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CANCERS MASCULINS

Les cancers au masculin

05 mars 2017
Les hommes sont plus souvent touchés par le cancer que les femmes. En grande partie à cause du tabagisme et de la consommation de boissons alcoolisées qui sont davantage l’apanage du sexe dit fort.

 

Dans l’année 2015, 385 000 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés en France métropolitaine, mais les deux sexes ne sont pas touchés de manière égale. Les hommes sont plus nombreux : 211 000 contre 174 000 femmes. Le taux de mortalité est également deux fois plus élevé chez le sexe dit fort : 159 décès pour 100 000 hommes et 79 « seulement » pour 100 000 femmes. Ils en meurent aussi plus tôt : à 73 ans en moyenne contre 77 ans pour le sexe féminin. En France, le cancer constitue d’ailleurs la première cause de décès chez l’homme (33 %) mais la deuxième cause chez la femme (24 %).

Négligence et cigarette

Cette différence entre les deux sexes s’explique très bien. Tout d’abord, les hommes prennent globalement moins soin de leur santé. Entre négligence et désintérêt pour ce qui touche à la santé et à la médecine, ils ont souvent du mal à reconnaître et à évoquer leurs troubles, les sous-estiment et consultent moins que les femmes. La grande majorité ne se fait d’ailleurs pas suivre régulièrement par un médecin. Pas étonnant, dans ces conditions, que les diagnostics soient plus tardifs et les cancers plus avancés. Par voie de conséquence, les traitements sont moins efficaces et le pronostic forcément moins bon.

Mais la raison no 1 du plus grand nombre de cas de cancers chez l’homme est le tabagisme. C’est la première cause – directe de surcroît – du cancer du poumon, mais pas seulement. Il provoque aussi des cancers des voies aéro-digestives supérieures (lèvres, bouche, gorge) et, on le sait encore trop peu, accroît le risque de quasi tous les types de cancers.

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Des buveurs excessifs

La consommation de boissons alcoolisées – également plus masculine que féminine – est la deuxième grande explication. L’Institut national du cancer (INCa) estime aujourd’hui que, chez l’homme, près d’un cancer sur dix lui est imputable. Cette différence avec les femmes n’est pas près de s’annuler puisqu’en France, chez les jeunes de 17 ans, les garçons boivent trois fois plus de boissons alcoolisées (17,5 %) que les filles (6,8 %)… Autre explication de ce décalage : les hommes mangent en général plus de graisses saturées que les femmes et souffrent davantage d’obésité abdominale, or ce sont également des facteurs de risque de cancer.

 

Deux organes à risque

Si le cancer du testicule et celui de la prostate sont spécifiquement masculins, le premier survient chez les hommes jeunes et le second autour de 70 ans le plus souvent.

 

Les femmes ont « leurs » cancers – du sein, du corps ou du col de l’utérus et des ovaires – et les hommes, les cancers du testicule et de la prostate. Deux cancers bien différents par leur nombre, l’âge de leur apparition et leur gravité.

Le cancer du testicule : de bon pronostic

Avec 2 300 cas enregistrés en 2015, en France, c’est un cancer rare. Mais il représente tout de même près d’un tiers des cancers de l’homme jeune (de 15 à 35 ans) et il est en forte augmentation dans les pays occidentaux. Sans doute à cause de l’usage de pesticides et de perturbateurs endocriniens. Il peut être découvert de manière fortuite, par exemple lors d’un examen d’échographie réalisé pour un problème de fertilité. Mais, dans la grande majorité des cas, c’est une masse palpable ou une augmentation soudaine du testicule qui alerte. L’ablation partielle ou totale du testicule atteint (orchidectomie) et, si nécessaire, un traitement complémentaire donnent de bons résultats. C’est du reste le cancer qui se guérit le mieux (à 99 % s’il est localisé). Seul problème : un risque d’infertilité, mais avant l’opération le recueil du sperme est systématiquement proposé.

