Marie Drucker : «La dénutrition tue silencieusement !»

Marie Drucker : «La dénutrition tue silencieusement !»

10 avril 2019

Depuis qu’elle a quitté la présentation du journal télévisé de France 2, Marie Drucker est sur tous les fronts, y compris celui de la dénutrition. Rencontre avec une femme passionnante et passionnée, qui foisonne de projets.

 

Avant d’être l’ambassadrice du Collectif de lutte
contre la dénutrition, vous sentiez-vous concernée par cette maladie ?

Absolument pas ! Je n’ai découvert ce fléau silencieux que lorsque j’ai été sollicitée par Jérôme Guedj, ancien député PS et spécialiste du vieillissement. C’est cette prise de conscience tardive qui m’a amenée à soutenir la nouvelle campagne de sensibilisation du Collectif. Car nous sommes tous, à un moment de notre vie, confrontés à la maladie d’un proche – enfant ou adulte –, à la perte d’autonomie d’une personne âgée… La plupart du temps, on considère que la perte d’appétit va de pair avec la maladie et que ce n’est pas bien grave, « cela reviendra ». Or c’est bien plus sérieux qu’on ne le croit. La dénutrition fragilise. Elle diminue les forces musculaires et donc la mobilité, amoindrit les défenses naturelles. Elle accroît le risque d’infection et augmente les complications médicales et chirurgicales. Elle ralentit la guérison d’une maladie curable. En cas de maladie incurable, elle obère l’espérance de vie. En résumé : la dénutrition tue silencieusement !

Parmi les 15 propositions du Collectif, lesquelles vous tiennent le plus à cœur ?

Il me semble capital de bien nourrir tous les patients hospitalisés. Je pense qu’il y a d’immenses progrès à faire. Bien souvent, les repas servis à l’hôpital ne font pas envie. Ils ne sont pas très appétissants, arrivent parfois froids et à des horaires où personne n’a faim. Je pense également que tous les établissements de soin doivent être dotés d’un référent en matière de nutrition qui travaillerait main dans la main, au quotidien, avec toute la chaîne de soin. Enfin, tous les patients dénutris hospitalisés doivent être pesés quotidiennement. Il faudrait d’ailleurs peser systématiquement les patients dans les cabinets médicaux et réintégrer les balances gratuites dans toutes les pharmacies.

Connaissant mieux cette maladie, observez-vous davantage les personnes que vous croisez ?

Oui, bien sûr, c’est évident. Je pense que la prévention de la dénutrition commence aussi par observer ses proches. En ce sens, le clip de la campagne est formidable.

Vous engagez-vous pour d’autres causes humanitaires ?

Depuis le mois de janvier, je suis marraine de Un Rien C’est Tout aux côtés de Vincent Lindon, Antoine Griezmann et Patrick Bruel. Créée en 2016 par Cécile Duffau, cette association se veut un « facilitateur de générosité ». En un clic sur les sites de nos partenaires (Cdiscount, Fnac, La Redoute, SNCF…), vous pouvez donner un euro… ou plus ! Cela est également désormais possible à certaines caisses de magasins. Nous œuvrons pour quatre grandes causes : droit à la dignité, enfance et éducation, santé, environnement.

Et concernant votre santé personnelle, êtes-vous prévoyante ?

J’ai une culture familiale de santé très axée sur la prévoyance : éviter de tomber malade. Cela fait trois générations que l’on se soigne beaucoup grâce à l’homéopathie et à la phytothérapie. Sans pour autant être dogmatique ! Mais ce qui n’est pas grave… n’est pas grave ! Et ne nécessite donc pas d’affaiblir son système immunitaire en utilisant des molécules trop « fortes » si elles ne sont pas absolument nécessaires. Du côté des plaisirs de la table, j’aime beaucoup manger et bien manger ! De tout, et sans me restreindre sur la quantité. En revanche, je consomme très peu voire pas de produits transformés. Je privilégie les produits frais, le bio et les circuits courts.

