Le préserver de la leishmaniose

Le préserver de la leishmaniose

26 avril 2021

La leishmaniose est une maladie parasitaire grave, qui touche principalement le chien. Il convient donc de mettre tout en œuvre pour éviter la contamination et protéger l’animal, mais aussi l’humain.

La maladie se développe lentement : après l’infection, il peut s’écouler de quatre semaines à plusieurs années avant que les premiers symptômes apparaissent. Des lésions cutanées sont souvent les premiers signes visibles, en particulier sur la tête. Perte de poids, faiblesse due à l’anémie, fonte musculaire, pousse anormale des griffes et troubles oculaires sont d’autres signes classiques de leishmaniose. Les reins sont également affectés chez presque tous les chiens malades.

Les vecteurs de la maladie

La leishmaniose se transmet par piqûres de phlébotomes, des insectes qui aiment les hivers doux et les étés secs. En Europe, ils sont surtout présents dans les régions méridionales. Les phlébotomes, qui apprécient les sols sableux, sont en général actifs d’avril-mai à octobre-novembre et piquent à partir du crépuscule. Contrairement aux moustiques, ces indésirables sont rarement remarqués car leur vol est silencieux. Ils n’ont pas non plus besoin d’eau stagnante pour se reproduire car les larves ne sont pas aquatiques. Pour qu’un chien soit contaminé par la leishmaniose, il faut en principe qu’il soit piqué plusieurs fois par des insectes contaminés. Les phlébotomes le piquent de préférence dans les zones glabres – le museau, les yeux, le pourtour de la bouche. S’ils sont porteurs de la maladie,  ils injectent dans le sang de leur hôte des leishmanies, parasites responsables de la maladie.

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Éloignez les phlébotomes !

Quand un chien vit ou séjourne temporairement dans une zone à risque, le traitement répulsif contre les insectes volants constitue la principale mesure de prévention de l’infection.

Une protection insecticide

Les pyréthroïdes sont des molécules insecticides connues pour éloigner les phlébotomes. C’est en particulier le cas de la fluméthrine, un principe actif inclus par exemple dans des colliers antiparasitaires ou des pipettes spot on à déposer sur la peau. La fluméthrine agit également contre les tiques. Ces produits sont réputés pour leur efficacité à limiter le risque de contamination des chiens par la leishmaniose. Certains colliers sont fabriqués avec un matériau qui relargue lentement les principes actifs ; leur activité répulsive contre les phlébotomes peut durer huit mois. Un collier posé au début du printemps permet donc de protéger le chien pendant toute la belle saison. Un collier à longue durée d’action est particulièrement bien adapté à la protection des animaux vivant dans une région où le risque de leishmaniose est important. Si le chien séjourne occasionnellement dans l’une de ces zones, il devra être protégé par un insecticide répulsif durant toute la période d’exposition. Le traitement antiparasitaire sera fait avant le départ, en tenant compte du délai nécessaire pour que le produit soit efficace.

A savoir : Dans certains colliers, il y aussi des molécules actives contre les puces qui sont incluses.

Traitements palliatifs

Traitements palliatifs

Il a été longtemps recommandé d’euthanasier les chiens infectés par la leishmaniose. Cette approche est aujourd’hui éthiquement inacceptable, d’autant qu’il existe des traitements pour les chiens malades (ou positifs mais cliniquement sains) permettant d’éviter la propagation de la maladie. Ces traitements sont cependant très contraignants et ne « guérissent » jamais complètement le chien.

 

La nuit à la maison

Ne pas laisser un chien dormir à l’extérieur le soir aide à limiter le risque de piqûres par les phlébotomes, à condition que les phlébotomes ne puissent pas entrer dans l’habitation car leur petite taille leur permet souvent de traverser la grille des moustiquaires – il est donc recommandé de les vaporiser d’un produit insecticide. Les ventilateurs et l’usage de diffuseurs antimoustiques à l’intérieur de la maison diminuent le risque de présence des phlébotomes. Le pelage du chien le protège partiellement des piqûres d’insectes : ne le tondez surtout pas en période chaude !

