OLIOSEPTIL
le microbiote intestinal

Prébiotiques et flore intestinale : Vers la nutrition 2.0 ?

12 décembre 2016
Pour améliorer notre santé, nous pouvons nourrir judicieusement notre corps, mais également nos bactéries !

 

Pour s’intéresser aux « prébiotiques », quelques notions concernant notre « écosystème intestinal » sont déjà à connaître. Rappelons notamment que les bactéries qui composent notre microbiote assurent des fonctions indispensables (digestion des nutriments, production de vitamines…) et que leur équilibre constitue l’un des piliers de notre système de défense.

Une action qui passe par le microbiote intestinal

Même si l’on ne connaît pas encore tous les secrets ou modes de fonctionnement du microbiote, il est acté qu’il existe des liens entre notre état de santé et sa composition. Des modifications de celle-ci ont par exemple été décrites au cours de certains dysfonctionnements de l’appareil digestif, telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou le syndrome du côlon irritable. La prise en compte du microbiote semble donc nécessaire à la compréhension de certains mécanismes de santé.

 À lire aussi : Aliments probiotiques : mangeons des bactéries !

 

Pro- et prébiotiques

 Pour entretenir notre microbiote, deux modes d’actions peuvent être envisagés : on peut absorber des bactéries, ou manger de quoi nourrir nos bactéries internes pour qu’elles se développent. Dans le premier cas, c’est le domaine des probiotiques (cf. Bien-être & santé no 325).

Et si l’on s’intéresse à la nourriture de nos bactéries, c’est l’univers des prébiotiques. Voici la définition du prébiotique proposée par les scientifiques en 2015 : « un composé non digestible qui, via sa métabolisation par les micro-organismes de l’intestin, module la composition et/ou l’activité du microbiote intestinal, conférant par là un bénéfice physiologique à l’hôte ».

D’un point de vue biochimique, ces prébiotiques sont des composés qui appartiennent à la grande famille des glucides : sucres, amidon, fibres alimentaires… Plus précisément, il s’agit surtout d’oligo- et de polysaccharides, tels que l’inuline, les fructo-oligosaccharides ou les galacto-oligosaccharides. Ce sont donc des glucides spécifiques qui ne sont pas digérés dans la partie haute de notre intestin et qui peuvent être fermentés sélectivement et utilement dans le côlon par nos bactéries. Certaines fibres alimentaires inscrivent un effet prébiotique parmi leurs différentes fonctions ; la frontière entre les prébiotiques et les fibres est effectivement étroite car leur parcours dans le tube digestif est proche.

 

L’intestin, un ami irremplaçable

L’intestin, un ami irremplaçable

L’écosystème intestinal humain regroupe :
  • Le microbiote, c’est-à-dire environ 100 000 milliards de micro-organismes vivants présents dans le tube digestif, principalement dans le côlon.
  • La muqueuse intestinale, qui incarne une surface d’échange de 300 m2.
  • Le système immunitaire intestinal, qui représente 60 à 70 % du système immunitaire global de l’organisme.

 

Des espoirs santé très diversifiés grâce à la flore intestinale

De nombreuses études relatives aux prébiotiques sont en cours. Du bien-être digestif aux cancers, la palette des bienfaits potentiels est large.

 

Rappelons que les probiotiques sont de plus en plus étudiés pour leurs effets sur la santé humaine, dans des domaines tels que la prévention de la diarrhée ou l’amélioration des fonctions immunologiques, métaboliques et psychologiques. Et puisque les prébiotiques aident les bonnes bactéries de notre intestin à se développer, les pistes de recherches les concernant couvrent également des domaines très variés.

Une meilleure digestion ?

La consommation de prébiotiques conduit à un développement des bifidobactéries dans le côlon. La masse bactérienne fécale augmente et les selles se gorgent d’eau, ce qui améliore leur consistance. La première conséquence directe des prébiotiques est donc une augmentation de la fréquence d’expulsion chez les personnes légèrement constipées.

On note également qu’ils augmentent l’absorption des minéraux dans le côlon, en particulier celle du calcium et du magnésium. 

Un poids optimisé ?

Le microbiote joue sans doute un rôle dans la régulation du poids et, en cas de surpoids, dans une partie de ses complications métaboliques et inflammatoires. Dans ce contexte, des études expérimentales chez l’animal ont révélé que l’administration de prébiotiques permettait de contrôler différents symptômes dont l’excès de masse grasse et le taux de sucre sanguin.

Peu d’études d’intervention chez l’Homme ont été menées à ce jour. Mais on observe que l’administration de certains prébiotiques est capable de stimuler la production d’hormones « rassasiantes » ou régulant le taux de sucre dans le sang. Dans une étude testant des prébiotiques chez des femmes obèses, il a aussi été remarqué une tendance à la diminution de la masse grasse.

 À lire aussi : Comment apaiser les problèmes de digestion ?

 

Une meilleure santé générale ?

Les effets des prébiotiques sur la santé intestinale au sens large sont bien documentés. Ils ont notamment un impact sur les fonctions immunitaires, et peuvent être intéressants dans le cadre des pathologies inflammatoires de l’intestin. Mais leur intérêt potentiel peut aller plus loin. Par exemple, des données expérimentales récentes suggèrent que les changements microbiens induits par certains prébiotiques peuvent atténuer des complications cancéreuses.

