Advertisement Banner
perimenopause

Préménopause, bien passer le cap

02 mai 2017
Toutes les femmes ne sont pas énervées, déprimées et épuisées durant la période qui précède l’arrêt définitif des règles. Mais la plupart, plus ou moins et plus ou moins longtemps…

 

Pour nommer la période qui précède la ménopause, c’est-à-dire le moment où les règles s’arrêtent définitivement, les femmes parlent couramment de « préménopause » alors que les gynécologues préfèrent aujourd’hui le terme de « périménopause ». Le préfixe « péri », qui veut dire « autour », leur semble plus précis et juste que « pré » qui signifie « avant ».

Compter un an après l’arrêt des règles

La périménopause désigne ainsi la période d’irrégularités menstruelles et de symptômes pénibles qui précède l’arrêt apparent des règles, plus l’année d’incertitude qui la suit. Les femmes ont tendance à penser que 6 ou 10 mois sans menstruations signalent qu’elles sont ménopausées. Or, il n’est pas rare, après plusieurs mois « sans », de voir réapparaître des saignottements espacés ou des règles abondantes. Il faut donc compter au moins un an sans aucun saignement pour que la ménopause soit confirmée. Passé ce laps de temps, on peut estimer que les ovaires ont définitivement cessé d’être actifs.

Dérèglement hormonal

Qu’on l’appelle préménopause ou périménopause, cette transition est une période d’anarchie hormonale qui peut durer, selon les femmes, de quelques mois à 7 ans, voire 10 ou 12 ans ! Mais, en moyenne, elle dure environ 3-4 ans. Les œstrogènes et la progestérone ne sont plus sécrétés qu’épisodiquement, l’ovulation est de plus en plus rare et les cycles se succèdent à un rythme fantaisiste, tantôt longs, tantôt courts. L’âge moyen d’entrée en périménopause varie aussi beaucoup d’une femme à l’autre. Selon une grande étude américaine, il est de 47,5 ans, ce qui donne un âge moyen de ménopause de 51 à 52 ans.

Le tabac fait avancer l’arrivée de la ménopause

Les mécanismes expliquant l’âge précoce (avant 40 ans) ou, au contraire, tardif de la périménopause puis de la ménopause n’étant pas élucidés, il est difficile de prévoir celui-ci. Cependant certains facteurs comme l’hérédité l’influencent : les filles sont souvent ménopausées au même âge que leur mère, mais ce n’est pas systématique. En revanche, il est certain que le tabagisme avance l’âge de la ménopause d’un ou deux ans. Les grosses fumeuses ou celles qui fument depuis longtemps manifestent plus tôt des signes de carence œstrogénique. La nicotine a en effet une action sur l’hypothalamus qui joue un rôle dans le fonctionnement des ovaires.

 

La périménopause, des années parfois difficiles

Cycles menstruels anarchiques, premières bouffées de chaleur, seins gonflés et sautes d’humeur… La périménopause n’est pas la période la plus « fun » dans la vie des femmes.

 

Les deux signes caractéristiques de la période qui précède la ménopause sont le dérèglement du cycle menstruel et les bouffées de chaleur. D’un cycle à l’autre, la durée des règles et leur abondance varient. Des cycles normaux alternent avec des périodes sans règles et plus on se rapproche de la ménopause, plus les cycles s’allongent. Les saignements surviennent sans crier gare, parfois cataclysmiques, d’autres fois minimes, marron ou noirâtres. Il faut prendre des précautions…

Début des bouffées de chaleur

Plus pénibles, les bouffées de chaleur commencent à apparaître chez trois femmes sur quatre à cette période, quand les cycles deviennent irréguliers, et se prolongent entre 2 et 5 ans après les dernières règles. Les autres femmes n’ont de bouffées qu’à partir de l’arrêt complet des menstruations ou bien n’en ont pas du tout, même à la ménopause proprement dite, ou alors peu et pas gênantes. Mais « dans 50 % des cas, les bouffées durent au total plus de 5 ans et même plus de 10 ans une fois sur quatre », précise le Dr Alain Tamborini.

Ces bouffées sont imprévisibles et irrépressibles. Une sensation de chaleur envahit le visage, le cou, le cuir chevelu et gagne le thorax, voire tout le corps et se termine le plus souvent par des sueurs froides au bout de 30 secondes à 2 minutes. Mais, là encore, c’est variable. Certaines femmes voient leur maquillage fondre et dégouliner ou ont 10 à 20 bouffées par nuit alors que d’autres n’en ont qu’une petite ou deux par semaine.

 À lire aussi : 5 remèdes naturels contre les bouffées de chaleur

 

Sautes d’humeur et fatigue

Autres troubles fréquents dès la périménopause dus aux fluctuations hormonales : tension des seins et ballonnements abdominaux, irritabilité, voire agressivité, déprime et lassitude. La sécheresse vaginale, source d’inconfort et de rapports sexuels douloureux, peut également débuter à cette période.

