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Didier Bouhassira

Comment gérer les douleurs chroniques ?

25 janvier 2018
Une douleur est dite chronique lorsqu’elle est quotidienne et persiste depuis plus de trois mois. 12 millions de Français souffrent de douleurs chroniques. Quels sont leurs recours ?

 

Dans un livre à la fois savant et accessible, l’auteur, Didier Bouhassira, neurologue et spécialiste de la douleur* donne les clefs pour comprendre ces douleurs mais surtout les gérer. L’un des intérêts majeurs de cet ouvrage est de rappeler et de démontrer que ces douleurs ne sont pas irrémédiables. Trop de personnes atteintes de douleurs chroniques se pensent condamnées à devoir vivre avec cette douleur. Le docteur Didier Bouhassira invite, par le biais de son livre L’anti-douleur, chaque patient à comprendre mieux le fonctionnement de la douleur – et ses défaillances – mais surtout les différentes possibilités pour agir sur le message douloureux. On vous résume.

 

Douleurs neuropathiques, nociceptives ou dysfonctionnelles

Les douleurs chroniques se soignent. La règle n°1 est la nécessité de toujours jouer sur différents terrains. Pour appliquer cette règle, il est impératif d’analyser sa douleur et la façon dont elle est vécue – « on ne traite pas une douleur mais une personne », rappelle l’auteur. Il est intéressant de noter que la manière de décrire la douleur est universelle (brûlure, picotements, décharge, etc.). Et c’est cette description qui déterminera de quel type de douleur chronique le malade souffre.

Pour déterminer laquelle des douleurs concernent un individu, l’auteur se repose sur une métaphore assez utile : le signal d’alarme. Pour une douleur aigue – une main sur une plaque brûlante –, le signal d’alarme s’affole et nous permet d’ôter notre main (souvent avant même que nous touchions la plaque), mais dans le cas d’une douleur chronique, cette alarme ne fonctionne plus et les messages envoyés ne sont plus bons.

Les douleurs nociceptives

Dans le cas des douleurs dites nociceptives (50 % des cas de douleurs chroniques), les nerfs sont intacts mais sont stimulés de façon importante et c’est cette sur-stimulation qui rend le système d’alarme hypersensible, ce qui amplifie et fait durer les douleurs (l’arthrose génère des douleurs nociceptives). Les antalgiques de type paracétamol ou anti-inflammatoires peuvent agir. Les lésions se situent au niveau des articulations, des muscles ou des viscères.

 À lire aussi : Arthrose, arthrite, rhumatismes : soulager la douleur

 

Les douleurs neuropathiques

Elles représentent quant à elles 25 à 30 % des douleurs chroniques. On est ici dans des douleurs anormales car c’est le mécanisme de détection de la douleur lui-même qui est endommagé (l’exemple le plus évident étant la douleur du membre fantôme). Les médicaments habituels pour lutter contre la douleur (paracétamol, anti inflammatoires) ne servent alors pas. Les recours médicamenteux comme les antiépileptiques ou les antidépresseurs font partis des rares médicaments qui peuvent calmer ce type de douleur. Les lésions se situent cette fois dans le système nerveux : nerfs, moelle ou cerveau.

Les douleurs dysfonctionnelles : Fibromyalgie, syndrome du côlon irritable…

On a ici affaire à des troubles que l’on n’a longtemps pas su reconnaître, admettre et donc soigner. Pas de problème inflammatoire ni de lésion neurologique expliquant la présence de douleurs chroniques… Si on peine encore aujourd’hui à comprendre l’origine exacte de ces douleurs, on les lie à des défaillances des mécanismes de modulation et de régulation de la douleur : des filtres qui dysfonctionnent et qui exacerbe la douleur. Plus important, on prend aujourd’hui au sérieux les patients atteints de ces troubles. Les antalgiques classiques sont souvent inefficaces, mais les antidépresseurs – qui ont une action sur les systèmes de contrôle de la douleur – peuvent agir, comme des techniques des dites de neuromodulation (stimulation électrique ou magnétique du cerveau).

