Hormones : quel chahut !

Hormones : quel chahut !

15 juillet 2022
Ménopause, fibrome, syndrome prémenstruel, baisse de la libido… Petit tour d’horizon des troubles hormonaux difficiles à vivre pour les femmes. Et leurs solutions.

 

Thyroïdiennes, sexuelles, de croissance, du sommeil, de la lactation ou encore du plaisir, notre organisme est régi par toutes sortes d’hormones. Mais quand on parle de troubles hormonaux, c’est surtout aux femmes que l’on pense et à leurs hormones sexuelles : les œstrogènes et la progestérone. Les hommes aussi ont des hormones sexuelles (la testostérone essentiellement) mais celles-ci ne fluctuent pas et ne s’interrompent pas : même si elle baisse avec l’âge – de manière variable selon les hommes –, la sécrétion hormonale reste continue de la puberté jusqu’à la fin de leur vie. Chez les femmes, c’est différent. Les taux d’hormones montent et descendent, obéissent à des cycles durant une quarantaine d’années, jusqu’à leur arrêt définitif à la ménopause.

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Œstrogènes et progestérone

Tout se passe dans le cerveau, plus exactement à la base du cerveau. Le centre de commande du système hormonal féminin se situe en effet dans l’hypothalamus, une minuscule zone d’1 cm3, et dans l’hypophyse, une petite glande de la grosseur d’un pois. Ils donnent leurs ordres sous forme d’hormones aux ovaires, qui vont produire les œstrogènes et la progestérone. Les œstrogènes, dont le plus important est l’estradiol, sont les hormones de la féminité par excellence puisqu’ils contribuent à la formation et la transformation des organes génitaux et au développement des seins. À l’âge adulte, ils agissent sur le cycle menstruel, la poitrine, la glaire et les organes génitaux, et interviennent positivement sur la lubrification, la libido, ainsi que sur les os, les vaisseaux sanguins, la peau, etc. La progestérone, elle, n’est pas sécrétée en permanence comme les œstrogènes, mais uniquement après l’ovulation. C’est l’hormone de la gestation : elle prépare l’implantation de l’œuf mais elle a d’autres effets bénéfiques, notamment sur la peau, les cheveux et le sommeil. Les femmes sécrètent également des hormones mâles (androgènes) mais en faible quantité, sauf en cas d’anomalie : hirsutisme (hyperpilosité) et syndrome des ovaires polykystiques.

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Ménopause : troubles physiques et psychiques

De tous les troubles hormonaux féminins, la ménopause est de loin le plus fréquent. Elle est certes physiologique et constitue une étape que toutes les femmes franchissent un jour, mais les symptômes qu’elle provoque n’en sont pas moins pénibles. Et ils durent des années car l’arrêt du fonctionnement des ovaires n’est pas brutal. Au début – c’est la périménopause –, les règles varient d’un cycle à l’autre et les soubresauts hormonaux entraînent, de façon plus ou moins marquée : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, baisse de tonus, insomnies, tension douloureuse des seins, gonflement abdominal, irritabilité… Puis les règles s’arrêtent définitivement – c’est la ménopause. Pour celles qui ne veulent pas (ou ne peuvent pas) prendre de traitement hormonal – efficace sur tous les symptômes de la ménopause et ses répercussions sur la peau, les os, le système cardiovasculaire –, des solutions naturelles permettent de mieux supporter bouffées de chaleur, sautes d’humeur et autres désagréments. Des compléments alimentaires à base de plantes, d’oméga 3, de vitamines B6, B9 et E, de fer, de zinc et d’extraits de pollen peuvent également aider. Autre ennui dû au tarissement des œstrogènes : la sécheresse des muqueuses génitales. Les solutions sont soit hormonales et locales (gel), soit sans hormones : lubrifiant, hydratant, ovules à base d’acide hyaluronique, probiotiques.

Libido en berne

Libido en berne

L’absence de désir a diverses explications, dont la baisse du taux d’hormones. Après la naissance d’un enfant, par exemple. La fatigue et l’attention constante au nouveau-né jouent un rôle mais la chute concomitante des œstrogènes aussi. L’allaitement qui suit n’arrange rien : l’élévation de la prolactine (hormone de la lactation) inhibe la libido. Dans les années qui suivent la ménopause, presque toutes les femmes se plaignent également d’une baisse de leur désir sexuel qui s’explique par une chute des œstrogènes et des hormones mâles.

