Abordez la menopause en toute sérénité

Abordez la menopause en toute sérénité

14 mars 2016
Si elle n’est plus synonyme de vieillissement, la ménopause reste une étape difficile pour la plupart des femmes. Des médicaments, avec ou sans ordonnance, permettent de mieux la supporter.

 

Ménopause veut dire arrêt des règles, mais cet arrêt, loin d’être brutal, est précédé de signes annonciateurs qui peuvent durer de quelques mois à… 7 ans, avec une moyenne de 3 ans entre le premier dérèglement des cycles et la fin des règles. Les saignements deviennent irréguliers à tous points de vue, en fréquence, en durée et en importance, et les cycles de plus en plus perturbés. Cette période de transition biologique appelée préménopause, qui débute le plus souvent aux alentours de 45-48 ans, plus rarement avant 40 ans, se déroule en fait en deux temps. Pour commencer, la sécrétion d’estrogènes est excessive par rapport à celle de la progestérone et ce déséquilibre hormonal se traduit par des troubles plus ou moins pénibles selon les femmes : seins gonflés et douloureux, rétention d’eau, irritabilité, manque de tonus… Dans un deuxième temps, la sécrétion d’estrogènes diminue peu à peu (la périménopause), d’où des règles de plus en plus espacées, les premières bouffées de chaleur, de la nervosité, de la fatigue et des modifications du comportement alimentaire (grignotage, sucreries). Quelques mois sans règles ne signifient pas que l’on est ménopausée. De petits saignements noirâtres ou bien, au contraire, très abondants peuvent se produire à nouveau puis disparaître et recommencer.
Avant de parler de ménopause, il faut compter une année sans aucun saignement. L’âge moyen se situe entre 50 et 52 ans, mais tout dépend des femmes. Certaines sont ménopausées avant 45 ans, d’autres après 55 ans, 10 % environ dans les deux cas. L’hérédité joue un rôle, mais le tabagisme aussi : il avance l’âge de la ménopause d’un ou deux ans.

 

Des symptômes de la ménopause gênants mais variables

Toutes les femmes ne vivent pas la ménopause de la même façon. Certaines la considèrent comme une période normale, naturelle de la vie, n’en font pas une maladie et en parlent à peine. D’autres, au contraire, la supportent difficilement et d’autant plus mal, physiquement et psychologiquement, qu’elle coïncide avec le début du vieillissement, des problèmes professionnels ou de couple et le départ des enfants du nid familial. Toutes cependant éprouvent peu ou prou des symptômes.

Montée de la témpérature

Les bouffées de chaleur sont les symptômes de la ménopause les plus fréquents et les désagréments les plus caractéristiques (3 femmes sur 4). Elles persistent en général plus d’un an et, chez près de la moitié des femmes, pendant plus de 5 ans après l’arrêt des règles. Certaines femmes s’en plaignent encore à 70 ans ! En cause : la baisse, puis l’arrêt de la sécrétion qui retentit sur le mécanisme de régulation de la température corporelle, provoquant ainsi une vasodilatation importante des vaisseaux sanguins de la peau. Une sensation de chaleur envahit le visage, le cou, le cuir chevelu, puis se propage dans tout l’organisme. Ces bouffées durent le plus souvent 1 ou 2 minutes, mais elles se produisent n’importe quand et sont particulièrement gênantes en société.

 À lire aussi : 5 remèdes naturels contre les bouffées de chaleur

 

Les sueurs nocturnes, plus ou moins fortes, peuvent durer 2 à 5 minutes et se terminent par des tremblements et des frissons. Quand elles trempent la chemise de nuit et même les draps, elles sont vraiment désagréables et responsables d’insomnies épuisantes, mais toutes les femmes n’en souffrent pas.

Lassitude et insomnies

À savoir

À savoir

À NE PAS CONFONDRE
Les phytoestrogènes ont une certaine action estrogénique, mais on ne peut les comparer avec les estrogènes du THS (traitement hormonal substitutif). Ils n’ont pas leurs inconvénients et leurs contre-indications, mais ils ne préviennent pas l’ostéoporose.
La fatigue peut être causée par les bouffées de chaleur et les troubles du sommeil, mais peut aussi se manifester sans raison apparente. C’est plutôt un manque de dynamisme et de la lassitude avec parfois des maux de tête.
Les troubles du sommeil, provoqués par les fluctuations des hormones, sont également fréquents mais encore aggravés par les bouffées de chaleur et/ou les sueurs nocturnes.
Des troubles de l’humeur et psychologiques peuvent s’ajouter  aux symptômes de la ménopause : nervosité, irritabilité, voire agressivité, anxiété et même réactions dépressives chez les femmes au terrain psychique déjà fragile. Pourtant, les hommes ont encore tendance à trouver exagérées ces sautes d’humeur et voient dans la ménopause une excuse bien pratique des femmes !

Sécheresse vaginale

Contrairement aux bouffées de chaleur et aux autres signes de la préménopause (ou périménopause) et de la ménopause, l’atrophie vulvovaginale, causée par la diminution de production de mucus dans le vagin et de la teneur en collagène, ne se corrige pas avec le temps. Conséquences : démangeaisons, sensations de brûlures et même douleurs au cours des rapports sexuels.

Réponses d'expert

Réponses d'expert

Dr-TamboriniDr Alain Tamborini,
gynécologue à Paris, et auteur de 800 questions au gyné­co­­­logue, éd. Marabout, 6,90 €.

