CYSTALIA
menopause

La ménopause, c’est la vie !

15 novembre 2016
La ménopause peut être mal vécue et entraîner à terme des pépins de santé. Mais ce n’est pas une maladie !

 

Toutes les femmes ou presque redoutent de passer le cap de la ménopause et se posent des questions sur la façon dont elles vont la vivre et supporter ses répercussions. Pourtant, ce n’est pas un drame mais un phénomène naturel et incontournable qu’il s’agit simplement d’aborder avec sérénité et en douceur pour la vivre au mieux. Mais il y a toujours une sœur, une amie ou une collègue pour évoquer de manière catastrophique les symptômes de « sa » ménopause, leur durée, leur impact sur la vie de couple…

La pré-ménopause

Chiffre

Chiffre

50-52 ans, c’est l’âge moyen de la ménopause naturelle en France.
Source : Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF).
« Je suis en pleine ménopause », se plaignent-elles. Ce n’est pas tout à fait exact puisque « ménopause » signifie littéralement « arrêt des menstruations » (autrement dit des règles). En fait, la période troublée qui précède cet arrêt définitif et suscite tant de commentaires affligés s’appelle la « préménopause » (ou « périménopause » pour les médecins). Il faut compter 12 mois sans aucun saignement pour parler vraiment de ménopause. Cela dit, c’est vrai, la période qui précède la ménopause proprement dite est désagréable (y compris pour l’entourage). Mais plus ou moins. La préménopause n’est pas toujours épouvantable et toutes les femmes n’ont pas besoin de médicaments pour atténuer bouffées de chaleur ou autres troubles.

Ménopause : femmes libérées

Une fois passée cette période chaotique, la ménopause a tout de même un avantage. C’est l’arrêt des règles, parfois abondantes, longues ou douloureuses, qui reviennent trop souvent et obligent à prendre des précautions plusieurs jours, voire une semaine par mois. Par voie de conséquence, c’est aussi la fin des contraintes de la contraception et de la crainte d’une grossesse non désirée. Une libération.

 À lire aussi : Aborder la ménopause en toute sérénité

 

À la ménopause : un déséquilibre hormonal ?

La plupart des troubles de la préménopause sont sans gravité, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire.

 

L’âge moyen de la ménopause se situe aux alentours de 50 ans, mais varie dans une fourchette de 10 ans. En France, 10 % environ des femmes sont ménopausées après 55 ans et 7 % entre 40 et 44 ans sans que ce soit anormal. Une ménopause précoce, c’est-à-dire avant 40 ans, ne concerne que 1 femme sur 100. Pour diverses raisons : anorexie, chimiothérapie ou radiothérapie dans l’enfance ou avant la trentaine, dysfonctionnement endocrinien, maladie auto-immune, infection virale (oreillons, varicelle, rubéole). En dehors de ces cas rares, un seul facteur est connu pour influencer l’âge de la ménopause : le tabagisme. Les femmes qui fument depuis longtemps et beaucoup sont ménopausées une ou deux années plus tôt qu’elles n’auraient dû l’être.

Symptômes de la ménopause : seins gonflés et cycles irréguliers

Comme l’âge de la ménopause, la durée de la préménopause varie beaucoup. De quelques mois à sept ans, avec une moyenne de trois ans et demi entre le premier dérèglement des cycles et l’arrêt complet des règles. Les ovaires fonctionnent de moins en moins bien et les sécrétions d’hormones deviennent anarchiques. « Plus on s’approche de la ménopause, plus les cycles s’allongent avec des périodes sans règles qui peuvent aller jusqu’à plusieurs mois », explique le Dr Alain Tamborini, gynécologue à Paris. « La durée des règles et leur abondance peuvent également varier d’un cycle à l’autre. »

Ces déséquilibres provoquent aussi des troubles. Dans un premier temps, seins gonflés et douloureux, rétention d’eau et règles abondantes quand la sécrétion d’œstrogènes est excessive par rapport à celle de la progestérone. Puis, lorsque la sécrétion d’œstrogènes diminue, règles de plus en plus espacées, premières bouffées de chaleur, modification du comportement alimentaire.

Symptômes de la ménopause : les bouffées de chaleur

Si les symptômes de la préménopause sont bénins, ils peuvent être pénibles. Certains sont plus difficiles à supporter que d’autres, notamment les bouffées de chaleur, très caractéristiques. Une sensation de chaleur envahit le visage, le cou, le cuir chevelu, puis se propage à la poitrine, voire à tout le corps. Elles se produisent n’importe quand, mais sont parfois déclenchées par un stress ou une émotion. Elles se terminent le plus souvent par des sueurs froides au bout d’une ou quelques minutes. Mais elles sont plus ou moins intenses et leur nombre varie énormément d’une femme à l’autre (et parfois chez la même femme). Les unes n’en ont qu’une ou deux par jour et d’autres 15 ou 20 par jour et par nuit ! C’est gênant en société, au travail et dans l’intimité : certaines femmes doivent changer leurs draps et prendre une douche en pleine nuit…

 À lire aussi : Bouffées de chaleur, comment les réduire ?

