Inflammation : dangereuse quand elle est sournoise

Inflammation : dangereuse quand elle est sournoise

16 octobre 2020

Parfois symptomatique mais le plus souvent silencieuse, l’inflammation agresse nos cellules et favorise l’apparition de maladies et de complications. 

 

Soyons juste : l’inflammation peut être utile. Elle se produit quand un corps étranger, une bactérie, un virus pénètre dans le corps ; elle mobilise alors des cellules (macrophages et autres globules blancs) afin de détruire les intrus. Ce processus obligatoire participe à la guérison. En revanche, si elle est trop aiguë ou se chronicise, cela peut engendrer des complications pour l’organe où elle siège voire le corps entier. Voilà pourquoi on doit la freiner dans le premier cas (avec des médicaments, lire encadré) et en trouver la cause dans le second. Il n’est pas bon de laisser traîner une inflammation surtout si elle concerne un organe vital comme l’intestin, le foie, l’estomac… Parmi ses effets secondaires, on trouve des maladies chroniques – et pas des moindres : diabète, problèmes cardiovasculaires, affections respiratoires, cancer… L’hygiène de vie et la qualité de l’alimentation seront une aide précieuse pour aider à guérir d’une inflammation chronique et pour limiter les risques de rechute.

• En cas d’inflammation de l’estomac, ressentie sous forme de brûlures localisées sous le sternum mais pouvant remonter le long de l’œsophage, il est essentiel de faire des examens (fibroscopie) pour en comprendre la cause et prévoir le traitement. Côté alimentation, il faudra éviter les épices fortes (curry fort, piment, poivre, paprika fort), les jus d’agrumes dont surtout le citron, l’excès de café mais aussi le vinaigre et l’alcool – et cesser de fumer.

• En cas d’inflammation chronique de l’intestin, se traduisant souvent par des douleurs abdominales, des spasmes et un transit perturbé, c’est une coloscopie qui permettra d’en trouver la cause (diverticulose, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) et de proposer un traitement adéquat (corticoïdes et immunothérapie). Sur le plan de l’alimentation, il faudra bannir les épices fortes et le tabac ; parfois une hypersensibilité au gluten associée peut conduire à s’en priver.

• En cas d’inflammation du foie, la fameuse NASH (Non Alcoholic Steatose Hepatitis), il faut en rechercher les raisons – en sachant que les principales sont l’obésité et la surconsommation de sucre et de produits sucrés. Pour éviter que cette inflammation n’évolue vers une cirrhose, il s’avère impératif de perdre du poids et de réduire de façon drastique sa consommation de sucre et produits sucrés (confiseries, biscuits, gâteaux, viennoiseries, céréales sucrées, sodas, eaux aromatisées sucrées…).

• En cas d’inflammation des articulations, muscles et tendons, il existe des traitements locaux (pommades à base de corticoïdes ou d’AINS – infiltrations) ou généraux (médicaments). Concernant l’alimentation, on peut prévoir des cures associant curcumine (au moins 200 mg par jour) et gingembre. Et faire le plein d’oméga 3 via les poissons gras (sardine, hareng, maquereau, saumon) et les huiles de colza, de noix ou de lin.

• À noter que l’obésité déclenche une inflammation générale dite de bas grade (sournoise et permanente), raison pour laquelle elle se complique par la suite de diabète et de maladies cardiovasculaires. Mais même sans surpoids, manger trop gras augmente aussi le risque d’inflammation générale. En effet, le gras en excès dans l’intestin favorise le passage dans le sang de fragments bactériens qui vont alors stimuler les défenses immunitaires et provoquer un syndrome inflammatoire latent et chronique, augmentant à la longue le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires. Attention surtout aux graisses saturées !

 

Quid des médicaments anti-inflammatoires ?

Quid des médicaments anti-inflammatoires ?

Ils sont très (voire trop) consommés car en général ils apportent une solution assez rapide au problème inflammatoire et bon nombre d’entre eux ne nécessitent pas d’ordonnance. Le plus souvent il s’agit d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, de type ibuprofène, kétoprofène…) à utiliser en cure courte, et toujours accompagnés d’un protecteur gastrique car ils augmentent le risque de saignements digestifs. Ils ne peuvent donc être qu’une solution transitoire.

 

Place aux menus anti-inflammatoires

L’état inflammatoire est favorisé par le stress oxydant dû au tabagisme, à la pratique régulière d’un sport trop intensif, à une trop faible consommation de fruits et de légumes (le cas d’une personne sur deux en France) et à la consommation excessive d’alcool. Il est aussi amplifié par un déficit en oméga 3 (anti-inflammatoires) et des excès : en oméga 6 (pro-inflammatoires), en sucre et en produits sucrés ou en graisses saturées. Il faut donc en tirer les leçons et bien choisir ses aliments.

Oui aux oméga 3

Ce sont des graisses insaturées ayant des propriétés anti-inflammatoires. Elles se révèlent donc excellentes pour la santé et devraient être davantage consommées. On les trouve dans les poissons gras tels les sardines, harengs, maquereaux et saumon. Idéalement, il faudrait en mettre à vos menus au moins 2 ou 3 fois par semaine – sous toutes leurs formes (en frais, surgelé, conserve). On en trouve aussi dans l’huile de colza, de soja, de noix ou de lin ; il ne faut pas cuire ces huiles mais les garder pour les assaisonnements à raison d’une cuillère à soupe par jour, en accompagnement des crudités et salades composées.

