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HYPNOSE

L’hypnose : ça marche ou pas ?

07 décembre 2017
Hypnose pour dormir, retrouver confiance en soi, se faire opérer : l’hypnotiseur est-il juste à la mode ou vraiment efficace ? Quels sont les pouvoirs réels de l’hypnose ? Comment fonctionne-t-elle ?

 

L’apparition de l’hypnose remonte au XVIIIe siècle, à Vienne, où le médecin Anton Mesmer soignait ses patients en les plongeant dans une sorte de transe en utilisant ce qu’il appelait « le magnétisme animal », un fluide magnétique universel qui pouvait être utilisé à des fins thérapeutiques. Cette pratique, qui connut un grand succès avant d’être rangée pour plusieurs siècles au rayon des charlatanismes de tout poil, connaît un retour en grâce depuis le début du XXIe siècle, et notamment dans la médecine traditionnelle où elle est de plus en plus utilisée comme approche complémentaire pour soulager les malades voire remplacer les anesthésies générales lors d’opérations. Et le plus fort, c’est que ça marche. Mais comment ?

 

Le principe de l’hypnose

Si les professionnels de l’hypnose reconnaissent qu’il est difficile de donner une définition unique ce phénomène, la formule du psychiatre Milton H. Erickson, figure majeure de l’histoire de l’hypnose, qui parle d’un « état modifié de conscience qui privilégie le fonctionnement inconscient par rapport au fonctionnement conscient » met tout le monde d’accord. La transe hypnotique s’apparente à un état de dissociation, où l’on est conscient d’être ici et en même temps ailleurs. Tout un concept, mais que nous utilisons finalement assez souvent sans en être conscient, par exemple lorsque nous sommes « dans la lune » ou que nous laissons nos pensées divaguer tout en accomplissant une tâche. L’hypnose vise à provoquer et à amplifier cet état de transe dissociée, dans lequel nous sommes capables de modifier notre rapport à une croyance, une peur, une douleur, une addiction, un épisode traumatique, etc… grâce aux suggestions de l’hypnotiseur.

 À lire aussi : Entre méditation et thérapie, l’hypnose intrigue

 

Que se passe-t-il dans le cerveau lors d’une séance d’hypnose ?

C’est là où ça devient très intéressant (enfin, ça l’était déjà avant, mais vous avez compris l’idée), c’est que les progrès en imagerie permettent de voir ce qui se passe à l’intérieur du cerveau pendant une séance d’hypnose. En 1999, le neurologue Pierre Maquet compare les circuits cérébraux qui se dessinent chez des personnes éveillées à qui l’on demande d’évoquer un souvenir, et réitère avec les mêmes personnes sous hypnose. Et là, c’est bluffant. Les aires du cerveau correspondant à la motricité, la vision et les sensations s’activent chez les sujets sous hypnose comme s’ils étaient réellement en train de bouger, sentir, voir… bref, vivre leur souvenir, ce qui n’est pas le cas lorsqu’ils sont en état de conscience ordinaire.

D’autres travaux menés en 2016 par les chercheurs de Stanford, en Californie1, ont montré que le cortex cingulaire antérieur, qui participe au tri des informations qui parviennent au cerveau, a une activité réduite lors de la transe hypnotique, ce qui laisse supposer que les informations ne sont plus hiérarchisées sous hypnose. Les mêmes travaux ont également montré une déconnexion entre les actions réalisées et la conscience que l’on en a, ce qui explique pourquoi les sujets hypnotisés acceptent de se livrer aux activités suggérées par l’hypnotiseur sans réticences.

 

L’hypnose utilisée à l’hôpital

Le regain d’intérêt porté à l’hypnose vient de celui que lui porte la médecine traditionnelle depuis plusieurs années. L’hypnose est en effet une approche complémentaire de plus en plus utilisée pour soulager la souffrance et en appoint au bloc opératoire. C’est-à-dire ? Le CHU de Liège a été pionnier sur les techniques d’opération sous hypnosédation, qui combine une anesthésie locale, des sédatifs et un état hypnotique, avec des résultats très convaincants tant pour les soignants que les patients, qui déclarent rester conscients sans ressentir la douleur. Certaines maternités proposent désormais des accouchements sous hypnose, et la technique s’est étendue à l’accompagnement des soins douloureux et des maladies chroniques. Ainsi, le CHU de Nîmes réalise désormais régulièrement des coloscopies sous hypnoanalgésie, et l’institut Curie à Paris, spécialisé dans le cancer du sein, propose d’opérer les patientes sous hypnosédation. Son utilisation se développe aussi en pédiatrie de manière intéressante, et il y a fort à parier que ce n’est qu’un début.

 À lire aussi : Interview « J’ai subi une intervention chirurgicale sous hypnose »

 

Retrouver le sommeil ou la confiance ou soi : qu’est-ce que l’hypnotiseur peut vraiment pour moi ?

Si à l’hôpital, les usages de l’hypnose commencent à se codifier, en ville c’est une autre histoire. Les cabinets d’hypnose fleurissent, avec des promesses aussi variées que les besoins des patients. Arrêt du tabac, retrouver sa confiance en soi, se libérer d’une phobie, apprivoiser un traumatisme, perdre du poids, sortir d’une addiction : autant de sujets sur lesquels l’hypnose s’avère efficace, souvent en une seule séance. Certains sportifs de haut niveau l’utilisent pour doper leur performance, accélérer leur guérison en cas de blessure ou renforcer leur mental de champion. Aujourd’hui, il n’existe pas de contre-exemple qui vient tempérer les succès de l’hypnose dans ces différents champs, si l’on exclue les 5% de la population réfractaires à l’hypnose. Mais il y a tout de même un mais.

 À lire aussi : L’hypnose, pourquoi pas vous ?

 

L’hypnose est-elle dangereuse ?

À cette question, les différentes études menées permettent de répondre par la négative. En revanche, l’expérience montre que certains utilisent l’hypnose à des fins douteuses, pour obliger une personne à lui donner son code de carte bleue, provoquer une amnésie à l’insu de la personne ou modifier ce qu’elle pense être ses souvenirs. Ces cas sont très rares, mais suffisent à alimenter le fantasme d’un hypnotiseur tout puissant que l’on répugne à laisser accéder à l’intimité de notre cerveau. En matière de transe hypnotique, la conclusion pourrait donc être : l’essayer oui, mais bien accompagné.

Pour aller plus loin :

Pour aller plus loin :

 

  1.  Altered during hypnotic trances, Stanford Medecins News Center, 28 july 2016.
Clémentine Garnier

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