Les maladies de l’appareil respiratoire

Les maladies de l’appareil respiratoire

04 mars 2022
Bronchiolite, bronchite, pneumonie, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), asthme… Quel est le dénominateur commun de ces affections ? Toutes touchent l’appareil respiratoire et peuvent provoquer, selon leur gravité, des troubles de la respiration.

 

Si, durant l’hiver 2020-2021, marqué par la pandémie liée au Covid-19, les épidémies de grippe et de bronchiolite ont été d’une ampleur largement inférieure aux années précédentes, les virus respiratoires circulent de nouveau. Ainsi, dès le mois d’octobre dernier, les passages aux urgences et les hospitalisations pour bronchiolite, plus précoces que d’habitude, ont bondi. Durant la semaine du 4 au 10 octobre 2021 a été enregistrée une augmentation de 38 % par rapport à la semaine précédente (Source : Santé publique France). Deux raisons sont avancées pour expliquer la hausse des pathologies respiratoires infectieuses : « Les gestes barrières – le port du masque et le lavage des mains – ont évité la transmission des virus. Leur actuelle propagation suggère un relâchement au sein de la population », avance le Dr Bruno Housset, pneumologue et président de la Fondation du souffle. L’hypothèse d’une baisse de l’immunité collective face à ces virus, après deux années blanches, est également soulevée.

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Échanges gazeux

La respiration est une fonction physiologique réflexe (son processus est automatique et inconscient) : l’air inspiré pénètre par la bouche et le nez, puis traverse la trachée qui se ramifie en bronches et bronchioles jusqu’aux sacs alvéolaires. L’appareil respiratoire fournit de l’oxygène au sang qui le transporte vers les organes pour leur activité. Dans un deuxième temps, il évacue le gaz carbonique produit par les cellules. Ces échanges gazeux ont lieu au niveau des poumons qui peuvent être l’objet de différentes infections ou maladies. Il existe deux types de troubles respiratoires : aigus (bronchites, bronchiolites, pneumonies, Covid-19) ou chroniques (asthme, BPCO, fibrose, mucoviscidose, cancer des poumons).

 

14 000 litres d’air par jour

Lors d’une respiration normale, un volume de 0,5 litre d’air environ est inhalé, puis expiré. Si l’on comptabilise le nombre de litres inspirés par jour, les chiffres s’affolent : en moyenne 14 000 litres d’air, ce volume variant en fonction de l’activité physique et pouvant atteindre jusqu’à 20 000 litres pour les sportifs de haut niveau. Autrement dit, notre capacité respiratoire n’est pas figée et, au-delà de traitements ciblés pour soigner la souffrance respiratoire, une activité physique régulière est jugée bénéfique pour retarder l’évolution et, parfois, faire reculer l’insuffisance respiratoire.

À savoir

À savoir

Même si un sentiment de lassitude gagne la population, les gestes barrières sont plus que jamais d’actualité : ils évitent la transmission des virus respiratoires et, plus largement, des infections hivernales qui se propagent dans l’air par des gouttelettes. « On pense à se laver les mains, à porter un masque dès qu’on est malade et qu’on tousse, et à garder le réflexe de ne pas se serrer la main ni de se faire la bise », rappelle le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de l’association Santé respiratoire France.

 

Info+

Info+

• On estime à 10 millions le nombre de cas de bronchites aiguës par an.

• L’asthme touche 4 millions de personnes en France, soit environ 7 % de la population. 95 % des cas sont bien contrôlés. La maladie entraîne cependant 43 000 hospitalisations, dont plus de 50 % chez les enfants de moins de 15 ans.

• 3,5 millions de personnes sont atteintes de BPCO, soit 6 à 8 % de la population adulte. Elle touche autant les hommes (55 %) que les femmes (45 %). À 65 ans, un patient qui continue de fumer a 50 % de risque d’avoir une BPCO. Deux tiers des patients ignorent qu’ils sont touchés. Elle est la cause de 17 000 morts par an et devrait être, en 2030, la quatrième cause de mortalité.

