Meilleure gestion des hypoglycémies… Meilleur équilibre du diabète !

Meilleure gestion des hypoglycémies… Meilleur équilibre du diabète !

04 juin 2021
Que l’on soit diabétique de type 2 et, surtout, de type 1, c’est-à-dire « insulino-dépendant », la crainte des hypoglycémies empoisonne la qualité de vie. Nos conseils d’apprivoisement.

 

L’hypoglycémie chez un diabétique est d’origine iatrogénique, c’est-à-dire provoquée par le traitement lui-même : l’insuline essentiellement ou, plus rarement, des médicaments hypoglycémiants (type sulfamides ou glinides). Elle survient habituellement dans trois circonstances : en cas de surdosage du médicament hypoglycémiant ou de l’insuline ; quand, lors d’une situation jusqu’ici bien contrôlée, dénuée d’à-coups de glycémie, l’apport en sucres est insuffisant ou l’activité physique trop intense, sans ajustement de traitement.

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Signal d’alerte

Une hypoglycémie est objectivée à la prise de sang sur un taux de sucre inférieur à la normale, en dessous d’un seuil entre 0,60 et 0,70 g/l. À ces chiffres, chaque personne ressent avec plus ou moins d’intensité son hypoglycémie, mais il s’agit toujours d’une hypoglycémie, un signal d’alarme à prendre en compte, en resucrant d’abord, puis en adaptant l’alimentation et/ou le traitement s’il le faut.

Pour repérer les hypoglycémies, du point de vue clinique cette fois, on peut tabler sur deux familles de signes, qui apparaissent en dessous de 0,70 g/l de glycémie : les premiers témoignent de la contre-régulation qui s’opère dans le corps, naturellement, dès que la glycémie atteint 0,70 g/l ; les seconds sont liés au manque de sucre.

Reconnaître

Les signes de « contre-régulation » appartiennent à la sphère « neurovégétative », de contrôle du fonctionnement des viscères : pâleurs, sueurs, palpitation, tachycardie, tremblements, sensation de faim et/ou anxiété, et au minimum des picotements autour de la bouche à ne pas méconnaître. Ce que l’on constate, c’est que d’une crise d’hypoglycémie à l’autre chez un même individu, ces manifestations sont souvent semblables.

Les seconds signes, reflet de la « neuroglycopénie » (les effets du manque de sucre sur le cerveau, dont c’est le carburant principal), associent des troubles de la vision, de l’élocution, des difficultés de concentration, des comportements parfois surprenants et/ou un fonctionnement au ralenti.

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Rempart

Pour contrôler durablement son diabète, et ainsi éviter ses complications (sur le rein, l’œil, les vaisseaux, etc.), il s’agit de faire en sorte que la glycémie soit le plus possible proche des valeurs de la normale… sans pour autant être trop basse, écueil des hypoglycémies oblige. Attention toutefois, le danger peut être de sous-traiter son diabète pour les éviter. C’est ici que l’autosurveillance prend tout son sens ! Elle permet de prévenir les déséquilibres (hypo- ou, à l’inverse, hyperglycémies) en adaptant le traitement, de mesurer l’effet d’un repas ou d’une activité physique sur la glycémie. Ainsi, sous insuline, il est recommandé de réaliser au moins 4 tests par jour (des glycémies capillaires, au doigt, si l’on n’est pas équipé d’un capteur de glucose en continu) aux moments stratégiques, avant et au décours des repas, avec un lecteur de glycémie. La glycémie à jeun est irremplaçable (pour la titration d’insuline notamment, la dose d’insuline du soir est-elle suffisante ?), mais celle du milieu d’après-midi sous sulfamide hypoglycémiant pour mettre en évidence une hypoglycémie, ou une mesure post-prandiale sont, elles aussi, riches d’enseignements. Cela dit, les diabétiques de type 1, et beaucoup de diabétiques de type 2, qui doivent se faire plusieurs injections d’insuline pendant la journée ou portent une pompe, ont aujourd’hui un appareil de mesure continue du glucose, ce qui leur permet d’ajuster en permanence les doses d’insuline.

