BIFIBABY
Marc Levy : «Il faut avoir l’humilité de savoir recommencer à zéro !»

Marc Levy : «Il faut avoir l’humilité de savoir recommencer à zéro !»

18 novembre 2019

Célèbre dès son premier roman, Marc Levy œuvre aussi pour faire connaître le travail des chercheurs et sensibiliser les Français à l’importance de soutenir l’action menée par la Fondation pour la recherche médicale.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à rejoindre les parrains de la FRM ?

Marc Levy : Il est bon quand on se lève le matin de se demander à quoi l’on peut servir. Participer humblement, à la hauteur de mes capacités, à des projets de société aussi importants que ceux que promeut la FRM (Fondation pour la recherche médicale) embellit mon quotidien. Ma mission est de contribuer à faire connaître la Fondation. Le rôle qu’elle joue dans la société est encore très peu connu. Thierry Lhermitte, Nagui, Marina Carrère d’Encausse et moi, ses parrains, formons une équipe pour parler le plus possible de la FRM afin d’intéresser les gens à ses projets et qu’ils se mobilisent.

En matière de recherche, quelle est la découverte récente  qui vous a le plus étonné ?

Dans le domaine de la santé, la première découverte importante est celle d’une maladie. Seulement ensuite peut commencer la recherche d’un traitement. L’arrivée du sida fut un choc pour ma génération. J’habi­tais à San Francisco quand l’épidémie a commencé. On voyait des gens mourir de façon fulgurante, d’abord par dizaines puis par centaines, sans pouvoir mettre un nom sur ce fléau. La peur a gagné la société face à cette pandémie. Les malades étaient exclus, isolés, les familles démunies, les personnels soignants débordés. La première découverte importante fut donc l’identification du virus. Puis, grâce au travail d’un grand nombre de chercheurs, celle de la trithérapie a permis qu’une quantité extrêmement importante de malades du sida puissent non seulement survivre, mais vivre. Reste à trouver un traitement curatif et un vaccin efficace.

Le fait d’être entré à 18 ans à la Croix-Rouge a-t-il motivé votre intérêt pour la santé ?

C’était le rêve impossible de devenir médecin qui m’a fait entrer à la Croix-Rouge. Pendant mon enfance et même mon adolescence, j’étais fasciné par la magie, le pouvoir et l’étrangeté de la vie. Les super­héros de ma jeunesse étaient Louis Pasteur et Marie Curie ! Ils me faisaient rêver, je les admirais.

Êtes-vous prévoyant en matière de santé ?

Je prends soin de moi, je n’attends jamais pour me soigner. Je ne suis pas hypocondriaque au point d’aller faire des examens tout le temps parce que je trouve que c’est anxiogène. Mais si je tousse,
je n’attends pas trois semaines avant d’aller chez le médecin. Dès que je sens que je vais tomber malade, je consulte tout de suite car je déteste être malade et donc je me dis que plus tôt je me soigne, plus tôt j’irai mieux !

Prêtez-vous une attention particulière à votre alimentation ?

Oui, mais pas par névrose. J’ai toujours été gourmet donc la malbouffe représente une torture. Avec les années, j’ai surtout appris à limiter les quantités. Manger de tout, mais sans excès. Côté forme, je vis à New York, une ville où, sans faire attention, vous marchez au moins 5 km par jour. Mais courir dans la pollution, non ! Je suis un sportif épicurien, j’aime nager si je suis au bord de la mer, j’adore courir en forêt ou monter à cheval. Côté stress, je rêve d’apprendre la méditation. Le meilleur moyen de déstresser, c’est de trouver des activités qui chassent les pensées du quotidien. Cuisiner par exemple. Et bien sûr la lecture qui procure des sensations inouïes.

Parlez-nous de votre dernier roman, Ghost in love.

C’est un livre sur la filiation, et plus particulièrement sur le rapport que nous entretenons avec nos pères. On a très peu écrit sur la paternité. Mon livre traite de l’enfance et du merveilleux mais difficile « métier » de parents ; de ce rapport si délicat que l’on entretient avec nos enfants, de ce moment étrange de la vie où, après avoir été ­l’enfant de nos parents, nous devenons les parents de nos enfants. Et tant de choses se révèlent à nous. Enfin, c’est un livre qui parle du silence qu’engendre la pudeur, des non-dits, de la difficulté de parler de ce qui nous blesse dans la vie. De toutes ces failles par lesquelles entre la lumière. On peut écrire sur ces sujets avec tendresse et humour.