Sources : Fondation du souffle, Santé respiratoire France, Inserm, Santé publique France, HAS

 

Troubles respiratoires : du diagnostic au traitement

« Toux persistante, expectoration, encombrement bronchique, fièvre : les signes des infections respiratoires sont quasiment toujours les mêmes. L’essoufflement doit alerter », souligne le Dr Bruno Housset. L’importance d’un diagnostic précoce évite de passer à côté d’une pathologie grave et débouche sur le traitement adapté en diminuant les risques de complication.

Bronchite ou pneumonie ?

Le plus souvent causée par un virus, la bronchite aiguë (toux, expectorations) est la forme la plus bénigne des troubles respiratoires. Sans danger, elle touche les bronches, souvent après un rhume, et évolue spontanément vers la guérison en une dizaine de jours. Elle est donc sans commune mesure avec la pneumonie, une infection pulmonaire dont les premiers symptômes peuvent faire penser à une bronchite, mais qui s’accompagnent de douleurs thoraciques, de râles crépitants, d’une forte fièvre et d’une altération de l’état général. Situées au plus profond des poumons, aux extrémités des bronchioles où ont lieu les échanges gazeux entre l’organisme et l’air extérieur, les alvéoles se remplissent de sécrétions et provoquent une obstruction des voies respiratoires. C’est une maladie principalement infectieuse, virale ou bactérienne, à ne pas prendre à la légère : plus de 80 000 personnes sont hospitalisées chaque année. « Élément clé du diagnostic, une radiographie du thorax ou un scanner pulmonaire permettront de mettre en évidence le foyer infectieux », précise le Dr Bruno Housset. Une infection bactérienne conduira à un traitement par antibiotiques, la bactérie la plus fréquemment mise en cause étant le pneumocoque. En prévention, la vaccination contre le pneumocoque (seuls les enfants sont largement vaccinés) et la grippe, dont la pneumonie peut découler, est recommandée aux personnes âgées de plus de 65 ans et à celles à risque de grippe sévère et compliquée.

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Premiers visés : les nourrissons

Très contagieuse, la bronchiolite est une infection respiratoire virale aiguë atteignant les bronchioles, prolongements des bronches, provoquant une inflammation de leur paroi et une augmentation des sécrétions. C’est l’une des maladies respiratoires hivernales infantiles les plus répandues chez les enfants (environ 30 % des moins de 2 ans chaque année), le plus souvent causée par le virus respiratoire syncytial (VRS) et, parfois, par les virus du rhume. Généralement bénigne et d’une durée de sept à dix jours, la bronchiolite constitue toutefois la première cause d’hospitalisation chez les enfants de moins de 1 an. Légère fièvre, toux, respiration rapide et sifflante (due à la réduction du calibre des bronchioles) sont ses principaux symptômes qui devront conduire chez le médecin dès les premiers signes. Ou à l’hôpital, en cas de détresse respiratoire, de difficulté à manger ou à boire, pouvant entraîner une déshydratation. Outre une bonne hydratation de l’enfant, pour fluidifier les bronches, et le lavage du nez au sérum physiologique, des solutions médicamenteuses peuvent être envisagées, telle « la nébulisation de bronchodilatateurs pour dégager les voies aériennes, la kinésithérapie respiratoire n’ayant pas démontré son efficacité », indique le Dr Bruno Housset. Contrairement à une idée reçue, la bronchiolite n’est pas réservée aux enfants et peut être liée à une exposition à un toxique : « On voit plein de bronchiolites du fumeur qui se traitent par l’arrêt du tabac », ajoute le Dr Frédéric Le Guillou.

