Traitement médicamenteux

Médicaments : automédication ou non, prenez-les bien !

29 novembre 2016
Pour être efficaces et ne pas nuire, tous les médicaments, qu’ils soient sur ordonnance ou en libre accès, doivent être utilisés correctement et à bon escient. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

 

Pour stopper un mal de tête banal, soulager des jambes lourdes ou soigner un rhume, nul besoin de consulter un médecin et d’avoir une prescription. Soit on pioche dans sa boîte à pharmacie, soit on file chez son pharmacien. Car plusieurs catégories de médicaments (sous différentes présentations) permettent de « s’automédiquer », autrement dit de se soigner sans ordonnance. C’est pratique et rapide.

 

Traitement médicamenteux, les conseils du pharmacien

Depuis 2008, certains médicaments sont « en libre accès » (ou « en accès direct ») pour que les patients puissent se servir eux-mêmes, mais ils sont regroupés dans un espace clairement identifié de la pharmacie, situé à proximité du comptoir. La liste de ces médicaments, dits aussi de médication officinale (ou familiale), régulièrement remise à jour, peut être consultée sur ansm.sante.fr.

D’autres, plus nombreux, bien que disponibles sans ordonnance, ne sont pas en libre accès pour des raisons de sécurité, notamment ceux qui sont destinés aux enfants ou qui ont des contre-indications particulières. Il faut donc en faire la demande au pharmacien qui pourra s’assurer de leur bonne utilisation.

 À lire aussi : Les médicaments : matin ou soir, avant pendant ou après le repas ?


Les médicaments non remboursables

Quelques médicaments sans ordonnance (comme l’aspirine) peuvent être remboursés s’ils sont prescrits pour une maladie précise, mais la grande majorité des médicaments et produits d’automédication ne sont pas remboursables. Deux Français sur trois trouvent d’ailleurs normal, et même citoyen, que ceux-ci soient à leur charge puisqu’il s’agit de problèmes de santé bénins et courants. Pourtant, ils recourent encore assez peu aux médicaments de prescription facultative, comme l’a montré le 3e Observatoire européen sur l’automédication*.

* Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable), juin 2015.

 

Automédication : se soigner sans ordonnance

Ne sous-estimez pas les médicaments délivrés en pharmacie sans ordonnance. Ils font gagner du temps et sont précieux au quotidien.

 

Les Français ont tendance à consulter (voire à se précipiter aux urgences) pour des petits troubles ou des maladies bénignes, se lamentent les médecins généralistes débordés car de moins en moins nombreux. D’où des attentes finalement dommageables aux malades qui méritent vraiment une prise en charge médicale. Un chiffre éloquent : les médicaments de prescription facultative ne représentent en France que 15,4 % du marché (en volume) contre, par exemple, 41,2 % en Suède, 44,8 % en Allemagne et même 57,8 % au Royaume-Uni. Ce retard de l’automédication par rapport aux principaux pays européens a sans doute plusieurs raisons : des systèmes de santé différents et la situation économique. Mais également l’idée encore solidement ancrée dans une partie de la population française selon laquelle les médicaments non remboursés ou déremboursés ne sont pas aussi efficaces que les autres.

Des traitements sur ordonnance

Or, les médicaments d’automédication vendus en pharmacie sont des « vrais » médicaments, soumis à la même réglementation que ceux délivrés sur prescription. Ils ont subi des tests garantissant leur efficacité, leur qualité et leur sécurité d’emploi avant de recevoir leur autorisation de mise sur le marché (AMM), et continuent ensuite d’être soumis à un contrôle strict et un suivi permanent. La différence : ils ne traitent pas des maladies graves ou lourdes de conséquences nécessitant une consultation médicale, mais permettent de soigner soi-même des symptômes courants et des petites pathologies. Exemples : des douleurs légères à modérées, la constipation, les maux de gorge… Et aussi des maladies chroniques précédemment diagnostiquées par un médecin sans suivi médical particulier comme l’herpès labial (bouton de fièvre) et la rhinite allergique. D’ailleurs, les médicaments de prescription facultative contiennent souvent les mêmes substances que des médicaments sur prescription obligatoire mais avec un nombre d’unités de prise limité ou dans un dosage plus faible.

