Incontinence urinaire : pas de fatalisme !

Incontinence urinaire : pas de fatalisme !

16 mars 2016
Les problèmes d’incontinence et de fuite urinaire ont désormais des traitements efficaces.

 

À savoir

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ASSOCIATION
Animée par des bénévoles, médecins, kinés, infirmières et sages-femmes, l’Association d’aide aux personnes incontinentes (AAPI)* se bat pour que les protections soient considérées comme des dispositifs médicaux avec un taux de TVA réduit à 5,5 % (contre 19,6 % aujourd’hui) et soient ainsi moins coûteuses.

* 1, rue de Rome, 94140 Alfortville. Tél. 09 75 63 50 60. www.aapi.asso.fr.

Le sujet est encore tabou, pourtant les femmes (plus ou moins) incontinentes sont nombreuses et cette fréquence s’explique par l’anatomie de la vessie féminine. La poche dans laquelle est stockée l’urine et l’urètre, canal par lequel celle-ci s’écoule, sont soutenus par le périnée qui s’étend du pubis à la base de la colonne vertébrale. Mais ce « hamac » musculaire peut perdre de sa tonicité et de son élasticité, notamment sous l’influence de deux événements de la vie :

Incontinence et fuites urinaires

  • Après un accouchement par les voies naturelles.
    Plus le bébé est gros et plus l’accouchement est difficile, plus le périnée est distendu. Mais des séances de rééducation périnéale, aujourd’hui prescrites systématiquement aux jeunes accouchées, permettent le plus souvent d’y remédier dans les trois mois.
  • Après la ménopause.
    Les modifications hormonales qui l’accompagnent provoquent un vieillissement des tissus. Les muscles du périnée se relâchent, la zone vulvo-vaginale s’atrophie et les sphincters, qui contrôlent l’ouverture et la fermeture de l’urètre, sont moins performants.
  • Autres causes ou facteurs favorisants :
    Le surpoids ou l’obésité (les kilos en trop pèsent sur les muscles entourant la vessie) et la pratique intensive de certains sports qui obligent à sauter ou sollicitent beaucoup les abdominaux, lesquels exercent alors une pression importante sur le périnée : volley, basket, handball, aérobic, fitness, marathon, trampoline, équitation surtout, jogging, tennis, squash…
    Conséquences : des fuites involontaires à l’effort, en soulevant une charge par exemple, mais aussi en toussant un peu fort, en éternuant brutalement, en pouffant de rire ou en sautant. Ou bien des envies d’uriner très pressantes et des mictions (action d’uriner) très fréquentes, de jour comme de nuit, dues à l’instabilité (ou hyperactivité) de la vessie : elle se contracte trop facilement et de manière incontrôlable. Ce que les urologues appellent le « syndrome de la clef dans la serrure » est également connu : arrivée devant la porte, la femme se tortille et se précipite vers les toilettes, en général trop tard car le fait de courir pèse encore plus sur la vessie…

 

Des médicaments à la chirurgie pour traiter l’incontinence

Il ne sert à rien d’attendre, au contraire. Parlez-en à votre médecin. En fonction de vos symptômes il pourra vous prescrire un médicament anticholinergique (pour limiter les contractions de la vessie) pendant plusieurs semaines ou des séances de rééducation périnéale chez un kinésithérapeute, de 15 à 20 en général, par différentes techniques (cônes, biofeedback musculaire, électrostimulation). Continuez de faire régulièrement, chez vous, les exercices qu’il vous aura conseillés.

Quand le traitement ou la rééducation ne suffisent pas ou plus, une petite intervention chirurgicale (pose d’une bandelette destinée à pallier la faiblesse des muscles et des ligaments soutenant l’urètre) peut être la solution. Elle n’est cependant pas adaptée à tous les cas.

Heureusement, les protections les plus récentes (en pharmacie), à la fois discrètes et très absorbantes, permettent de mener une vie normale.

 À lire aussi : Incontinence urinaire : quels sont les différents types de protection ?

 

Témoignage : Pour la rééducation, ma gynéco m'a adressée à une sage-femme !

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J’avais des fuites de temps en temps mais je n’osais pas en parler à mon médecin traitant. Un jour, ma fille a pris un rendez-vous pour moi chez une gynécologue qui m’a parlé de prolapsus (descente d’organes) et prescrit des séances de kiné et des médicaments. Mes symptômes se sont effectivement améliorés. Mais au bout de trois ans, ça s’est aggravé. Porter des protections absorbantes me rendait service pour sortir… Finalement, j’ai accepté de me faire opérer. Et, depuis, je revis !

F.R, 73 ans, Paris.

Sophie Albanel

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