Cancer de la prostate : le plus fréquent

En raison du vieillissement de la population, le cancer de la prostate – une glande grosse comme une châtaigne située sous la vessie – est le plus fréquent en France, avec 54 000 cas par an. La plupart du temps, il évolue peu et reste longtemps localisé avant d’essaimer dans l’organisme. Une « surveillance active » est donc souvent suffisante. Mieux vaut cependant ne pas penser que le besoin fréquent d’uriner et des jets d’urine faibles – dus à l’augmentation de volume de la prostate – sont toujours liés au vieillissement. C’est très souvent le cas et on parle alors d’adénome de la prostate (ou hypertrophie bénigne de la prostate). Mais comme les symptômes sont les mêmes quand le cancer commence à évoluer, il faut consulter au cas où. Et, même sans ressentir de symptôme, se faire suivre régulièrement à partir de 50-55 ans. À l’aide d’un dosage sanguin du PSA (antigène prostatique spécifique), une substance produite par la prostate. Et d’un toucher rectal réalisé par le médecin qui permet de palper la glande et de vérifier son volume. Si la surface est irrégulière, indique des nodules ou si sa consistance est dure, le médecin suspecte un cancer mais rassure. En 25 ans, le taux de guérison s’est en effet amélioré grâce aux progrès de la chirurgie, de la radiothérapie, de la chimiothérapie et de l’hormonothérapie.

 À lire aussi : Dépister à temps le cancer de la prostate

 

Témoignage : Une forme agressive du cancer de la prostate

Témoignage : Une forme agressive du cancer de la prostate

Mon frère avait 60 ans quand son cancer de la prostate a été diagnostiqué. C’était un peu jeune et, contrairement aux cancers de la prostate qui surviennent à un âge plus avancé et évoluent lentement, le sien était déjà métastasé alors qu’un an avant son taux de PSA était normal. Les traitements successifs ont fait régresser un temps les métastases et soulagé les douleurs osseuses, au prix d’effets secondaires parfois difficiles à supporter, mais ne l’ont pas guéri. Depuis, nous savons qu’il existe cinq sous-types de cancers de la prostate avec des profils génétiques différents et que leur agressivité est plus ou moins importante. Le sien était une forme rapidement agressive…

Étienne, 55 ans

 

Poumon, VADS, vessie…

En corrigeant leur mode de vie, les hommes pourraient éviter un très grand nombre de cancers, en particulier broncho-pulmonaires, de la vessie et des voies aéro-digestives supérieures.

 

Sur les 40 000 Français touchés par le cancer du poumon en 2015, plus de 30 000 étaient des hommes et 21 000 en sont morts à un âge relativement jeune (68 ans en moyenne). Chez le sexe masculin, c’est le deuxième cancer en nombre (derrière celui de la prostate) mais le plus meurtrier. Le nombre de femmes atteintes est encore inférieur (11 000 cas et 8 000 décès annuels) mais les chiffres grimpent…

À bas le tabac

La responsabilité d’une exposition professionnelle à certaines substances – rayonnements ionisants, goudrons, radon, amiante, hydrocarbures… – dans le développement du cancer broncho-pulmonaire est maintenant reconnue et des mesures de protection contre ces risques ont été prises. Mais les deux types de cancer du poumon, à petites cellules comme « non à petites cellules », sont dans leur grande majorité dus à la cigarette, donc évitables.

Le risque augmente avec la quantité de cigarettes fumées mais l’ancienneté du tabagisme compte beaucoup. Contrairement à ce que l’on croit encore, les cigarettes « light » ne sont pas moins nocives. Leur teneur en nicotine et en goudron est plus faible mais les fumeurs qui en consomment ont tendance à « tirer » plus fort et plus souvent sur leurs cigarettes. La fumée ainsi inhalée pénètre plus profondément. Bref, stop aux cigarettes, au narguilé, à la pipe et au cannabis, plus riche en goudron que les cigarettes et dont la fumée contient de nombreuses substances cancérigènes. N’attendez pas l’apparition des premiers symptômes : toux persistante, bronchites et pneumonies répétées, voix enrouée ou voilée, crachats contenant du sang… Le cancer reste en effet longtemps silencieux et est très souvent diagnostiqué tard, d’où une perte de chances. Une note optimiste toutefois : le taux de guérisons progresse, notamment grâce aux thérapies ciblées.