Attention aux erreurs d’automédication

Présentés sous différentes formes, des comprimés aux collyres en passant par les crèmes et les sirops, les principaux types de médicaments qui soulagent sans l’aide du médecin – mais idéalement avec le conseil du pharmacien – sont :

  • les antalgiques (contre les douleurs) et les antipyrétiques (contre la fièvre), paracétamol, aspirine et ibuprofène ;
  • les laxatifs doux contre la constipation et les antidiarrhéiques (pour des diarrhées occasionnelles) ;
  • les médicaments contre les brûlures d’estomac et les remontées acides ponctuelles ;
  • les antihistaminiques (antiallergiques) pour le rhume des foins ;
  • les veinotoniques pour les jambes lourdes ;
  • et, tout l’hiver, les médicaments contre le rhume, le syndrome grippal, les maux de gorge (pastilles à sucer, spray) et les deux formes de toux (toux sèche et toux grasse).
 À lire également : Les secrets des médicaments enfin accessibles à tous

 

Probiotiques et huiles essentielles

Mais la liste des médicaments d’automédication est longue et compte également :

  • des antinauséeux (notamment contre le mal des transports),
  • des crèmes pour les brûlures cutanées, les démangeaisons, les irritations, les piqûres de moustique, l’acné, l’herpès,
  • des collyres pour les troubles oculaires (conjonctivite allergique),
  • des comprimés vaginaux pour les mycoses vaginales,
  • des emplâtres imprégnés d’anti-inflammatoire pour les douleurs musculaires et articulaires,
  • des comprimés pour les troubles du sommeil passagers et les bouffées de chaleur,
  • des soins buccodentaires (bain de bouche, comprimés pour les aphtes),
  • des produits contre l’alopécie…

Autres produits d’automédication : les compléments alimentaires (vitamines, minéraux, oligoéléments) à prendre en prévention, par exemple pour affronter la mauvaise saison ou des situations stressantes. Mais pas seulement : les probiotiques sont de plus en plus utilisés pour restaurer une flore intestinale déséquilibrée et la vitamine C a toujours la cote en cas de fatigue. Les médicaments homéopathiques et les produits de phytothérapie et d’aromathérapie (huiles essentielles) sont aussi très prisés. Les substituts nicotiniques (gommes, comprimés, patchs, inhalateur), destinés à faciliter le sevrage tabagique, sont à part mais également disponibles sans ordonnance.

 

Nouveautés en accès libre

Nouveautés en accès libre

  • Abufène
    BOUCHARA-RECORDATI
    Un acide aminé, la bêta-alanine, efficace contre les bouffées de chaleur de la ménopause.
    Boîte de 30 comprimés.
  • Calendula Naturel
    LEHNING
    Crème anti-inflammatoire pour coupures, crevasses, gerçures et érythème.
    Tube de 50 g.
  •  Centrum Effervescent
    PFIZER SANTÉ FAMILIALE
    Nouvelle galénique et format pratique pour une formule multivitamines énergisante qui a fait ses preuves.
    Tube de 20 comprimés effervescents goût orange.
  • Efferalgan Capuccino (1 g) et Vanille-Fraise (250 et 500 mg)
    UPSA
    Du paracétamol en granulés aromatisés à prendre sans eau.
    Boîtes de 8, 10 ou 16 sachets selon l’arôme et le dosage.
  • Illumina
    LEURQUIN
    Complément alimentaire à base d’extraits végétaux pour améliorer concentration et mémoire.
    Boîte de 20 comprimés.
  • Prostaphane
    NUTRINOV
    Premier produit naturel (concentré de graines de brocoli) contre le vieillissement de la prostate.
    Boîtes de 30 ou 90 comprimés.

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

Prescrits ou non, des précautions identiques

  • Les médicaments d’automédication peuvent se détériorer à la lumière, à la chaleur et à l’humidité. Stockez-les correctement : à l’abri, au frais et au sec.
  • Ils peuvent être dangereux pour les petits enfants. Placez-les hors de portée, en hauteur ou dans une armoire de pharmacie ou une boîte de rangement fermées à clef. Évitez tiroirs de table de nuit, placards de cuisine ou de salle de bains.
  • Ils se périment. Vérifiez la date de péremption indiquée sur la boîte.

