Les ennemis de votre estomac : troubles digestifs et maladies

Les ennemis de votre estomac : troubles digestifs et maladies

10 mars 2016
De la simple indigestion, fréquente par ces temps de fête, au cancer gastrique, heureusement rare, en passant par l’ulcère et le RGO, tour d’horizon des maladies de l’estomac.

Tout le monde a un jour ou l’autre un mal de ventre, des aigreurs, des remontées acides… ou encore une crise de foie, bref, des problèmes gastriques. Dans tous ces cas, c’est l’estomac qui est en cause, et non le foie ni même la vésicule. Seuls les Français accusent leur foie, partout ailleurs on sait que c’est une indigestion. Après un repas trop copieux, trop gras, trop sucré et/ou trop arrosé, l’estomac tout simplement regimbe. Il n’arrive pas à brasser et à traiter correctement les aliments, grâce au suc gastrique, mélange d’acide chlorhydrique et d’enzymes comme la pepsine, pour les envoyer, réduits en bouillie semi-liquide, vers l’intestin grêle où le travail de dégradation se poursuit. Il peine, se distend et fait mal. Pour y parvenir, il sécrète davantage de suc gastrique. Mais ce suc gastrique en excès, très acide, provoque la fermeture du pylore, sorte de clapet qui d’ordinaire s’ouvre régulièrement pour laisser passer les aliments une fois suffisamment dégradés vers l’intestin. Résultat : l’estomac est trop rempli d’acidités et d’aliments difficiles à digérer. D’où ballonnements, crampes, spasmes, nausées et brûlures, parfois retour à l’envoyeur ! Autre possibilité : les aliments indigestes arrivent péniblement à passer la barrière du pylore, mais l’intestin, à son tour débordé, expulse les résidus en diarrhées désagréables…

Connaître les causes des maladies de l’estomac

Les affections de l’estomac vont du bénin au plus grave. Comprendre pourquoi elles surviennent peut dans certains cas aider à les éviter.

Reflux gastro-œsophagien

Des aigreurs d’estomac, dues à l’excès de suc gastrique, agressif pour la muqueuse interne, peuvent accompagner une indigestion. Si elles se répètent après chaque repas ou se produisent quand on se penche ou qu’on s’allonge, c’est un reflux gastro-œsophagien ou RGO.
Mauvaise communication
Dans la majorité des cas, cette maladie de l’estomac fréquente est sans gravité, mais pénible. Les douleurs épigastriques, à la partie supérieure de l’abdomen, peuvent même réveiller la nuit, quand les sécrétions acides sont au maximum. Normalement, une valve située entre estomac et œsophage, le sphincter œsophagien, laisse passer les aliments et empêche le contenu de l’estomac de remonter dans l’œsophage. Mais elle peut se relâcher sous l’effet du vieillissement, du surpoids (pression exercée sur l’abdomen) ou d’une hernie hiatale (une partie de l’estomac remonte dans la cage thoracique).
Facteurs de risque
Ils sont connus : repas riches en graisses ou bien trop copieux, tabac, café, alcool et certains médicaments (contre l’asthme et l’angine de poitrine notamment), sans oublier le stress.

Ulcère gastrique ou duodénal

Info

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KILOS EN TROP.
Une prise de poids rapide favorise le reflux gastro-œsophagien et la persistance des kilos superflus semble le pérenniser. Une étude américaine montre que grossir de 5 kg ou plus multiplie par 3, voire 4, le risque de RGO.
Les ulcères gastroduodénaux, touchant l’estomac et le duodénum, toute première partie de l’intestin, sont moins courants que le reflux.
Douleurs vives
Les symptômes, douleur juste sous le sternum qui irradie dans le dos, sensation de ballonnement, nausées et vomissements parfois, à tout moment de la journée, ressemblent un peu à ceux du RGO. Mais dans l’ulcère gastrique la douleur est plus vive après les repas et dans l’ulcère duodénal c’est surtout quand l’estomac est vide et manger soulage, la douleur revenant quelques heures plus tard.
Une bactérie en cause
Il y a encore peu, on incriminait le stress. On sait aujourd’hui que la grande majorité des ulcères sont dus à une bactérie particulière, Helicobacter pylori, présente le plus souvent depuis l’enfance sans qu’on le sache. Seules 10 % environ des personnes infectées font un jour un ulcère.
Plus d’acide
Cette bactérie sécrète des substances chimiques qui augmentent la production d’acide gastrique. Les sucs en excès attaquent la muqueuse, l’érodent, finissent par y former des lésions très douloureuses.

Cancer gastrique

Les personnes qui souffrent d’un RGO ou d’un ulcère redoutent souvent d’avoir un cancer de l’estomac et réclament une endoscopie pour en avoir le cœur net. En fait, c’est un cancer rare, avec 8 000 à 9 000 cas par an, qui touche majoritairement les hommes après 70 ans. L’animateur de télé Jean-Luc Delarue en est pourtant mort récemment, à 48 ans, il faut donc y penser en cas de douleurs persistantes, changeantes et résistant aux traitements prescrits.

Réponses d'expert

Réponses d'expert


Professeur BIGARDPr Marc-André Bigard,
Service d’hépato-gastro-entérologie, CHU de Nancy.