Détecter la BPCO le plus tôt possible

Les fumeurs, justement, sont aussi plus enclins à développer une BPCO. Majoritairement provoquée par le tabagisme (dans 80 % des cas), elle se caractérise par une inflammation chronique et une sécrétion de mucus importante, débouchant sur une obstruction des voies respiratoires et une diminution irréversible des débits respiratoires. Très handicapante, cette maladie est sous-diagnostiquée : « Les fumeurs sous-estiment leurs symptômes, souvent banals (bronchites répétées, toux, essoufflement à l’effort), qu’ils attribuent aux effets du tabac et qui s’aggravent insidieusement dans le temps », explique le Dr Frédéric Le Guillou. C’est donc à un stade avancé, généralement après 40 ans, que la BPCO est diagnostiquée. Si elle ne se guérit pas, elle peut être traitée de façon précoce afin de stabiliser la fonction respiratoire. Une épreuve fonctionnelle respiratoire (EFR) permettra de mesurer le souffle et d’évaluer son avancée. Le traitement repose sur la suppression des toxiques déclencheurs (tabac, polluants présents dans certains environnements professionnels…) et sur la combinaison de thérapies médicamenteuses (bronchodilatateur en aérosol, pour ouvrir les bronches et faciliter la respiration, éventuellement associées à des corticostéroïdes anti-inflammatoires, sous forme inhalée) et non médicamenteuses (activité physique, réhabilitation respiratoire). Quand elle n’est pas soignée, la BPCO évolue vers un rétrécissement du calibre des bronches et la destruction des parois des alvéoles pulmonaires (emphysème). Un stade sévère pourra nécessiter une oxygénothérapie permanente.

Asthme sévère : l’avancée des biothérapies

Asthme sévère : l’avancée des biothérapies

Pour soigner l’asthme sévère, les traitements classiques étant insuffisants, on a recours à des biothérapies, « des traitements nouveaux administrés sous forme d’injections sous-cutanées, une ou deux fois par mois, qui réduisent de façon remarquable le nombre d’exacerbations », explique le Dr Bruno Housset. Il s’agit d’anticorps monoclonaux qui empêchent l’activation des cellules pro-inflammatoires. Comme le mépolizumab et le reslizumab, par exemple, qui ciblent l’interleukine 5, une protéine produite en excès par le système immunitaire de certains asthmatiques qui amplifie l’état inflammatoire. L’avenir est aux traitements personnalisés.

 

Contrôler l’asthme au quotidien

Essoufflement, gêne respiratoire, sifflement…, l’asthme est une maladie inflammatoire des bronches multifactorielle, qui « résulte de la rencontre d’une prédisposition génétique et de facteurs environnementaux », résume le Dr Bruno Housset. Pollution oblige, il est en constante augmentation. Les chiffres sont parlants : plus de 95 % des enfants et plus 50 % des adultes asthmatiques déclarent des asthmes d’origine allergique (causés par des allergènes tels les pollens, les moisissures et les acariens). Les polluants atmosphériques et l’air pollué des logements ont un effet aggravant. Exposées à ces différents agents irritants, les bronches réagissent en se contractant et leur paroi s’épaissit en produisant des sécrétions dans les voies aériennes, empêchant l’air de passer (dyspnée). Cependant, « la cause de l’asthme n’est pas toujours identifiée », précise le pneumologue. Pour diagnostiquer cette maladie et suivre son évolution, il est nécessaire de mener un bilan respiratoire qui passe par une EFR et un bilan allergologique. Si certaines personnes allergiques (aux pollens et aux acariens) peuvent faire l’objet d’une désensibilisation, la plupart des asthmes se soignent avec une association de corticoïdes inhalés et de bronchodilatateurs de longue durée, en traitement de fond quotidien, et d’action rapide, à la demande (pour soulager les symptômes lors d’un épisode aigu). Reste que le nombre de patients sans suivi spécialisé est encore trop important : 40 % d’entre eux, suivis par leur médecin traitant, n’auraient pas été orientés vers des spécialistes, pneumologues ou allergologues (Sondage OpinionWay, 2019). Et nombre d’entre eux ne prennent pas correctement leurs traitements. Mal pris en charge, l’asthme peut déboucher sur des crises fréquentes, parfois graves, et une atteinte de la fonction ventilatoire. La forme sévère, qui résiste aux traitements habituels et se caractérise par des symptômes permanents, concernerait environ 5 % des cas.