 

Toutes les douleurs peuvent être soulagées

Le Dr Bouhassira en est convaincu, les douleurs peuvent et doivent être soulagées. Et les solutions médicamenteuses ne font pas tout, loin de là. C’est bien une association de soins, par exemple, anti inflammatoires + kinésithérapie + méditation, qu’il prône, comme c’est le cas dans l’ensemble des centres anti-douleurs.

Autre point, la douleur comprend deux composantes : nos sensations et nos émotions. Ces dernières nous guident au point de nous classer dans deux catégories de patients : les actifs qui mènent une vie plutôt actives malgré la douleur, mais qui cherche de manière effrénée à contrôler la douleur alors que celle-ci doit parfois être seulement acceptée et les attentistes qui ont des pensées plutôt négatives, qui ne voient pas forcément les solutions pourtant existantes. Point de jugement ici, mais un accompagnement global qui sera différents selon le profil : les premiers pourront évoluer avec la relaxation ou la méditation, les seconds seront plus sensibles à une TCC qui leur permettra d’appréhender la douleur et les solutions autrement. Car, et nous touchons là un point majeur de cet ouvrage, les médecines complémentaires peuvent être d’une aide monumentale. La meilleure manière de soulager ou faire disparaître une douleur chronique est bien d’associer plusieurs types de soins.

 À lire aussi : Dossier – Une prise en charge de la douleur au cas par cas

 

Agir sur le message douloureux grâce aux médicaments

Bloquer la douleur par une action locale : les injections d’anesthésiques locaux ; les infiltrations (d’anti inflammatoires) ; les patchs ; la toxine botulique.

Bloquer les messages douloureux par des médicaments administrés par voie orale : anti-inflammatoires, aspirine ; paracétamol ; morphine et dérivés ; antiépileptiques. Bien entendu, à chaque douleur, son ou ses traitements.

 À lire aussi : La douleur chez l’enfant

 

Utiliser les pouvoirs du cerveau contre la douleur

Rappelons que notre cerveau sait produire des endorphines et autres molécules capables de moduler la douleur. Il est alors possible de traiter la douleur en activant les systèmes de régulation de celle-ci dans le cerveau. Médicaments, techniques de stimulations électriques ou magnétiques, mais aussi hypnose, méditation, autant de possibilités pour réguler ou contrôler la douleur.

Quand les émotions interagissent avec la douleur

Le Dr Bouhassira rappelle ici que douleur et souffrance sont à dissocier : si la douleur diminue peu en intensité, diminuer la souffrance qui lui est associée est un enjeu majeur du traitement (la souffrance étant donc l’impact de la douleur sur les plans physiques et psychologiques).

On sait que le stress et/ou les pensées négatives comme les émotions en général sont en étroites relations avec le ressenti de la douleur.

Les TCC (thérapies cognitives et comportementales) peuvent ici jouer un rôle important en permettant d’identifier d’abord les pensées et/ou idées négatives puis en modifiant le rapport du patient à ces pensées.

L’hypnose peut également être utile dans le cadre des douleurs chroniques même si ses effets sont moins spectaculaires que sur les douleurs aiguës.

Pour finir, la méditation en pleine conscience est un recours qui peut être apparenté à une thérapie d’acceptation. Si tous les patients souffrant de douleurs chroniques souhaiteraient légitimement ne plus vivre avec cette douleur, certains ne parviennent pas à supprimer la douleur et, peut-être qu’apprendre à vivre avec est une solution. La lutte contre la douleur peut devenir obsessionnelle et la méditation (comme la relaxation ou la sophrologie) permettre de prendre de la distance et ainsi mettre la douleur à distance.

*Didier Bouhassira est neurologue et spécialiste de la douleur. Il a présidé la Société française d’étude et de traitement de la douleur et dirige aujourd’hui l’unité Inserm « physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur » à l’hôpital Ambroise Paré à Boulogne.

À lire

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BOUHASSIRA_ANTI-DOULEUR

L’ANTI-DOULEUR
Docteur Didier Bouhassira, Editions du Cherche Midi, 208 pages, 19 €. Paru le 25 janvier 2018.

Mieux comprendre pour mieux agir, c’est tout l’enjeu de cet ouvrage.

 

 

Juliette Legros

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