Pourquoi une sécheresse vaginale s’installe-t-elle à la ménopause ?
Il existe dans le vagin des récepteurs aux hormones ovariennes. Les estrogènes permettent le maintien d’une certaine humidité, de la souplesse et de la trophicité du vagin. Après la ménopause, les sécrétions estrogéniques se tarissent, le vagin perd sa souplesse et devient sec. Au début, la sécheresse prédomine à l’entrée du vagin et gêne ainsi les relations sexuelles.

Que se passe-t-il si celle-ci n’est pas traitée ?
Si on la laisse persister, la sécheresse vaginale gagnera l’ensemble du vagin, lequel aura tendance par la suite à devenir plus étroit, à s’atrophier. Le délai avec lequel elle s’installe varie beaucoup d’une femme à l’autre. Parfois, il suffit de quelques mois pour que les rapports deviennent pénibles. À l’inverse, la trophicité vaginale peut rester satisfaisante plusieurs années après la ménopause.

La sécheresse vaginale peut-elle toujours être traitée ? Quel que soit le stade d’évolution de la sécheresse vaginale, on peut toujours revenir en arrière et retrouver la possibilité de rapports sexuels non douloureux et agréables. Tout dépend de la motivation et de la persévérance.

 

Traitement de la ménopause : des aides pour franchir le cap !

Le traitement hormonal substitutif (estradiol + progestérone) ou THS permet à la fois de lutter contre les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et l’ostéoporose. Mais ses prescriptions sont aujourd’hui limitées surtout aux cas de bouffées de chaleur insupportables, et encadrées : à petite dose et pour une durée la plus courte possible.

1/ Le traitement hormonal

Il faut donc très souvent se tourner vers d’autres solutions, adaptées à chaque cas.
Pour réduire la rétention hydrique et dégonfler, des produits à base de plantes constituent un autre traitement de la ménopause.

Pour diminuer les bouffées de chaleur, des compléments alimentaires à base de phyto-estrogènes. Le dernier en date, en gélules, a une formule jour/nuit. Le matin : extraits de houblon et de lin + inuline de chicorée, un prébiotique qui améliore leur absorption intestinale ; la nuit : extrait de racine de kudzu + inuline de chicorée.

Contre la sécheresse vaginale, compléments alimentaires, crèmes aux estrogènes à l’entrée du vagin ou ovules aux estrogènes au fond de la cavité vaginale plusieurs soirs par semaine ou, également en médication de fond, gel mucoadhésif sans hormones à base de polycarbophile pour rétablir la fonction physiologique de la muqueuse vaginale. Les lubrifiants ou hydratants vaginaux sans hormones, à base d’extraits de grenade et de guimauve par exemple, s’utilisent juste avant les rapports.

Pour améliorer le sommeil, des produits naturels, à base de plantes relaxantes et de phospholipides.

 À lire aussi : Retrouver le sommeil grâce aux huiles essentielles

 

2/ Les solutions douces comme alternatives thérapeutiques de la ménopause

Après la ménopause, la peau devient progressivement plus fine, sèche et les cheveux se fragilisent.

Pour nourrir la peau et compenser l’abrasion, des crèmes aux estrogènes ou aux dérivés de soja, et pour réduire les rides, au rétinol ou à la vitamine A.

Pour limiter la chute des cheveux et leur redonner de la vitalité, un complément alimentaire capillaire naturel, en cure de 3 mois, puis en entretien, traitement de la ménopause souvent conseillé.

Pour consolider les os et prévenir l’ostéoporose, associations calcium + vitamine D (comprimés effervescents, poudre à diluer) ou, en cas de facteurs de risque, médicaments sur prescription (bisphosphonates, SERM), prise hebdomadaire ou mensuelle.

 

Des mesures à prendre dès la préménopause !

Pendant la préménopause, l’excès d’estrogènes peut entraîner une certaine rétention d’eau et donner la désagréable sensation d’être gonflée en permanence. En fait, toute la période qui entoure l’arrêt des règles est périlleuse pour le poids et la silhouette.
Le corps se modifie peu à peu, les formes s’alourdissent, s’épaississent surtout au ni­­veau de la taille, zone d’élection des kilos en trop. La raison de ce changement : la carence en estrogènes favorise le gain de graisse au détriment des mus­cles et le stockage dans l’abdomen. Les femmes ont aussi tendance à manger plus d’aliments sucrés ou très caloriques et, parce qu’elles se sentent fatiguées, à diminuer leurs activités physiques. Tout le contrai­re­ de ce qu’il faut faire ! C’est avant la ménopause, dès 40 ans, qu’il faudrait prendre les bonnes mesures.

 À lire aussi : Préménopause, bien passer le cap

 

Un peu plus tard

Un peu plus tard

Au fil des ans, la ménopause entraîne d’autres troubles plus sérieux comme l’ostéoporose. L’os en effet se remanie en partie grâce aux estrogènes. Quand la sécrétion se tarit, la perte osseuse s’accélère, d’où risques de fractures vertébrales, responsables d’une diminution de la taille, puis du poignet et du col du fémur.
Le risque de maladies cardiovasculaires augmente aussi. Jusque-là épargnées grâce à leurs hormones qui renforcent le système de protection des artères contre les graisses, donnant un sursis de 10 à 15 ans par rapport aux hommes, les femmes les rattrapent peu à peu après la ménopause. Faites le point avec votre médecin, surtout si vous avez des facteurs de risque.

 

Lucile Dautrement

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