 À lire aussi : Ménopause : symptômes gênants et solutions

 

Réponses d'expert : Prise de poids ou changement de silhouette à l’heure de la ménopause ?

Réponses d'expert : Prise de poids ou changement de silhouette à l’heure de la ménopause ?

Martine, 60 ansDr ALAIN TAMBORINI
Gynécologue (Paris)

La majorité des femmes prennent du poids entre 45 et 55 ans, c’est-à-dire durant les années qui encadrent l’arrêt des règles. C’est la décennie de tous les dangers ! Mais il est difficile de distinguer les effets de l’âge et ceux de la ménopause sur le poids. Autour de la cinquantaine, l’organisme brûle moins d’énergie et des problèmes d’ordre psychologique, liés à une retraite anticipée, au départ des enfants, au vieillissement ou au décès des parents, peuvent modifier le comportement alimentaire (grignotage, boulimie de sucré…). De plus, la graisse est redistribuée différemment, la morphologie change et la silhouette a tendance à s’alourdir au niveau de la taille, lieu d’élection des kilos supplémentaires… Cette prise de poids se prévient mieux qu’elle ne se traite et la graisse abdominale est, à cette période de la vie, souvent rebelle au régime. Les femmes ont donc intérêt à anticiper en mangeant moins et mieux, en se bougeant pour augmenter la masse musculaire… Un THS, s’il est bien dosé, n’entraîne pas de prise de poids (ou ne l’aggrave pas). Il peut même limiter l’alourdissement dû à la migration des graisses vers le tour de taille.

 

Quand faut-il adopter un traitement hormonal ?

Lorsque les symptômes sont vraiment handicapants au quotidien, un traitement hormonal est une solution, mais à la bonne date. Ni trop tôt ni trop tard. C’est là toute la difficulté.

 

Certes, il n’est pas toujours nécessaire de prendre un médicament mais quand les bouffées de chaleur sont trop pénibles et s’éternisent, les femmes épuisées réclament un traitement… Souvent poussées par leur entourage qui, lui aussi, n’en peut plus. Mais pour savoir s’il est temps de traiter, les dosages hormonaux ne servent pas à grand-chose car les taux fluctuent beaucoup. Pour prendre la décision, le médecin s’appuie surtout sur les symptômes et leur chronologie.

Ni trop tôt…

Pendant la périménopause, le THM (traitement hormonal de la ménopause) permet de supprimer ces symptômes mais sa prescription est plus délicate qu’après l’arrêt définitif des règles car les ovaires sécrètent encore des hormones et de manière variable. Il ne doit donc pas débuter trop tôt sous peine d’ajouter des œstrogènes aux sécrétions ovariennes résiduelles et de provoquer ainsi des troubles congestifs (gonflement des seins, œdèmes). Le rythme anarchique des sécrétions, non synchronisées avec le traitement, entraîne aussi des métrorragies, c’est-à-dire des pertes de sang, peu rassurantes. Dans ces conditions, les femmes sont souvent tentées d’abandonner. Si le traitement est instauré tardivement, les symptômes traînent et deviennent épuisants.

…Ni trop fort

Au début de la périménopause, quand les œstrogènes sont encore sécrétés, le Dr Tamborini préconise donc un progestatif seul et n’ajoute un œstrogène à dose modérée (moitié moins qu’à la ménopause proprement dite) que plus tard. Cela dit, comme à la ménopause, le THM ne s’adresse pas à toutes les femmes. Il est totalement contre-indiqué en cas d’antécédents de cancer du sein et d’accidents thromboemboliques veineux et artériels.

 

L’âge de la ménopause n’a pas de lien avec l’âge de la puberté

L’âge de la ménopause n’a pas de lien avec l’âge de la puberté

Selon une étude australienne récente, la probabilité d’être ménopausée à 40 ans augmente de 80 % chez les femmes ayant eu leurs premières règles avant l’âge de 11 ans (c’est rare). Pourtant, dans leur pratique, les gynécologues comme le Dr Tamborini ne constatent aucun lien entre l’âge de la puberté et celui de la périménopause et de la ménopause et mettent en doute la pertinence cette étude.

 

Quelle contraception ?

Quelle contraception ?

Les ovaires sont certes moins actifs et les ovulations de moins bonne qualité aboutissent parfois à des ovules incapables d’être fécondés, mais le risque de grossesse persiste à la préménopause. Une contraception est impérative, mais c’est au cas par cas.