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Covid-19 : de la vaccination aux antiviraux

Le Covid-19 fait partie des maladies respiratoires aiguës. Si l’infection par le virus SARS-CoV-2 – et ses multiples variants – est à 70 % asymptomatique ou se traduit par une simple infection des voies aériennes, elle débouche, dans 30 % des cas, sur une pneumonie potentiellement grave, pouvant nécessiter une hospitalisation et une oxygénothérapie. Outre la vaccination massive des populations pour prévenir l’infection, la mise sur le marché de pilules antivirales (molnupiravir, Paxlovid), pour ralentir, voire arrêter la progression de la maladie, pourrait changer le cours de la pandémie. Elles seront administrées par voie orale, après les premiers symptômes, aux personnes infectées non vaccinées et exposées à un risque de forme sévère.

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Si le port du masque protège contre les infections, une supplémentation en vitamines est conseillée, notamment à la fin de l’hiver, période à laquelle le risque de développer des carences augmente : vitamine D (sur conseil médical), pour renforcer l’immunité, et vitamine C, pour réduire le stress oxydatif et stimuler les cellules impliquées dans l’élimination des germes. Pour les publics à risque (malades et plus de 65 ans), se vacciner contre le pneumocoque et la grippe reste le moyen le plus efficace d’éviter les infections sévères, susceptibles d’aggraver les maladies respiratoires. Faire contrôler régulièrement ses dents est essentiel, car les germes qui s’accumulent dans la bouche sont inhalés et peuvent déclencher une infection respiratoire.

 

Optimiser son souffle

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une maladie respiratoire, comme l’asthme ou la BPCO, n’est pas antinomique avec la pratique d’un sport. C’est même l’inverse puisque le simple fait de bouger « améliore la pathologie respiratoire et participe à une meilleure condition physique globale, en diminuant la fatigue », explique le Dr Frédéric Le Guillou.

Renforcer les muscles respiratoires

D’une part, pratiquer une activité physique régulière « fait sécréter des molécules anti-inflammatoires qui limitent l’encombrement bronchique », développe notre interlocuteur. D’autre part, elle permet d’augmenter ses capacités cardiaque, pulmonaire et respiratoire. Ainsi, la marche nordique, préconisée en cas de BPCO, fait fonctionner les membres supérieurs, en incitant à se redresser, et renforce les muscles respiratoires, comme le diaphragme, ainsi que les muscles inspiratoires intercostaux externes. À l’inverse, la perte musculaire accentue l’essoufflement. Les pratiques sportives sont adaptées et encadrées. Par exemple, on préconise aux personnes sujettes à l’asthme d’effort, induit par l’exercice et majoré par temps froid et sec, une inhalation de bronchodilatateur 30 minutes avant leur séance pour éviter une crise.

Réponses d'expert : Une prise en charge globale

Réponses d'expert : Une prise en charge globale

Dr Frédéric Le Guillou,
pneumologue et président de l’association Santé respiratoire France

La réadaptation ou réhabilitation respiratoire, qui vise à augmenter la capacité fonctionnelle d’effort, est un programme médical complet qui s’adresse à l’ensemble des patients atteints de pathologies respiratoires chroniques (asthme, BPCO, fibrose). Elle repose sur un entraînement physique, une éducation thérapeutique à la pathologie, des conseils nutritionnels et un soutien psychologique et social qui contribuent à redonner de l’autonomie aux malades. Ce dispositif est encore peu déployé en France et la téléréadaptation, à distance, est en cours de développement.

 

Lutter contre les sources de pollution

« Une autre façon d’entretenir son souffle est d’éviter de s’exposer à des substances toxiques, susceptibles d’aggraver les maladies respiratoires. Une inflammation bronchique chronique forme des brèches dans la muqueuse respiratoire, majorant les risques d’infection », alerte le Dr Frédéric Le Guillou. S’il va de soi que le tabac est à proscrire, il s’agit de traquer, à la maison, les sources de pollution : allergènes (pollens, acariens…) et polluants domestiques (produits ménagers à base de solvants, bougies parfumées, feu de cheminée…). Aérer son logement tous les jours (tôt le matin en cas d’allergie aux pollens) est le minimum requis.

Carole De Landtsheer

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