acné

L’acné

18 septembre 2016
Après l’été, les boutons d’acné refleurissent de plus belle… Tout sur cette maladie de l’adolescence, les moyens d’en venir à bout, de prendre soin de la peau et de masquer les lésions.

 

Hormis bien sûr pour les 10 à 20 % de chanceux qui y échappent, l’acné est souvent mal vécue par les adolescents. Dans 15 % des cas, les boutons sont nombreux, enflammés, infectés et vraiment inesthétiques. Mais même quand l’acné est modérée, elle entraîne complexes et souffrances psychologiques et complique les relations avec les autres à une période de la vie déjà difficile.

 

Le soleil : faux ami de l’acné

Malgré la fréquence de l’acné, trop d’idées reçues et fausses circulent encore à son propos. Et les adolescents, premiers concernés (mais aussi leurs parents), font des erreurs pour prendre soin de leur peau et traiter points noirs, microkystes ou papules. Première croyance : le soleil guérit l’acné. En fait, c’est un faux ami. L’exposition solaire exerce certes un effet antibactérien, diminue l’inflammation à l’origine des boutons et, dans un premier temps, les assèche. Mais cette amélioration ne dure pas et le soleil a finalement un effet nocif. Car, pour se protéger des rayons solaires, la peau s’épaissit, les pores se bouchent et le sébum – sécrété abondamment à l’adolescence – ne peut plus s’écouler. À la rentrée, fini l’effet anti-inflammatoire du soleil, la sécrétion de sébum se réveille, l’inflammation repart de plus belle et les lésions flambent. D’où l’afflux d’adolescents chez les dermatologues dès le mois de septembre…

L’alimentation innocentée : le chocolat et la charcuterie ne donnent pas de boutons

Chiffre

Chiffre

Environ 80 % des adolescents souffrent d’acné et 15 % d’entre eux ont des lésions importantes.
(Source : Société française de dermatologie.)
Deux autres idées erronées ont la vie dure. L’acné serait due à une mauvaise hygiène. C’est faux. Au contraire, les adolescents ont tendance à décaper trop leurs lésions, ce qui accroît l’inflammation et retarde la cicatrisation. Et l’acné serait due à certains aliments. Faux aussi. Aucun travail scientifique sérieux n’a démontré le rôle du chocolat, des charcuteries ou des fromages dans le développement de l’acné. Cela dit, une alimentation équilibrée est recommandée.

 

Les trois étapes de l’acné

L’adolescence est la période des grands bouleversements hormonaux et l’acné est un des signes visibles de ces changements. Mais un signe inesthétique…

 

Les hormones sexuelles, qui commencent à être sécrétées abondamment à la puberté, provoquent des changements corporels comme l’apparition de la pilosité, des seins, la modification de la voix. Mais elles stimulent également le développement des glandes sébacées et la production de sébum. Cette sécrétion d’hormones mâles (androgènes) est maximale à l’adolescence, en particulier chez les garçons. Chez les filles, elles sont fabriquées dans les ovaires et les glandes surrénales, d’où parfois le recours à certaines pilules contraceptives pour agir sur ce mécanisme. L’augmentation de la sécrétion de sébum, qui se traduit par des pores dilatés et une peau grasse et luisante – appelée hyperséborrhée par les médecins –, constitue en effet la première étape. Sans hyperséborrhée, pas d’acné. C’est d’ailleurs pour cette raison que les lésions siègent sur les zones les plus riches en follicules pilo-sébacés (poil + glande sébacée). Le visage est le premier concerné (menton, joues, nez, front), suivi du cuir chevelu, des épaules et du torse.

Points noirs, points blancs

Cependant, toute peau grasse ne devient pas acnéique. D’autres phénomènes entrent en jeu. Si le sébum s’accumule et ne peut plus s’écouler normalement, les pores se bouchent. D’où l’apparition de comédons ouverts (points noirs) ou fermés (points blancs ou microkystes). La couleur noire est due à l’oxydation du sébum au contact de l’air. Quand on presse un point noir, il en sort un filament clair, mélange de sébum et de kératinocytes (cellules de la paroi des follicules pilo-sébacés), appelé improprement « ver de peau ». Attention, ce « tripotage », auquel ne résistent pas les ados, pressés de voir disparaître leurs comédons, est fortement déconseillé sous peine de surinfection.

