Prédiabète ? Réagir avant qu’il soit trop tard

Prédiabète ? Réagir avant qu’il soit trop tard

21 janvier 2022
Bonne nouvelle ! En modifiant ses habitudes de vie, on peut empêcher un prédiabète d’évoluer en diabète de type 2. Ou au moins en retarder l’apparition et ainsi éviter des complications associées. 

 

En France, environ 5 millions de personnes sont diabétiques. Plus de 90 % d’entre elles ont un diabète de type 2 (autrefois appelé « diabète gras »), qui survient à partir d’un certain âge. Malheureusement, tous les diabétiques ne savent pas qu’ils le sont faute de s’être fait dépister (près de 1 million). Viennent s’y ajouter ceux, nombreux, présentant un prédiabète. Comme son nom l’indique, c’est la phase qui précède le diabète de type 2 : la glycémie (taux de glucose dans le sang) est supérieure à la normale (fixée entre 0,70 et 1,10 g/l) mais pas assez élevée pour poser le diagnostic de diabète.

En augmentation

Si le prédiabète n’évolue pas systématiquement vers un diabète, un grand nombre de prédiabétiques deviennent diabétiques au bout de cinq à dix ans s’ils ne prennent pas les mesures, relatives à l’alimentation et à l’activité physique, recommandées par les médecins. Or, selon les résultats de l’étude Esteban réalisée entre 2014 et 2016, le prédiabète touche 9,9 % de la population française adulte, les hommes étant plus nombreux (13,2 %) que les femmes (7 %). Par ailleurs, comme le diabète de type 2 déclaré, le prédiabète est en augmentation. Il est donc hautement probable qu’une grande partie de ces personnes atteintes de prédiabète viendront un jour grossir les rangs des diabétiques de type 2, car les Français ne savent pas bien ce que représente le prédiabète et n’ont pas le réflexe de se le faire dépister.

Entre 1,10 et 1,25 g/l

Il est vrai que, à l’inverse du diabète de type 1, le diabète de type 2 n’apparaît pas brutalement et la phase qui le précède est silencieuse. Il n’en demeure pas moins que le prédiabète correspond à un trouble glycémique. Il est d’ailleurs diagnostiqué quand la glycémie à jeun est, à deux reprises, comprise entre 1,10 g/l et 1,25 g/l – à partir de 1,26 g/l, c’est un diabète – et/ou quand la glycémie mesurée deux heures après un repas ou l’absorption de sucre (75 g de glucose) est supérieure à 1,40 g/l, mais reste inférieure à 2 g/l. Le mécanisme est une résistance progressive du foie et des organes à l’action de l’insuline : cette hormone indispensable à la survie des cellules, sécrétée par le pancréas pour réguler le sucre dans le sang, devient moins efficace. En réaction, le pancréas en secrète davantage mais, avec les années, il peine, s’épuise et ne parvient plus à en produire assez, d’où une accumulation de sucre dans le sang et bientôt l’apparition du diabète avec un risque élevé de complications si ce dernier n’est pas (ou mal) pris en charge.

 À lire aussi : Diabète : gérer une crise d’hypoglycémie

 

 

Tout d’abord le dépister

Une fois installé, le diabète évolue de manière insidieuse. Il peut ne pas se manifester pendant des années ou bien discrètement (infections urinaires et cutanées répétées, retard de cicatrisation…) et ne pas alerter. Cependant, au fil des années, en l’absence de traitement, le risque d’obstruction des vaisseaux sanguins augmente et les épisodes d’hypoglycémie altèrent le cœur et le cerveau, très sensibles au manque de sucre. Résultat : insuffisance cardiaque, infarctus, accident vasculaire cérébral, artériopathie (cause d’amputations) – surtout si d’autres facteurs de risque cardio-vasculaire tels qu’hypertension artérielle et tabagisme s’ajoutent –, rétinopathie, voire cécité, néphropathie ou même insuffisance rénale et neuropathie.