 

Symptômes de la ménopause : sautes d’humeur et manque de tonus

Les problèmes de sommeil et la fatigue qui touchent 30 à 50 % des femmes sont également dus aux fluctuations hormonales. Ils sont aggravés par les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Les troubles de l’humeur et du comportement (nervosité, sautes d’humeur, irritabilité voire agressivité) sont assez fréquents mais, comme les troubles cognitifs (concentration, mémoire…), très variables. Autre répercussion : la sécheresse vaginale, source d’inconfort et de rapports sexuels douloureux. Elle est généralement plus tardive, mais un quart des femmes s’en plaignent déjà dans la période préménopause.

Pour ces différents symptômes, et selon leur degré, il existe des solutions, en général à base de plantes, que votre pharmacien peut vous indiquer. Pour les bouffées de chaleur, seul un médicament (en comprimés, non remboursé) contenant un acide aminé, la bêta-alanine, est autorisé. Pour la sécheresse vaginale, lubrifiants et hydratants vaginaux à base d’œstrogènes ou sans hormones : ovules, crèmes ou gel mucoadhésif en traitement de fond.

 

Dans ma trousse beauté

Dans ma trousse beauté

Sérélys
SÉRÉLYS PHARMA
Gel pour soulager la sécheresse vaginale. Enrichi en acide lactique pour maintenir un pH physiologique favorable à la flore vaginale.
Boîte de 7 applicateurs monodoses.

Replens
REPLENS
Gel vaginal de longue durée sans hormone. À base de polycarbophile, à la fois hydratant et lubrifiant. Une application tous les 3 jours.
Boîte de 8 applicateurs.

 Taïdo
CETEM
Gel intime à base de miel, collagène marin et gommes végétales. À appliquer quotidiennement sur la muqueuse externe. Non gras.
Tube de 50 g.

Ménophytea
PHYTHEA
Gamme de produits à base de plantes et de vitamines contre les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la rétention d’eau…).
Capsules + Ménosticks aux huiles essentielles.

Ymea
OMEGA PHARMA
Trois compléments alimentaires (Ménopause Jour & nuit, Silhouette, Ventre plat). Actifs végétaux, vitamines et oligo-éléments.
Boîtes de 128 gélules.

Acthéane
BOIRON
Médicament homéopathique. Cinq composants traditionnellement utilisés dans les bouffées de chaleur et autres troubles de la ménopause.
Boîte de 120 comprimés.

 

Témoignage

Témoignage

Une taille moins fine
Karine, 51 ans

En deux ans, j’ai pris 5 kilos, mal placés. Comme je me sentais fatiguée et que je n’avais pas le moral, je mangeais plus, surtout des sucreries et des gâteaux, pour avoir de l’énergie… Mon médecin m’a dit que c’était fréquent à la ménopause. Il m’a incitée à contrôler mon poids car la silhouette a déjà tendance à cette période à s’alourdir et à s’épaissir au niveau de la taille. Et c’est justement là que se logent les kilos en trop…

 

Ménopause : quand le THM s’impose

Aujourd’hui, les choses sont claires : le traitement hormonal de la ménopause est réservé aux femmes dont les troubles sont très importants.

Si les bouffées de chaleur durent souvent 1 an (c’est déjà beaucoup), elles persistent 5 ans chez plus de la moitié des femmes et même 10 ans 1 fois sur 4. Que faire ? Les femmes ne savent plus très bien… Un traitement hormonal est-il utile ? Ou est-il prudent de s’en passer ? La polémique qui a suivi la publication, en 2002 et 2003, de deux études américaine et britannique, les a déboussolées. Ces études faisaient état d’un risque accru de cancers du sein et de maladies cardiovasculaires chez les utilisatrices de THS (traitements hormonaux substitutifs), comme on disait à l’époque. Après une période d’engouement, ceux-ci ont été ainsi brutalement frappés d’anathème. Même si les œstroprogestatifs utilisés outre-Atlantique et outre-Manche n’étaient pas les mêmes qu’en France, les autorités de santé ont encadré et restreint leur emploi, et ces recommandations valent toujours.

 À lire également : Ménopause : symptômes gênants et solutions

 

À dose minimale

En 2014, la Haute Autorité de santé, consciente de l’efficacité sans égal des THM (traitements hormonaux de la ménopause) chez les femmes très handicapées par les bouffées de chaleur, a confirmé leur remboursement. En appelant cependant à « une certaine vigilance » et en rappelant leurs aléas : essentiellement un surrisque de cancer du sein (augmentant avec la durée du traitement) et de maladies cardiovasculaires. Elle insiste surtout sur la nécessité de traiter à dose minimale et le moins longtemps possible en tenant compte du profil de risques de la femme (antécédent de cancer du sein ou de maladies cardiovasculaires).

