rectocolite

L’essentiel à connaître sur les MICI

14 décembre 2017
La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique sont deux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Elles touchent près de 200 000 Français mais restent méconnues, voire taboues. Zoom sur leurs causes, symptômes et traitements.

 

Les MICI, ou maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, regroupent deux pathologies : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Elles sont dues à une réponse disproportionnée des bactéries de la flore intestinale, qui réagissent à une agression imaginaire. Le mécanisme de défense qui élimine d’ordinaire les agents pathogènes ou toxiques provoque alors une inflammation de la paroi du tube digestif. Elles évoluent par poussées, dont la fréquence et l’intensité varient selon les patients, avec de possibles phases de rémission. Les traitements existants ne les soignent pas, mais permettent de contrôler les symptômes afin de retrouver une qualité de vie satisfaisante.

 

Quelles différences entre les MICI ?

La maladie de Crohn peut toucher l’ensemble du tube digestif, même si les lésions apparaissent le plus souvent dans l’intestin, tandis que la rectocolite hémorragique (RCH) se localise au niveau du rectum et du côlon, avec des lésions moins profondes et des saignements plus abondants. Les lésions provoquées par la maladie de Crohn peuvent entraîner des fistules (l’ouverture de l’intestin vers un autre organe), ce qui nécessite une intervention chirurgicale.

 

Les symptômes caractéristiques des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

Les MICI ont en commun les mêmes symptômes lors des poussées inflammatoires : des diarrhées, parfois sanglantes, et des douleurs abdominales. Elles peuvent aussi causer des fissures ou abcès au niveau de l’anus. S’y ajoutent des symptômes annexes : fatigue extrême, fièvre, problèmes articulaires, oculaires, cutanés, etc…

L’évolution des MICI est très variable selon les patients, et c’est la répétition et l’intensité des crises qui orientera vers un diagnostic de MICI. Plusieurs critères sont nécessaires pour l’établir. Un bilan biologique permet de détecter une éventuelle inflammation et la présence de marqueurs spécifiques des MICI. Ensuite, une endoscopie digestive est menée en introduisant une sonde dans l’appareil digestif pour rechercher les lésions et faire des prélèvements. D’autres techniques de pointe sont utilisées pour étudier des zones précises du tube digestif.

 À lire aussi : MICI, comment préserver la qualité de vie ?

 

Les chiffres clés sur les MICI

Ces maladies, qui restent tabou et méconnues, touchent environ 2.5 millions de personnes dans le monde, et autour de 200 000 en France. 120 000 patients souffrent de la maladie de Crohn et 80 000 de rectocolite hémorragique. Si elles peuvent se déclencher à n’importe quel âge, elles se déclarent le plus souvent entre 20 et 30 ans, et 15% des cas concernent des enfants…

Depuis 1945, les MICI ont connu une forte progression en Europe et aux Etats-Unis, mais semblent se stabiliser en France depuis quelques années, avec 5 000 à 6 000 nouveaux cas par an. Elles progressent de manière exponentielle dans les pays en voie d’industrialisation, notamment en Afrique et en Asie.

 À lire aussi : Les MICI, maladies de la jeunesse

 

Les causes de la maladie de Crohn et de la rectocolite hémorragique

Le fait que les MICI touchent surtout les pays industrialisés laisse soupçonner une influence des facteurs environnementaux. Un gène de susceptibilité a été identifié dans les formes familiales de la maladie de Crohn, mais elles ne représentent qu’un patient sur 5. Face à la progression des MICI dans les pays en voie d’industrialisation, la pollution, le mode de vie, les mauvaises habitudes alimentaires et le stress sont montrés du doigt, mais leur rôle de facteurs de risque n’a pas encore été démontré scientifiquement.

Certains défendent une thèse hygiéniste, basée sur l’idée qu’une hygiène trop méticuleuse pendant l’enfance empêcherait le tube digestif de s’adapter à certaines bactéries, provoquant une réaction disproportionnée à l’âge adulte : aujourd’hui, rien n’a été prouvé non plus. On sait en revanche que le tabagisme favorise la maladie de Crohn… mais qu’il protège de la rectocolite hémorragique.

 

Les traitements d’aujourd’hui et de demain contre les MICI

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ne se soignent pas (encore). Il est possible de traiter les poussées symptomatiques, voire de les espacer grâce à un arsenal thérapeutique qui réunit des corticoïdes (de moins en moins utilisés en raison de leurs effets secondaires), des immunomodulateurs (qui stoppent les crises et limitent l’apparition de lésions), et de la chirurgie si nécessaire (pour retirer une partie du tube digestif).

De nouvelles biothérapies, mieux tolérées, sont en cours de développement, ainsi qu’un nouveau traitement très prometteur utilisant le mongersen (un oligonucléotide) et diminuant la production de cytokine, une molécule pro-inflammatoire. Les premiers essais cliniques menés sur des malades atteints de la maladie de Crohn ont abouti à une rémission dans 65% des cas au bout de 3 mois1, un résultat jamais obtenu par le passé.

Des travaux récents ont aussi montré que le microbiote intestinal semble jouer un rôle dans l’inflammation des MICI, en raison d’un déséquilibre de la flore. Cette hypothèse s’appuie notamment sur la présence chez 40% des patients d’une nouvelle famille d’Escherichia Coli, plus invasive que les souches habituelles : des essais cliniques visant à rétablir l’équilibre de la flore intestinale sont en cours.

 À lire aussi : Un nouvel espoir sur le front des MICI

 

1 – Mongersen, an Oral SMAD7 Antisense Oligonucleotide, and Crohn’s Disease, 2015

Clémentine Garnier

Le choix de la rédac

Pour une peau hydratée et protégée !

Visage

Pour une peau hydratée et protégée !

Il devient indispensable !

Pour une rentrée dynamique et sereine

Compléments alimentaires

Pour une rentrée dynamique et sereine

Les compléments alimentaires vous accompagnent

Petits tracas, grandes solutions

Petits maux

Petits tracas, grandes solutions

Finis, les petits maux de l’été !

L’année des méduses ?

Autres

L’année des méduses ?

Anti-piqûres et protection solaire