Jeûne : précautions d’emploi

Jeûne : précautions d’emploi

01 juillet 2022
Au-delà des pratiques religieuses, le jeûne est pour certains une méthode saine et détoxifiante. Pourtant, il peut être dangereux et contre-productif selon les conditions de mise en œuvre et la personne qui le suit…

 

Il n’existe pas un seul type de jeûne mais plusieurs, du plus sévère (total) au plus souple (intermittent ou alterné). On peut même inventer soi-même son propre jeûne et l’adapter à ses goûts, ses possibilités et ses contraintes sociales et familiales. Le plus souvent, et au-delà de l’approche spirituelle, on prive son corps de nourriture soit pour détoxifier soit pour maigrir plus vite. Mais cela fonctionne-t-il et à quel prix ?

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Le jeûne total : à éviter

Cette pratique consiste à ne pas manger pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines d’affilée. Heureusement il n’exclut pas l’eau car le corps ne saurait s’en passer pendant plus d’une semaine. Ce jeûne est évidemment à haut risque de carences et de fonte musculaire car l’absence de calories oblige le corps à aller puiser dans la réserve énergétique des muscles dans un premier temps, puis dans celle du gras dans un deuxième temps. Jeûner plusieurs jours d’affilée fait donc indéniablement perdre du muscle et entame les réserves de vitamines et minéraux. En somme, c’est un stress pour le corps même si, a contrario, la personne se sent bien, passés les trois premiers jours, grâce à la production abondante de corps cétoniques – les substances produites lors de la dégradation des graisses – aux effets légèrement euphorisants. Cette pratique est formellement déconseillée aux personnes de plus de soixante ans qui pourraient ne pas récupérer leur masse musculaire perdue, aux femmes enceintes et allaitantes à cause des carences délétères pour la mère et le bébé et aux personnes souffrant de certaines pathologies (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers), déjà fragilisées.

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Les jeûnes éventuellement bénéfiques

Les jeûnes intermittents ou alternés reposent sur le principe de phases avec et sans alimentation. Sur le plan de la vie cellulaire, cela peut représenter quelques avantages. En effet, quand nous mangeons nous apportons du glucose à nos cellules, leur carburant de référence. Quand nous jeûnons, par exemple durant les huit heures de sommeil, nos cellules vont puiser leur carburant à partir des faibles réserves de glucose présentes dans le foie. Ensuite la relève est assurée par les aliments du petit-déjeuner… ou pas, et dans ce cas les cellules vont alors puiser dans les graisses, jusqu’au prochain repas. C’est comme-ci la cellule apprenait à basculer d’un carburant à l’autre. C’est ce que l’on appelle la flexibilité métabolique : un coup du glucose, un coup des acides gras.

À savoir

À savoir

Le jeûne peut accélérer la perte de poids au début d’un régime mais il ne peut être que transitoire car difficile à suivre au long cours et à l’origine de carences. Par ailleurs, une fois le poids stabilisé, il peut être pratiqué ponctuellement pour reperdre rapidement un ou deux kilos pris lors de périodes festives…

 

Quels bénéfices ?

Cette flexibilité métabolique semble bonne pour le corps. En effet, les études menées chez des patients souffrant de pathologies ont montré une amélioration de la sensibilité à l’insuline et une baisse du mauvais cholestérol. C’est donc un point positif. Concernant le poids, si une telle pratique peut faire maigrir, elle ne semble pas donner de meilleurs résultats que d’autres régimes. Cela convient cependant bien à des personnes qui en font une pratique habituelle et non-frustrante. Il est néanmoins nécessaire d’être conseillé par un nutritionniste : sauter un ou plusieurs repas suppose de se priver aussi des bienfaits nutritionnels de certains aliments.

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Jeûne intermittent : de la concentration

Il consiste à sauter le petit-déjeuner ou le dîner et de concentrer les apports alimentaires sur huit heures dans la journée en ne se nourrissant plus ensuite pendant seize heures. La personne peut donc choisir de jeûner entre 17 heures et 9 heures, entre 19 heures et 11 heures du matin ou entre 20 heures et 14 heures.  À chacun de faire son choix selon ses habitudes personnelles et son organisation professionnelle et familiale.

Le plus souvent cela suppose de sauter le petit-déjeuner. Donc, si l’on aime son thé ou café du matin accompagné de délicieuses tartines, inutile d’essayer car cela deviendra vite une source d’insatisfactions. En revanche, si l’on a déjà l’habitude de ne prendre qu’une boisson chaude sans ressentir ni faim ni fatigue dans le courant de la matinée, cela peut être envisageable. Par ailleurs, il faut aussi s’obliger à dîner tôt (environ 18 ou 19 heures) ; ce n’est pas possible pour tout le monde. Certaines personnes ont perdu quelques kilos avec cette méthode. Mais attention à reporter sur les deux repas suivants tous les aliments dont le corps a besoin pour éviter les carences.

Jeûne alterné : un jour pas comme les autres

Cette méthode demande de jeûner un jour sur deux ou deux jours par semaine – il est parfois appelé « régime 5:2 » – mais de préférence non contigus. En effet, à la différence du jeûne total et prolongé, le jeûne alterné recommande de ne pas se priver de nourriture plus de 24 heures afin de ne pas provoquer de carences ni de fonte musculaire. Là aussi, tout est possible : on choisit son jour et on peut également déterminer son niveau d’apport calorique : certains jeûnes alternés recommandent un apport de 500 calories lors de cette journée au lieu de zéro. Évidemment, plus un organisme est jeune et en bonne santé, plus il est apte à supporter ces variations brutales. Raison pour laquelle, ce type de jeûne est également déconseillé en cas de grossesse, d’allaitement, en période de croissance, en cas de maladies et chez le sujet âgé.

Faut-il jeûner pour se détoxifier ?

Faut-il jeûner pour se détoxifier ?

Détox et jeûne ne sont pas forcément liés.  Pour une détox, il suffit d’augmenter sa consommation de légumes, y compris en jus, pour profiter au maximum de leurs richesses en antioxydants et en vitamines. Mais également de veiller à boire au moins 1 à 1,5 litre d’eau par jour et de restreindre sa consommation de biscuits, gâteaux, produits de grignotage, plats en sauce. En somme, manger peu gras et peu sucré. Pratiquer tous les jours au moins 45 minutes de marche active et dormir au moins 7 à 8 heures par nuit.

 

Dr Laurence PLUMEY, Médecin nutritionniste, fondatrice d'EPM Nutrition

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