Quelle place occupe le sport dans votre vie ? Avez-vous des astuces pour rester en forme ou chasser le stress ?

J’ai la chance d’être assez imperméable au stress. Mes astuces pour rester en forme sont simples : bien dormir, exercer une activité sportive régulière. Je pratique tous les sports qui me font du bien, régulièrement et sans stakhanovisme ! Le yoga, la barre au sol et différentes disciplines à la barre classique font partie de mes favoris. Par ailleurs, je ne bois pas d’alcool, je ne fume pas et je ne m’expose pas au soleil… Hou ! là, là ! mais c’est très gai tout ça ! [rires].

Votre façon de vivre a-t-elle changé depuis que vous êtes maman ? Le temps devient-il une source d’inquiétude ?

Forcément ! La maternité change tout : sa vision de la vie, de sa propre enfance, de la famille… La parentalité change notre façon de vivre, de consommer, de nous projeter dans l’avenir et exige de revoir nos priorités. En ce qui concerne le temps qui passe, j’ai adoré toutes les périodes de ma vie. Avoir un enfant à 40 ans donne à la fois le sentiment d’être encore très jeune et la pleine conscience du temps qui passe ! Je n’ai aucun problème avec l’âge… Enfin, pour le moment !

Vous sentez-vous impliquée par les questions liées à notre environnement ?

J’y suis extrêmement sensible. Sidonie Bonnec, coauteure de Maman, pour le meilleur et pour le reste [paru en 2016 aux éditions Fayard], et moi travaillons en ce moment à la rédaction d’un ouvrage sur la façon dont nous pouvons mieux vivre au quotidien tout en préservant davantage l’environnement. Comme notre précédent ouvrage, il s’agit d’un guide fait de notre expérience, de nos convictions et de nos conseils mais aussi des points de vue de spécialistes reconnus dans des domaines aussi variés que l’agroalimentaire, la nutrition ou l’esthétique.

Votre actualité semble très chargée…

Je présente désormais des magazines centrés sur des thèmes de société ainsi que des documentaires et je suis devenue productrice en fondant ma société, No School Productions. Tous les mardis soir, j’anime le magazine Infrarouge sur France 2. Nous diffusons un film documentaire suivi d’un débat. Je réalise en ce moment mon cinquième film documentaire sur le psychisme des bébés avant le langage. Enfin, je produis des films pour différentes chaînes (France 2, France 5, Teva…). Et j’ai eu la chance de produire l’année dernière 13 novembre : Fluctuat Nec Mergitur, une série documentaire sur les attentats du 13 novembre 2015 pour Netflix.

Vers où va désormais votre préférence en matière d’information ? Et où en est votre projet de long-métrage ?

Bien que j’ai été présentatrice de journaux télévisés, animatrice de radio et travaillé pour la presse écrite, aujourd’hui ma préférence va vers… nulle part ! [rires]. J’ai été boulimique d’information depuis l’âge de 14 ans. J’ai été au cœur de l’actualité au quotidien pendant plus de vingt ans. En 2016, et après avoir réalisé trois films documentaires, j’ai eu envie de rompre avec l’actualité de façon radicale. J’aspirais à me consacrer pleinement à la création, à l’écriture et à la réalisation. Je considère que le film documentaire est une forme d’engagement. Ce qui nous amène justement à mon projet de long-métrage – j’y travaille ! mon horloge (biologique !) tourne…

 

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MAMAN, POUR LE MEILLEUR ET POUR LE RESTE

Par Marie Drucker et Sidonie Bonnec aux éditions Fayard. Marie Drucker et Sidonie Bonnec s’adressent aux mamans et aux futures mamans pour qui le rôle de mère représente une tâche complexe et difficile à assumer. Leur guide désacralise les moments pénibles et valorise les instants magiques avec les enfants.

 

Propos recueillis par Didier Galibert

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