Vous avez un style très cinématographique…

Tous les romanciers du XVIIIe siècle avaient une écriture cinématographique et pourtant le cinéma n’existait pas. Relisez Les Trois Mousquetaires et dites-moi que vous ne voyez pas un film ! Pourquoi on arrive à penser qu’un écrivain a un style cinématographique ? Parce que ce n’est pas le cinéma qui a inventé la littérature, c’est la littérature qui a inventé des histoires que le cinéma a mises en images ! Mais le propre de l’écriture, c’est de faire naître dans la tête d’un lecteur – avec des mots – des sons, des images, des odeurs, des sensations et des émotions. Dans mes livres, je ne décris jamais mes personnages ; pourtant vous les voyez. En suscitant votre imaginaire, l’écrivain vous permet de vous approprier ses personnages. Vous pouvez imaginer Thomas, Raymond et Manon comme vous le voulez alors qu’au cinéma vous n’avez pas vraiment le choix.

Le temps qui passe vous angoisse-t-il ?

Non, je lui cours après, parce que, par définition, il passe… Je ne peux pas être parrain de la campagne sur la maladie ­d’Alzheimer [« Une journée pour se souvenir »] et soutenir que vieillir ne me fait pas peur ! Pour boucler la boucle, je voudrais que les chercheurs aient les moyens de faire en sorte que vieillir soit un aboutissement de la vie et non pas une pénitence. Je ne suis pas transhumaniste, et je crois que le fait que la vie ait une fin conditionne toute notre existence.

La nouvelle campagne de la FRM a pour nom « Obstiné.e.s ! » et pour thème la persévérance. En faites-vous preuve ?

Je balance entre insouciance et persévérance… Mes constantes et mes réussites, je les vois dans mes enfants, et dans le fait que ma femme ait bien voulu de moi pour compagnon de vie. En entrant à la Croix-Rouge, j’ai été confronté très jeune à la mort des autres. Disons, à un nombre de morts anormal au regard de l’âge que j’avais. Cela m’a permis de déplacer mon centre de gravité vers les autres et cela m’a aussi ancré les pieds dans le présent. Le piège, dans la vie, est de tenter de freiner son cours en regardant nos hiers comme d’oublier de vivre l’instant en ne pensant qu’à nos lendemains. Lorsque j’ai démissionné de mon cabinet d’architecture pour me consacrer à l’écriture, je reconnais que j’étais fou à lier. Mais il y avait une petite voix intérieure qui me disait de foncer ! En fait, il faut, quand la situation l’impose, trouver l’humilité de se remettre en question, la force de tout recommencer à zéro, et l’espoir que le renouveau vous ouvre aux autres et à la vie en général. 

 

À lire

À lire

GHOST IN LOVE… UN ROMAN

Thomas, pianiste virtuose, est entraîné dans une aventure fabuleuse : une promesse, un voyage pour rattraper le temps perdu, et une rencontre inattendue…

Par Marc Levy, éditions Robert Laffont-Versilio, 336 p., 21,50 €.

 

Soutenir la Fondation Recherche Médicale

Soutenir la Fondation Recherche Médicale

En novembre, la FRM lance une nouvelle campagne de sensibilisation et d’appel aux dons. Elle invite tous les Français à se mobiliser pour toutes les maladies et ainsi soutenir la réussite de la recherche médicale. Pour participer et soutenir ces réussites, faites un don : www.frm.org ou FRM, 54, rue de Varenne, 75007 Paris.

Propos recueillis par Didier Galibert

Le choix de la rédac

Une nouvelle génération de soins arrive pour réparer les cheveux abimés et cassants

Cheveux

Une nouvelle génération de soins arrive pour réparer les cheveux abimés et cassants

Une kératine végétale à partir d’extraits végétaux

Courir contre le cancer

Cancers

Courir contre le cancer

La Course des Lumières

Une eau de mer bien particulière

Compléments alimentaires

Une eau de mer bien particulière

Petit coup de fouet au système immunitaire

Le nouveau sortilège de Garancia

Visage

Le nouveau sortilège de Garancia

Peaux mixtes à grasses

ENFANTS ECOLE