Diabeloop, la solution pour limiter les hypoglycémies

Diabeloop, la solution pour limiter les hypoglycémies

Cet outil d’intelligence artificielle (IA) – français ! – se compose de trois éléments. Le premier, un capteur de glucose placé sous la peau qui délivre des informations sur la tendance de la glycémie via un patch. Deuxième pièce de ce puzzle : la pompe à insuline, reliée à la peau (et ainsi à la circulation) par un minuscule tube en téflon inséré en sous-cutané. Entre les deux, la pièce maîtresse : un algorithme, abrité dans un smartphone dédié, anticipe les besoins en insuline en fonction de ce que lui indique le capteur et pilote la délivrance d’insuline. C’est ce dispositif qui vient de faire la preuve de son efficacité. « Tous les diabétiques, confortés par l’IA, y gagnent : ceux qui faisaient trop d’hypoglycémies parce qu’ils voulaient être à l’objectif glycémique ; et ceux qui avaient des chiffres de glycémie trop hauts parce qu’ils minimisaient les doses d’insuline par crainte des hypoglycémies… », se réjouit le Dr Guillaume Charpentier, président du Centre d’études et de recherches pour l’intensification du traitement du diabète.

 

Ni trop ni pas assez

Cette autosurveillance rapprochée, garante du bon contrôle dans le sens des hypo- ou des hyperglycémies, est un grand succès de l’intelligence artificielle (cf. encadré). Pour certaines personnes plus fragiles, cardiaques par exemple ou plus âgées, chez qui une hypoglycémie peut être plus problématique parce qu’à l’origine d’un travail cardiaque supplémentaire ou d’une chute, l’objectif glycémique doit être moins exigeant, pour à la fois protéger des effets d’une hyperglycémie sans exposer à une hypoglycémie.

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Degré de perception

Au-delà des chiffres, de la glycémie sur une goutte de sang, il est conseillé d’être à l’écoute de son corps pour repérer ses signes d’hypoglycémie, même les plus discrets. En sachant que le niveau de perception des hypoglycémies, propre donc à chaque personne, peut évoluer, en fonction de l’ancienneté du diabète ou des fluctuations de la glycémie : plus on fait d’épisodes d’hypoglycémie et moins on les perçoit bien… La nuit également, le risque est plus grand qu’elles passent inaperçues. C’est pourquoi il est plus prudent de contrôler mieux la glycémie pour ne pas se mettre en situation d’hypoglycémie, jour ou nuit. Cela dit, heureusement, les mécanismes naturels de contre-régulation éveillent souvent, ce qui permet le resucrage.

Sucrer

Dès que survient un de ces signes d’hypoglycémie, la solution est de s’asseoir et d’absorber du sucre sous quelque forme que ce soit : l’équivalent de 2 à 3 morceaux de sucre, soit une briquette de jus de fruit, 15 cl de soda, une cuillerée de miel ou de confiture. À savoir, la glycémie ne remonte qu’après environ 20 minutes, inutile donc d’en prendre davantage… ; le malaise ne passera pas plus vite ! Le risque à trop se sucrer est que la glycémie monte en flèche, ce qui obligerait à prendre de l’insuline supplémentaire, alors susceptible de provoquer de nouvelles hypoglycémies, et de précipiter l’instabilité de la glycémie. Un seul resucrage suffit dans la plupart des situations, sauf en cas d’exercice physique prolongé ou de surdosage manifeste en médicaments hypoglycémiants.

 

Le diabète en chiffres

Le diabète en chiffres

Environ 750 000 personnes en France sont traitées par insuline, dont 200 000 diabétiques de type 1. La très grande majorité (90 %) des 3 millions de cas de diabète sont de type 2.

 

Dr Brigitte Blond

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