miel dans une ruche à l’approche de l’hiver.

À savoir

À savoir

Une abeille fait de 20 à 50 voyages par jour entre la ruche et les fleurs qu’elle butine, dans un rayon de 500 m à 2 km, à une vitesse maximale de 20 km/heure. Fabriquer 1 kg de miel exige de récolter le nectar de 20 millions de fleurs, soit 20 000 sorties, soit près de 40 000 kilomètres, soit l’équivalent du tour de la Terre ! Alors, respect !

 

Miel en santé

Sachez-le : il n’existe pas un miel mais des miels. Ils diffèrent en goût, en couleur et en texture. Doux ou quasi amers, blancs ou très foncés, solides ou liquides… Cela tient aux différents nectars d’espèces végétales mais aussi à leurs teneurs en sucres. En effet, plus un miel est riche en fructose, plus il est liquide (comme celui d’acacia) ; plus il est riche en glucose, plus il cristallise vite (tel celui de colza). Un miel cristallisé n’est donc pas un « mauvais miel vieilli » ; c’est sa composition qui le veut ainsi.

 À lire aussi : Les bienfaits du miel

 

Sucres et énergie

Tout miel se compose avant tout de 80% de sucres, mélange de fructose, glucose et saccharose naturels. C’est donc un aliment énergétique : compter l’équivalent d’un morceau de sucre et de 20 kcal par cuillère à café de miel. Ces sucres diffusent plus ou moins rapidement dans l’organisme selon leur nature : un miel liquide riche en fructose aura un index glycémique plus bas qu’un miel cristallisé riche en glucose. Pour cette raison, il est prisé des sportifs, pendant l’effort et en phase de récupération. Attention aux caries car il colle aux dents : brossage régulier recommandé !

Protéines bactériostatiques

On trouve peu de protéines dans le miel mais certaines d’entre elles sont très intéressantes. Les inhibines et les défensines pourraient contribuer aux propriétés bactériostatiques du miel et freiner la multiplication bactérienne (sans toutefois tuer les bactéries), aidées en cela par le pH acide du miel. De tout temps, le miel a été utilisé pour favoriser la guérison et la cicatrisation des plaies. Avant toute initiative, demander toutefois l’avis de son médecin ou dermatologue.

Masque antioxydant

Le miel contient également peu d’oligoéléments, de minéraux et de vitamines. Ce qui est utile à l’échelle d’une petite abeille l’est beaucoup moins à celle d’un être humain. En revanche, on y trouve des antioxydants, des substances aromatiques ou pigmentaires et d’autres molécules. Il est traditionnellement utilisé en masque (avec de l’huile d’olive) pour la beauté de la peau et des cheveux, surtout en cas de sécheresse cutanée et de pellicules. Mais ses qualités sont perdues s’il est chauffé à plus de 40 °C – ce qui peut être le cas des miels liquides d’origine « industrielle ».

 À lire aussi : Recette Soin antirides au miel

 

Interdit avant l’âge de 1 an

Attention, le miel renferme des pollens et ne doit pas être consommé en cas d’allergies connues à certains végétaux. Par ailleurs, il pourrait contenir des spores de la bactérie Clostridium botulinum, responsable du botulisme. À ce titre, il est formellement déconseillé de donner du miel aux nourrissons, même du bout de la tétine !

 

De l’effet des pesticides et insecticides

De l’effet des pesticides et insecticides

• Les abeilles sont en danger. Leur nombre s’amenuise d’année en année et c’est un drame pour elles et pour l’Homme. Car sans abeilles, pas de pollinisation… et donc disparition du règne végétal et de la vie sur Terre.

• Quant au miel, pollué ou pas ? On peut y trouver des doses de pesticides mais celles-ci sont encore – pour le moment – très faibles : létales pour des abeilles, mais pas pour l’Homme. Quant au bio, bonne idée… mais il est difficile de l’assurer car l’abeille est voyageuse !

 

Confort des gorges irritées

Confort des gorges irritées

Par ses propriétés bactériostatiques, le miel peut aider à guérir d’un mal de gorge, sans toutefois remplacer un antibiotique si celui-ci s’avère nécessaire. C’est un produit de confort et non pas un médicament. Il apaise également les gorges douloureuses en formant un léger film protégeant la muqueuse des réactions inflammatoires liées à l’infection. Attention toutefois à ne pas dévaliser le pot de miel ; une ou deux cuillères à café par jour suffisent.