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Les pharmacies de ville organisent régulièrement des opérations de sensibilisation et de dépistage du prédiabète et du diabète, à l’aide d’un test de glycémie par simple prélèvement d’une goutte de sang au bout du doigt. En dehors de ces périodes, on trouve en officine des tests rapides (peu coûteux) qui permettent d’effectuer soi-même un contrôle de la glycémie sur une petite goutte de sang. C’est facile et indolore.

 

Facteurs de risque

Comment éviter d’en arriver là ? En faisant une analyse de sang qui détectera un éventuel diabète débutant ou, mieux, parce qu’il est réversible, un prédiabète. À tout âge mais surtout après 45 ans. Parlez-en à votre médecin traitant s’il n’y a pas pensé. Plusieurs indices doivent particulièrement vous y inciter :

• L’hérédité, même si la transmission génétique n’est pas automatique. Si l’un des parents est diabétique, le risque de prédiabète pouvant évoluer en diabète est de 40 % et, si les deux le sont, de 70 %. Par prudence, surveillez-vous dès 35 ans, surtout en cas d’hypertension artérielle familiale ou personnelle ;
• Le surpoids et l’obésité : huit diabétiques de type 2 sur dix ont des kilos en trop ;
• Un tour de taille élevé (plus de 100 cm chez l’homme et 88 cm chez la femme) quel que soit le poids. L’excès de graisse localisée sur l’abdomen favorise la survenue de la résistance à l’insuline ;
• Des cystites récidivantes chez les femmes. Toutes ne sont pas dues au prédiabète, mais il faut y penser car les urines trop sucrées facilitent la prolifération des germes, notamment la bactérie E. coli ;
• Un diabète au cours d’une grossesse ;
• Des mauvaises habitudes alimentaires et la sédentarité.

Si vous avez souvent soif ou avez déjà des petits problèmes de vision, cardiaques ou érectiles, c’est probablement déjà un diabète. Cela dit, dans certains cas, ces troubles commencent dès le prédiabète et pas seulement quand le diabète est installé, comme on l’a longtemps cru.

Pendant la grossesse : méfiance

Pendant la grossesse : méfiance

Les femmes enceintes chez qui un diabète a été détecté doivent être bien suivies et prises en charge (alimentation équilibrée, activité physique adaptée et si besoin, injections d’insuline) car elles ont davantage de risques de complications graves à l’accouchement, d’avoir un gros bébé (plus de 4 kg) et d’accoucher par césarienne. Très souvent, tout rentre dans l’ordre après la naissance de l’enfant, mais attention, après un diabète gestationnel, le risque de devenir définitivement diabétique des années plus tard est de 50 %. Pour limiter ce risque, il faut donc continuer d’avoir une bonne hygiène de vie.

 

Comment éviter le passage au diabète

Le prédiabète n’est pas (encore) une maladie. C’est une phase intermédiaire entre normalité et diabète durant laquelle on peut inverser la tendance. On ne peut pas éviter le vieillissement qui est un facteur de risque de prédiabète et de diabète de type 2. En revanche, chacun peut changer ses habitudes. Le mode de vie moderne est en effet le grand responsable de l’épidémie d’obésité et de diabète qui sévit dans tous les pays occidentaux et même dans les pays en voie de développement. Partout, les causes sont les mêmes : une alimentation surabondante et déséquilibrée, et une diminution globale de l’activité physique, dès le plus jeune âge. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le prédiabète et le diabète qui le suit surviennent aujourd’hui plus tôt, parfois même pendant l’enfance. Il n’y a pas si longtemps, c’était autour de la cinquantaine.

