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AVC

L’accident vasculaire cérébral touche davantage les femmes que les hommes

09 novembre 2017
Alors que l’AVC est la première cause de handicap acquis de l’adulte et la première cause de mortalité chez la femme, de récents travaux montrent que ces dernières sont davantage sujettes aux accidents vasculaires cérébraux que les hommes. On se penche sur les causes de cette inégalité.

 

Salaires, répartition des tâches ménagères, accession à des postes de responsabilité : à cette liste d’inégalités homme / femme vient s’en ajouter une nouvelle, ou plutôt la découverte d’une nouvelle. En effet, les travaux menés par une équipe de scientifiques européennes et le groupe WISE (Women Initiative for Stroke in Europe) montre que les femmes sont plus susceptibles d’être victimes d’un AVC que les hommes. Certains facteurs de risques, comme le diabète, l’hypertension et la fibrillation auriculaire sont en effet plus élevés chez les femmes que les hommes. À cela s’ajoute l’hypertension pendant la grossesse qui augmente aussi le risque de faire un AVC, même plusieurs décennies après la grossesse.

Autre inégalité pointée du doigt par ces travaux : la sous-représentation des femmes dans les études cliniques, qui biaisent les données disponibles. L’objectif de la méta-analyse publiée dans la revue Natures Reviews Neurology1 vise à identifier des données spécifiques chez la femme pour améliorer la connaissance et surtout la prévention des AVC chez les femmes.

 

Les principales inégalités homme / femme face aux causes d’AVC

Les études montrent qu’il existe des facteurs de risques spécifiques aux femmes. Elles sont en moyenne plus âgées que les hommes lorsqu’elles font un AVC, et sont plus sujettes à l’hypertension (60% vs 56%) ainsi qu’à la fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque (24% vs 22%). Alors qu’elles font moins de diabète sucré que les hommes (15% vs 16%), cette pathologie augmente leur risque d’avoir un AVC. Et ceci alors que les femmes fument moins que les hommes (15% vs 16%).

Autre inégalité : l’obésité abdominale augmente davantage les risques d’AVC chez la femme que chez l’homme. L’hypertension pendant la grossesse, l’ovariectomie, l’accouchement avant terme et l’accouchement d’un enfant mort-né font grimper le risque d’avoir un accident vasculaire cérébral, tandis que l’hystérectomie semble jouer un rôle protecteur. Mesdames, consolez-vous, tout n’est pas totalement injuste puisque le taux de cholestérol impacte de la même manière les risques d’AVC chez les hommes et les femmes.

 À lire aussi : AVC, traitements et suites possibles

 

L’âge, principal facteur de risques chez les femmes

L’équipe de recherche a identifié trois périodes de la vie des femmes qui augmentent leur risque de subir un accident vasculaire cérébral : la période propice à la procréation et la grossesse, la ménopause, et après 80 ans.

Pour le premier, plusieurs éléments se détachent. Sur la contraception, il ressort que la contraception faiblement dosée en œstrogènes est associée à un risque réduit d’AVC, tandis que celle contenant uniquement des progestatifs a un impact neutre. En revanche, un traitement hormonal combiné à de l’hypertension augmente le risque d’AVC. Les troubles de la tension pendant la grossesse demeurent la première cause de mortalité maternelle, et leurs effets se font ressentir bien après, augmentant les risques d’AVC des années plus tard dans la vie des femmes, ce dont la plupart ne sont pas informées.

La ménopause constitue une charnière importante dans l’augmentation du risque de dysfonctionnements vasculaires, sans doute due à la baisse du taux d’œstrogènes. Pourtant, des recherches ont montré une hausse de 30% du risque d’AVC chez les femmes recevant un traitement hormonal de substitution, un pourcentage qui augmente en même temps que la durée du traitement hormonal. Ces chiffres sont à modérer en fonction de l’âge des femmes au moment de l’étude, et de l’âge du démarrage du traitement : des incertitudes qui plaident en faveur d’une prise en charge au cas par cas lors de la ménopause.

Enfin, les femmes de plus de 80 ans représentent une large part de la totalité des AVC. Les chercheuses ont remarqué que leurs AVC sont plus sévères que chez les hommes, et surtout que leur prise en charge est moins bonne, notamment dans le traitement de la fibrillation auriculaire. Toutefois, elles notent aussi une rareté des études sur les femmes âgées qui nuit à la compréhension et à la prévention de leurs risques spécifiques.

 À lire aussi : AVC : l’éviter et limiter les séquelles

 

Existe-t-il une inégalité dans l’accès aux soins ?

Cette sous-représentation des femmes dans les études sur les AVC se répète à tous les âges, ce qui provoque une carence des données spécifiques de la pathologie chez les femmes, entraînant une prévention insuffisante et des traitements pas toujours adaptés.

L’équipe de scientifiques a aussi souligné une autre inégalité flagrante : dans les pays ayant subi une guerre ou une catastrophe naturelle, la mortalité par AVC est plus élevée chez les femmes que les hommes. Cela pose la question d’une éventuelle inégalité d’accès aux soins et de statut des femmes dans les pays en difficulté. Même en France, on constate des délais plus longs pour arriver à l’hôpital après un AVC, et un diagnostic moins rapide que chez les hommes. La science serait-elle sexiste sur ce sujet ? Sans aller jusque-là, le groupe de recherche appelle vivement la communauté scientifique à se pencher sur les spécificités féminines afin de mieux contrôler leurs facteurs de risques spécifiques et d’élaborer des recommandations adaptées.

 

Les symptômes de l’AVC chez la femme (et chez l’homme !)

Les symptômes de l’AVC chez la femme (et chez l’homme !)

Parce qu’en cas d’accident vasculaire cérébral, chaque minute compte, il est important de mémoriser cette liste de symptômes pour réagir vite s’ils se manifestent. Doivent vous alerter :

  • Une perte d’équilibre
  • Une perte totale ou partielle de la vision ou des troubles visuels
  • Des étourdissements
  • L’engourdissement d’une partie du corps
  • L’affaissement et / ou l’engourdissement d’une partie du visage
  • La confusion mentale (ne pas se souvenir de la date, de son adresse, etc…)
  • De subites difficultés à parler
  • Un mal de têt soudain et intense

Si un ou plusieurs de ces troubles surviennent, composez sans attendre le 15.

 À lire aussi : Quand s’inquiéter d’une poussée de tension artérielle ?

 

  1. Étude Stroke in women — from evidence to inequalities. Nature Reviews Neurology. 13, 521–532 (2017) doi:10.1038/nrneurol.2017.95. Published online 21 July 2017
Clémentine Garnier

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