CYSTALIA
nana mouskouri ©Kate Berry

Nana Mouskouri : « J’ai confiance en la médecine d’aujourd’hui ! »

09 février 2018
Avec plus de 300 millions de disques vendus, Nana Mouskouri occupe encore le devant de la scène avec son nouvel album, Forever Young. Rencontre avec une femme marathon, en forme plus que jamais, qui fête aujourd’hui ses 60 ans de carrière.

 

Comment avez-vous procédé au choix des 15 chansons de ce nouvel album ?

Le choix fut très difficile. La chanson de Charles Aznavour Sa Jeunesse s’est présentée en premier car je suis désormais arrivée à l’âge de chanter cela. Puis est arrivée Forever Young, celle de Bob Dylan qui donne le titre à l’album. Ensuite, j’ai cherché à trouver des chansons que je n’avais jamais enregistrées jusqu’alors et qui évoquent des sentiments d’amour universel. Cet album de 15 titres marque mon grand retour à la scène. Depuis 60 ans que je chante, c’est toute une vie… Tous ces artistes auxquels, humblement, j’emprunte les chansons seront toujours, comme l’a écrit Dylan, Forever Young.

Accordez-vous autant d’importance aux paroles qu’à la musique ?

Les paroles sont pour moi très importantes. C’est le côté humain qui m’intéresse principalement. Bien au-delà des registres ou des générations, et par-delà le temps qui passe, ces chansons m’ont permis de tant apprendre du monde et de la vie. Elles m’ont donné la possibilité de me construire, de devenir chanteuse. La musique est un lien magique et éternel, elle est mon ADN et mon bonheur.

Monter sur scène, c’est vital pour vous ?

L’année 2018 marque mon grand retour sur scène. J’entame actuellement une tournée française et internationale. Je serai à la salle Pleyel à Paris le 8 mars. C’est un grand bonheur pour moi ! La scène, c’est une drogue. On n’est jamais pareil une fois qu’on l’a vécue. On y vit des moments exceptionnels, et chaque soir est différent et unique. J’ai eu la chance de chanter dans les plus célèbres théâtres du monde. J’ai connu chacune des scènes, chaque entrée des artistes, du plus grand au plus petit théâtre. C’est la musique qui m’a offert l’opportunité de donner du plaisir, du bonheur, autant que j’en ai reçu. Quand je ne chante pas, j’ai l’impression d’être inutile.

Vous sentez-vous concernée par l’action humanitaire ?

Il y a vingt-cinq ans aujourd’hui que je me suis officiellement engagée au service de l’humanitaire. Ma première rencontre avec l’Unicef remonte à 1963. Cinquante-cinq ans déjà ! J’avais enregistré une chanson sur un disque avec maintes contributions de chanteurs, nommé All Stars Festival. Puis trente ans plus tard, en 1993, on m’a proposé de devenir ambassadrice itinérante de l’Unicef à la place d’Audrey Hepburn. C’est elle-même qui m’avait choisie pour prendre sa suite. J’ai beaucoup appris lors de mes premières missions. Partout où je me suis rendue, je me suis aperçue que les enfants sont victimes de la société. Il est de notre devoir de nous adresser aux dirigeants politiques et d’influencer les autres pour offrir un avenir meilleur à tous ces enfants qui n’ont pas les mêmes chances que nous.

Êtes-vous prévoyante en matière de santé ?

L’angoisse d’une chanteuse est d’attraper un rhume qui peut évoluer en trachéite. C’est mon cauchemar récurrent en tournée, l’hiver dans les pays froids, et l’été en raison de l’air conditionné dans les hôtels. Je suis diabétique et je dois faire très attention. En 2015, j’ai été très affaiblie. J’ai été opérée de la vésicule et tout est rentré dans l’ordre. Face à la maladie, personne n’est à l’abri, mais j’ai confiance en la médecine d’aujourd’hui. L’alimentation est notre premier médicament – à condition de ne pas en abuser ! On apprend, au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, à connaître ce qui nous fait vraiment du bien. Je mange un peu de viande, un peu de poisson, j’évite les sauces ainsi que le sel et le sucre. J’adore le fromage et je privilégie les fruits et les légumes. Le matin, quand je me lève, je croque une pomme ! Ce sont mes premières vitamines pour bien commencer la journée.

