LABEL BIO COSMETO

Dans la jungle des labels beauté bio

15 juin 2017
Les produits cosmétiques bio ont conquis les rayons de nos pharmacies. Les labels se valent-ils tous ? Quelles sont leur caractéristique ? On fait le point.

 

Alimentation, vêtements, beauté : les produits labellisés bio continuent de gagner du terrain, bénéficiant d’une prise de conscience croissante des risques sanitaires engendrés par certains produits de synthèse et les répercussions environnementales des modes de production intensifs. Dans le sillage de cette vague verte, les certifications fleurissent sur les packagings de nos produits de beauté, rendant complexe le choix des consommateurs en pharmacie et parapharmacie. Ecocert, Cosmébio, NaTrue, BDIH… quelles sont les caractéristiques de ces poids lourds des labels, et quelles garanties apportent-ils ?

 

Les règles communes aux labels beauté bio

Premier point commun à tous les labels bio : ils interdisent les tests sur les animaux. Deuxième point commun : chaque organisme certificateur (celui qui délivre le label) établit sa liste d’ingrédients autorisés et détermine un pourcentage minimum d’ingrédients d’origine naturels ainsi qu’un pourcentage minimum d’ingrédients d’origine naturelle issus de l’agriculture biologique. Cela se traduit sur les produits certifiés par des mentions comme « 95 % d’ingrédients naturels issus de l’agriculture biologique ».

Les produits de synthèse, nécessaires à l’élaboration de produits cosmétiques, font également l’objet d’une liste. Ces listes garantissent que certains composants jugés toxiques pour le consommateur et l’environnement sont prohibés.

Enfin, être certifié par un label implique des contrôles inopinés chez le fabricant, et un renouvellement (payant) tous les 12 à 18 mois. Jusqu’ici, tout le monde suit ? Alors on continue.

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Bien comprendre les pourcentages indiqués

En lisant « 95% d’ingrédients naturels issus de l’agriculture biologique », on est tenté de comprendre que le produit est bio à 95%. Que nenni. C’est oublier l’eau, composant essentiel des soins cosmétiques puisqu’elle représente 80% environ de la formule. Et l’eau n’est pas garantie bio. Donc le pourcentage indiqué sur le packaging porte sur la part d’ingrédients restants, à savoir entre 10 et 20%. Ce point est important pour bien comprendre comment fonctionnent les labels, qui fixent la part minimum d’ingrédients naturels et bio sur la totalité du produit.

 

Ecocert, le pionnier des labels

Fondé en 1991, Ecocert est un organisme français de contrôle et certification. Son label garantit qu’un produit se compose d’un maximum de 5% de produits de synthèse, un minimum de 95% d’ingrédients d’origine naturelle (dans lequel l’eau est comptabilisée), et d’un minimum de 10% d’ingrédients certifiés bio (sur ce qui reste une fois qu’on a enlevé l’eau). Capice ?

Les produits Ecocert ont une obligation de transparence sur toute la filière de production, une obligation de respect de l’environnement, et leurs emballages excluent parabens, phénoxyéthanol, paraffine, EDTA, etc… bref, tous ces composés dont notre santé se passe plutôt bien.

En revanche, Ecocert n’interdit pas les emballages plastiques non recyclables et non biodégradables. Certains lui reprochent aussi une trop grande souplesse dans la liste de ses ingrédients autorisés, notamment les sulfates (les actifs qui font mousser notre shampooing, par exemple), dont la production n’est pas vraiment écolo et qui sont accusés d’avoir une action très irritante sur la peau en raison de leur fort pouvoir détergent. Ses défenseurs arguent que c’est pour ne pas brider l’innovation dans les formules… on vous laisse vous faire votre propre idée.

 

Cosmébio, une charte et deux labels

Cette charte réunit des professionnels de la fabrication de produits cosmétiques et spécialisés dans les produits bio. Pour bénéficier de son label, il faut adhérer à l’association et obtenir au préalable la certification Ecocert, dont elle partage les normes. Elle est décriée par certains pour les mêmes raisons. Elle regroupe deux labels.

labels cosmetique

Le label Cosmétique BIO, alignés sur les pourcentages exigés par Ecocert : 95% minimum d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle, 10% minimum du total des ingrédients issus de l’agriculture bio, 95% d’ingrédients végétaux certifiés bio, et un maximum de 5% d’ingrédients de synthèse.

Le label Cosmétique ECO, lui, est un peu plus tolérant : minimum 5% d’ingrédients issus de l’agriculture bio et 50% d’ingrédients végétaux certifiés bio.

 

BDIH, la flexibilité avant tout  

La caractéristique principale de ce label allemand est qu’il n’exige pas de pourcentage précis d’ingrédients bio dans le produit, mais impose que certains composants de base (ex : huile de jojoba, extrait de calendula, huile essentielle de romarin) soient issus de l’agriculture bio pour obtenir la certification BDIH.

Avec une liste limitée à moins de 700 ingrédients autorisés, il est en revanche très restrictif sur les produits de synthèse : paraffine, silicone, bases lavantes ou émulsifiantes éthoxylées sont interdits, tout comme les colorants et parfums de synthèse… ce qui laisse un champ étroit aux laboratoires pour travailler.

 

NaTrue, la rigueur en étendard

Ce label suisse-allemand qui certifie les produits Logona, Weleda ou Dr Hauschka a le vent en poupe. Réputé plus précis que les autres labels, son objectif est de s’imposer comme le label européen de référence sur la cosmétique bio.

Il propose trois niveaux de certification : cosmétique naturel, cosmétique naturel partiellement biologique (70% des ingrédients d’origine végétale ou animale sont bio), cosmétique naturel et biologique (95% des ingrédients d’origine végétale ou animale sont bios). Il garantit également un nombre restreint de procédés de fabrications, l’absence de parfums ou colorants de synthèse, de produits pétrochimiques, d’huiles de silicone, d’OGM.

Comme BDIH, sa liste d’ingrédients de synthèse et de conservateurs autorisés est jugée très restrictive. Revers de la médaille : ces restrictions conduisent les fabricants à conserver les cosmétiques par l’alcool, assez agressif pour les peaux sensibles.

 

Les puristes : Nature & Progrès, One Voice et Vegan Society

Ces trois labels sont si restrictifs que les produits qui en bénéficient ne se trouvent pas en pharmacie, mais uniquement dans des enseignes bio. One Voice et Vegan Society interdisent les dérivés animaux (dérivés de soie utilisés dans les shampooings, graisse de vache saponifiée, etc…), et Vegan Society va jusqu’à interdire le miel. Nature & Progrès impose lui 100% d’ingrédients végétaux issus de l’agriculture biologique, 0% d’ingrédients obtenus par synthèse pure, et a une liste très courte de composants autorisés. Les produits qui en résultent manquent un peu de sensorialité selon ses détracteurs et s’adressent plutôt aux puristes du bio.

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Clémentine Garnier

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