 

Non remboursés sauf...

Non remboursés sauf...

Ce n’est pas fréquent mais certaines complémentaires santé prennent en charge les médicaments non prescrits par un médecin. Par l’intermédiaire de forfaits autour de 50 à 100 € le plus souvent ou au sein de formules bien-être. Pour être remboursé, il suffit à l’assuré d’envoyer le ticket du pharmacien.

 

Une automédication « responsable »

Se soigner soi-même, c’est sans danger… à condition de respecter quelques règles indispensables.

Les médicaments en libre accès à la pharmacie ou conseillés par l’équipe officinale sont sûrs, mais gare aux erreurs et aux négligences. Même s’ils sont considérés comme non toxiques, un mauvais usage peut avoir des conséquences.

  • Lisez bien la notice. Elle précise les indications du médicament, sa composition, les doses préconisées en fonction de l’âge ou du poids, la façon de le prendre, les précautions d’emploi, les conditions de conservation, la durée maximale du traitement et les effets indésirables possibles.
  • Gardez l’emballage. Il ne sert pas seulement à protéger son contenu, il comporte de précieuses indications : noms du médicament et du laboratoire, teneur en principe actif et date de péremption.
  • Respectez bien la posologie : dose, nombre de prises par jour et intervalle entre deux prises.
  • Le traitement doit être de courte durée. Si les symptômes persistent ou s’aggravent au-delà de la durée mentionnée sur la notice, parlez-en à votre pharmacien ou consultez un médecin en lui précisant quel traitement vous avez pris.

Traitements : attention aux interactions ou doublons

Ne prenez pas de votre propre initiative plusieurs médicaments en libre accès en même temps. Certains contiennent les mêmes molécules (paracétamol, aspirine, vitamine C, codéine). Vous risquez un surdosage et des effets indésirables. Vérifiez avec votre pharmacien.

Si vous prenez déjà des médicaments, soit pour une maladie ponctuelle, soit pour une maladie au long cours (comme les anticoagulants), signalez-le toujours à votre pharmacien, c’est important.

Ne réutilisez pas des médicaments qui vous ont été prescrits précédemment pour une maladie précise et qui restent dans votre armoire à pharmacie : antibiotiques, anxiolytiques, antidépresseurs…

 À lire aussi : Médicaments en pharmacie

 

Un tri dans les règles

Jetez les médicaments dont vous ne savez plus à quoi ils servent, ceux dont le délai de conservation après ouverture est dépassé (comme les collyres) et tous les médicaments périmés. Mais ni dans une poubelle ni dans les toilettes. Comme les médicaments sur ordonnance, rapportez-les au pharmacien qui les transmettra à Cyclamed, chargé de les détruire dans le respect des règles environnementales et de sécurité sanitaire.

Gare aux trafics de médicaments. Vendus à l’étranger ou sur le net, ils sont contrefaits dans la grande majorité des cas : ils ne contiennent pas de principes actifs et ne sont donc pas efficaces ou, pire, se composent de diverses substances dangereuses pour la santé.

 

Pas d’automédication pendant la grossesse !

Pas d’automédication pendant la grossesse !

  • Ne prenez jamais un médicament sans l’avis de votre médecin et de votre pharmacien. Même les plus courants et apparemment anodins peuvent nuire au futur bébé. Ils passent en effet par le placenta et, de là, dans le sang du fœtus.
  • Pour les troubles bénins liés à la grossesse (nausées, jambes lourdes, mal de dos), privilégiez les solutions douces comme l’homéopathie et la sophrologie. Attention, pas de phytothérapie sans avis éclairé. Les plantes (surtout sous forme d’huiles essentielles) présentent des contre-indications chez la femme enceinte.

 

L’observance, clé du traitement

 Prescrit ou conseillé, un médicament ne peut être efficace que s’il bénéficie d’une bonne observance. Oublis, doses modifiées, arrêt prématuré, confusion entre médicaments : les erreurs, volontaires ou involontaires, sont lourdes de conséquences.