On freine sur les oméga 6

Ils se trouvent surtout dans certaines huiles comme celles de tournesol, de pépins de raisin, de maïs. Ces huiles ne sont pas mauvaises pour la santé mais il ne faut pas les consommer en priorité. Elles peuvent être utilisées pour les cuissons à la poêle ; en revanche, il faut leur préférer l’huile d’olive ou celle de colza pour les assaisonnements. Parmi les margarines, si on en achète, il faut choisir celles qui ont un rapport oméga 6/oméga 3 inférieur ou égal à 5 (c’est indiqué sur l’étiquette).

 À lire aussi : Les omégas 3, 6, 9

 

On accélère sur les végétaux

Le repère de 5 portions de fruits et légumes par jour est assez facile à atteindre si on y est attentif. Par exemple, un fruit (frais ou en jus) au petit déjeuner ; crudités ou salade en accompagnement au déjeuner et fruit au dessert ; au dîner, légumes en accompagnement (soupes, légumes cuits ou crus) et fruit au dessert. Penser surtout aux fruits rouges, agrumes, kiwis, choux, poivrons, amandes (une belle poignée par jour). Par ailleurs, concernant les féculents, il faut limiter les céréales raffinées et les préférer complètes et bio : pâtes, pain, riz complets ont une valeur nutritionnelle supérieure. Et n’oubliez pas les légumes secs, le quinoa, le boulgour…

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En somme, il nous suffit de cesser de fumer, d’user très modérément de l’alcool, d’adopter une alimentation équilibrée, variée, peu grasse et peu sucrée, faisant la part belle aux végétaux et aux épices douces. Sans oublier d’être actif et de bien dormir !

Moins de sel, plus d’épices

Moins de sel, plus d’épices

Les épices sont formidablement antioxydantes et aident ainsi à lutter contre les phénomènes inflammatoires. Cannelle, cumin, curcuma, gingembre, origan, paprika, herbes aromatiques de type persil, ciboulette…, ail et oignon : leur famille est vaste et les possibilités culinaires innombrables. Et leur goût délicieux retient la main qui, sans elles, se tendrait vers la salière ou le sucrier !

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Les fake news de l’inflammation

Dans le domaine de la santé, les fausses idées et les rumeurs sont nombreuses, en particulier concernant le caractère protecteur et anti-inflammatoire de certains aliments. Profitons de l’occasion pour en examiner certaines et rétablir certaines vérités.

1. Le lait augmente l’inflammation des articulations et de la gorge

Faux. Cette affirmation, qui ne repose sur aucune étude scientifique, se base sur l’idée que le lait n’est pas fait pour l’Homme adulte et qu’il provoque des réactions d’intolérance et donc d’inflammation. En réalité, le lait n’est mal supporté que chez les personnes réellement intolérantes au lactose. Or, elles sont minoritaires – nous avons tous suffisamment de lactase pour digérer de petites quantités de lait. Quant au lien avec les articulations, des études n’ont pas retrouvé cet effet chez des patients souffrant de polyarthrite. Si vous aimez le lait, continuez d’en boire !

2. Le gluten est toxique pour la muqueuse intestinale

Faux. L’intestin est équipé en enzymes nécessaires à la digestion et à l’absorption du gluten. Seules certaines personnes y sont réellement intolérantes (les malades cœliaques – 2% de la population) ou hypersensibles (surtout les personnes qui sont fragiles des intestins, comme les colopathes). En dehors de ces cas particuliers, le gluten est très bien digéré à condition de ne pas non plus tomber dans l’excès de pain, de céréales et de pâtes. Si vous aimez les crêpes, le bon pain et une bonne assiette de pâtes cuites al dente, régalez-vous…

3. La viande rouge peut provoquer inflammation et cancer du côlon

Faux, car tout est question de dose. La viande rouge n’est pas mauvaise pour la santé tant qu’elle est consommée à raison de moins de 500 g par semaine (moins de 3 ou 4 parts de 100 g sur les 14 repas de la semaine). L’idéal étant d’alterner avec les viandes blanches, les poissons et fruits de mer, les œufs… Les amateurs de barbecue doivent cependant éviter de brûler la viande au contact des flammes en raison de la formation de composés pro-inflammatoires et cancérigènes.

4. Plus on fait du sport, plus on se fait du bien

Vrai et faux. Le sport est bon pour la santé ; l’idéal est d’en faire 2 ou 3 fois par semaine en complément de journées actives (marche, escaliers, transports en commun…). Certains en font parfois beaucoup plus. Attention, l’excès de sport augmente la consommation d’oxygène et donc la production de radicaux libres pro-oxydants et pro-inflammatoires. Le sport à outrance, devenu une addiction chez certains sportifs, n’est donc pas nécessairement une bonne chose pour sa santé.

5. Un complément vitaminique chaque jour permet de rester en bonne santé

Faux, si on en prend plus que de raison. En effet, si on consomme de nombreux compléments vitaminiques alors que l’on mange déjà très bien, on risque d’atteindre des doses de vitamines trop élevées qui risquent au contraire d’être pro-oxydantes. C’est aussi le cas du fer qu’il faut avoir de bonnes raisons de prendre. En somme, attention aux cures itératives de compléments alimentaires. Et en parler à son médecin et à son pharmacien.

Laurence Plumey, Médecin nutritionniste

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