 

Produits « miraculeux » de la ruche, miellat, pollen, gelée royale et propolis : mythe ou réalité ?

Présenté comme un produit rare et luxueux, le miellat provient en réalité des déjections de pucerons et autres insectes appartenant aux groupes des cochenilles et cigales. Ces animaux se nourrissent de la sève des arbres avec leur petit appareil buccal perforateur et en rejettent la plus grande partie – riche en sucres – après en avoir gardé les protéines. Ces déjections visqueuses sont ensuite léchées par les abeilles ; leur composition diffère de celle du nectar des fleurs par la présence d’un sucre appelé mélézitose, car découvert dans le miellat de mélèze. Les miellats proviennent surtout des sapin, épicéa, if, pin sylvestre, mélèze et chêne. Il est souvent mélangé au miel, dont il bénéficie des qualités nutritionnelles.

Un mastic de luxe

Sorte de mastic végétal, la propolis est prélevée par les abeilles ouvrières sur les bourgeons et l’écorce de certains arbres. Souvent mélangée à de la cire que les abeilles fabriquent elles-mêmes, elle est répartie en des endroits stratégiques pour assainir la ruche et autour des alvéoles pour les consolider. En effet, de par sa composition complexe (plus de 300 composants différents), la propolis aurait des propriétés anti-infectieuses. Comme une colonie n’en produit que de 100 à 200 g par an et que son extraction est délicate et laborieuse, la propolis coûte cher. Elle est souvent utilisée par l’industrie pharmaceutique dans des comprimés contre la gorge douloureuse et autres inflammations ORL. Attention, ce n’est pas un médicament mais un traitement d’appoint.

Le biberon des jeunes larves

Sécrétée par les glandes mandibulaires des jeunes abeilles nourricières, la gelée royale sert de nourriture exclusive aux larves d’abeilles et à la reine durant toute son existence. De consistance gélatineuse et blanchâtre, elle contient moins de sucres que le miel, mais davantage de protéines et de lipides. De par sa fonction nutritive, elle est donc plus équilibrée et contient également des vitamines et des oligoéléments. Les études scientifiques manquent car c’est un produit rare et cher. Donc attention aux allégations miracles et aux prétendues vertus « anti-cancérigènes ». La gelée royale peut être consommée en cas de fatigue, mais les quantités de vitamines qu’elle contient sont insuffisantes pour combler d’éventuelles carences.

De l’énergie en pelotes

Agglutiné en pelotes sur les pattes arrière de chaque butineuse, le pollen est déposé à l’entrée de la ruche au retour de l’abeille dans sa « maison ». Il se trouve aussi à l’état de traces dans le miel, raison pour laquelle le miel peut déclencher des réactions allergiques en cas d’allergie au pollen des fleurs… Sur le plan nutritionnel, le pollen est riche en protéines (près de 20% de son poids), en vitamines du groupe B (dont la B9), ainsi qu’en zinc et en vitamine E (de puissants antioxydants) et autres molécules (ferments, enzymes). Mais le pollen étant très léger, nous en consommons très peu et les apports nutritionnels se révèlent donc faibles. Par exemple, une grosse cuillère à soupe de 15 g n’apporte que 3 g de protéines, alors que notre corps a besoin quotidiennement d’environ 60 à 80 g de protéines. Là aussi, attention aux promesses miraculeuses de traitement des hypercholestérolémies, des pathologies neurologiques et des cancers. En revanche, faites votre essai vous-même sur l’effet d’une consommation régulière de pollen sur votre vitalité et la stimulation de vos défenses immunitaires. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Parlez-en quand même à votre médecin, dès lors qu’un traitement médicamenteux s’avère nécessaire.

Le choix de la rédac

L’ostéopathie au féminin

Autres

L’ostéopathie au féminin

Si j’avais su !

La cure de bonne humeur

Compléments alimentaires

La cure de bonne humeur

Un allié de la bonne humeur

Le poids du microbiote

Transit et digestion

Le poids du microbiote

Comment le microbiote intestinal influe sur le poids ?

Finis les frisottis !

Cheveux

Finis les frisottis !

Une arme secrète offrant une chevelure lisse