Traitement sur mesure

L’intérêt de poursuivre le traitement doit donc être réévalué au moins une fois par an. Mais, « contrairement à ce qu’on a lu ou entendu ici et là, il n’y a pas de durée couperet, fixée arbitrairement, qui s’appliquerait à toutes les femmes, quels que soient l’âge de la ménopause, les symptômes, les facteurs de risque… C’est au cas par cas », précise le Dr Tamborini.

 

À savoir

À savoir

Le terme de THM (traitement hormonal de la ménopause) remplace celui de THS (traitement hormonal substitutif). Ce dernier est aujourd’hui réservé au traitement prescrit en cas de ménopause précoce, dosé différemment et destiné à éviter une ostéoporose prématurée.

 

Réponses d'expert : La vie sexuelle continue !

Réponses d'expert : La vie sexuelle continue !

Dr ALAIN TAMBORINI
Gynécologue à l’HEGP*, Paris,  spécialiste des problèmes hormonaux

Le problème de la sécheresse vaginale, ennuyeux pour les rapports sexuels, peut être résolu, notamment par un traitement hormonal par voie générale et locale (application de crème ou ovules 2 ou 3 soirs par semaine). Il s’y ajoute parfois celui de la lubrification à l’entrée du vagin, liée au désir mais plus lente à se manifester et moins abondante après la ménopause. Des préliminaires plus longs peuvent donc être nécessaires, mais l’emploi d’un lubrifiant est très utile. Les femmes motivées qui ont toujours eu une sexualité satisfaisante suivent très bien ces traitements locaux.

* Hôpital européen Georges-Pompidou

 

Gare à l’ostéoporose !

Les conséquences à plus long terme de la ménopause peuvent être sérieuses, mais il est possible de les prévenir.

 

Les modifications hormonales retentissent plus tard sur la peau (lire p. 3?) et sur la pilosité : les cheveux deviennent plus fins, plus fragiles, moins fournis ; des poils disgracieux apparaissent sur le visage et le corps. Mais aussi sur la muqueuse interne de la vessie, amincie, et sur les tissus pelviens et vaginaux, relâchés. Le risque d’incontinence urinaire s’élève ainsi avec les années.

Ostéoporose : hauts risques pour votre squelette

Les répercussions sur le squelette sont plus graves encore. Avant la ménopause, l’os se remanie grâce aux œstrogènes. Après, la perte osseuse s’accélère. D’où des risques de fractures vertébrales, responsables d’une diminution de la taille ou d’une déformation du rachis, de fractures du poignet puis du col du fémur.

Si vous avez des antécédents familiaux de fractures dues à l’ostéoporose, si vous souffrez d’une maladie chronique, ou si vous avez pris des corticoïdes pendant des mois, vous êtes particulièrement à risque. Parlez-en à votre médecin qui vous prescrira une ostéodensitométrie, remboursée dans ces cas-là, et vous proposera un traitement si votre densité minérale osseuse (DMO) est déficiente. Une ostéopénie, le stade qui précède l’ostéoporose, est déjà à prendre au sérieux. L’exercice physique régulier et une alimentation équilibrée (avec des laitages) limitent le risque, mais c’est au médecin de décider si vous avez besoin d’un traitement, et lequel. Les THM sont efficaces en prévention de l’ostéoporose, mais il y a d’autres médicaments : calcium et vitamine D, SERM (modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes), tériparatide (parathormone) et biphosphonates.

 À lire aussi : Bilan sur l’ostéoporose

Le cœur aussi

Le risque de maladies cardiovasculaires grimpe aussi. Jusque-là épargnées grâce à leurs hormones (qui renforcent le système de protection des artères) et bénéficiant, de ce fait, d’un sursis par rapport aux hommes, les femmes les rattrapent peu à peu après la ménopause. Raison de plus pour corriger vos habitudes alimentaires et arrêter la cigarette le plus tôt possible. Sans oublier de traiter vos autres facteurs de risque cardiovasculaire : hypertension, excès de cholestérol, diabète…

 

À savoir

À savoir

  • Pour redonner de la vitalité à vos cheveux et limiter la chute, faites régulièrement une cure de 3 mois de complément alimentaire capillaire naturel.
  • Pour l’hygiène intime, fini les savons et gels douche habituels qui dessèchent et favorisent démangeaisons, brûlures et infections locales. Utilisez des produits doux, adaptés.

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

THM, phytoœstrogènes, quelle différence ?

Les phytoœstrogènes (isoflavones de soja, houblon, lin), en capsules ou en gélules, peuvent réduire un peu les bouffées de chaleur, mais on ne peut pas les comparer avec les THM. Ils n’ont pas les inconvénients et les contre-indications de ces derniers mais ils ne préviennent pas l’ostéoporose. Ce sont des compléments alimentaires, pas des médicaments et, à ce titre, ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.

 

Zoom sur...

Zoom sur...

www.menopauseafem.com Association française pour l’étude de la ménopause (AFEM), à vocation de recherche scientifique mais aussi d’information auprès des professionnels de santé et du grand public.

 

Evelyne Gogien

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