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La lenteur, clé du bonheur ?

La lenteur, clé du bonheur ?

21 juin 2018
Dans notre société qui a fait de l’urgence un mode de vie, on constate une perte de sens, une impatience de chaque instant qui nous empêche de profiter de la richesse de l’instant présent. Comment se manifeste la maladie du temps ? Pourquoi est-on toujours si pressé ? Quel est le coût à payer ? Comment appuyer sur le frein et changer sa manière de vivre ?

 

C’était quand la dernière fois que vous êtes restés plus de 30 secondes sans rien faire ? Que vous avez contemplé le ciel / une fleur / le vide sans penser à rien de particulier ? Que vous vous êtes installés dans une salle d’attente sans allumer aussitôt votre smartphone ? Longtemps, n’est-ce pas ? L’urgence est devenue une injonction permanente, alimentée par le mythe du dépassement de soi et de la performance à tout prix.

On affiche fièrement un agenda surbooké, on se félicite d’avoir accompli une tâche « vite fait bien fait », on consacre une grande somme d’énergie à la recherche de solutions qui nous font – supposément – gagner du temps. Mais du temps pour quoi faire ? Pas pour notre bien-être, si l’on en croit la quantité de burn-out et autres dépressions qui jalonnent les parcours des uns et des autres.

 

La « maladie du temps », ce mal des temps modernes ?

En 1982, le médecin américain Larry Dossey a théorisé le concept de « maladie du temps ». Derrière cette expression se cache le sentiment largement répandu dans nos sociétés occidentales que le temps est une denrée rare, qui s’écoule vite, et dont nous devons profiter jusqu’à la moindre miette. Cela provoque une impatience permanente nourrie par la crainte de perdre justement une ou plusieurs de ces précieuses secondes, nous poussant à passer d’une tâche à l’autre, voire à en faire plusieurs en même temps, afin d’optimiser sans relâche ce temps limité dont nous disposons dans l’illusion que l’on va parvenir à l’étirer.

 

Les mirages de la rapidité

Derrière cette obsession de la rapidité, se cachent des fantasmes vieux comme le monde, que la digitalisation massive semble transformer en réalité. L’hyperconnexion donne l’illusion d’une certaine omnipotence, de la capacité à se démultiplier et à accomplir plusieurs tâches en même temps, et quelque part, offre un mirage séduisant de maîtrise du temps. On l’optimise, donc on ne le perd pas. Sauf que… Le prix à payer pour cette exigence de rapidité est lourd.

À force de vouloir aller toujours plus vite, nous sommes déconnectés de notre horloge biologique et soumis à un stress constant, néfaste à notre santé sur le long terme. Notre alimentation industrialisée échappe aux rythmes de la nature, avec les dangers dont nous commençons tout juste à prendre conscience. Nos relations sociales et familiales s’appauvrissent, entrecoupée de notifications, de rendez-vous, de snaps et autres selfies nous faisant exister dans un autre espace-temps que celui où nous nous trouvons ici et maintenant. En bref, on va dans le mur !

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Pourquoi décider de devenir lent ?

Si vous vous demandez encore pourquoi vous devriez lever le pied de l’accélérateur, nous vous invitons à relire la célèbre fable de La Fontaine Le Lièvre et la Tortue, qui nous rappelle que rien ne sert de courir, il faut partir à point. Si l’on y réfléchit, l’objectif n’est pas de gagner du temps, mais plutôt de l’occuper intelligemment. C’est-à-dire faire des choix, réfléchir à ses priorités, et s’organiser pour consacrer plus de temps aux choses importantes, et éliminer celles qui ne nous apportent rien. Gros concept, on est d’accord.

Dans son ouvrage Eloge de la lenteur (éditions Marabout, 2013), le journaliste Carl Honoré présente différents modèles où la lenteur est reine et le succès quand même au rendez-vous. Il appuie ses réflexions sur des fondements scientifiques, notamment sur le constat fait par les spécialistes du cerveau que nous disposons de deux modes de pensées. La pensée rapide, logique, fonctionnelle, pragmatique, qui répond dans un temps court à des problèmes précis. C’est le mode de pensée dominant dans notre environnement professionnel et la routine du quotidien. Et nous avons aussi une pensée lente, primitive, intuitive et surtout créative, qui fait surgir une idée inattendue à un moment où on ne l’attendait pas, après avoir suivi son petit bonhomme de chemin en coulisses. C’est à cette pensée qu’il est important de redonner de l’espace et du temps pour s’exprimer, si l’on ne veut pas se retrouver ficelé comme un vieux saucisson sec dans nos habitudes.

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Comment transformer un lièvre en tortue ?

Concrètement, cela ne se fera pas en un jour. Devenir lent ne s’improvise pas, et nécessite de revoir en profondeur ses habitudes, son mode de vie et surtout sa manière de penser. Première étape : identifier, dans sa vie professionnelle et personnelle, ses objectifs principaux à long terme. Obtenir une promotion ? Consacrer plus de temps à ses enfants ou ses amis ? Préparer une reconversion ? Perdre du poids ? Une fois ces objectifs fixés, on enclenche la deuxième étape, celle des choix. On prend son agenda, et pour chacun des rendez-vous et activités des prochaines semaines, on s’interroge sur leur cohérence avec nos objectifs, et on supprime ceux qui ne les servent pas. Sans culpabilité, car l’énergie et le temps que vous libérez pourront être réinjectés dans des activités et des relations qui vous tiennent vraiment à cœur.

Troisième étape : on intègre progressivement des exercices de relaxation dans son quotidien. En s’obligeant à faire des pauses plusieurs fois dans la journée où l’on écoute sa respiration pendant cinq, puis dix, puis vingt secondes, etc… jusqu’à ressentir une sensation de calme nous envahir. Et surtout, à lorsqu’on a un moment « à tuer », plutôt que de se ruer sur son smartphone et éplucher le fil Instagram de semi-inconnus, on lève les yeux et on s’intéresse à ce qui nous entoure. On se nourrit de l’instant présent. On profite pleinement du plaisir d’être là, attentif à ce qui nous arrive, à nos sensations et à notre état d’esprit. On se ressource afin de recharger sa capacité de concentration et d’attention pour la suite de notre journée.

Vous voilà convaincus ? Trois, deux, un : ralentissez !

À lire pour aller plus loin

À lire pour aller plus loin

ÉLOGE DE LA LENTEUR, de Carl Honoré, éditions Marabout (2013, 288 pages, 6,50 €), une enquête qui décrypte les mécanismes de la rapidité érigée comme mode de vie et les modèles où la lenteur a montré ses vertus.

RALENTISSEZ – CHOISIR LA LENTEUR ET RÉAPPRENDRE À VIVRE, de Stéphane Szerman, Isabelle Gravillon, Delphine Le Guerinel, éditions Dunod (2018, 176 pages, 14.90 €), un manuel qui mêle conseils et exercices pour décélérer.

 

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Clémentine Garnier

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