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Mycoses cutanees : des orteils aux ongles en passant par le dos et le décolleté

05 mai 2015
On peut abriter des champignons un peu partout sur et dans le corps qui deviennent parfois trop envahissants… Contre-feux

 

Mycoses de la peau ou des ongles, elles ne disparaissent jamais spontanément. Les champignons à l’origine de ces infections produisent selon qu’ils sont sur l’un ou l’autre de ces sites des signes différents et doivent être traités différemment. Pour éviter qu’elles ne s’étendent et ne deviennent de plus en plus inconfortables, pour soi et les autres, possiblement contaminés, il convient de les repérer. Au médecin ensuite de les identifier avant de proposer un traitement.

 

Les mycoses de la peau ou dermatophytes

À l’origine des mycoses de la peau, ou dermatophytes, des champignons de différentes familles qui s’installent plus volontiers dans les plis, petits ou grands. 

  • Entre les orteils

Entre les orteils, plus volontiers entre les 3 et 4e et 4 et 5e, là où l’espace est le plus confiné, Trichophyton rubrum peut ainsi proliférer et coloniser les autres espaces interorteils, puis si l’on ne fait rien la plante du pied, l’enrobant comme un mocassin. Sont présentes des squames, des rougeurs, des fissures qui démangent (à la différence d’une infection bactérienne par une corynébactérie, responsable elle de mauvaises odeurs). Trichophyton, qui vit (très bien) dans les squames déposées sur un sol chaud et humide, tapis de judo ou salles de gym, est parfaitement contagieux. Il se multiplie d’autant mieux que l’hôte est plus fragile, fatigué et l’anatomie du pied favorable. Pour soigner ce pied d’athlète, plusieurs options, une crème active sur plusieurs jours ou une molécule plus ancienne chaque jour, sur trois semaines.

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  • Dans les grands plis

Plus rares, les mycoses des grands plis, inguinaux notamment ou aisselles, surtout chez les hommes, dues davantage à des Candidas, autre famille de champignons, à traiter ici aussi avec des lotions antifongiques.

  • Sur le décolleté et le haut du dos

Autre mycose cutanée, à Pityriasis versicolor cette fois (une levure), caractérisée par des petites taches brunes ou à l’inverse des taches dépigmentées qui ornent le décolleté et le haut du dos, à la belle saison. Pour la prévenir, on sèche après le bain bien soigneusement, avec sa serviette à soi, les zones à risque. Une application d’un antimycosique (gel moussant de kétoconazole), à renouveler à une à deux semaines d’intervalle, suffit pour s’en débarrasser.

 

La mycose de l’ongle : la repérer pour mieux la soigner

L’ongle est un bastion, qu’il faut assiéger à bon escient, tant le traitement est long comme le temps de la repousse de l’ongle, soit 12, voire 18 mois pour un ongle de gros orteil.

Une fois sur deux, si cet ongle est en partie jauni, épaissi et/ou fendillé, c’est qu’il abrite un champignon, le Trichophyton rubrum presque toujours (90 % des cas), le même qui fait muer entre les orteils. L’onychomycose, la mycose de l’ongle, est en quelque sorte une complication d’un pied d’athlète négligé. Une nouvelle contamination ou la transmission aux proches doit être prévenue en prenant les mêmes précautions que pour le pied d’athlète.

  • Identifier d’abord

Soigner l’ongle le plus rapidement possible, chaque millimètre d’ongle perdu se comptant en semaines de traitement supplémentaires… Une recommandation formelle : pas de traitement sans prélèvement. Même si les symptômes sont évocateurs d’une onychomycose (début par un bord latéral ou l’extrémité, extension progressive vers la matrice, plutôt sur les gros orteils, etc.). Certes, sur les orteils, il s’agit de dermatophytes dans 90 % des cas, sur les mains (des femmes surtout, qui ont souvent les mains mouillées), de Candida deux fois sur trois, mais les antidermatophytes sont peu ou pas efficaces sur les Candidas et inversement.

  • Traiter ensuite

C’est le médecin qui décide du traitement. Il s’agit d’un vernis filmogène à poser sur l’ongle coupé ras, une fois par jour ou deux fois par semaine selon le produit pendant un certain temps : il stérilise la tablette unguéale de la surface vers la profondeur. Quand le problème est éclaté en plusieurs sites ou l’ongle très abîmé, il opte pour un traitement général, par la bouche, sur plusieurs mois.

 À lire aussi : Mycose ou psoriasis de l’ongle ?

 

Hygiène et traitement pour les mycoses

Hygiène et traitement pour les mycoses

Pour empêcher toute tentative d’invasion, on sèche soigneusement ses pieds, particulièrement là où ça coince, autour des ongles et entre les orteils. On change de serviette chaque jour.

Pour interrompre la chaîne de transmission : pas de serviette ou de tapis de bain communs (et lavés à 60° au moins), des chaussons sur une moquette étrangère pour ne pas en attraper ou une moquette maison pour ne pas essaimer, etc. Des chaussettes en coton, lavées à haute température et repassées.

On coupe ses ongles sans les blesser pour que la peau et l’ongle puissent jouer leur rôle barrière aux microbes indésirables. Et l’on désinfecte à l’alcool ses outils de manucure/pédicure.

Avant de plonger en piscine, on isole ses pieds avec des méduses ou des tongs. On change de chaussures régulièrement (celles de sport également), perméables idéalement, et l’on asperge généreusement l’intérieur d’une poudre antiTrichophyton.

Enfin, on traque les squames à l’aspirateur

Réponses d'expert : Avec quoi peut-on confondre les mycoses de la peau ?

Réponses d'expert : Avec quoi peut-on confondre les mycoses de la peau ?

Dr richard encaouaDr RICHARD ENCAOUA,
dermatologue à Paris

Une mycose des plis, aux grands placards rouges bien délimités, peut être confondue avec un psoriasis ou un eczéma ; une mycose sur une aisselle soumise à déodorant, avec un eczéma. En ce qui concerne les ongles, les formes d’atteinte sont si différentes, les ongles étant soit un peu soufflés, soit un peu blancs, en totalité ou en partie, colonisés par différentes espèces de champignons, simulant parfois un psoriasis, un lichen ou un eczéma, qu’un prélèvement dans un laboratoire spécialisé est indispensable. Le traitement local, et parfois même général si la mycose est étendue, doit être proposé à bon escient. Ainsi qu’un décapage de la partie lésée pour que le produit pénètre mieux. Un prélèvement est aussi indiqué si l’on doute de la réalité d’un Pityriasis versicolor sur des taches dyschromiantes (couleur de peau qui n’est plus homogène) ou achromiantes (claires) : ce pourrait être une dartre ou un vitiligo. Autant de contraintes et de pièges diagnostiques liés aux médicaments qui justifient le recours au médecin avant toute tentative de traitement !

 

Dr Brigitte Blond

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