Dans le jargon des médecins, l’observance est le degré de concordance entre le comportement d’un patient et les recommandations d’un professionnel de santé. Pour les médicaments surtout mais aussi pour l’hygiène de vie qui va avec (alimentation, arrêt du tabac..). Plus simplement, c’est bien suivre son traitement.

Trop d’oublis dans les traitements

Dans les faits, ce n’est pas si simple. Les antibiotiques, par exemple, sont souvent arrêtés au bout de deux jours, quand on se sent mieux. Or, les bactéries ne sont pas éradiquées et se multiplient à nouveau, d’où rechute, nouveau traitement antibiotique et au final, résistances. Un phénomène en hausse inquiétant car, sans antibiotiques efficaces, certaines maladies sont mortelles.

Même pour les maladies chroniques graves, de 30 à 50 % des patients reconnaissent ne pas prendre régulièrement leurs médicaments. Quelque 50 % des diabétiques avouent les oublier au moins une fois par semaine ! Plus alarmant encore, les anticoagulants oraux, indispensables aux personnes ayant eu un accident cardiovasculaire, sont respectés à moins de 60 % ; et les médicaments antirejet (après une greffe) à seulement 76 %. Pour l’ostéoporose, au bout d’un an, les médicaments prescrits ne sont plus pris que par 45 % des personnes atteintes…

Les seniors surtout

Les causes de cette mauvaise observance sont multiples, mais devoir prendre un médicament alors qu’on se sent bien est souvent mal compris. Par exemple en cas d’hypertension ou d’hypercholestérolémie. Prendre plusieurs médicaments par jour est aussi un obstacle, surtout pour les personnes âgées, justement les plus concernées. Toujours chez les seniors, les troubles visuels et auditifs provoquent erreurs et confusions. Les problèmes de dextérité compliquent la prise, les troubles de mémoire sont responsables d’oublis ou au contraire de prises répétées, etc.

Résultat : 100 000 hospitalisations et plus de 8 000 décès par an. Les industriels du médicament s’efforcent de rendre les emballages plus lisibles, de faciliter la prise et les solutions connectées se multiplient, par exemple pour rappeler l’heure des prises. Mais le pharmacien peut vous aider. Posez-lui des questions et, si vous rencontrez des difficultés, il saura vous donner des conseils adaptés et trouver des solutions pour mieux prendre vos traitements. C’est vital !

 

Témoignage : Un pilulier anti-confusions

Témoignage : Un pilulier anti-confusions

Franck, 52 ans

« Mon père, 77 ans, souffre d’insuffisance cardiaque et respiratoire et prend trois médicaments plusieurs fois par jour. Jusqu’ici, c’était ma mère qui les lui préparait, mais elle a dû être hospitalisée… Un jour, il a eu un malaise et c’est par chance qu’un voisin l’a découvert par terre et appelé les urgences. Mon père avait confondu deux médicaments, d’où un surdosage. Depuis, tout est rentré dans l’ordre mais le pharmacien prépare maintenant ses médicaments dans un pilulier mensuel très pratique, avec des cases pour matin, midi, soir et coucher. Ça me rassure.

 

Réponses d'expert : Interrogez le pharmacien

Réponses d'expert : Interrogez le pharmacien

dr-cogneauDr Joël COGNEAU
Généraliste, directeur scientifique de l’Institut de recherche en médecine générale

Mon expérience m’a montré que la meilleure prévention des accidents médicamenteux résidait dans le dialogue entre le patient et son médecin. Il est indispensable que le patient informe de manière complète son médecin de tous les médicaments qu’il prend, qu’ils soient prescrits par d’autres spécialistes ou pris en automédication. Cette information est capitale et doit se faire en toute confiance et en toute transparence. Et en cas de doute avec un médicament, le patient ne doit jamais hésiter à interroger son médecin ou son pharmacien.

 

Plus d'infos

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La base de données publique des médicaments mise en œuvre sous l’égide du ministère de la Santé www.base-donnees-publique.medicament.gouv.fr Fiches d’information de tous les médicaments, sur ordonnance ou d’automédication.
Evelyne Gogien

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