Sous surveillance

Si votre chien a séjourné dans une région touchée par la leishmaniose sans protection contre les phlébotomes, une surveillance vétérinaire est fortement conseillée. Même en l’absence de signes cliniques, il est prudent de faire une analyse de sang chez le chien environ six mois après le retour. Le praticien recherchera la présence d’anticorps dirigés contre les leishmanies, prouvant ainsi que le chien a été contact avec le parasite. Si un chien est reconnu infecté par la leishmaniose, il devra être surveillé médicalement et aussi protégé contre les phlébotomes pendant la période à risque, quel que soit son lieu de vie.

Vacciner contre la leishmaniose ?

Deux vaccins contre la leishmaniose canine sont actuellement disponibles en France. S’ils n’empêchent pas vraiment l’infection, ils réduisent le risque de progression de la maladie ainsi que la probabilité d’apparition des signes cliniques dans le cas d’une contamination.

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Dépister avant de vacciner

Ces vaccins ne peuvent être administrés qu’à des chiens âgés d’au moins 6 mois, en bonne santé et qui n’ont pas déjà été infectés par la leishmaniose. Le dépistage de l’infection s’impose donc avant la vaccination. Les vétérinaires disposent de tests sanguins permettant d’obtenir un résultat fiable en quelques minutes. Selon le type de vaccin administré au chien, la première vaccination s’effectue en une ou deux injections. Des démangeaisons peuvent apparaître au point d’injection, mais elles disparaissent en quelques heures après l’administration. L’immunité se met en place en moins d’un mois, puis des rappels sont à effectuer une fois par an.

Des chiens sensibles

Des chiens sensibles

Certains chiens sont dits « réfractaires » : leur organisme se défend contre la multiplication du parasite dans leur organisme, même s’ils restent des réservoirs. Les défenses naturelles des lévriers d’Ibiza semblent par exemple meilleures que celles d’autres races, ce qui les rend résistants à la maladie. À l’inverse, une sensibilité raciale particulière est connue chez le berger allemand, le rottweiler et surtout le boxer. Si ces chiens sont exposés aux piqûres de phlébotomes, les mesures de protection contre la leishmaniose sont indispensables.

 

La santé humaine en jeu

Un chien vacciné présente moins de risque de développer une leishmaniose clinique et il sera également moins à même de servir de « réservoir » aux phlébotomes qui pourraient le piquer. La leishmaniose étant une zoonose (une maladie qui se transmet de l’animal à l’homme, et inversement), il est important de réduire le plus possible la circulation du parasite. Tous les ans, de 700 000 à 1 million de nouveaux cas de leishmanioses humaines sont répertoriés dans le monde (source : https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/leishmaniose). 90 % sont recensés dans seulement cinq pays : l’Inde, le Népal, le Bangladesh, le Soudan et le Brésil. Cette infection parasitaire à transmission vectorielle est l’une des plus graves, même si son expression dépend de la santé générale de l’individu. Chez l’homme, la forme viscérale (aussi appelée kala-azar) est la plus sévère, dont Leishmania infantum est l’un des agents responsables, comme pour la leishmaniose canine.

Associer deux types de protection ?

Associer des produits insecticides avec la vaccination est officiellement reconnue comme la technique la plus performante pour limiter l’extension de la leishmaniose. La vaccination est surtout utile pour les chiens vivant en permanence (ou séjournant durablement) dans une zone à risque. Des recommandations détaillées et actualisées sont présentées sur www.esccap.fr/maladies-vectorielles/leishmaniose.html.

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Un risque qui s’accroît

Selon des enquêtes réalisées avec des cliniques vétérinaires, la leishmaniose canine constitue un danger dans une trentaine de départements français, notamment sur le pourtour du bassin méditerranéen (PACA, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Corse). Elle est en progression dans tout le pays. Même si un chien vit dans une région a priori indemne, elle peut représenter une menace s’il part en vacances avec son maître dans une zone à risque telle que le sud de la France, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie.

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