 À lire aussi : DOSSIER – Diabète de type 2, l’épidémie silencieuse

 

Changer de mode de vie

Les études sont unanimes : la prévalence du prédiabète et du diabète de type 2, autrement dit le nombre de prédiabétiques et de diabétiques dans une population donnée, est multipliée par trois chez les personnes en surpoids et par sept chez les obèses. À l’inverse, comme le démontre la vaste étude américaine Preview (2019), menée auprès de prédiabétiques en surpoids, celles qui ont modifié favorablement leur mode de vie – alimentation équilibrée, activité physique régulière et perte de poids de 8 % en moyenne – ont réduit très sensiblement leur risque de devenir diabétiques (seuls 4 % le sont devenus). Aux États-Unis, où le diabète fait des ravages, le Programme national de prévention du diabète animé par des coachs santé, proposé aux personnes présentant un prédiabète, montre qu’une réduction d’un kilo de poids corporel abaisse déjà de 16 % le risque de diabète de type 2. Cela vaut la peine de faire des efforts…

Revoir ses menus

Pour arriver à un résultat tangible, les endocrinologes et les nutritionnistes conseillent bien sûr de réduire les portions pour perdre du poids, surtout au niveau du ventre, et aussi de manger de manière différente. Règle de base : faire trois vrais repas par jour (avec un dîner plus léger), moins riches, moins gras, plus variés, sans grignotage ni goûter. Plus précisément, il faut supprimer les aliments contenant des sucres rapides (bonbons, friandises, sodas, miel, confiture…) ; bien repérer sur les emballages des produits industriels les appellations « sirop de glucose-fructose », « sucre inverti » et « sirop de maïs » ; éviter les viennoiseries et les gâteaux ainsi que les sucres cachés dans les produits ou plats salés (sauces, plats préparés, pizzas, etc.). Vous pouvez manger des fruits à doses raisonnables. En revanche, doucement sur les jus de fruits et les boissons alcoolisées. Mais il n’y a pas que le sucre. Il importe aussi de limiter les matières grasses (en particulier crème fraîche, beurre, fromages, viandes en sauce, fritures, chips…) ; de mettre à ses menus des féculents une fois par jour, en limitant la quantité de pain (pas plus de 40-50 g), et des aliments à index glycémique bas (légumes verts et secs) ; d’augmenter les apports en fibres, qui réduisent l’absorption du sucre au niveau intestinal (céréales complètes, légumineuses, légumes). Pour les protéines, on privilégie les viandes maigres.

 À lire aussi : Le diabète chez l’enfant

 

Pratiquer un sport d’endurance

L’activité physique est également « rentable » à condition cependant qu’elle soit fréquente. Les sports les plus efficaces sont les sports d’endurance (marche rapide, natation, vélo…), à raison de 30 à 45 minutes par jour ou, au minimum, de trois fois par semaine. Il est tout aussi impératif de se faire suivre régulièrement et de corriger ses autres facteurs de risque cardio-vasculaire, notamment l’hypertension artérielle et l’excès de cholestérol, si nécessaire par la prise de médicaments, et d’arrêter la cigarette.

Témoignage

Témoignage

« Quand la médecine du travail lui a détecté un prédiabète, mon compagnon a pris la nouvelle à la légère. Sans doute parce qu’il ne ressentait rien d’anormal, il n’a pas compris (ou pas voulu comprendre) que c’était sérieux. Pour lui, la menace était lointaine et incertaine. Il a donc continué, malgré les recommandations de son médecin traitant qui l’exhortait à perdre du poids, de manger n’importe comment (il est souvent en déplacement) et ses activités physiques sont restées limitées. Résultat : six ans plus tard, il est bel et bien devenu diabétique. Aujourd’hui, il doit prendre de la metformine tous les jours et manger différemment. Il s’y tient parce qu’il s’est enfin rendu compte qu’il risquait gros, mais il est dommage qu’il ne l’ait pas fait pendant qu’il pouvait encore inverser la vapeur… »

Élodie, 43 ans

 

Info

Info

• Livre
Ma bible de l’alimentation antidiabète du Dr Pierre Nys (endocrinologie-nutritionniste), Leduc

•Site
www.federationdesdiabetiques.org

 

Evelyne Gogien

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