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Mathilda May : « Une vie créative est pleine de surprises ! »

Mathilda May : « Une vie créative est pleine de surprises ! »

05 juin 2018
Dans son dernier livre, Mathilda May jette un regard lucide sur trente ans de carrière. C’est l’occasion pour elle de s’exprimer en toute franchise sur sa vie de femme exposée trop vite à la lumière.

 

Pourquoi le fait d’avoir du succès vous paraît-il dangereux ?

Le succès est dangereux pour plusieurs raisons. Tant qu’on ne le connaît pas, on se bat pour se faire une place. Une comédienne est motivée par le désir de se faire entendre. À partir du moment où l’on est célèbre, ce chemin n’est presque plus à faire et c’est un piège. Ce n’est pas simple de continuer. Cela peut même rendre paresseux. C’est très dur de s’imposer dans la durée.

Vous dites que vous avez eu trois vies. Lesquelles ?

La première fut une étape très silencieuse avec la danse, ma première passion. La danse classique est un milieu très fermé. On grandit sans parler et ce n’est pas très épanouissant. La deuxième me confronta au langage des autres en tant que comédienne. Tout à coup, je me suis trouvée en train de faire un premier film, plongée dans un univers où les gens parlent sans arrêt. Ce fut un apprentissage quasi thérapeutique. J’avais 18 ans et je sortais à peine de l’adolescence. Je me sentais à la fois chanceuse et illégitime. Je me disais qu’après chaque film on allait se rendre compte que je n’étais pas à la hauteur. Enfin est arrivée l’étape où j’ai pu parler avec mes propres mots, quand je me suis mise à l’écriture.

On découvre dans votre livre que vous étiez pressentie pour Marche à l’ombre ?

Michel Blanc m’a en effet proposé le personnage de Mathilde, une danseuse professionnelle, dans Marche à l’ombre. Mais mon agent m’a poussée à accepter une proposition que me faisait le cinéma américain. Comme j’étais timide, je lui ai laissé le champ libre. C’est un regret, mais qui sait où cela m’aurait menée si j’avais dit oui à Michel ? C’était un rôle sur mesure mais j’aurais peut-être été mise en avant et encensée beaucoup plus tôt et cela aurait été bien plus périlleux encore. Mon plus grand regret, c’est de ne pas avoir de souvenirs filmés de moi en tant que danseuse car, à l’époque, les caméras n’étaient pas fixées en continuité sur vous comme elles le sont de nos jours.

Quels souvenirs gardez-vous de vos rencontres cinématographiques ?

D’abord celle avec Yves Montand sur le tournage de Trois Places pour le 26 de Jacques Demy. C’était un artiste complet que j’admirais depuis que j’étais toute petite. J’ai surtout vu en lui quelqu’un qui, pour la première fois dans ce métier, ressemblait aux personnes que j’avais connues dans le milieu de la danse. C’est-à-dire quelqu’un qui avait une notion du travail comme je l’entendais. Ensuite, Claude Chabrol a beaucoup compté pour moi. J’ai fait deux films avec lui, le Cri du hibou et la Fille coupée en deux. Avec lui, nous étions dans un confort psychologique sans pareil. On était tous en confiance et l’on n’avait qu’une envie, c’était de se surpasser pour être digne de cette confiance.

Avec l’écriture de la pièce Plus si affinités, vint le temps de la reconnaissance ?

Ce fut le temps de la libération. J’ai décidé de ne plus attendre que l’on m’offre ce qui me semble correspondre à ce que je suis. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’il était temps que je me prenne en mains. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, j’ai décidé d’écrire Plus si affinités, une comédie dans laquelle je me donne à jouer plein de personnages différents. De 2008 à 2010, ce fut un pur bonheur d’être sur scène avec mes propres mots. Et ça a marché ! L’année suivante est paru chez Flammarion mon premier roman, Personne ne le saura, une autre expérience enrichissante. Sur la même lancée, en 2013, j’ai écrit et mis en scène Open Space sur la vie trépidante du bureau qui connut un véritable succès. En écoutant les rires des gens, je me suis sentie moins seule et soudain bien mieux dans ma peau !

