MEDICAMENTS TRANSIT

Les médicaments des troubles du transit intestinal sont-ils dangereux ?

02 février 2017
La constipation chronique est fréquente chez les adultes âgés de plus de 60 ans, et les symptômes se rencontrent chez 40 % des hommes et 60 % des femmes.

 

Alors que la constipation secondaire est associée a des maladies chroniques, a l’utilisation de certains médicaments(1), et a des problèmes psychosociaux, la constipation primaire, isolée, est également appelée la « constipation fonctionnelle ». Les patients sont d’abord traites par une bonne hydratation et l’augmentation de l’apport en fibres alimentaires : choisir des céréales riches en fibres, accroitre la consommation de fruits, y compris avec leur peau après les avoir soigneusement laves, ajouter un légume (haricots, lentilles) à son alimentation (peu de calories et beaucoup de fibres et d’éléments nutritifs), choisir du pain à graines et blé complet, ajouter des fruits secs, des noix ou des graines aux céréales, aux salades ou au yaourt. Outre la réduction de la constipation, la consommation de fibres a été reliée à une réduction des risques de maladie cardiaque, de diabète, d’obésité et de certains types de cancer.

En cas d’échec du régime diététique, l’étape suivante dans le traitement de la constipation est l’utilisation d’un laxatif lubrifiant (LANSOŸL) ou de lest (SPAGULAX, NORMACOL) ou osmotique, tels que le polyéthylène glycol (MICROLAX, TRANSIPEG, MOVICOL), ou un sucre comme le lactitol ou le lactulose (DUPHALAC, IMPORTAL).

La troisième étape consiste à faire appel à un laxatif stimulant comme le docusate de sodium (JAMYLENE) ou le bisacodyl (CONTALAX). L’utilisation à long terme de laxatifs à base de magnésium devrait être évitée en raison de leur toxicité potentielle. Si les symptômes ne s’améliorent pas, l’administration de linaclotide (CONSTELLA) peut être un recours, mais le patient peut être adresse à un spécialiste pour une évaluation plus poussée du diagnostic.

À l’oppose, les diarrhées constituent une situation plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte. Les maladies diarrhéiques restent un problème de sante majeur dans le monde entier. Les diarrhées sécrétoires sont causées par certaines infections bactériennes et virales, des processus inflammatoires, ou certains médicaments. La sécrétion hydrique à travers l’épithélium vers la lumière intestinale dans les diarrhées sécrétoires implique également des pertes de sels minéraux. Il convient de compenser ces pertes hydrominérales par les solutions de réhydratation orale, notamment chez le jeune enfant ou la personne âgée car les risques de déshydratation aigue sont majeurs. Les argiles (Smecta) permettent de fixer les éléments « toxiques », mais peuvent aussi les médicaments administres simultanément.

Certains médicaments ciblent la motricité intestinale, réduite par le loperamide (Imodium) et le diphenoxylate (Diarsed), deux agonistes opioïdes peu absorbés : leur action se limite, théoriquement, aux récepteurs intestinaux. Dans les diarrhées infectieuses, ils peuvent induire une atonie intestinale sévère. Des agents anti sécrétoires comme le Tiorfan sont également utilises avec succès. Des études récentes ont mis en vedette un principe végétal, le crofelemer (Fulyzaq) issu de la graine de croton, très efficace dans les diarrhées du sida.

Les probiotiques, ces micro-organismes (Bifidobacterium bifidum ou lactis) constituants de compléments alimentaires bénéficiant d’un marketing grand public, font l’objet des spéculations les plus diverses. Des essais réalisés avec Lactobacillus reuteri dans le traitement de diarrhées de l’enfant ont été concluants. Il ne serait pas caricatural de parler de la constipation comme une maladie du sujet âgé des pays du Nord et de la diarrhée comme une maladie des enfants de l’hémisphère Sud si cet adage n’était pas contredit par les maladies inflammatoires de l’intestin (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn) et des diarrhées a Clostridium difficile, maladies auto-immunes et infectieuses dont la recrudescence est possiblement en rapport avec les déséquilibres du microbiote intestinal et le recours excessif aux antibiotiques.

 

Extrait de...

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(1)Divers médicaments induisent ou aggravent des constipations par divers mécanismes : ralentissement du peristaltisme intestinal, altération de l’innervation intestinale, déshydratation, hypokaliemie, etc. Parmi les médicaments qui entrainent surtout des constipations, on trouve notamment : la plupart des neuroleptiques, dont la clozapine, parfois à l’ origine de complications graves ; d’autres neuropsychotropes, tels que des antidépresseurs et des antiparkinsoniens (anticholinergiques) ; des anticancereux, tels que la vincristine ou la vindesine ; les opioïdes, des médicaments cardiovasculaires, tels que les inhibiteurs calciques utilises dans le traitement de l’HTA ou la maladie coronarienne ; des antiémétiques comme les setrons ; les antispasmodiques et bronchodilatateurs atropiniques, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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