Au cours de la grossesse, le fœtus exerce une pression accrue sur l’abdomen tandis que le taux de progestérone augmente fortement, contribuant au relâchement des muscles et facilitant les remontées acides de l’œsophage vers l’estomac.

À quel moment de la grossesse les symptômes du RGO sont-ils les plus importants ? Et pourquoi ?
Au 3e trimestre, car c’est proportionnel à l’augmentation du taux de progestérone. La progestérone sert à dilater l’utérus au maximum en relaxant les muscles : elle dilate au passage le sphincter gastro-œsophagien qui devient moins résistant à la pression de l’abdomen. La place qu’occupe le fœtus exerce également une hyperpression sur l’abdomen, laquelle participe à l’ouverture du sphincter.

Y a-t-il des femmes plus à risque que d’autres ?
Oui, les femmes enceintes de plus de 35 ans présentent plus de risque d’apparition des symptômes de reflux gastro-œsophagien, ainsi que celles qui souffraient déjà de RGO avant leur grossesse.

 

Choisir les bons traitements pour traiter les problèmes gastriques

En cas d’indigestion, c’est simple : faites une petite diète pendant un jour ou deux, buvez beaucoup (eau, tisanes, bouillon de légumes). Mais mieux vaut être prévoyant par ces temps de festins. Demandez conseil à votre pharmacien pour soigner ou éviter ce désagrément : citrate de bétaïne pour aider la motricité gastro-intestinale et accélérer la vidange gastrique ; cholérétiques, certains à base de plantes comme boldo, fumeterre, artichaut, chardon Marie… pour stimuler la sécrétion de bile, donc la digestion des graisses ; préparations à base d’enzymes digestives pour faciliter la dégradation des aliments ; antispasmodiques pour calmer les douleurs.

Soulager le reflux

Modifier son hygiène de vie améliore souvent les symptômes, mais ne permet pas toujours de les supprimer.
Solutions à l’officine
Le pharmacien propose des pansements gastriques pour protéger la muqueuse, à prendre au moment des douleurs et après les repas, des anti-H2 pour bloquer la sécrétion acide ou, si cela ne suffit pas, un médicament de la famille des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), plus puissants.
Grossesse, attention !
Si vous êtes enceinte, précisez-le : seul l’oméprazole, disponible sans ordonnance, peut être prescrit pendant la grossesse. Il régule la production d’acide directement à la source, dans l’estomac. Un comprimé par 24 heures suffit pour soulager efficacement brûlures d’estomac et régurgitations acides.

Médicaments sur ordonnance

Les médicaments habituels soulagent, mais ne guérissent pas et les douleurs réapparaissent. Il est inutile d’insister, consultez votre médecin traitant, d’autant qu’aujourd’hui une biopsie prélevée par endoscopie n’est plus indispensable pour faire le diagnostic d’une infection à Helicobacter pylori. Un test respiratoire à l’urée, simple et rapide, suffit. Si c’est le cas, le traitement comprend trois médicaments : deux antibiotiques pour tuer la bactérie et un IPP plusieurs semaines pour diminuer la sécrétion d’acide et favoriser la cicatrisation. C’est très efficace… à condition de suivre le traitement jusqu’au bout. L’échec peut aussi être dû à des résistances microbiennes aux antibiotiques, le médecin change alors d’antibiotique.

 

Un cancer rare, mais grave

Les signes

Ils sont tout d’abord discrets et ressemblent à ceux d’autres pathologies de l’appareil digestif, douleurs et troubles digestifs, d’où souvent un retard du diagnostic.
À un stade plus avancé s’ajoutent amaigrissement et anémie, puis selles noires, vomissements, jaunisse, ascite (accumulation de liquides dans l’abdomen) et difficultés à avaler. Mieux vaut consulter sans tarder pour le détecter à son tout début, car ce cancer se traite difficilement.

Les examens

Le médecin procède à une palpation à la recherche d’une masse au niveau de l’estomac et de ganglions gonflés sous la clavicule, demande un bilan sanguin, une gastroscopie avec biopsie, voire un scanner ou bien une IRM.

Mesures anti-brûlure

Mesures anti-brûlure

-Prenez des repas légers et fractionnés pour ne pas surcharger l’estomac, évitez les fritures, les plats copieux et gras.
– Limitez café, thé, lait, café ou chocolat au lait qui stimulent la production acide de l’estomac, boissons alcoolisées qui favorisent le relâchement du sphincter entre œsophage et estomac, boissons gazeuses qui provoquent des ballonnements ; évitez épices, agrumes, cornichons, vinaigre agressifs pour la muqueuse.
– Buvez un verre d’eau plate après les repas pour repousser les remontées acides.
– Ne vous allongez pas après les repas ; le soir, attendez au moins une heure avant de vous coucher.
– Ne faites pas d’efforts. Ne vous penchez pas en avant après les repas.
– Surélevez la tête de votre lit pour dormir (cales de 15 cm environ).
– Pas de ceintures ni de vêtements serrés.
– Si vous avez pris du poids, perdez vos kilos superflus.
Evelyne Oudry

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