MA PEAU EST UNE PRISON
Plaies et cicatrisation

Plaies et cicatrisation

14 mars 2016
Au moins 4 kg et 2 m2 ! La peau est le plus lourd et le plus étendu des organes. Barrière contre les agressions extérieures, régulatrice de température interne, outil de communication, elle doit être fermée pour être fonctionnelle et sans cicatrice infectée.

 

Lorsque la peau a subi une agression, écharde, morsure, piercing ou autre, la cicatrisation se déroule en plusieurs phases. La première vise à contrôler l’hémorragie locale : les vaisseaux se contractent, les plaquettes s’agrègent sécrétant des facteurs de croissance, et une matrice de fibrine s’organise sur laquelle s’attachent les cellules de l’inflammation. Puis, très rapidement, les vaisseaux deviennent perméables, produisant une cascade d’événements inflammatoires, sur 24 heures environ, associant chaleur, gonflement, douleur et augmentation de la température locale, le fond de la plaie étant recouvert par les caillots, puis par des cellules remparts vis-à-vis d’une infection et d’autres, éboueuses, qui phagocytent les bactéries parasites et les tissus dévitalisés. Se multiplient alors in situ les petits vaisseaux qui apportent l’oxygène et les nutriments indispensables à la phase suivante.
La phase de bourgeonnement s’étend sur 3 semaines environ, elle est caractérisée par une intense activité des cellules de l’épiderme, fibroblastes en tête, qui fabriquent notamment le collagène, constituant fondamental du derme, mais encore l’acide hyaluronique. L’épithélialisation de la plaie se poursuit en parallèle de cette contraction en profondeur de la plaie, prélude à la fermeture.
La cicatrisation est un phénomène subtil et long (de plusieurs mois) alliant des mécanismes en apparence contradictoires, de formation et de dégradation simultanés, ce qui explique les anomalies de remodelage de la plaie… Emblématiques, les cicatrices chéloïdes, quand la cicatrice reste boursouflée, rouge. Lorsque la peau (du dos) est soumise à de fortes contraintes, la cicatrice peut s’élargir.
À toutes ces étapes, le choix du matériel peut influer le résultat, surtout pour les plaies les plus profondes, où les progrès de la technologie des pansements permettent à l’évidence une cicatrisation de meilleure qualité, esthétique aussi.

 

Traiter les plaies et la cicatrisation au cas par cas

1/ Soigner rapidement une brûlure

Le devenir de la cicatrice dépend du degré de la brûlure et de la rapidité des premiers gestes… Retirer les vêtements s’ils sont en fibres naturelles tout en arrosant la zone brûlée d’eau fraîche à 15° pendant 5 minutes environ. Sur une brûlure superficielle et de petite taille, appliquer une couche épaisse d’une crème réparatrice. Un degré au-dessus, un pansement spécifique.

2/ Savoir apprécier l’urgence

Appeler le 15 pour des brûlures du deuxième degré, avec une
ou des cloques, ou la peau abrasée sur une surface supérieure à celle de la moitié d’une paume de la victime, ou a fortiori troisième degré, quand la peau a fondu et que ce qui en reste, cireux ou noirâtre, est insensible. Le risque principal, avant même l’infection, est la déshydratation, surtout chez le jeune enfant, survenant parfois en quelques heures lorsque la surface brûlée dépasse le dixième de la surface corporelle.

3/ Prendre en charge une morsure

La salive, d’un homme ou d’un animal, est truffée de microbes. Une morsure doit donc être soigneusement lavée, puis désinfectée, et la plaie laissée ouverte, les enzymes de la salive provoquant des écoulements abondants. Appliquez un pansement gras. Assurez-vous que la vaccination antitétanique est à jour, comme pour toute plaie survenue dans des conditions à risque infectieux. Si l’animal mordeur est étranger à la famille, recherchez le nom et l’adresse de son propriétaire pour vérifier la validité de la vaccination contre la rage. Enfin, ralliez l’hôpital à la moindre inquiétude (étendue, profondeur, aspect, etc.) sur cette plaie à la fois contuse et souillée.

4/ Savoir nettoyer un ulcère

L’ulcère doit être lavé à l’eau, sous la douche par exemple, et au savon de Marseille, ou à défaut avec du sérum physiologique. Un antiseptique peut être allergisant et inefficace. Les antibiotiques locaux n’ont pas non plus d’intérêt, même si une infection est suspectée, en raison du risque allergique et du manque d’efficacité des produits disponibles. La peau autour de l’ulcère doit être hydratée.

5/ Opérer quand l’état de l’ulcère le demande

S’il est encombré de fibrine, l’ulcère est détergé, gratté de façon répétitive, 5 à 6 fois. Une opération douloureuse à réaliser sous anesthésie locale. La coiffe de fibrine, dure, rend impossible ou affaiblit l’activité des facteurs de croissance, freine la cicatrisation et favorise l’infection. Appliquez un pansement absorbant si l’écoulement est important, plus humide si la plaie est plus sèche. Associez dans tous les cas une compression veineuse.

À éviter

À éviter

– Attendre pour nettoyer la plaie : la détersion doit être immédiate, pour ne pas différer le processus de réparation.

– Tremper la plaie. Lavez rapidement à grandes eaux, idéalement physiologiques, sinon avec de l’eau minérale ou du robinet. Puis désinfectez à la polyvidone iodée ou, mieux, à la chlorhexidine qui ne colore pas la plaie, pour mieux surveiller l’état de la peau.

– Désinfecter avec de l’alcool : il brûle à la fois les cellules saines barrières et les microbes.

– Utiliser de la ouate, qui laisse des fils, préférez les compresses pour
essuyer.

– Prendre un antibiotique à titre préventif, sauf dans certaines situations, diabète, des morsures profondes, de la main en particulier, une lésion de l’articulation ou de l’os.

– Appliquer un pansement sec. Utilisez un pansement hydrocolloïde, légèrement compressif, maintenant la plaie dans un milieu humide favorable à la cicatrisation.

Réponses d'expert : trois grands progrès ont marqué l'histoire récente de la cicatrisation<strong><br></strong>

Réponses d'expert : trois grands progrès ont marqué l'histoire récente de la cicatrisation


Dr Vladimir Mitz
,
Chirurgien esthétique et réparateur

Pour éviter les cicatrices hypertrophiques, on utilise aujourd’hui de la silicone en plaque ou en crème qui exerce une compression et limite ainsi ces phénomènes indésirables de cicatrisation. Autre système innovant, celui des expandeurs, précieux a posteriori quand le manque de tissu a distendu la cicatrice, alors élargie. Le système permet de créer une dilatation de la peau, de fabriquer donc de la peau pour enlever la cicatrice et refermer sans tension. Sur les cicatrices chéloïdes, épaisses et rouges, datant de plus de deux ans, déparant les peaux noires, deux types de traitements, corticoïdes retards, puissants, et le froid, à très basse température, les premiers permettant de les faire fondre, le second de les brûler de l’intérieur.

Brigitte Blond

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