Et que ce soit pour la régulation du métabolisme énergétique ou la gestion du comportement (axe intestin-cerveau), l’approche prébiotique mérite d’être approfondie. Certaines fibres alimentaires qui jouent un rôle prébiotique sont d’ailleurs particulièrement intéressantes à étudier. Leur interaction avec le corps humain, via le microbiote, ouvrira probablement de nouveaux horizons dans la prise en charge de certaines pathologies.

 

Un exemple de fibres à effet prébiotique

Un exemple de fibres à effet prébiotique

Nutriose® désigne une gamme brevetée de fibres alimentaires solubles extraites de céréales, commercialisée par la société Roquette pour l’industrie agroalimentaire. Ces fibres ont montré des effets bénéfiques dans le cadre de la gestion du poids, du surpoids et du syndrome métabolique. Parallèlement, les études récemment menées chez l’Homme ont prouvé qu’elles jouent un rôle prébiotique, en augmentant les bactéries bénéfiques et en diminuant celles potentiellement néfastes.

 

 

Comment agir sur le microbiote intestinal

Les prébiotiques sont disponibles sous différentes formes, mais il n’est pas facile de les identifier. De plus, la prise de compléments mérite des conseils personnalisés.

 

Prudente, la réglementation européenne ne permet pas de mentionner les prébiotiques sur les emballages. Même si certains ont fait leurs preuves, l’Autorité européenne ne souhaite pas que leurs effets soient extrapolés à tous les prébiotiques et pour tous les consommateurs. Il faut donc repérer, parmi les ingrédients, leurs dénominations biochimiques.

Les prébiotiques à déguster

Certains prébiotiques sont naturellement présents dans les fruits, les légumes ou le miel. On en trouve dans les bulbes, les feuilles et les tiges de Liliacées (poireau, oignon, échalote, ail, asperge…), ou encore dans les racines et les tiges de l’artichaut, du pissenlit ou du topinambour. Il est possible d’isoler ces prébiotiques alimentaires ou de produire industriellement des composés prébiotiques. Cela permet ensuite d’élaborer des compléments alimentaires ou d’enrichir des aliments courants (produits laitiers ou céréaliers, boissons…). Dosés pour convenir à tous les consommateurs, ces derniers permettent en général d’améliorer le transit intestinal et la satiété.

Chacun son microbiote intestinal

Les prébiotiques relèvent d’une discipline jeune et pointue, la micronutrition. Celle-ci nécessite une approche individuelle car les composants nutritionnels interagissent avec l’organisme en fonction de son état. Chaque écosystème intestinal est spécifique, à la fois pour des raisons génétiques, car le microbiote s’installe différemment durant l’enfance, et parce que les événements de la vie (infections digestives, stress, médicaments, alimentation…) le modifient en permanence. Un déséquilibre de la flore, une inflammation de la muqueuse ou une forte sollicitation du système immunitaire intestinal peuvent survenir. L’équilibre se rétablit en général, mais il arrive qu’on garde des empreintes des événements perturbateurs.

 À lire également : Consommer des nutriments pour renforcer notre immunité

 

Agir sur la flore intestinale au cas par cas

Pour corriger les dérèglements de la flore, on dispose des probiotiques, des prébiotiques, des cicatrisants de la muqueuse intestinale et d’une alimentation adaptée. En cas de déséquilibre léger, les probiotiques peuvent être utiles. Lorsqu’on suspecte un déséquilibre complet du microbiote, on recourt plutôt aux prébiotiques, qui permettent aux bonnes bactéries de se réimplanter dans les justes proportions.

Aucun de nous n’ayant la capacité d’évaluer l’état de son écosystème, il n’est pas utile de faire des cures de prébiotiques de notre propre initiative. Pour savoir si on a intérêt à en prendre, associés ou non avec des probiotiques, mieux vaut demander conseil à un pharmacien formé en micronutrition.

 

Des prébiotiques en poudre

Des prébiotiques en poudre

Spécialisé en micronutrition, le laboratoire Pileje propose Biofilm, un complément alimentaire à base d’inuline de chicorée et de fructo-oligosaccharides. Chez Johnson & Johnson, on trouve Microfibre+, un complément alimentaire qui associe des fructo-oligosaccharides et des bifidobactéries.

 

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus

Pour plus d’informations sur la micronutrition ou pour obtenir les coordonnées de professionnels de santé formés à cette discipline, contactez l’Institut européen de diététique et micronutrition : www.iedm.asso.fr ou, par téléphone, de 9 h à 12 h 30 : 0810 004 336 (prix d’un appel local).

.

 

À savoir

À savoir

Cet article est notamment rédigé grâce aux enseignements du 8e International Yakult Symposium (2015) et des 17es Entretiens de Nutrition de l’Institut Pasteur de Lille (2015).

 

Audrey Aveux, diététicienne-nutritionniste

Le choix de la rédac

La gourmandise pour tous !

Desserts

La gourmandise pour tous !

Sans sucre raffiné

Opération protection

Corps

Opération protection

La solution vient du Nord !

Fitevan, une nouvelle appli fitness

Gym / fitness / danse / pilates

Fitevan, une nouvelle appli fitness

Dans le métro, au bureau ou dans votre salon !

Respirez, tout ira bien !

Huiles essentielles

Respirez, tout ira bien !

Six nouvelles expériences olfactives