CURE LA LECHERE
Les produits allégés : produits utiles ou leurres ?

Les produits allégés : produits utiles ou leurres ?

27 juin 2019

Contenant moins de sucre, de gras ou de sel, annonçant l’allégement calorique, ils symbolisent la promesse de la minceur. Sont-ils vraiment à la hauteur ?

 

 

N’est pas allégé qui veut. Il ne suffit pas de mettre un peu moins de gras ou un peu moins de sucre dans son produit pour le dire allégé. La réglementation est stricte : un produit revendiquant l’allégation « allégé » doit, comparativement au même produit non allégé, contenir 25% de moins en l’ingrédient concerné. Cela paraît beaucoup, mais il faut garder à l’esprit la notion de portion – à l’échelle d’une part de 20 g cela ne représente plus que 5 g de moins pour un allégement de 25% – et la quantité consommée. Les allégés sont donc au cœur d’une controverse : utiles ou pas ? Est-ce un argument commercial surfant sur la vague de l’obsession minceur ou y a-t-il un réel intérêt à en consommer ?

 Des débuts prometteurs…

C’est vers 1980, quand les prémices des futures épidémies d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires ont commencé à poindre leur nez, que les premiers allégés sont apparus sur le marché. Et avec eux des promesses alléchantes de minceur car ne comptait alors, pour le consommateur, que le chiffre réduit des calories (alors que l’on sait bien actuellement que ce ne sont pas les seuls éléments à considérer). Évidemment les résultats n’étaient pas toujours là… surtout si le converti aux allégés en mangeait plus que de raison. Par la suite, un certain nombre de scandales alimentaires ont poussé progressivement le consommateur à s’intéresser à la composition de ce qu’il mange. « Au fait, qu’y a-t-il dans mon allégé ? Par quoi remplace-t-on le gras et le sucre ? » Le plus souvent, les ingrédients sont des épaississants, des émulsifiants et davantage d’eau. Pas de quoi s’inquiéter sur le plan de la santé, même si cela ne fait pas très naturel d’avoir ces additifs ! Alors que faire : manger moins d’un produit calorique ou manger un produit allégé ? La réponse n’est pas universelle car elle dépend de chaque consommateur et de ses comportements de consommation.

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Pour qui ? pourquoi ?

Quand la gourmandise est maîtrisée dans le respect des justes quantités de gras et de sucre, nul besoin d’avoir recours à des allégés. En revanche, face à une prise de poids et aux prémices d’une santé défaillante, il y a urgence à revoir son mode de vie et d’alimentation. En commençant par quelques questions : « Est-ce que je bouge assez ? » – probablement pas ! « Est-ce que je mange mal, trop gras ou trop sucré ? » – probablement oui ! « Que dois-je changer ? Que puis-je supporter en fonction de mes goûts et de mes contraintes d’organisation au quotidien ? Vais-je faire appel à de l’allégé ou pas ? »

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Info

Info

Il est courant de constater que les femmes sont souvent plus attirées par le goût sucré que les hommes, ceux-ci donnant leur préférence au gras et au salé (fromage et charcuterie). Calmer des émotions ? Remplir un ventre vide ? Sans doute des aspirations différentes…

 

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Moins de sucre, autant de douceur…

Bizarre de constater qu’on se bat actuellement contre ce qui procure le plus grand plaisir : le goût sucré ! Depuis que l’Homme est sur terre, il aime manger sucré. D’ailleurs, le sucre a toujours existé dans la nature (le miel en est un exemple) bien avant que l’être humain n’apprenne à le produire à sa guise. Le grand drame de notre société est que nous bougeons moins et que nous mangeons trop gras et deux fois trop sucré. Et après tout, n’est-il pas plus simple de manger toujours aussi sucré mais moins calorique – tout en continuant de bouger aussi peu ? D’où l’offre des allégés…

• Les gâteaux au maltitol. Le concept commence à faire fureur dans certaines pâtisseries. Le maltitol est un sucre alcool (une molécule de saccharose à laquelle s’ajoute une structure moléculaire proche de l’alcool mais qui n’en est pas) : ce type de sucre est deux fois moins calorique que le traditionnel. Donc, pourquoi pas si le goût du gâteau est bon… Et à condition toutefois d’en manger peu pour ne pas annuler l’effet réduction de calories mais aussi pour éviter les troubles digestifs… Car le microbiote intestinal raffole du maltitol et, en signe de remerciement, produit des gaz.

• Les bonbons « sans sucre ajouté ». Étudiez l’étiquette. Il arrive que les ingrédients soient entièrement naturels et sans sucre ajouté. Mais il se peut aussi que le sucre soit remplacé par des polyols – xylitol, sorbitol… Lesquels apportent quand même des calories (2 par gramme de polyols versus 4 par gramme de sucre) et peuvent provoquer des troubles digestifs (comme le maltitol). Attention à ne pas vider la boîte en une journée !

• Les confitures allégées. Pourquoi pas ! La recette traditionnelle prévoit moitié fruits, moitié sucre mais on peut mettre moins de sucre. Avec des fruits au goût très sucré et un peu plus d’agar-agar (aux fonctions gélatinisantes), le résultat est excellent. Une cuillère à soupe de confiture traditionnelle contient en moyenne l’équivalent de deux morceaux de sucre ; on peut l’abaisser à un.

