MICI : quand ça chauffe dans les intestins !

MICI : quand ça chauffe dans les intestins !

11 juin 2021
Ces pathologies inflammatoires sont de plus en plus fréquentes. Sources de complications, elles doivent être traitées. Sans oublier de revoir son hygiène de vie.

 

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Il semblerait que les populations d’origine méditerranéenne soient plus concernées que les autres par ces pathologies. Celles-ci évoluent par poussées survenant de façon imprévisible – et nécessitent un suivi médical très régulier. Toutes les deux sont des maladies auto-immunes, c’est-à-dire liées à la fabrication d’anticorps dirigés contre nos propres cellules, ici celles de la muqueuse intestinale. Ces anticorps agressent l’intestin et provoquent des inflammations, raison pour laquelle, pendant les crises, il y a très souvent des douleurs abdominales et des diarrhées avec perte de sang.

La maladie de Crohn

Elle apparaît souvent à l’adolescence, surtout lors de l’introduction du tabac qui aggrave la maladie quand il y a une prédisposition génétique. Les lésions (des fissures) touchent surtout la fin de l’intestin grêle et l’anus. Les diarrhées sont parfois glairo-sanglantes. Certains minéraux et vitamines sont mal absorbés et nécessitent des supplémentations (fer, calcium, vitamine D…). Il faut traiter cette maladie car au-delà des douleurs, de l’amaigrissement et des risques de carences, il peut y avoir des complications digestives. Il faut mettre l’intestin au repos pendant les crises avec une alimentation très pauvre en fibres. En revanche, entre les crises, l’alimentation devra être équilibrée.

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La rectocolite hémorragique

Cette maladie touche exclusivement le côlon, en remontant progressivement du rectum jusqu’au début du côlon. L’intestin grêle n’est pas touché et donc il n’y a pas de carences par malabsorptions. En revanche, la muqueuse est vraiment abîmée et part en lambeaux. Les selles sont glairo-sanglantes, sur fond de douleurs abdominales. Attention, cette maladie est à surveiller de très près car elle comporte un risque de cancérisation. Il faudra mettre l’intestin au repos pendant les crises (régime sans fibres) et prévoir de manger équilibré par ailleurs.

Une histoire souvent familiale

Une histoire souvent familiale

Il peut en effet y avoir une prédisposition génétique familiale. Ce sont des familles dans lesquelles il y a souvent des problèmes digestifs. A minima, de la colopathie fonctionnelle ou des diverticules ; a maxima, une MICI pour certains membres de la famille. Les MICI sont donc potentiellement héréditaires.

 

Adapter son mode de vie

Les maladies inflammatoires de l’intestin sont définitives mais leurs crises imprévisibles : elles peuvent survenir chaque semaine comme une fois tous les six mois. En mangeant de façon adaptée, en gérant le stress, en ne buvant pas d’alcool et en ne fumant pas, en ayant une activité physique régulière et en évitant le surpoids, on se donne toutes les chances d’aller mieux. De plus, la surveillance médicale annuelle permet d’anticiper les complications et ainsi d’y échapper.

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Pendant les crises

Il faut mettre l’intestin au repos en évitant les fibres. C’est ce qu’on appelle le régime sans résidu (celui que l’on suit en préparation d’une coloscopie). On mangera des pâtes ou, mieux, du riz car sans gluten (celui-ci est encore plus difficile à digérer quand l’intestin est agressé), du pain grillé ou des biscottes, de la viande, du poisson ou des œufs, des carottes cuites, des yaourts ou du fromage, de la banane, de la gelée (entre autres de coing). Boire au moins 1,5 litre d’eau voire davantage si la diarrhée est importante. Sous l’effet du traitement, la crise disparaîtra peu à peu. Dans ce cas, les légumes tendres, cuits, et les fruits bien mûrs et sans leur peau seront réintroduits, jusqu’à obtention progressive d’une alimentation sans restriction.

Indispensables supplémentations

Indispensables supplémentations

Le manque de fer est courant. Penser aux viandes rouges, foies, moules et huîtres. Les comprimés de sels ferreux seront souvent nécessaires, tout comme les ampoules de vitamine D et parfois les comprimés de calcium (si pas assez de produits laitiers).

 

En dehors des crises

Tout va bien : le transit est normal, pas de sang dans les selles et pas de douleurs abdominales. L’alimentation sera alors équilibrée et variée. Pas de restrictions particulières. Au petit-déjeuner : pain ou céréales (même complètes), laitage, fruit, thé ou café. Au déjeuner : viande, poisson ou œufs avec un mélange de féculents et de légumes, fromage ou laitage et fruit. L’après-midi, en cas de petite faim : un fruit. Le soir, au dîner : un peu de viande, poisson ou œufs avec légumes (surtout) et féculents (un peu) ou de pain, laitage et fruit. Les épices douces sont recommandées et particulièrement le curcuma, aux vertus anti-inflammatoires locales (en manger au moins une cuillère à café par jour)

 

 

On tord le cou aux idées reçues

Dans le domaine de l’alimentation et sur les MICI en particulier, les idées reçues abondent… Faisons le point !

Il faut bannir le gluten pour éviter les crises

Faux. Le gluten n’est pas responsable de l’apparition des crises. La MICI est une maladie inflammatoire due à la présence d’auto-anticorps qui agressent la muqueuse intestinale. En revanche, au moment des crises, la digestion du gluten qui n’est déjà pas facile peut s’en trouver encore plus gênée et provoquer une sensation de ballonnements et de fermentations supplémentaire. À chacun d’être à l’écoute de son corps. Si l’on a l’impression que l’on digère mal le pain ou les pâtes, ne pas hésiter à les remplacer par du riz et du pain sans gluten pendant les crises douloureuses. En revanche, en dehors de ces crises, en reprendre la consommation car manger sans gluten est contraignant et augmenterait le risque de carences.

 À lire aussi : DOSSIER L’intestin, un organe intelligent

 

Il faut renoncer aux produits laitiers

Faux. Durant les crises douloureuses, il faut même augmenter sa consommation de yaourts car, riches en probiotiques, ils aideront à la reprise d’un transit normal. Le fromage est autorisé. En dehors des crises, il faut essayer de consommer au moins 3 produits laitiers par jour car le calcium est souvent mal absorbé et les os peuvent en souffrir.

Il faut réduire les fibres car cela irrite l’intestin

Vrai et faux. Tout dépend du contexte. En cas de crise douloureuse, c’est vrai. Pendant quelques jours, il faudra éviter fruits, légumes et céréales complètes. En revanche, en dehors des crises, l’alimentation doit être tout à fait équilibrée. Prévoir au moins 2 à 3 fruits et des légumes à volonté chaque jour. Donc, les crudités restent autorisées. Les légumes secs sont très bons pour la santé – à chacun de voir s’il les supporte bien car ils ne sont pas toujours faciles à digérer (les faire tremper dans l’eau la veille au soir, sauf pour les lentilles).

Il faut se détourner des boissons gazeuses

Vrai et faux. Éviter les sodas, c’est sûr. Concernant les eaux minérales gazeuses, cela dépend des capacités de chacun à les supporter. Elles peuvent ballonner ou au contraire ne rien faire.

Il faut abandonner l’alcool (et le tabac)

Vrai. L’alcool réactive l’inflammation d’un intestin fragilisé. Donc, il est vraiment à éviter, tout comme le tabac. La fumée de cigarette est toxique pour l’intestin (aussi) et aggrave la maladie de Crohn.

 

 

Laurence Plumey, Médecin nutritionniste, fondatrice d'EPM Nutrition

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