Inflammation et infection : papules, pustules et nudules

Malheureusement, le sébum accumulé et stagnant constitue la nourriture idéale pour certaines bactéries présentes à l’état naturel dans les follicules pilo-sébacés, dont Propionibacterium acnes. Ces bactéries s’empressent de proliférer, et font le lit de vilains boutons inflammatoires, plus ou moins étendus et profonds.

  • Les papules, légèrement saillantes et fermes, entourées d’une auréole et de couleur rose ou rouge, mesurent 1 à 4 millimètres.
  • Les pustules, une taille au-dessus, avec une petite tête blanche ou jaunâtre contenant du pus, sont infectées mais de manière superficielle.
  • Les nodules, au stade supérieur, sont de gros kystes rouges et profonds. Ils peuvent laisser des cicatrices persistantes et doivent parfois être évacués chirurgicalement, mais ils sont plus rares.

Chez une même personne, les deux types d’acné, l’acné rétentionnelle (stade des comédons) et l’acné inflammatoire (papules, pustules voire nodules), coexistent souvent.

 

Acné adulte, ça arrive aussi

Acné adulte, ça arrive aussi

Si l’acné touche avant tout les adolescents, les adultes aussi peuvent en souffrir. Mais la maladie est différente. Chez les femmes, les lésions, en majorité des nodules au niveau des mandibules, sont peu nombreuses et évoluent par poussées. Il faut consulter un dermatologue pour savoir si une anomalie hormonale, responsable en même temps d’une pilosité excessive sur le corps, d’une perte de cheveux, de troubles des règles et de prise de poids, n’est pas en cause. Mais c’est assez rare. Pour les autres cas, on n’a pas encore d’explication. Chez les hommes, c’est le plus souvent le dos qui est atteint.

 

La durée de l’acné : de 3 à 4 ans en moyenne

Chaque cas est différent, d’où l’intérêt de demander conseil à son pharmacien ou de consulter un médecin de façon à adopter la stratégie la plus adaptée. Certain(e)s ados n’ont que quelques comédons sur le front qui disparaissent assez rapidement. Chez d’autres, les lésions sont d’emblée nombreuses et inflammatoires, très disgracieuses, et s’éternisent. Mais, le plus souvent, l’acné dure de 3 à 4 ans et disparaît spontanément avant l’âge de 20-25 ans. Plus l’acné apparaît tôt (parfois vers 9-10 ans chez les filles, 10-11 ans chez les garçons), plus elle risque d’être importante et le traitement difficile et long.

Acné sévère : gare aux cicatrices

Les cicatrices – surtout quand l’acné est profonde, mal soignée ou que les boutons ont été manipulés – sont la complication la plus à craindre. Ces cicatrices peuvent prendre l’aspect de petits cratères ou, à l’inverse, de cicatrices en relief qui correspondent à des modifications fibreuses de la peau. Dans les formes graves, le visage peut prendre un aspect grêlé.

Il existe aussi une forme d’acné très rare, appelée conglobata. Elle débute sur le visage à l’adolescence mais s’étend progressivement au tronc, aux épaules, aux fesses et aux racines des bras et des jambes. Des comédons de grande taille deviennent inflammatoires et forment des kystes qui peuvent fusionner et causer des cicatrices multiples.

