AIL NOIR
paracetamol

Le paracétamol est-il sans aucun danger ?

15 décembre 2016
Médicament le plus largement consommé au monde, le paracétamol garde intacte une partie de son mystère. Préconisations, risques, associations : on fait le point.

 

Le paracétamol a été commercialisé en 1953 et d’emblée présenté comme un concurrent majeur de l’aspirine. Pourtant s’il est bien antalgique (antidouleur) et antipyrétique (antifièvre), le médicament est peu anti-inflammatoire (contrairement à l’aspirine) et ne fait pas saigner (il n’agit pas sur l’agrégation des plaquettes). Plus de soixante ans après, ce médicament reste, à bien des égards, une énigme. Comment fonctionne-t-il ? Sur quoi sa spécificité par rapport aux autres antidouleurs repose-t-elle ? Est-il si anodin pour être devenu le premier médicament vendu en pharmacie, et de loin… ?

 

Les différentes formes du paracétamol

Un de ses paradoxes est que le paracétamol n’est pas disponible sous forme générique, bien qu’il existe plusieurs dizaines de spécialités disponibles et qu’il soit popularisé sous des noms très connus : Doliprane, Dafalgan, Efferalgan, etc. Présenté sous forme de comprimés, de gélules, sachets de poudre soluble, etc., le paracétamol a trouvé une nouvelle jeunesse avec une forme injectable (Perfalgan), particulièrement prisée en milieu hospitalier, pour le traitement des douleurs postopératoires.

 

Les risques du paracétamol

Le paracétamol est associé à une toxicité hépatique sévère en cas d’abus (plus de 4 g par jour) ou d’association à l’alcool. Cette toxicité est liée au fait que l’alcool est détoxiqué par le foie selon le même mécanisme que le paracétamol. En cas d’absorption d’alcool, en particulier de manière chronique, les capacités épuratrices du foie pour le paracétamol sont épuisées, et des hépatites fulminantes potentiellement mortelles peuvent survenir. La grande presse s’est fait largement l’écho d’une publication britannique indiquant, après une revue de la littérature, une majoration des risques cardiovasculaires, digestifs, hémorragiques ou encore rénaux chez les patients recevant ce médicament. Il convient toutefois de souligner les insuffisances méthodologiques de ce travail qu’il est difficile de retenir comme concluant, même s’il convient de rester prudent devant des prescriptions de longue durée (plus de trois semaines).

 

Quand prendre du paracétamol ?

Dans les douleurs légères à modérées, le paracétamol est proposé en première intention en raison d’une sécurité d’emploi satisfaisante. La posologie usuelle est de 500 mg à 1 g par prise, à renouveler en cas de besoin après un intervalle de quatre heures. Il n’est généralement pas nécessaire de dépasser 3 g par jour. Cependant, même si l’efficacité peut, dans certains cas, être améliorée avec l’augmentation de la dose quotidienne jusqu’à 4 g, la posologie ne doit pas dépasser 3 g par jour chez les adultes de moins de 50 kg, en cas d’atteinte hépatique, d’alcoolisme chronique, de malnutrition chronique, de déshydratation, ou d’insuffisance rénale sévère. Il est également recommandé de ne pas dépasser 3 g par jour chez le sujet âgé. Il est par ailleurs possible de l’utiliser de façon ponctuelle au cours de la grossesse.

 À lire aussi : Automédication, prenez bien vos médicaments

 

Peut-on associer le paracétamol à d’autres médicaments ?

Sa faible toxicité justifie que le paracétamol ait été associé à d’autres médicaments comme la codéine et le tramadol (antalgiques de palier 2) afin de renforcer son action. Ces associations peuvent être proposées à faible dose, en augmentant progressivement la posologie pendant une semaine à dix jours pour éviter la survenue d’effets indésirables (nausées, somnolence). Le traitement doit être réévalué après une semaine. En fonction de l’efficacité et de la tolérance, la dose du traitement antalgique de palier 2 est augmentée progressivement et la dose du complément de paracétamol diminuée en conséquence.

Le paracétamol reste, à ce jour, l’antalgique de référence, à privilégier en première intention par rapport aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. Son efficacité est démontrée et les risques minimes (en dehors du risque hépatique avec des fortes doses ou lors de surdosage). Quel paradoxe que le mécanisme d’action de ce médicament, le plus largement consommé dans le monde, n’ait toujours pas été révélé… Le mystère demeure !

À lire également : Qu’est-ce que l’effet placebo ?

 

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