  • La pilule combinée (œstrogène + progestatif) est efficace et pallie la plupart des désordres de cette période, mais prudence. Avec l’âge, les risques de thrombose (caillot dans les artères) et de maladie cardiovasculaire augmentent. En cas d’antécédents familiaux, de tabagisme, d’hypertension artérielle, de diabète et d’hypercholestérolémie, elle n’est donc pas indiquée.
  • Le stérilet est une bonne méthode à la périménopause si l’on en a déjà un. Au cuivre ou hormonal, ce dernier ayant l’avantage de réduire fortement les saignements gênants.
  • Les méthodes de contraception locales (sans ordonnance) peuvent suffire : gel, crème ou ovule spermicide, éponge vaginale imbibée de spermicide et bien sûr préservatif.
 À lire aussi : Quelle est l’influence d’une prise  prolongée de la pilule contraceptive sur l’âge de la
ménopause ou sur la fertilité ?

 

 

Sexualité et ménopause : oui !

La périménopause et la ménopause ne sonnent nullement l’heure de la retraite sexuelle. Mais des aides par voie locale ou générale sont utiles et les préliminaires doivent être plus longs…

 

Les sécrétions d’œstrogènes qui permettaient jusque-là de maintenir une certaine humidité et la souplesse du vagin, diminuent puis se tarissent et le vagin devient sec. Au début, la sécheresse vaginale prédomine à l’orifice d’entrée et gêne ainsi la pénétration. Elle gagne ensuite l’ensemble du vagin qui a tendance à devenir plus étroit et à s’atrophier. Mais tout dépend des femmes. Il suffit parfois de quelques mois pour que les rapports sexuels deviennent pénibles alors que d’autres femmes n’ont aucun problème durant des années. Surtout si leurs relations sexuelles sont régulières. Chaque rapport étire en effet la zone vaginale et entretient sa souplesse et son élasticité.

Sécheresse vaginale + baisse de la libido

La baisse puis l’arrêt de la production hormonale peuvent aussi altérer la libido, c’est-à-dire le désir sexuel. Cela dit, la libido est personnelle et modulée par d’autres facteurs (éducation, relations avec le partenaire, éventuelle perte de confiance…). D’ailleurs, certaines femmes connaissent une augmentation du désir sexuel après la ménopause… et ne s’en plaignent pas. « L’hormonothérapie peut contribuer à améliorer une libido déficiente, mais elle a des limites. En effet, la vie sexuelle post-ménopause dépend pour beaucoup de ce qu’elle a été auparavant. Une femme qui n’a jamais été intéressée par la sexualité a peu de chances de l’améliorer au-delà de la cinquantaine », explique le Dr Tamborini.

Le rôle du partenaire

Les traitements hormonaux locaux ou généraux, ou les deux, s’adressent aux femmes motivées qui veulent continuer d’avoir une sexualité épanouie. Le traitement local consiste à appliquer 2 ou 3 fois par semaine une crème aux œstrogènes à l’entrée du vagin et à introduire des ovules également œstrogéniques au fond de la cavité vaginale. Il existe aussi des crèmes à l’acide hyaluronique efficaces, qui compensent la sécheresse sans traiter la carence en œstrogènes.

Après la ménopause, la lubrification vaginale – liée au désir – est aussi moins abondante et plus lente à se manifester et un gel lubrifiant peut être utile. Mais des préliminaires plus longs sont aussi nécessaires. Il faut oser le dire à son partenaire, les rapports seront plus réussis…

 

Témoignage : C'est reparti !

Témoignage : C'est reparti !

J’ai un mauvais souvenir de ma périménopause. J’avais des bouffées de chaleur énormes, la nuit je me réveillais trempée, obligée de changer chemise de nuit et draps ! En plus, j’ai divorcé pendant cette période. Les deux sont en partie liés car j’étais odieuse et tout le temps fatiguée, notre vie de couple en souffrait beaucoup. Ensuite, je suis restée seule pendant 8 ans. J’ai maintenant un nouveau compagnon mais, au début, les rapports sexuels étaient vraiment difficiles et j’ai dû en parler à ma gynécologue. Elle m’a expliqué que c’était normal après une longue période d’abstinence ajoutée aux effets de la ménopause et m’a prescrit des ovules vaginaux et un gel lubrifiant. Les ovules, c’est un peu contraignant mais ma sexualité est active et mon compagnon attentionné, alors tout va bien…

Martine, 60 ans

 

Evelyne Gogien

Le choix de la rédac

7 plantes + 2 bourgeons = détox

Compléments alimentaires

7 plantes + 2 bourgeons = détox

Nettoyage intérieur !

Des salades qui nous font du bien

Les bons aliments

Variations sur les salades

Un livre de recettes exceptionnel

70 recettes aussi gonflées en antioxydants que savoureuses

Les bons aliments

70 recettes aussi gonflées en antioxydants que savoureuses

On vous livre ici 2 recettes parfaites !

BIBLE LAROUSSE

La bible des secrets de grands-mères

2000 recettes made in grands-mères rien que pour vous !