CYSTALIA
Musicothérapie : des bonnes notes pour la santé

Musicothérapie : des bonnes notes pour la santé

28 juin 2018
La musicothérapie, thérapie basée sur la musique comme son nom l’indique, est en plein développement. La musique a-t-elle réellement des effets positifs sur notre santé ? La réponse est oui, la musique possède des propriétés thérapeutiques, de plus en plus exploitées dans le domaine de la santé. On vous explique tout sur cette thérapie mélodieuse.

 

En musicothérapie, la musique et le son, sous toutes leurs formes, sont utilisés comme moyen d’expression, de communication et d’analyse de la relation. Cette expérience musicale, encadrée par un thérapeute, permet d’améliorer ses rapports à soi et aux autres. Elle favorise aussi le développement psychologique et la détente mentale. Classique, jazz, rock… tous les types de musique peuvent être utilisés, selon les besoins du patient et l’analyse du thérapeute. Des connaissances en musique ou solfège ne sont pas requises chez le patient pour être un sujet réceptif.

 

À qui s’adresse la musicothérapie ?

La musicothérapie est recommandée à des patients présentant des troubles psychiques, sensoriels, physiques ou neurologiques, des troubles du comportement ou du développement. Elle s’appuie sur trois piliers : les caractéristiques de la musique sélectionnée, l’historique du patient et sa relation avec le musicothérapeute. La musique peut interférer dans le rapport à soi-même, à son corps, à ses émotions, au langage, aux autres, au monde qui nous entoure. Elle provoque des émotions et peut déclencher un échange verbal pour les formuler, dans une démarche de psychanalyse. La musicothérapie est utile pour apaiser les souffrances psychiques, renforcer l’estime de soi mais aussi stimuler les fonctions intellectuelles ou cognitives.

 

La musique en prise directe avec le cerveau

Comment cela fonctionne-t-il d’un point de vue scientifique ? La musique touche au système nerveux. Le cerveau développe des sentiments et des émotions en traduisant les sons, mélodies et vibrations. Ces sons stimulent la production d’endorphines et de dopamine, des neurotransmetteurs responsables de nos sensations de bien­-être et de notre perception de la douleur. Des chercheurs canadiens de l’université Mac Gill (Montréal) ont démontré en 2011 qu’écouter une musique qu’on aime, notamment des morceaux qui nous donnent la chair de poule, relance la production de dopamine, justement. Elle provoque aussi des changements du flux sanguin cérébral, active certaines zones du cerveau, et ainsi régule les émotions. Cela est concret scientifiquement et visible grâce à l’imagerie cérébrale.

 À lire aussi : Hormones : on a trouvé la recette du bonheur

 

La musicothérapie, arme secrète contre le stress, la morosité et la douleur

La musicothérapie est de plus en plus pratiquée dans les institutions de santé. Grâce à la musique, le cortisol, hormone liée au stress, voit son taux baisser, tandis que l’écoute de la musique libère des endorphines aux vertus apaisantes, analgésiques et euphorisantes. La perception et la tolérance à la douleur sont ainsi modifiées, ce qui se révèle bien utile en soins palliatifs, en obstétrique ou encore avant une chirurgie.

La musicothérapie est aussi pratiquée pour atténuer les douleurs chroniques, chasser la morosité et améliorer l’humeur, notamment en maisons de retraite ou dans les cas d’hospitalisation de longue durée. Elle intervient également dans les troubles du sommeil comme alternative aux somnifères, et aide à lutter contre les insomnies et les réveils nocturnes, pour se détendre et retrouver un sommeil de qualité, plus réparateur.

 

Face à Alzheimer et Parkinson, une thérapie complémentaire intéressante

La musicothérapie est aussi utilisée auprès de patients souffrant de la maladie d’Alzheimer, chez qui elle peut réveiller des souvenirs en atteignant des parties intactes du cerveau. En effet, des réseaux cérébraux sont impliqués dans la perception et la mémorisation de la musique. Des personnes atteintes d’Alzheimer peuvent se remémorer les paroles de chansons apprises enfant, ou encore apprendre de nouvelles mélodies ou paroles de chanson alors même qu’ils perdent la mémoire.