 À lire aussi : Le cancer du poumon

 

Cunnilingus et fellation, attention au virus HPV (papillomavirus humain)

Les cancers des voies aéro-digestives supérieures (VADS) – bouche, langue, joues, palais, amygdales, pharynx, fosses nasales, sinus, larynx – sont aussi bien plus fréquents chez les hommes. En France, sur les 14 700 nouveaux cas enregistrés en 2015, plus de 72 % étaient masculins. Là encore, le principal facteur de risque est le tabac (80 % des cas). Une consommation excessive d’alcool joue également un rôle en renforçant les effets toxiques du tabac. Fumer et boire beaucoup décuple ainsi les risques. Par ailleurs, le cancer des sinus peut être causé par l’exposition professionnelle à la poussière de bois, à la colle et aux solvants. Mais le facteur de risque le plus inquiétant aujourd’hui est le virus HPV (papillomavirus humain). Le nombre de cas de cancers de la bouche et de la gorge dus à ce virus a en effet explosé dans les pays occidentaux à cause du développement des pratiques sexuelles bucco-génitales (fellation, cunnilingus). Le HPV, en cause dans le cancer du col de l’utérus, peut ainsi infecter la bouche et la gorge du partenaire. Les hommes sont les plus touchés, aussi certains pays comme le Canada recommandent-ils de vacciner les garçons comme les filles puisqu’il existe un vaccin anti-HPV…

 

Réponses d'expert : Cancers des voies aéro-digestives supérieures (VADS) : consulter sans attendre

Réponses d'expert : Cancers des voies aéro-digestives supérieures (VADS) : consulter sans attendre

ANTOINE MOYA-PLANADr ANTOINE MOYA-PLANA
Chirurgien ORL (département de Cancérologie cervico-faciale, Institut Gustave-Roussy, Villejuif)*

La principale difficulté de la prise en charge des cancers des voies aéro-digestives supérieures réside dans le fait que les symptômes sont d’une banalité déconcertante. En effet, ils sont ressentis plusieurs fois dans l’année et peuvent s’apparenter à un rhume, une rhino-pharyngite ou encore un épisode viral bénin. Douleur à l’oreille de type otite, problème de déglutition, écoulement nasal d’un seul côté, voix enrouée de manière chronique, nez bouché… La durée du ou des symptômes ORL est le facteur qui doit impérativement alerter. S’il(s) persiste(nt), s’aggrave(nt) ou ne régresse(nt) pas au-delà de trois semaines, il faut sans tarder consulter son médecin.

*Campagne « Prendre le cancer à la gorge », septembre 2016.

 

Réagir vite face à un cancer de la vessie

Autre cancer (trois fois) plus fréquent chez l’homme – après 50 ans – que chez la femme : le cancer de la vessie. Parce qu’il est surtout favorisé par le tabac et, dans une moindre mesure, par l’utilisation de toxiques en milieu professionnel. Mais même cause, mêmes effets : les cas enregistrés chez les femmes augmentent. Les signes qui doivent inciter à consulter rapidement sont : du sang dans les urines, des envies fréquentes et pressantes d’uriner, des brûlures urinaires persistantes, une douleur en bas du dos. Si la tumeur est superficielle, une résection par endoscopie suffit, suivie d’instillations de mitomycine ou de BCG pour éviter des récidives. Si le cancer est infiltrant, c’est plus difficile mais la recherche avance et un nouveau médicament d’immunothérapie vient d’obtenir son autorisation aux États-Unis.

Cancer du sein : eux aussi

Les seins des hommes sont certes moins développés que ceux des femmes mais une tumeur peut s’y développer. Le plus souvent après 60 ans, en cas d’antécédents familiaux chez les proches (hommes ou femmes), de prédisposition génétique, de gynécomastie (développement exagéré des seins). Ou de cirrhose du foie qui fait augmenter le taux d’œstrogènes et baisser le taux d’androgènes. Les symptômes sont sensiblement les mêmes que chez les femmes mais trop fréquemment négligés. Or, comme chez elles, les chances de guérison sont plus élevées quand le diagnostic et le traitement sont précoces. Le cancer du sein est néanmoins rare chez l’homme (0,5 % de tous ses cancers).

 

Evelyne Gogien

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