Quelles sont vos astuces pour rester en forme ?

J’ai eu un jour un problème de corde vocale et il a fallu que j’apprenne à respirer d’une certaine manière pour que ma voix reste à sa place. J’ai découvert que la respiration joue un rôle primordial. Je pratique des exercices de yoga pour me tenir debout sans avoir mal au dos. C’est un ostéopathe qui m’a appris les bonnes postures. Je ne fume pas et je ne manque pas de m’hydrater tout au long de la journée car c’est essentiel.

Vos souvenirs sont-ils une richesse ?

Dans ma vie, j’ai rencontré des gens extraordinaires qui m’ont inspirée et qui m’ont enrichie. J’ai été chanceuse de me trouver à chaque fois du bon côté et je suis portée par ces souvenirs. À chaque instant, à chaque étape de ma vie, il m’arrive d’oublier des détails mais jamais les sentiments que je ressens. Oublier ses souvenirs, c’est se laisser mourir. On ne peut continuer à vivre que grâce à nos souvenirs. Ce sont eux qui me portent jusqu’à aujourd’hui : tout ce que j’ai vécu, appris, mes joies, mes tristesses, mes chagrins, mes bonheurs.

Avez-vous réalisé vos rêves ?

Mon père travaillait comme projectionniste. Toute petite, je montais sur la scène du cinéma, face à la salle vide, et je rêvais de me produire, mais je n’imaginais pas faire une carrière et encore moins une carrière internationale. Il n’appartient qu’à nous de réaliser nos rêves. Les rêves sont les révélateurs de nos désirs, de nos espoirs, mais aussi de nos peurs. Souvent, ils expriment nos doutes, nos angoisses mais aussi nos questions sur l’avenir. J’aime les rêves quand ils sont doux. Mais je n’essaie pas d’échapper aux réalités de la vie. Je crois que le monde d’aujourd’hui ne peut plus rêver, on ne lui en laisse plus le temps. Le consumérisme et l’immédiateté ont envahi nos vies et notre quotidien. Je trouve ça triste. Savoir attendre fait partie du rêve.

D’où vient cet optimisme qui ne semble plus vous quitter ?

L’optimisme vient de ma culture grecque. De ma génération, qui a connu en dix ans deux guerres dont une civile, sans compter le référendum pour la royauté et surtout le désastre de la dictature. Mais je reste une optimiste incurable. Je crois aux valeurs du travail et à la chance, en l’Homme et aux enfants, aux rêves, en l’espoir et en l’avenir, parce que tout simplement j’ai confiance en l’humanité.

Comment appréhendez-vous l’avenir ?

J’arrive à un âge où s’annonce la fin du voyage mais j’ai la chance d’avoir des projets devant moi. Et pour respecter mon public, je me dois d’être en forme. Aujourd’hui, je suis fière d’avoir toujours la même voix que lors de mes débuts. C’est le plus beau cadeau que je puisse offrir à celles et ceux qui viennent à mes concerts.

 

À écouter

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forever young

FOREVER YOUNG
Le nouvel album studio de Nana Mouskouri comprenant 15 titres de Sa Jeunesse à Hey Jude en passant par Lili Marlène et Dis, quand reviendras-tu ? chez Mercury-Universal. Également disponible en double vinyle.

 

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  • En tournée

Nana Mouskouri entame actuellement une tournée française et internationale de Toulouse à Toronto en passant par Paris. Pour connaître les lieux et dates de ses concerts, cliquez sur www.concert.info/nanamouskouri

  • À consulter

Le site du fan-club de Nana Mouskouri sur lequel vous pouvez suivre toute son actualité artistique : www.nana-mouskouri.net

 

Propos recueillis par Didier Galibert

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