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MICI : Comment éviter les poussées

MICI : Comment éviter les poussées

15 mars 2016
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) frappent un nombre croissant de personnes pour des raisons génétiques et environnementales. Leur prise en charge s’est élargie aux biothérapies pour des rémissions de plus en plus durables.

 

Chiffre

Chiffre

200 000
Français souffrent d’une MICI : 20 personnes se découvrent atteintes chaque jour. Source : Association François Aupetit – 2013

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH) sont rassemblées sous le terme commun de maladies chroniques inflammatoires de l’intestin ou MICI. Le réseau EPIMAD annonçait en 2012 une incidence (nombre de nouveaux cas annuels) de 11,3 pour 105 habitants pour la maladie de Crohn, et 4,4 pour 105 habitants pour la RCH, c’est beaucoup. 200 000 personnes environ en France souffrent d’une MICI (d’après l’Association de malades François Aupetit). Contrairement aux RCH stables, les maladies de Crohn flambent chez l’adolescent et le jeune adulte entre 15 et 30 ans. La proportion d’enfants et d’adolescents peut aller jusqu’à 20% selon les études. Les pays du Nord (Scandinavie et pays anglo-saxons) sont plus touchés que ceux du sud (Portugal, Italie, Grèce, Turquie) et les pays de l’Ouest développé (USA et Canada) plus que les pays émergents (Chine, Inde, Amérique du sud). On impute cette situation aux facteurs environnementaux associés à un terrain génétique favorable.

 

Des premiers signes pas si suspects

Les maladies inflammatoires digestives à leur début se présentent comme des colites aiguës (inflammation digestive) : diarrhée profuse avec souvent du sang et des glaires/pus, spasmes, coliques douloureuses, fièvre. Cet épisode aigu est typique d’une infection digestive : c’est la cause la plus fréquente d’un tel tableau, mais aussi l’explication la plus facile, qui rassure tout le monde. Si les troubles ne guérissent pas ou réapparaissent régulièrement, la consultation du gastro-entérologue s’impose, surtout si un membre de la famille est déjà atteint de MICI. En présence d’un parent au 1er degré atteint, le risque de maladie de Crohn peut être multiplié par 40 et celui d’une RCH par 20.

Deux maladies distinctes mises en commun

La maladie de Crohn se définit comme une inflammation étendue à tout le tube digestif avec une prédilection pour la jonction entre l’intestin grêle et le côlon ; elle touche 3 femmes pour 2 hommes. Alors que la rectocolite hémorragique est strictement limitée au côlon et au rectum qui est constamment touché, sans prédominance d’un sexe sur l’autre.
Le diagnostic est porté à la fibroscopie et sur les biopsies, en parallèle du bilan sanguin qui précise l’inflammation et élimine d’autres maladies. Les explorations particulières sont réservées aux cas douteux (capsule endoscopique). C’est souvent seulement l’évolution de la MICI qui permet de trancher entre maladie de Crohn et RCH. D’où la décision de rassembler ces deux maladies sous le terme de MICI en raison de leur similitude.

 À lire aussi : L’essentiel à connaître sur les MICI

 

Des maladies à épisodes

Les troubles ne sont généralement pas permanents : les poussées (colites aiguës) s’espacent de rémissions plus ou moins longues, où tout va bien ou presque. L’enjeu de la prise en charge consiste à prolonger ces rémissions… toute la vie !

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin MICI ne sont pas mortelles, seulement infernales au quotidien. Les formes actives altèrent l’alimentation jusqu’à freiner la croissance des jeunes malades. La perte de poids est un indicateur important, comme le nombre de selles par jour parfois très élevé. L’intervention chirurgicale est encore trop souvent impérative lorsque la détérioration va jusqu’à la péritonite, ou des fistules. Inflammation généralisable, une MICI peut s’étendre aux articulations (5 et 20% des patients), à la peau, aux yeux, au foie… Elle favorise aussi la cancérisation digestive avec le temps. La surveillance est donc serrée et complique la vie des patients.

Viser les causes pour mieux traiter

Les causes des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin MICI ne sont pas vraiment élucidées. Un gène de susceptibilité n’est pas suffisant pour déclencher une maladie de Crohn par exemple. Mais on sait que l’inflammation digestive combat excessivement la flore intestinale normale, ainsi que des microbes agressifs (comme des colibaciles adhésifs), sans doute grâce à une réaction antivirale. La maladie s’étend par emballement des chimiokines inflammatoires, des messages qui appellent les cellules « aux armes et à la guerre ». Ces chimiokines sont la cible des biothérapies. Les biothérapies sont des molécules anticorps qui bloquent les signaux cellulaires. Elles sont utilisées dans presque toutes les maladies inflammatoires chroniques. Mais elles ne traitent que le mécanisme de l’inflammation, pas sa cause initiale qui reste à démontrer.

L’arsenal médical en premier

Le traitement idéal est conservateur, il évite au maximum la chirurgie qui retire une plus ou moins grande partie des intestins malades. Mutilante, voire très mutilante, l’option chirurgicale est repoussée grâce au traitement médical. Celui-ci associe plusieurs médicaments selon le contexte pour obtenir des rémissions durables au moindre coût médicamenteux et financier (les biothérapies sont chères). La tendance actuelle est à l’instauration initiale d’une association puissante (combothérapie) à forte dose, suivie d’une diminution jusqu’à la dose minimale permettant le contrôle de la maladie.
– Les corticoïdes sont employés en traitement d’attaque.
– Les salicylés (famille de l’aspirine) sont prescrits dans les formes légères de RCH.
– Les immunosuppresseurs (thiopurines et méthotrexate) sont utilisés contre les formes moyennes ou sévères.
– Les biothérapies se résument aux anti-TNF, mais l’arsenal va s’enrichir d’un nouvel agent dirigé contre l’inflammation locale.

