DERMATITE ATOPIQUE TEMOIGNAGES
Les peaux sèches ont besoin d’attention et d’hydratation

Les peaux sèches ont besoin d’attention et d’hydratation

12 novembre 2021
Il existe de multiples raisons de sécheresse cutanée. Mais quelle que soit l’origine de cette xérose, son terme médical, préserver et restaurer cette barrière protectrice est la priorité.

 

Environ 4 kg et 2 m2, la peau est à la fois le plus lourd et le plus étendu des organes. Elle est aussi une cuirasse… et une éponge ! Un zeste d’anatomie pour comprendre. Sa qualité et son aspect dépendent d’une structure déterminante, le stratum corneum ou couche cornée, qui marque la frontière entre les couches les plus profondes de la peau (hypoderme, derme et épiderme) et le milieu extérieur. Elle est constituée de 4 à 8 couches de cornéocytes (nés des kératinocytes épidermiques) : ces cellules, mortes, aplaties, desquament au fil du renouvellement cellulaire. L’hydratation (ou l’absence de déshydratation) de la couche cornée dépend de :

– la structure de ces cornéocytes (et de leur contenu en facteurs « hygroscopiques » naturels, capables de fixer les molécules d’eau) ;
– la membrane des kératinocytes (qui abritent des aquaporines, protéines facilitatrices du passage de l’eau), qui constituent la couche basale de l’épiderme ;
– enfin, du ciment intercornéocytaire. Composé de lipides, ce dernier assure la cohésion de la couche cornée et s’oppose à une perte insensible en eau (l’évaporation naturelle) excessive.

Plus mince au fil des ans, la peau est plus rapidement sèche, les réserves potentielles en eau s’amenuisant.

Sous influences

Par ailleurs, en son sein habitent des cellules de l’immunité, capables de faire le tri – en temps normal – avec ce qui lui est étranger. Elles peuvent toutefois chez une personne prédisposée (génétiquement) répondre de façon inadaptée à ce qu’elles considèrent comme une agression ; à la clé, un eczéma, un psoriasis, etc.

Un nouvel acteur, déterminant, est aujourd’hui identifié : le microbiome cutané – une flore bactérienne qui, à l’image de ce qui se passe dans l’intestin, régule les échanges avec l’environnement… À chaque individu, son microbiome. Et l’on sait maintenant que les personnes souffrant de maladies de peau, telles qu’un eczéma atopique ou un psoriasis, ont une flore notoirement différente, faiblement diversifiée, en particulier lors des poussées.

 À lire aussi : Quels sont les différents types d’eczéma ?

 

Le cerveau dans la peau

Dernier facteur à prendre en compte, qui n’est pas le moindre !, la proximité de la peau avec le cerveau – si, si… Comme l’écrit le Dr Laurent Misery, auteur de Votre peau a des choses à vous dire (Larousse), « les relations qu’entretiennent le cerveau et la peau sont un peu comme un souvenir du moment de notre vie où la peau et le système nerveux ne faisaient qu’un ». L’embryon en effet, dans ses trois premiers mois de vie, est constitué de trois parties dont l’une, l’ectoderme, évolue pour former la peau et le système nerveux. Une parenté lointaine mais certaine, confirmée par la découverte très récente dans la peau d’unités composées de cellules immunitaires et de neurones sensitifs. Celles-ci sont capables de détecter les allergènes et déclencher l’inflammation d’une dermatite atopique.

L’eczéma (d’une dermatite atopique) ou le psoriasis sont les deux maladies les plus fréquentes, évoluant sur un mode chronique, qui provoquent et entretiennent la sécheresse de la peau.

 À lire aussi : Reconnaître une peau sèche d’une dermatite atopique

 

À savoir

À savoir

Crémer chaque jour pendant les six premiers mois de vie le corps entier d’un nourrisson né dans une famille d’atopiques, avant même qu’il ne développe des lésions, permet de réduire de moitié le risque de voir apparaître un eczéma.

 

Emblématique, le psoriasis

Au cours du psoriasis, une maladie auto-immune où la peau se sent en permanence agressée et réagit en conséquence, l’épiderme se renouvelle trop rapidement, en moins d’une semaine (au lieu de 28 jours habituellement), formant des plaques sèches, enflammées, recouvertes de squames blanches, qui démangent, surtout sur les coudes, les genoux, le cuir chevelu, etc.

Hors les médicaments, locaux (plus souvent) ou généraux, les soins d’hygiène sont déterminants pour ne pas se gratter et éviter la fabrication de nouvelles squames : se baigner à l’eau point trop chaude, sécher en tapotant, appliquer aussi souvent que possible des émollients (hydratants) en couche mince, une peau sèche étant plus susceptible de démanger…

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Respect toujours

Quant à la dermatite atopique, souvent la première étape de « la marche de l’allergie » qui débute à la naissance, elle peut s’éterniser (dans 10 % des cas environ) et persister chez le jeune adulte, sous forme d’eczéma donc, plutôt sur le visage, les mains ou les plis de flexion des bras, dont la peau est épaissie. Sur ce « fond » sec, des poussées, inflammatoires et suintantes.

Le stress exalte les lésions, mais aussi et surtout l’exposition à des allergènes (ces substances étrangères déclenchant selon les cas une poussée d’eczéma ou une exacerbation d’asthme). Alimentaires dans la petite enfance, ils sont à l’âge adulte plus volontiers d’environnement : acariens, blattes, moisissures et pollens.

Là aussi, il s’agit de soigner avec beaucoup de douceur cette peau « à vif », en la graissant régulièrement avec des produits ad hoc (elle n’assure pas, sinon, sa fonction « barrière »). On traite les petites plaques dès leur apparition. Plus aléatoire, la chasse aux allergènes : pas de plante verte, de moquette, de chat, d’oreiller en plume, etc., et un apprivoisement des pollens.

Enfin, un certain nombre de facteurs conjoncturels accroissent le risque de sécheresse ; l’âge certes, mais également les effets secondaires des médicaments, nouveaux anticancéreux notamment. Ces traitements en effet altèrent la couche cornée et détruisent le microbiome. À la clé, des sécheresses, des fissures et, parce que la peau est un organe qui se défend, des rougeurs et de l’inflammation.

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

En montagne plus encore, quand souffle la bise, au froid et au soleil, les zones exposées du visage et du corps subissent de plein fouet les différences de température. Au très froid, les petits vaisseaux à la surface de la peau se contractent, le débit sanguin y est alors réduit (jusqu’à plus de 20 fois). Ainsi privée d’eau et des éléments qui la nourrissent, la peau sécrète par ailleurs nettement moins de sébum, ce corps gras qui empêche l’évaporation de l’eau.

La parade ? Pour préserver ce (re)vêtement naturel, des crèmes plus épaisses, qui associent des hydratants et des substances filmogènes, imperméables, à base d’huiles végétales, sur le visage, les lèvres et les mains. Et surtout une protection solaire, à indice très élevé, intensité du rayonnement solaire oblige (en raison de l’altitude et de la réverbération sur la neige).

 

Info

Info

• Association Pour la Lutte Contre le Psoriasis, 01 42 39 02 55, www.francepsoriasis.org; http://www.fondation-dermatite-atopique.org/fr, pour des conseils de toilette…
• Enfin, un site Internet dédié (aux gestes pratiques, etc.), www.laroche-posay.com (onglet oncologie), et un guide beauté ont été conçus pour les patientes traitées pour un cancer du sein

 

Dr Brigitte Blond

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