À propos de se sentir bien, êtes-vous prévoyante concernant votre santé ?

J’ai beaucoup de chance car je suis quelqu’un de robuste. La danse a dû me former à cette résistance. Depuis que j’ai arrêté de fumer, mon mode de vie a changé radicalement. Du temps où j’étais fumeuse, je ne faisais pas vraiment attention à ce que je mangeais car je me disais que je n’étais pas à ça près puisque je m’abîmais avec la cigarette. En arrêtant le tabac, j’ai d’abord légèrement grossi puis je me suis mise à mincir sans avoir l’impression d’avoir fait un régime. Il suffit tout simplement d’avoir une hygiène alimentaire précise. J’ai banni le sucre, le gras et je me suis tellement déshabituée de ces substances que si un plat est trop gras, par exemple, cela m’écœure et je n’y touche plus. C’est une véritable fierté d’avoir trouvé mon équilibre alimentaire toute seule.

Pouvez-vous partager vos astuces pour rester en forme ?

Je cours un jour sur deux et je fais des abdos. Cette hygiène de vie fait que j’ai gagné en énergie et même en temps de sommeil. Cela a tout changé dans ma manière de fonctionner. Quand je suis stressée, je marche en écoutant de la musique. Je prends l’air et j’ai appris à respirer. Cela me nettoie du stress ambiant. J’adore également partir en thalasso. Je suis marraine du label Qualité Spa-A. Cela me permet de faire des pauses de quelques jours pour me régénérer – je n’aime pas les vacances qui s’éternisent. Dernièrement, j’ai séjourné quatre jours dans un spa à Djerba, un lieu idéal pour se détendre et se ressourcer. 

Que vous inspire le temps qui passe ?

Pour rien au monde je n’aimerais retourner en arrière. J’ai fait un cheminement personnel qui m’a permis d’accéder à moi-même. Par mon livre, j’ai envie de transmettre à tous ceux qui pensent qu’ils sont en échec ou que leur vie va mal qu’il existe toujours des moyens de rebondir. La vie est pleine de surprises quand on sait la rendre créative. Il suffit parfois d’ouvrir les yeux. Les personnes qui sont coupées des autres par la précarité ou la maladie, mentale ou physique, sont en revanche dans une tragédie absolue. L’isolement est la chose qui tue ou qui empêche de se développer. Mais à partir du moment où l’on a accès à autrui, tout est possible. Les rencontres sont une ouverture sur notre destin. 

Et quels sont vos projets ?

Pour la télévision je viens de terminer une série intitulée Access qui passera en septembre sur C8 et qui raconte les tribulations d’une productrice de télévision recrutant un youtubeur, interprété par Ahmed Sylla, pour faire remonter l’audience. Et je viens d’écrire et mettre en scène ma nouvelle pièce, le Banquet, qui sera à l’affiche du théâtre du Rond-Point à compter du 10 octobre. Je suis dans une joie indescriptible. Être actrice de ma propre vie, c’est mon plus beau rôle !

À lire

À lire

V.O.
Dans ce livre, Mathilda May jette un regard distancié sur ses trente ans de carrière sans oublier sa vie de femme qui s’est soudain libérée grâce à l’écriture et à la mise en scène.
Aux éditions Plon, 288 p., avril 2018.

Le banquet

Le banquet

Une pièce écrite et mise en scène par Mathilda May. Des êtres obligés de passer une soirée ensemble se retrouvent à un banquet de mariage où tout dérape. Toute une vie défile au cours d’une soirée sans parole.
Au théâtre du Rond-Point, Paris, à partir du 10 octobre.

 

Propos recueillis par Didier Galibert

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