Les biothérapies actuelles ciblent d’abord le messager majeur de la destruction inflammatoire : le Tumor Necrosis Factor ou TNF. Les « anti-THF » sont utilisés en traitement d’attaque et d’entretien dans les MICI moyennes à sévères, réfractaires aux corticoïdes et/ou aux immunosuppresseurs. De plus en plus utilisées en association aux thiopurines, elles ont des effets indésirables qui nécessitent parfois de les interrompre ou de changer d’association.

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

  • Vous devez signaler les effets observés lors de la prise de vos médicaments : en fonction de ces signes vous devez revoir votre médecin.
  • Pensez à faire surveiller votre taux d’hémoglobine dans le sang. Les maladies inflammatoires chroniques sont source d’anémie.
  • Suivez bien votre traitement de fond pour limiter, voire suspendre, la prise de corticoïdes. Même si ceux-ci sont rapidement efficaces, leurs effets indésirables sont importants à long terme.
  • Le tabac est un facteur d’agressivité de la maladie de Crohn. Sevrez-vous grâce aux moyens pharmacologiques disponibles.
  • Les probiotiques et prébiotiques soulagent les douleurs digestives et réduisent le nombre de poussées inflammatoires.
  • Une supplémentation en oligo-éléments et vitamines limite les carences par malabsorption digestive.

 

Se prendre en charge au quotidien

Les causes multiples des MICI orientent naturellement vers l’hygiène de vie. Beaucoup de facteurs favorisants sont évoqués. Certains plus que d’autres. Pour faire face, il faut être accompagné : l’association de patients François Aupetit répond présente !

Avoir la bonne flore intestinale

On est certain d’un conflit entre une « mauvaise » flore intestinale (dysbiose) et les cellules digestives, avec production excessive de molécules inflammatoires. Les déséquilibres microbiens « mettent le feu aux poudres » chez les patients. Faut-il ré-ensemencer le tube digestif ? C’est utile mais loin d’être suffisant. Le microbiote intestinal individuel s’installe après la naissance et varie peu ensuite quoi qu’on mange. Plus radicale que l’alimentation, des transplantations répétées de microbiotes ont été pratiquées chez des patients avec une RCH. Ils ont permis une cicatrisation digestive dans 20% des cas (congrès UEGW 2013). Plus modestement les pro et prébiotiques sont un soutien non négligeable : ils diminuent l’intensité des diarrhées et les coliques.

 À lire aussi : Comment la flore intestinale agit-elle sur la santé ?

Arrêter le tabac

L’arrêt du tabagisme est une exigence constante des médecins. Car le tabac réduit de moitié les chances de contrôler la maladie. Le pharmacien est l’interlocuteur de premier recours pour le choix des aides au sevrage.

À lire aussi : Arrêter le tabac : plaisirs et bienfaits

Bien dans sa tête

Les facteurs psychologiques déclenchants sont souvent évoqués par les malades. C’est explicable par l’effet stimulant sur le système inflammatoire des neuro-hormones du stress et des émotions chez des personnes à risque génétique. Une vie heureuse limite les poussées en favorisant l’équilibre biologique « en santé ». De son côté, la maladie chronique fragilise l’équilibre psychique des patients, par l’impact des neurohormones de la douleur et de l’inflammation. Le soutien psychologique est à établir avec l’équipe soignante : temporaire ou régulier selon les circonstances. Mais aussi avec les associations de patients.

Organiser le quotidien avec l’AFA

Les poussées de MICI sont en partie évitables, par la bonne gestion alimentaire en particulier. Pour cela il vaut mieux être bien accompagné et renseigné, car ce qui guette en premier tout maladie chronique c’est l’abandon du traitement. L’AFA, unique association dédiée aux MICI, assure information et soutien 24h sur 24 grâce à ses bénévoles, un numéro vert et un site internet. Sans oublier son aide administrative et ses dons à la recherche sur les MICI. Elle rappelle aux médecins qu’un patient adhérent à une association est plus observant, qu’elle sait donner des informations aussi cruciales que la géolocalisation des toilettes les plus proches (voir encadré). Pour profiter de toutes les informations de l’AFA, appelez MICI infos service : 0811 091 623, ou rendez-vous sur www.afa.asso.fr et www.infomici.fr.

Plus près des toilettes…

Atteindre l’âge adulte c’est contrôler ses sphincters. Avoir une MICI c’est perdre ce contrôle quand la maladie est active ou en poussée. Le malade souffre d’un handicap social d’une grande violence et honteux. Face aux diarrhées incoercibles, il faut des toilettes immédiatement accessibles. C’est pour cela que l’AFA fait la promotion de la journée mondiale des toilettes publiques et œuvre activement à leur mise à disposition permanente (voir encadré).

Journée mondiale des toilettes - 19 novembre 2014

Journée mondiale des toilettes - 19 novembre 2014


La Journée mondiale des toilettes concerne bien plus de personnes que les patients atteints de MICI : seniors, malades de la vessie, touriste dans le besoin… Elle sensibilise les offices du tourisme à la cartographie des WC dans l’espace public : il existe des applis mobiles les recensant. L’Association François Aupetit (AFA) seule association de patients dédiés aux MICI fait plus : une loi en projet imposera aux communes de plus de 3500 habitants d’avoir des toilettes WC publics propres, gratuits et accessibles. L’association propose aussi de disposer à tout moment des WC des commerçants et restaurateurs en leur présentant une carte « Urgence Toilettes ». De tels accords solidaires sont déjà en vigueur dans des villes comme Pau ou Agen. Bravo !
Sophie Duméry

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