 À lire aussi : Zoom sur l’acné sévère

 

Témoignage : Mal dans ma peau d'ado

Témoignage : Mal dans ma peau d'ado

À 14 ans, j’ai eu tout de suite de gros boutons, très moches et nombreux. Dans la classe, c’est moi qui en avais le plus. Je les triturais sans arrêt, je me cachais derrière mes cheveux longs et ma frange, je devenais agressive… Comme je ne m’en sortais pas, j’ai fini par consulter une dermatologue. Elle m’a demandé si ma mère avait eu de l’acné. En fait, mes deux parents en ont beaucoup souffert – mon père en a d’ailleurs gardé des traces. Le médecin m’a expliqué que l’hérédité comptait et qu’il y avait des formes familiales. C’est bien ma chance ! Le traitement a été changé et je passe beaucoup de temps tous les jours devant ma glace pour soigner ma peau et me maquiller. Ça a été un peu long mais mon acné est maintenant sous contrôle et j’ai un petit copain. J’espère quand même que bientôt je n’aurai plus du tout de boutons…

Mélanie, 18 ans

 

Conseils de pharmacien : Des lésions et des soins spécifiques à l’acné

Conseils de pharmacien : Des lésions et des soins spécifiques à l’acné

  • Mieux vaut appliquer les antiacnéiques topiques le soir avant le coucher, sur une peau propre et sèche. Au réveil, nettoyer la peau pour la débarrasser des cellules mortes et du sébum, puis appliquer un soin hydratant.
  • Le rasage est irritant pour les peaux acnéiques. Choisir une mousse à raser pour peaux sensibles, séborégulatrice, enrichie en actifs antibactériens ou purifiants. Et utiliser un rasoir à deux lames, moins agressif.
  • Certains médicaments sont à l’origine de lésions de type acnéique. Par exemple ceux à visée hormonale, des anticancéreux (anticorps monoclonaux), des immunosuppresseurs ou des crèmes à base de corticoïdes.

 

Acné : des traitements doux et sur mesure !

Même quand l’acné n’est pas très importante, les soins d’hygiène spécifiques sont nécessaires et doivent être quotidiens. De même que l’hydratation.

 

Premier geste indispensable dès le stade de la peau grasse à tendance acnéique : nettoyer le visage chaque jour, matin et soir, pour débarrasser la peau de l’excès de sébum et des impuretés. Mais attention, sans l’agresser, sinon le résultat sera l’inverse de celui recherché. Des gestes vigoureux et des produits nettoyants abrasifs irritent la peau et provoquent un rebond de l’hyperséborrhée : la peau refabrique illico du sérum pour le remplacer.

Purifier et apaiser la peau

À bannir : les lotions alcoolisées ou soufrées, les savons classiques et les gels douche (une habitude de garçons). Choisir, en fonction de l’irritation de la peau et du type d’acné, avec l’aide du pharmacien, des produits lavants extra-doux dits non comédogènes ou des eaux micellaires pour peaux grasses. Appliquer sur le visage avec les doigts. Lisser en remontant du milieu des sourcils jusqu’à la racine des cheveux, redescendre vers les tempes puis, avec les mains bien à plat, du menton jusqu’au nez. Tamponner vers l’extérieur du visage, redescendre vers le menton et répéter délicatement deux ou trois fois. Enfin, rincer avec de l’eau thermale (en spray) et sécher en tapotant, sans frotter, avec une serviette propre.

Après le nettoyage, étaler un produit de soin spécifique : crème ou gel séborégulateur matifiant et non comédogène ou, si les pores sont obstrués, à base d’agent kératolytique pour désincruster la peau et la rendre plus lisse, plus uniforme.

 À lire aussi : Des traitements spécifiques à chaque type de bouton d’acné

 

Hydrater sans graisser et laisser ses boutons d’acné en paix

En parallèle, ne pas oublier d’hydrater une fois par jour pour maintenir en bon état la barrière cutanée. Surtout en cas de traitements locaux, et plus encore par voie orale, qui dessèchent la peau. Car si la peau acnéique contient trop de sébum, elle ne contient pas d’eau en excès. Il y a souvent confusion et de nombreux ados ne veulent rien appliquer sur le visage nettoyé par crainte de nouveaux boutons. Mais, bien sûr, pas de crème grasse.