Grâce à la musicothérapie, les patients atteints de la maladie de Parkinson constatent une amélioration de la coordination motrice, de la précision des mouvements, la cadence et le rythme de leurs gestes.

 

La musicothérapie utilisée pour soulager les troubles mentaux et les grands prémas

Le traitement de la schizophrénie utilise aussi la musicothérapie afin d’équilibrer la santé mentale et les relations sociales. Sur des patients autistes, la thérapie par la musique améliore la verbalisation, développe le vocabulaire et l’attention, la concentration, ou encore l’habileté. Les musicothérapeutes peuvent également intervenir dans les services de néonatalogie auprès des grands prématurés : la musique apaise les nouveau-nés en manque de contact charnel, et stimulent leur développement.

 À lire aussi :Thérapies brèves, mode d’emploi

 

Deux approches : la musicothérapie active ou réceptive

Une séance de musicothérapie peut être individuelle ou collective. Deux types d’approches existant.

La musicothérapie active

Si son âge et son état de santé le permet, le patient est acteur. Il est invité à choisir et manipuler un instrument, à pratiquer des exercices rythmiques, à improviser une composition musicale, à chanter… Ainsi, il va exprimer ce qu’il ressent, à travers le rythme, la fréquence, l’intensité, le timbre, la mélodie. Cette production sonore laisse place à la créativité et favorise l’expression de soi, facilite la communication et l’échange. Elle favorise la socialisation et la création de liens avec autrui, libère les tensions et aide à prendre conscience de son corps. Le chant stimule aussi la mémoire et le langage, tandis que les exercices rythmiques et instrumentaux améliorent la coordination motrice, autant d’éléments qui influent directement sur l’estime de soi.

La musicothérapie réceptive

Cette approche est basée sur la relaxation par la musique : tout est dans l’écoute, et le musicothérapeute sert de médiateur entre le patient et la musique. L’objectif de la séance est plutôt de relaxer et détendre le patient, détourner son attention, raviver des souvenirs enfouis, ou susciter des émotions endormies. La musicothérapie réceptive s’appuie sur les effets de la musique sur le système nerveux évoqués plus haut. Cette approche est principalement utilisée dans le traitement de la douleur, de l’anxiété et de la dépression, ou auprès des patients dont l’état ne permet pas d’interagir ave un instrument.

 

Qui est le musicothérapeute ?

Un musicothérapeute est un musicien formé aux sciences humaines et à la thérapie… ou encore un thérapeute dont l’outil (et la passion) est la musique. Il détient des connaissances approfondies en musique et la pratique régulièrement, et a aussi suivi une formation en musicothérapie. Il n’existe pas aujourd’hui de diplôme d’état délivré par des universités dans cette spécialité.

Toutefois, cinq organismes de formation en France délivrent un certificat de musicothérapeute, avec des cursus allant jusqu’à trois ans. Au programme, théorie et pratique, en psychologie, neuropsychologie, psychiatrie, psychopathologie, neurophysiologie de la musique, ou en encore développement personnel. Le musicothérapeute est donc (archi) calé en sciences humaines, et possède des compétences relationnelles parfaites. Ses maîtres mots sont : écoute, compréhension et adaptation.

Le musicothérapeute exerce dans divers milieux : établissements de santé, écoles, maisons de retraite, mais aussi auprès de populations carcérales, dans des centres de rééducation et de réadaptation, ou encore en cabinet privé.

 À lire aussi : Les bienfaits du silence sur la santé

 

Sylviane Gougeon

Le choix de la rédac

L’année des méduses ?

Autres

L’année des méduses ?

Anti-piqûres et protection solaire

Ostéo-gym, un guide visuel qui nous apprend à adopter les bonnes postures

Maux de dos

Des jambes légères 24 h / 24

Circulation sanguine

Des jambes légères 24 h / 24

Du frais et encore du frais

L’huile de coco : l’huile végétale multi usage de l’été

Corps