 

Syndrome prémenstruel : 1 femme sur 3

Les effets du syndrome prémenstruel (SPM) ressemblent à ceux de la ménopause en moins accentués : seins tendus, ventre gonflé, jambes lourdes, nervosité, fringales, etc. C’est logique puisque les fluctuations hormonales en sont responsables. Ces troubles sont transitoires – entre 1 et 2 jours et 10 et 12 jours avant les règles – mais peuvent s’accompagner de divers symptômes qui s’aggravent à ces moments-là : acné ou herpès, maux de tête voire migraines, problèmes vésicaux ou digestifs. En dehors des cas très gênants de dysphorie prémenstruelle (état dépressif marqué), la solution naturelle est préférable. Des compléments alimentaires à base de plantes, pollens, magnésium et vitamines permettent d’atténuer ou de faire disparaître le SPM.

À savoir

À savoir

Si en dehors de la période d’allaitement un liquide ressemblant à du lait s’écoule des deux mamelons, le problème est hormonal. L’anomalie se situe dans le cerveau au niveau de l’hypophyse : il s’agit d’un excès de prolactine, l’hormone de la sécrétion du lait. Ses causes : la prise de certains médicaments (neuroleptiques, tranquillisants) ou, plus rarement, une petite tumeur sans gravité, appelée adénome hypophysaire, qu’un traitement adapté permet de faire régresser rapidement. Un écoulement sanguinolent par un seul mamelon doit inquiéter davantage et être analysé.

 

Fibrome : stopper les hémorragies

Assez fréquente (chez 50 % des femmes), cette grosseur arrondie de taille variable (de la noisette au pamplemousse) qui se développe vers l’intérieur de l’utérus, dans l’épaisseur du muscle utérin ou qui fait saillie à la surface de l’utérus, n’est pas cancéreuse. En fonction de sa dimension et de sa localisation, elle peut entraîner des règles très abondantes. Sa formation est corrélée à l’action des ovaires et son développement est favorisé par les œstrogènes : le fibrome grossit ainsi pendant la grossesse et au cours de la préménopause. Il peut passer inaperçu et s’assécher ou disparaître après la ménopause. Mais si les règles sont insupportables et longues, le gynécologue propose, selon les cas, un traitement hormonal, une intervention chirurgicale – partielle (myomectomie) ou radicale (hystérectomie) – ou une embolisation pour faire régresser le fibrome et stopper les hémorragies.

 À lire aussi : Les aléas de la libido

 

Syndrome des ovaires polykystiques

Ce problème hormonal, cause d’infertilité, est le plus fréquent chez les femmes en âge de procréer (10 %). Le déséquilibre retentit sur les ovaires mais aussi sur le pancréas, le foie, l’hypophyse et les artères. Cycles irréguliers avec règles peu abondantes, pilosité sur le visage, le cou, les seins et le ventre, acné rebelle ou prise de poids, autant de symptômes possibles dont les femmes ne souffrent heureusement pas en même temps. Le traitement est toujours médical.

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

• L’offre en officine de produits sans hormones destinés à atténuer les symptômes de la périménopause et de la ménopause est large et les présentations variées : gélules, capsules, comprimés, fluides ou même gummies. Ils sont souvent à base de plantes auxquelles peuvent s’ajouter vitamines, minéraux, oméga 3 pour améliorer le tonus et le fonctionnement du système nerveux. Taïdo Ménoa et Taïdo MénoActiv (Élerté), FEMINAREgul® (Nutravance), Gynofenol (Codifra), Ménopollen (Léro), Manhaé (Nutrisanté), Trèfle RougeTM (New Nordic), Gynéa Ménopause (Synergia®), gummies Ménopause (Les Miraculeux). En cas de sécheresse et d’irritation de la zone vulvopérinéale, un gel à appliquer localement : Hydralin® (Bayer) en flacon-pompe, Palomacare® (Procare Health) en tube.

P• our les troubles du cycle et le syndrome prémenstruel : Aromafemina Confort menstruel (Pranarôm), Sérélys SPM Confort (Sérélys Pharma), Endomae (EffiNov).

• Pour stimuler la libido : NutraFluid® Libido+ (Nutravance), gummies Good Love (Lashilé Beauty).

 

À lire

À lire

. La vie intime des femmes du Dr Anne de Kervasdoué (Odile Jacob, 2021).

. Et si c’était hormonal ? du Dr Emmanuelle Lecornet-Sokol et Caroline Balma-Chaminadour (Marabout poche, 2022).

Evelyne Gogien

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