Erreurs à éviter : presser ou gratter boutons et points noirs ; recourir régulièrement au tire-comédon ; se laver à l’eau chaude ; frictionner ; utiliser masque et peeling car ils stimulent les glandes sébacées et aggravent l’acné.

 

 

Faire la peau aux boutons d’acné : de l’antiacnéique topique à l’isotrétinoine

Quand les soins ne suffisent pas ou plus, place aux traitements. Par voie locale ou, un cran au-dessus, par voie orale, ils sont aujourd’hui très efficaces.

 

Si les soins d’hygiène et cosmétiques doux ne permettent pas d’atténuer l’acné, il ne faut pas se décourager mais consulter. Le médecin choisira au cas par cas un traitement qui convienne, en fonction du degré et de la forme de l’acné, de son impact psychologique, des soins et traitements déjà suivis et de votre âge.

Appliquer son traitement chaque jour

En cas d’acné modérée, un traitement antiacnéique topique, c’est-à-dire appliqué localement (crème ou gel), à base de rétinoïdes ou de peroxyde de benzoyle, est en général suffisant. Les premiers facilitent l’évacuation du sébum et détruisent les comédons. Les autres ont un effet antibactérien et sont indiqués quand l’acné associe points noirs et boutons inflammatoires. À savoir : le peroxyde de benzoyle est photosensibilisant. Il est donc indispensable de se protéger avant d’aller au soleil pour éviter des réactions cutanées.

Il faut bien appliquer le traitement tous les jours et attendre trois mois avant de savoir s’il est efficace ou pas. Si oui, poursuivre jusqu’à ce que l’acné disparaisse. Sinon, le médecin peut prescrire en complément un antibiotique par voie orale (doxycycline ou lymécycline), mais seulement si nécessaire – de façon à limiter l’émergence de souches bactériennes résistantes. Pour les jeunes femmes qui ont en même temps besoin d’une contraception, un traitement hormonal peut être une bonne solution. Mais pas n’importe quelle pilule – lévonorgestrel ou norgestimate – et à condition qu’elles n’aient pas de facteur de risque thromboembolique (tabac, antécédents cardiovasculaires).

 À lire aussi : Conseil pharma – « Combattre l’acné, c’est possible »

 

Médicament oral pour l’acné grave : le rôle de l’isotrétinoïne (principe actif du Roaccutane®)

Pour les formes très inflammatoires avec risque de cicatrices, l’isotrétinoïne, dérivé puissant de la vitamine A acide, est le seul médicament capable de guérir l’acné en un à deux mois. Mais il ne peut être prescrit – par un dermatologue impérativement – que si les autres traitements n’ont pas marché. Le spécialiste y regarde notamment à deux fois pour les jeunes femmes à cause du risque de malformation du fœtus en cas de grossesse. Celles-ci doivent donc impérativement être sous contraception, ne pas être enceintes, ne pas allaiter non plus. Revers de son efficacité, ce médicament dessèche beaucoup la peau. Des produits de soins ciblés, doux et hydratants sont d’autant plus nécessaires.

 

Réponses d'expert : Oui au maquillage adapté aux peaux acnéiques

Réponses d'expert : Oui au maquillage adapté aux peaux acnéiques

Dr CHRISTOPHE DESHAYES
Dermatologue à Caen

Contrairement à ce que l’on croit encore, le maquillage est compatible avec les traitements et même conseillé car il améliore l’estime de soi en offrant un résultat esthétique immédiat. Je considère même que le maquillage fait partie du traitement. Certains dermatologues américains le qualifient de « bridge therapy » car il permet de faire un « pont » entre la mise en route du traitement et son effet. À ma consultation, je n’hésite pas à en parler aux ados et à leur faire une démonstration, y compris aux garçons qui acceptent de manière assez surprenante… Bien entendu, il faut choisir des produits correcteurs de teint adaptés (en pharmacie), non gras, qui masquent les défauts et matifient la peau tout en la laissant respirer.

 

 

Evelyne Gogien

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