THALASSEO THERMES
Marie-Claude Pietragalla : « Chaque âge a ses beautés ! »

Marie-Claude Pietragalla : « Chaque âge a ses beautés ! »

10 octobre 2016
Étoile du ballet de l’Opéra national de Paris, chorégraphe, jurée de Danse avec les stars, créatrice du Théâtre du Corps, Marie-Claude Pietragalla écrit désormais avec Julien Derouault, son mari et partenaire, de sublimes spectacles à quatre mains.

Comment définiriez-vous le spectacle Je t’ai rencontré par hasard ?

C’est un spectacle que j’ai créé et que je joue avec Julien Derouault. Ses deux personnages, qui sont deux individualités, créent, une fois réunis, un troisième personnage – qui est le couple. Nous nous sommes servis de notre histoire personnelle car nous sommes un couple à la scène comme à la ville.

La vie à deux est-elle facile quand on pratique le même métier ?

Ma relation avec Julien dure depuis près de seize ans, et nous avons une fille, Lola. Nous sommes guidés par les mêmes aspirations et nous sommes assez complémentaires. Nous formons tous les deux un socle commun avec deux façons différentes d’aborder les choses. Nous avons emprunté deux chemins qui se sont rejoints assez naturellement avec le vécu de l’un et de l’autre. Il y a ce fil rouge qui nous est propre mais nous nous permettons d’être différents dans notre ressemblance.

Ressent-on toujours autant de plaisir en présentant chaque soir la même création ?

Un spectacle ne se reproduit pas chaque soir, il se présente chaque fois différemment. Les nuances sont infimes mais réelles. Tout se joue dans le moment présent, avec un public donné, et les énergies qui se dégagent de cette rencontre.

Vous avez créé également avec Julien votre compagnie, le Théâtre du Corps.

Le Théâtre du Corps – que nous avons inventé ensemble – travaille énormément sur l’inconscient et sur ce que l’on emmagasine au cours de sa vie, et même sur son héritage au niveau culturel, géographique, religieux… Nous travaillons sur des choses que l’on a inconsciemment en soi et qui nous dépassent.

Depuis 2012, vous êtes jurée de l’émission Danse avec les stars. Qu’est-ce qui vous a poussée dans cette nouvelle aventure ?

Ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’humain. Je veux parvenir à encourager chaque candidat. Chacun d’eux est vulnérable. Il faut être très à l’écoute, prendre garde à ne pas briser leur rêve. J’aurais mille choses à leur dire mais je suis limitée par le temps car tout est séquencé – je me sens donc un peu frustrée. Ce ne sont pas des danseurs professionnels, mais ils apprennent – certains transforment même un défaut en qualité. Il y a toujours des surprises. Des moments de grâce aidés par l’instinct et l’intelligence.

Êtes-vous préventive au niveau de votre santé ?

Depuis des années, je suis suivie par un ostéopathe. L’ostéopathie prévient et soigne de nombreux troubles physiques et agit également sur les plans nerveux, fonctionnel et psychologique. La veille de chaque représentation, mon ostéopathe vérifie que tout est dans l’axe. Je me fais masser avant et après chaque représentation. Cela me permet de tenir et de mieux récupérer ensuite. C’est très mauvais de garder tout l’acide lactique dans le corps après le spectacle. J’aime les massages en profondeur.

Avez-vous une hygiène alimentaire précise ?

Je suis végétarienne depuis près de trente ans. Lorsque j’étais dans le ballet de l’Opéra national de Paris, Rudolf Noureev me disait que j’étais tombée sur la tête d’être végétarienne tout en étant danseuse. Pourtant, à partir du moment où, très jeune, j’ai arrêté de manger de la viande rouge, j’ai eu les muscles moins noués et je me suis sentie beaucoup mieux. Par goût, je ne bois pas d’alcool, donc ce n’est pas un sacrifice, et je ne sais pas ce que c’est que la gueule de bois. Et je viens d’arrêter de fumer – assez facilement. Avec de la volonté, tout est possible !

Comment faites-vous pour garder la forme ?

Mon secret, c’est que je travaille tous les jours. À part les étirements, je ne pratique pas d’autres sports que la danse. C’est dans la constance du travail sur le corps que l’on obtient des résultats.

En 2004, Lola s’est invitée dans votre vie.

Durant ses quatre premières années, j’étais complètement centrée sur elle. Le sommeil se faisait plus rare, et il a fallu que je trouve d’autres moyens de récupérer. Pour moi, cette grossesse est venue au bon moment. Cela ne m’a pas empêchée de mener ma carrière, qui était déjà en bonne voie, et cela m’a considérablement ouvert l’esprit. Quand nous voyons un enfant évoluer, nous sommes perméables au moindre changement et nous avons une autre vision du temps qui passe. Il se crée même un rapport différent avec nos propres parents. C’est comme une évidence et on ne se rappelle plus mécaniquement de l’emploi du temps « avant l’enfant ».

Quelles réflexions vous inspire le temps qui passe ?

À 52 ans, je constate que la maturité réconcilie avec ce temps qui passe. Chaque âge a ses beautés. Je n’avais pas d’affinités particulières avec moi-même ni à 20 ans ni à 30 ans. Il y a une acceptation chez moi de l’âge. Je ne me maquille pas dans la journée. Le « paraître » est nécessaire lorsque je suis sur scène : je fais alors attention à mon image. Il vaut mieux prendre avec plénitude le plaisir de chaque âge. J’accepte la caresse du temps qui passe sans faire de grimace car c’est inévitable. Je n’aime pas les choses trafiquées physiquement. Je veux me sentir bien sans être obligée de ressembler aux stéréotypes que certains tentent de nous imposer. J’aime les gens qui ont une certaine philosophie et savent prendre du recul sur eux.

Vos projets immédiats sont-ils toujours liés à la danse ?

Nous travaillons en effet sur notre dernière création qui s’intitule Vivant. Cela nous est venu juste après les attentats de novembre 2015 en France. Avec Julien, nous n’arrivions pas à comprendre. Nous nous sommes interrogés : « Que peut-on faire face à cette barbarie ? » Nous nous sommes dit que la première chose qui importe, c’est de rester vivant. Avec ce spectacle, nous allons partir en tournée en France mais aussi à Hong Kong et à Singapour.

 

Propos recueillis par Didier Galibert

Le choix de la rédac

Les règles abondantes et douloureuses

Gynécologie

Les règles abondantes et douloureuses

Faciliter le dialogue entre patientes et gynécologues

Le jour et la nuit

Stress

Le jour et la nuit

Une journée sereine et une nuit reposante

Un petit coup de mou ? On a les solutions.

Autres

Un petit coup de mou ? On a les solutions.

Deux options s’offrent à vous !

Un autre regard sur Alzheimer

Maladies neurologiques

Un autre regard sur Alzheimer

Aider et accompagner les malades