• Les biscuits allégés. Pas très utiles ! Ils ont la cote et pourtant l’allégement calorique est minime rapporté au biscuit : 10 à 20 calories. De plus, la tentation est grande d’en manger plus – ce qui annule l’effet réduction de calories.

• Les sodas light… Les 20 morceaux de sucre par litre de soda (400 calories !) sont remplacés dans la version light par quelques grammes d’édulcorants au pouvoir sucrant en moyenne 200 fois supérieur à celui du sucre. Ces boissons light se retrouvent donc sans sucre et sans calories – c’est bien vrai ! Mais le goût sucré persiste bien et là réside le problème. Car, à en boire tous les jours, on se détourne de l’eau… – une mauvaise nouvelle pour le poids ! Il faut donc garder à l’esprit cette priorité, même si cela n’empêche pas de boire un soda light 2 ou 3 fois par semaine, par exemple.

 

Le sucre et la raison

Le sucre et la raison

Préférer l’eau à toutes les boissons sucrées en y ajoutant éventuellement un peu de jus de citron.
Choisir des laitages nature et y ajouter si besoin une pointe de miel ou de confiture.
Privilégier les compotes sans sucres ajoutés, le chocolat noir à celui au lait.
Ne pas dépasser 2 à 3 petits biscuits par jour.
Et habituer ses enfants à manger peu sucré et à boire de l’eau. Tout commence comme cela !

 

Moins de sel ou de gras : moins de goût ?

Dans l’Hexagone, on est très poivre et sel ! Pour les épices (autres que le poivre), on est mauvais… Nous avons pourtant tout intérêt à nous inspirer des cuisines asiatiques ou indiennes qui utilisent abondamment curry, paprika, curcuma, gingembre, ginseng, cumin, cannelle… Pour trois raisons. La première est que, ainsi, nous bénéficions de leur formidable richesse en antioxydants. La seconde est qu’ils permettent de mettre moins de sel – or, les Français mangent souvent trop salé, ce qui accentue le risque d’augmenter la pression artérielle. La troisième est que les épices bien utilisées aident à manger plus équilibré car elles rendent les plats plus savoureux, y compris ceux à base de légumes ! Donc, pensez aux épices mais aussi à l’ail, aux oignons et à diverses herbes aromatiques. Et quand vous ne mettez pas la main à la pâte, vous pouvez aussi privilégier les plats et produits dits « allégés en sel ».

Le gras, on le remplace par quoi ?

La petite plaquette de beurre de 10 g étalée sur le pain frais du matin régale le palais… Seul inconvénient : le beurre titre 86 % de matières grasses (MG)… Aussi se trouve-t-il en compétition avec les margarines souvent allégées à 65% de MG ayant un fort positionnement santé axé sur la prévention des maladies cardiovasculaires (oméga 3, phytostérols). D’autres matières grasses de type pâte à tartiner affichent des valeurs encore plus basses (15 ou 20% de MG) surfant sur l’envie de manger plus léger en calories.

Pour avoir un produit qui se tienne bien et qui ait l’aspect d’une matière grasse, les industriels remplacent une partie des lipides du produit originel par de l’eau, de l’amidon, des épaississants (souvent de la gomme de cellulose) et divers émulsifiants pour leur effet texturant. Rien de bien méchant pour la santé. On passe ainsi de 86% de MG à 60-65% (utilisation encore possible pour la cuisson), à 40% voire 15% de MG (uniquement pour usage tartine). Donc l’allègement calorique y est, mais le goût n’y est pas car ces produits n’en ont pas. Un avantage pour certains, un gros inconvénient pour d’autres…

À savoir

À savoir

Dans le choix des matières grasses, tout dépend ce que l’on en attend…
Si on mange sain, varié et équilibré et qu’on adore le beurre, il suffit de limiter celui-ci à 20-30 g et d’y ajouter 2 cuillères à soupe d’huile par jour – privilégier celles d’olive, de colza et de noix. On est dans les règles de l’équilibre alimentaire.
S’il s’agit de perdre un peu de poids, deux options. Soit on met moins de beurre sur ses tartines et on mange moins de fromage, de charcuterie, de plats en sauce et de produits de grignotage. Soit on remplace le beurre par une pâte à tartiner à 15% de MG, la crème fraîche à 30% de MG par une crème à 15% de MG, on optimise son alimentation et on bouge davantage. À chacun ses goûts !
Si le but est de corriger un taux de mauvais cholestérol trop élevé et de prendre soin de son cœur, on peut faire le choix de manger la juste dose de beurre (20 g) et de fromage (une part) par jour en évitant l’excès de charcuterie et de viennoiseries. Mais on peut aussi remplacer le beurre par des margarines enrichies en oméga 3 (issues de l’huile de colza) et/ou en phytostérols. Question de goût ! Ne pas oublier les amandes, formidablement riches en oméga 9 (comme l’huile d’olive) et en vitamine E, antioxydante.

 

Dr Laurence Plumey, Médecin nutritionniste

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